Ella l’ensorcelée

ella-lensorceleeTitre VO : Ella Enchanted.

Auteur : Gail Carson Levine.

Nombre de pages : 278 p.

Parution VO : 20.   VF : 20.

Éditeur : L’Ecole des Loisirs (Collection : Neuf).

Genre :  Jeunesse – Conte.

Prix : 11€.

Résumé éditeur :  » Lucinda, cette idiote de fée, n’avait pas l’intention de me jeter un sort. Elle voulait me faire un cadeau. Comme j’avais pleuré désespérément pendant toute la première heure de mon existence, ce furent mes larmes qui lui donnèrent une idée. Hochant la tête et regardant ma mère d’un air compatissant, la fée me toucha le nez. – Mon cadeau sera l’obéissance. Elle sera toujours obéissante. Et maintenant, arrête de pleurer, mon enfant. Je m’arrêtai.  » Le sort de la fée Lucinda est si puissant qu’Ella est obligée d’exécuter tous les ordres qu’on lui donne, quels qu’ils soient, même si elle s’y refuse de toutes ses forces. En grandissant, elle a appris à mettre toute son intelligence au service d’une lutte de chaque instant pour dissimuler sa vulnérabilité. Mais à présent que sa mère est morte, que son père a décidé de se remarier, la voilà plus fragile que jamais. Car certaines personnes malveillantes ont tôt fait de percer son secret et de s’en servir. Les pouvoirs de sa marraine et l’amour du prince Charm l’aideront-ils à échapper aux personnes qui la haïssent et à vaincre la malédiction ? 

Il y a quelques années, j’ai découvert le très léger et choupi film avec Anne Hathaway et Hugh Dancy adaptant ce roman, que j’avais beaucoup apprécié. Je retrouve ici des éléments déjà adorés chez Gail Carson Levine : l’univers de fantasy jeunesse adorablement construit, les personnages attachants, plein de courages, l’écriture très fluide …

Et un gros défaut : c’est très court. Que j’aurais aimé découvrir, à l’instar du film, les différentes créatures un peu plus en détail, l’école d’Ella. Et voir un peu plus Charm, qui est bien plus présent dans l’adaptation …

Bon, le père n’est pas un cadeau non plus. « Ta mère était belle. Je regrette qu’elle soit morte. » Seriously? On est en train d’enterrer la pauvre femme et c’est tout ce que tu trouves à dire ??

Sans parler du cadeau de cette idiote de fée. Il est très dur de voir la pauvre Ella forcée de faire les quatre volontés de tout le monde, surtout lorsque son ignoble soeur adoptive découvre son secret … C’est un élément qui m’a mise un peu mal à l’aise, je n’aurais vraiment pas aimé être à sa place. Cette peste va jusqu’à l’affamer …

En revanche, j’ai beaucoup aimé l’héroïne, Charm, Mandy qui s’occupe d’Ella, et Areida, l’amie étrangère que j’aurais aimée découvrir dans son pays, Ayortha. Même si Charm l’évoque, un peu plus n’aurait pas fait de mal.

Le livre, cadeau de Mandy, est un enchantement. J’ai aimé qu’il soit un tel moteur dans le roman, un medium utilisé pour faire passer différents messages, lettres, récits, images …

Deux points encore sur la fin : la décision d’Ella et le très beau bal m’ont énormément touchée. Quelle douceur, quel courage … et son refus de devenir princesse pour être Linguiste de Cour ! J’ai adoré ce choix, j’ai adoré que cet élément aie tant d’importance❤ J’aurais juste espéré lire ça plus jeune.

Une fois encore, je trouve que Gail Carson Levine est une parfaite auteur doudou.

Wonder Woman

Scénario : Greg Potter, George Pérez (1), Phil Jimenez (2), Devin Grayson, Phil Jimenez (3).

Dessin : Georges Pérez (1), David Yardin, Lan Medina (2), Phil Jimenez (3).

Couleurs : Tatjana Wood (1), Tom McCraw (2), Trish Mulvihill (3).

Traducteur : Ed Tourriol, Makma (1, 2), Nick Meylaender, Makma (3).

Nombre de pages : 62.

Parution : 2002.

Éditeur : Semic.

Genre : Comic.

Prix : ? € .

Contient : La princesse et le pouvoir ; L’invitation ; Pages perdues : Qui est Troia ?

En découvrant les issues mensuelles de comics il y a quelques années (un dépôt vente qui en proposait à la fois en anglais et en français, que j’avais failli dévaliser), j’avais fait quelques très belle découvertes et j’espérais en apprendre davantage sur le personnage de Wonder Woman, comme par exemple avec Nightwing.

Malheureusement, ça n’a pas franchement été le cas.

Les auteurs ont la gentillesse de démarrer le comic et marquer une séparation entre chaque récit en racontant un peu les quatorze millions de récits qui mettent la princesse amazone en scène. Et moi qui n’ai jamais eu de migraine en lisant un livre de fiction pour le plaisir (parce que des livres de cours ou de boulot c’est arrivé très fréquemment), j’ai eu la joie d’expérimenter tout ça.

J’ai ensuite adoré voir le premier récit démarrer par un homme des cavernes blessé qui passe sa rage sur sa femme en la tuant, c’est charmant. Le dessin fait ultra daté, j’ai eu beaucoup de mal à m’y faire. Même s’il aborde la mythologie, j’avoue qu’il m’est complètement passé par-dessus la tête. Les Amazones sont créées par plusieurs déesses, Arès s’oppose au projet et envoie Hercule les asservir. Elles recréent une nouvelle cité après le carnage et Diana, future Wonder Woman, naît, puis devient leur championne pour s’opposer à Arès (et l’histoire s’arrête là, dommage parce que ça aurait été intéressant).

Plus, je suppose, que découvrir une flopée d’aventures de Wonder Woman sans vraiment les lire, mais que d’autres personnages les évoquent, dont une historienne pour étudier l’histoire de l’univers. Alors autant je trouve ça génial, autant prendre dans la figure des douzaines d’histoires en une fois et sans contexte, je n’apprécie toujours pas. Le dessin, heureusement, est plus moderne, et les couleurs sont très belles.

La dernière histoire concerne la soeur de Diana, Donna Troy. Bon d’abord je croyais que c’était ce personnage de Star Trek Next Gen (Deanna Troi), donc j’étais encore plus larguée. Mais non, apparemment c’est une histoire parallèle … ou quelque chose dans le genre. Je vous dis, ce comic m’a complètement larguée. J’ai trouvé plus intéressant d’apprendre que la soeur de la reine des Amazones, en les quittant après l’attaque d’Arès pour se venger, avait fondé une nouvelle « colonie » que ce personnage dont je ne vois définitivement pas à quoi elle sert, cette soeur (qui fait presque fan fiction, mais bon).

Je pense que je m’en tiendrais aux comics version reliée, pour avoir une histoire complète.

La guerre de 14 n’a pas eu lieu

Auteur : Alain Grousset.

Couverture : Miguel Coimbra.

Nombre de pages : 167.

Parution : 2014.

Éditeur : Flammarion.

Genre : Science-fiction – Uchronie- Jeunesse.

Prix : 13€.

Résumé éditeur1914. L’attentat de Sarajevo échoue. La guerre est évitée. La suspicion règne à travers l’Europe. Les armées figent leurs positions, construisent deux lignes de défense infranchissables.

2014. Les deux murs sont toujours là. La France et l’Allemagne sont repliées sur elles-mêmes. Les populations vivent comme au début du XXe siècle. Constance, parce qu’elle parle allemand, est au coeur d’une mission d’espionnage qui lui fait traverser les frontières. Elle se bat pour retrouver un monde libéré du joug des armées et dans lequel les hommes sont libres et égaux.

Parviendra-t-elle par sa volonté farouche à renverser le cours de l’Histoire?

J’avais de grands, grands espoirs pour cette lecture. Une uchronie sur l’après Belle Epoque, puisque la Première Guerre mondiale n’a pas eu lieu, parlant d’une jeune fille de l’Est, et avec ce titre, jeu sur ma pièce préférée, La Guerre de Troie n’aura pas lieu … Et de manière toute personnelle : l’Alsace-Moselle est toujours allemande en 2014.

Le problème était probablement que j’en attendais trop. Surtout après un début prometteur, qui donnait à penser qu’on s’intéresserait à la condition de la femme, ayant très peu de droits dans cet univers, et les bases de cet univers que l’on découvre.

J’ai eu cette triste impression que l’on en restait aux bases pour évoquer cette nouvelle période historique. De même, j’ai trouvé assez cliché l’entraînement et le côté espionnage que prend ce roman. Sans parler, mes dieux, de la relation amoureuse qui tombe franchement comme un cheveu sur la soupe, comme si c’était obligé dans un roman adolescent … (et puis que je te balance que je suis une espionne comme ça, hein, c’est plus fun comme ça …)

Ah, et maintenant que j’ai le livre sous les yeux (ce n’était pas le cas au début de la rédaction), je n’apprécie pas du tout le fait que le personnage féminin dise non deux fois à ce type qui l’embrasse et continue tout de même … genre une fille dira non une, deux fois, et puis ce sera la fête du slip ensuite ? Non, c’est non, ce n’est pas si compliqué ! Je trouve ça assez malheureux de voir ce stéréotype perpétué dans un roman jeunesse !

Au final, malgré une écriture plutôt belle, je me suis ennuyée, je n’ai pas pris plaisir à suivre l’héroïne (j’ai carrément oublié son nom, pour vous dire la vérité) et je regretterais presque cette lecture. De plus, cet élément sur le consentement n’est pas acceptable à mes yeux.

Otaku Blue, tome 1 : Tokyo Underground

Scénariste : Richard Marazano.

Illustratrice : Malo Kerfriden.

Nombre de pages : 56.

Parution : 2012.

Éditeur : Dargaud.

Genre : BD – Policier.

Prix : 13,99€.

Résumé éditeur : Dans ce 1er tome d’Otaku Blue, on fait connaissance avec Asami et son travail de recherche : les otaku. Elle doit faire parler ces collectionneurs monomaniaques de leur passion ; elle les « décortique » et passe du temps avec eux. Bientôt, elle rencontre, par Internet, un otaku très particulier qui la passionne. Il réunit tous les traits qu’elle a pu observer de façon isolée chez les autres sujets. Une sorte d’otaku ultime. Et cet otaku très spécial va entraîner notre héroïne dans une histoire terriblement noire et éprouvante…

Je suis tombée sur cette petite BD d’occasion et par hasard. Si le trait de la couverture m’a plu, ce sont les couleurs qui m’ont accrochée et donnée envie de tenter la lecture.

En ouvrant le livre, j’ai presque eu une impression de manga devant l’histoire, la langue (les suffixes comme sensei sont conservés ! yay !), les thèmes (la culture otaku en tête). Seuls le découpage des cases et la coloration se positionnent sur la bande dessinée.

Les thèmes de la culture otaku et l’enquête policière sont bien entremêlés, même si on se doute rapidement qu’il y a un lien. Je n’ai pas trouvé que cette culture était présentée avec des préjugés, et choisir de l’aborder par le biais de la thèse est plutôt original.

J’aurais peut-être apprécier que l’auteur appuie davantage sur ce thème, pour en donner un panorama plus large. Mais j’imagine que ce n’est pas le but, et que comme il n’y a que deux tomes, il a fallu faire un choix.

Je jetterai un oeil au deuxième et dernier tome, mais je retiens surtout les couleurs et la magnifique couverture, pour l’instant.

Nombre de  tomes parus : 2 (série finie).

Feuilles de novembre

En novembre, peu de lectures, peu de chroniques rédigées, quand vous pensez avoir perdu les mauvaises habitudes elles reviennent au galop.

J’ai repris Chasseuse de vampires avec les tomes 3 et 4. J’apprécie beaucoup la mythologie développée par l’auteur, ainsi que les personnages, mais un petit manque de l’enquête dans le 3ème m’a poussée à poursuivre avec le suivant, ce que je fais rarement. Bien m’en a pris, la suivante est plus prenante et le couple principal change, ce qui renouvelle la dynamique. Comme j’avais oublié  pas mal de détails, j’ai relu les deux premiers sur ma liseuse, je regrette de ne pas avoir la suite !

Encore un abandon avec The Historian. Il était déjà dans ma première tentative d’ABC il y a plusieurs années, lorsque je ne l’avais pas terminé, notamment parce que je n’avais pas passé la première page, il m’était déjà tombé des mains. Plus courageuse cette année, mais pas téméraire, j’ai dû passer les 150 pages …

Toujours dans mon demi-challenge vampirique, cette anthologie toute blanche est bien mieux passée. Son léger défaut : il y a bien trois nouvelles qui reprennent le motif du bijou démoniaque, ce qui fait beaucoup – et deux sur le thème de la guerre, que je laisse passer parce que différentes et l’une est de Jean Marigny.

Je fais une pause dans les mangas, qui me tentent moins ce mois-ci.

Maliki, tome 5 et 7 me laissent une impression mitigée. Non seulement je connais déjà la plupart des histoires, venant du blog, mais j’ai vraiment été gênée par le choix de l’auteur de représenter ses personnages dans des tenues relativement sexualisées et qui n’ont pas lieu d’être … et le tome 7 n’a pas de fin, depuis quelques années, ce qui diminue encore mon intérêt.

Hortense est la seconde sœur Verdelaine, après la choupette Enid. Et c’est toujours aussi attachant et poétique.

Barbamour m’a donné l’occasion de découvrir Susie Morgenstern. J’ai beaucoup aimé son univers fantaisiste mais avec une touche de réalisme, avec un petit bémol sur la fin qui a un côté what the fuckesque.

Je retrouve un conte de mon enfance avec ces Contes Russes pour le défi SFFF. Oui, c’est illogique, pas forcément féministe, mais c’est beau et ça m’emporte.

Après Blog, je m’étais dit que je relirai volontiers Blondel à l’occasion. C’est chose faite avec Double Jeu, sur un adolescent de HLM qui se retrouve en lycée plus posh et découvre le théâtre. Le texte est toujours aussi puissant, même si les choix d’ellipse m’ont un peu déçue.

Bacha Posh met en scène Farrukh, un adolescent afghan passionné d’aviron, dont le club a été sélectionné pour les Jeux Olympiques. Mais il est en fait une Bacha Posh, une jeune fille élevée comme un garçon lorsque la famille n’en a pas, et lorsqu’il doit retourner à cette place, tout lui devient interdit. Si le récit est vraiment prenant et m’a attristée et révoltée tour à tour, je reste vraiment déçue par la fin – ou c’est ce que je dirais s’il y en avait une, pas l’impression que ce soit le cas.

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en novembre ?

Moisson ! [Novembre]

En novembre, je ne fais pas d’achats, pas du tout. Et vous savez quoi ? Ça ne me manque même pas – et ce n’est pas en prévision de Noël, je reçois très peu de livres à cette occasion.

C’est très probablement aussi parce que je n’ai toujours pas acheté de bibliothèques (je dois aller chez Ikea, c’est prévu) (à moins que vous n’ayez d’autres magasins à me suggérer ?) et que les livres trônent en piles par nom d’auteur dans mon salon.

Bordélique, mais classé. Déformation professionnelle ^^,

Et vous ? De beaux achats en novembre ?

Axiomatique

Titre VO : Axiomatic.

Auteur : Greg Egan.

Traducteurs : Francis Lustman, Sylvie Denis, Francis Valéry & Quarante-Deux.

Illustrateur : Nicolas Fructus.

Nombre de pages : 469.

Parution VO : 1995. VF : 2009.

Éditeur : Le Bélial.

Genre : Science-fiction – Nouvelles.

Prix : 18€.

Résumé éditeur : Est-il possible de reproduire dans la réalité des tableaux fantastiques célèbres en créant des chimères ? Une drogue permet-elle de rejoindre et de joindre tous les possibles ? Le temps qu’on lui reconstruise un corps, un homme peut-il confier au ventre de sa femme le soin d’accueillir son cerveau ? Autant de questions, avec bien d’autres, que Greg Egan soulève dans dix-huit nouvelles.

En voyant l’item consacré au trans/posthumanisme du défi SFFF et diversité, j’ai un peu paniqué. Je n’avais aucune idée d’où trouver une lecture sur le sujet. Et au final, surprise, j’en avais une dans ma PAL ^^, Il s’agit d’un achat des Imaginales, plutôt ancien (2013). Je suis partie avec un chouïa d’inquiétude – était-ce Snow qui m’avait prévenue qu’Egan écrivait plutôt de la hard SF ? J’ai eu peur de ne pas tout saisir.

Et au final, c’est un peu ce qui s’est produit. Mais franchement, ça ne m’a pas dérangé, parce que j’ai adoré (même ce que je ne comprenais pas trop xD). J’ai aimé les différents thèmes exploités par Egan dans ces nouvelles, j’avais toujours hâte de comprendre de quoi il était question et de suivre ses personnages. L’auteur m’a transportée à chaque fois dans un univers passionnant, marqué par des améliorations technologiques, et bien souvent des interrogations philosophiques qui vont de pair avec celles-ci. J’adore trouver ces éléments dans une lecture.

Encore une fois, j’ai été un peu larguée par les explications, surtout lorsque l’aspect scientifique pointe le bout de son nez. Mais justement, l’auteur explique des choses. C’est lorsqu’on ne le fait pas que je m’agace, et là, justement, lorsque je ne comprends pas l’explication donnée, bien souvent, elle me paraît possible / plausible et me fait rêver ^^, je me souviens que ça arrivait systématiquement avec les premiers Yoko Tsuno que je lisais … Mais ça peut définitivement poser problème à d’autres lecteurs.

J’ai adoré La Caresse, cette nouvelle sur les chimères, la peinture, les tableaux. Il y a une poésie, une dimension baroque, démesurée, et dans le même temps une simplicité dans la résolution du « problème » qui m’a fascinée. D’autant que j’adore le tableau original. Et Le Coffre-fort qui a ce côté délicieusement Quantum Leap, passant d’une identité à l’autres, au fil des jours, depuis son enfance …

Il y a juste ces deux nouvelles sur la grossesse qui ne sont pas trop mon truc –  surtout celle où l’héroïne porte le cerveau de son mari …

Mais honnêtement, à parcourir le recueil pour écrire cet article, j’ai juste envie de le recommencer❤

Une petite mention pour terminer à la couverture de Nicolas Fructus, très jolie, majestueuse, à la hauteur d’un excellent recueil.

20 : Lire un livre de SFFF transhumaniste ou posthumaniste.