Au bord des mots, lectures sur un rocher

Stray Dog, tome 1

VanRah (autrice). 2013, 305 p. Glénat. Manga – Seinen. 9,15 €.

Ishtar. Un monde oscillant entre lumière et ténèbres où se côtoient présent et passé, patrimoine et renouveau, pierres antiques et technologies nouvelles. Un monde partagé entre une surface idéalisée et une réalité plongée dans le chaos. C’est au sein de cet univers que vont se croiser deux personnes au destin incertain et que tout oppose : Aki, une jeune fille ayant perdu le goût de sourire, et Toru, un Karat, un lycan aux yeux rouges, possédé par une malédiction funeste. Ce qui les lie ? Un contrat d’obéissance qui permet de contrôler les Karat et fait de la jeune Aki la maitresse de Toru.

J’étais tombée sur ce manga dans la boutique d’occasion de ma ville, l’an dernier (je la regrette un peu, vu toutes les jolies trouvailles que j’y ai faites !), il m’avait été très très chaudement recommandé. J’avoue que je n’avais pas trop fait attention à la couverture et que je m’étais dit que j’avais testé.

Et au final, je suis über enthousiaste. Je le suis rarement autant à première lecture, mais VanRah m’a soufflée. J’adore son dessin, le travail sur les yeux, les personnages. Savourez-moi cette couverture (un artbook colorisé à l’occasion? ❤ j’adorerais !).

L’univers n’est absolument pas en reste. Je m’attendais à des changeformes, mais ça c’était avant. La mangaka utilise des loups-garous, avec le terme de lycan que je lui préfère de beaucoup, qu’elle rapproche de démons, de malédiction, et c’est tellement bien fait !

On démarre dans une arène où de riches enfoirés font s’affronter des démons, et un responsable du BIRD (Bureau d’Investigations de Recherche et de Défense sur l’occulte et le paranormal) est enlevé pour s’occuper d’un d’entre eux. C’est violent, un peu gore (donc pas forcément à mettre entre les mains des plus jeunes !) et on découvre le héros, ce Karat, qui va intéresser et émouvoir le scientifique … (le Vatican est aussi de la partie, en mode on éradique tout ce qui bouge, ce qui n’est pas trop étonnant).

Ce scientifique décide de le sauver tout en lui demandant son aide. Je me suis très vite attachée à lui, et c’est d’autant plus difficile de le voir partir si tôt … on suit ensuite Tsubaki, sa fille restée seule, que Toru, le démon, va protéger.

Leur rencontre est très drôle, on voit par leurs yeux l’autre personnage, entre Tsubaki ses cheveux roses et son livre Twaïlight, Toru ses yeux rouges et ses drôles de bandages, ils ont des commentaires assez cassants et drôles.

L’humour est aussi un excellent point du récit. Je n’ai pas arrêté de rire, que ce soit avec le père de Tsubaki et ses collègues, ou avec Toru, même lorsqu’il est en danger, il a un côté cynique très appréciable.

Et en plus, VanRah écrit d’autres mangas dans le même univers ❤ malheureusement ils sont encore autoédités pour l’instant … Glénat, vous ne voudriez pas les reprendre aussi ? 😀

Je sens que j’oublie des tonnes de choses, mais Stray Dog est un superbe début de série, à ne pas mettre entre les mains des plus jeunes toutefois (Toru bouffe quand même son maître à la fin de sa vie …), et j’ai déjà acheté la suite !

Nombre de tomes parus : 3 (série en cours).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Femmes de dictateur, tome 2

Diane Ducret (auteur). 2013, 497 p. Pocket. Histoire. 8€.

Alors que Saddam Hussein tente de protéger sa deuxième épouse Samira de la jalousie de la première dame Sajida, l’imam Khomeiny n’admet pas que sa femme Khadije s’abaisse à faire la vaisselle, et Kim Jong-il a bien du mal à dissimuler ses infidélités à la star coréenne Hye Rim. Tandis que Mira corrige les discours de Milosevic, Oussama Ben Laden attend que Najwa accouche dans leur camp retranché d’Afghanistan, et Fidel Castro tente d’éviter les assauts de l’agent de la CIA qui est aussi sa maîtresse, Marita. Pour eux tous, l’amour, la mort ou l’exil s’entremêlent. C’est que les hommes réputés autoritaires ou charismatiques ne sont pas, face aux femmes, toujours tels qu’on les imagine ou qu’ils veulent le faire croire, et leur vie privée, tournant souvent au secret d’État, recèle bien des mystères et des surprises. Pour les révéler, Diane Ducret a recueilli, par une enquête non sans risque, les témoignages des compagnes, filles, amis, conseillers, médecins, gardes du corps et même ayatollahs.

Je commençais ce livre avec pas mal d’attente, puisque j’avais adoré le premier, qui se lisait presque comme un roman en me faisant découvrir une facette féminine de l’Histoire, et me pencher plus précisément sur des éléments que je connaissais peu (comme Mussolini et l’Italie par exemple).

Si l’intention ici est certainement la même, et que certains récits m’ont emballée (comme celui de Milosevic, probablement parce que l’Europe de l’Est m’a toujours intéressée), ce n’est pas le cas de la plupart d’entre eux, qui m’ont laissée à la limite de la gêne.

La plupart des histoires viennent des pays du Moyen-Orient et jamais, pas une seule fois, l’autrice ne semble trouver anormale la condition de la femme dans ces pays. Je sais que ce n’est pas le but, mais tout présenter comme normal m’a vraiment mise mal à l’aise. De l’objectivité ? Oui, mais … on adopte déjà le point de vue des femmes, dans cette série. Pourquoi ne pas dénoncer la condition de certaines ? Bref, j’ai été très dérangée par cette perspective, d’autant que les récits sur les dictateurs de cette partie du monde m’ont semblé l’essentiel de l’ouvrage.

Ce n’est peut-être pas le cas, mais c’est l’impression qui m’est restée. De cette lecture, je ne garde que ce sentiment désagréable, et j’en oublie presque qu’il y avait d’autres récits qui m’ont intéressée (sans forcément plu), tellement ils semblent prendre toute la place. D’autant que celui qui m’est resté en tête, sur Milosevic, intervient vers la fin.

Au final, c’est une déception, et une lecture qui me laisse un arrière-goût désagréable.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Rose Morte, tome 1 : La floraison

Céline Landressie (autrice). Magalie Villeneuve (illustratrice). 2015, 591 p. Milady. Histoire – Fantastique. 8€.

France, fin du xvie siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.

Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.

Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d’Artus de Janlys.

Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle…

J’avais énormément entendu parler de Céline Landressie au cours des dernières années – notamment pour cette malheureuse histoire de couverture, mais le point positif, c’est que ça m’avait permis de découvrir ses romans et me dire que ça pourrait me parler, en fin de compte, pour le côté historique.

Ce point est parfaitement servi avec ce premier tome – je tiens à signaler que ce n’est pas simplement un tome d’introduction. Certes, on découvre l’héroïne, Rose, et d’autres personnages comme Artus, les prémisses de leur relation et l’étrange nature du comte, mais il se passe suffisamment d’action pour me contenter.

En revanche, je ne m’attendais absolument pas à l’aspect fantastique (enfin un chouia, c’est de l’imaginaire) et surtout au fait que l’autrice traite de mon personnage favori dans le genre, le vampire ❤ En lui donnant un autre nom plus propice à la période historique puisque ce terme n’existe pas encore.

Voilà, rien qu’avec cette explication, j’étais lancée, j’adorais. Elle écrit aussi divinement, et de manière très plausible, les changements qui s’opèrent chez l’héroïne, les petits évènements étranges qui peuplent le quotidien. Les bribes d’intrigues, de complot, sont savamment distillés, et rehaussés par son écriture soutenue et riche, jamais fausse, qui contribue à engloutir le lecture dans cette parenthèse historique enchantée. Céline Landressie a une plume pleine d’élégance dont je ne me suis pas lassée.

Je n’ai absolument pas vu le temps passer. Il faut dire que si j’avais compris la nature d’Artus, j’étais très curieuse des réactions de Rose et de sa propre transformation, qui sont encore une fois plausible et très bien amenées. Leur romance aussi, son développement, les hésitations de l’héroïne, tout cela m’a particulièrement parlé. C’est d’ailleurs une excellente héroïne, que j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre, dans ses réflexions, son intelligence, son refus de sa condition originelle. (Mais la mère, quelle plaie !)

J’étais ravie de faire suivre cette superbe lecture par la rencontre de Céline Landressie aux Imaginales, qui a confirmé mon excellente impression tant elle est sympathique. Et j’ai pu me procurer la suite, puisque je compte définitivement poursuivre les aventures de Rose.

Nombre de tomes parus : 4 (série en cours).

Tome 2 : Trois épines

Tome 3  : Flétrissures

Tome 4 : Ikebana

Au bord des mots, lectures sur un rocher

L’histoire des 3 Adolf

Adolf ni tsugu. Osamu Tezuka (auteur). Jacques Lalloz (traducteur). 1985 (VO), 2008 (VF), 224 p. Tonkam (Découverte). Manga – Seinen. 19,99€.

Berlin, 1936. Le journaliste Soheï Togué couvre les J.O. quand il apprend que son jeune frère a été enlevé et tué par la police spéciale. Ce dernier aurait mis la main sur un document prouvant qu’Adolf Hitler avait un secret. À la recherche des meurtriers de son frère, Soheï croisera le chemin de deux enfants allemands se prénommant également Adolf. Meilleurs amis du monde, le destin et la guerre en feront des ennemis mortels !

J’ai découvert Osamu Tezuka il y a quelques années avec Princesse Saphir, une série très choupi. L’histoire des 3 Adolf ne m’a jamais spécialement tentée – il faut savoir que j’ai tendance à éviter les récits sur la deuxième guerre mondiale depuis des années, j’en ai trop lu ado – mais comme il était au boulot, c’était l’occasion. (Je ne suis pas obligée de lire tous les livres que j’y trouve, mais si je veux pouvoir en parler ou les conseiller, c’est mieux que je sache comment ça se présente !).

Je ne saurais vous dire pourquoi, mais c’est une lecture qui m’a totalement déplue et m’a dérangée. Peut-être le dessin qui garde ce côté rond et enfantin, ce sujet si dur et violent (meurtre, racisme, torture, etc.), l’association des deux ? J’étais mal à l’aise tout au long du livre.

L’histoire est loin d’être mauvaise et se tient. On démarre en Allemagne pendant les Jeux Olympiques de 1936, où un homme est contacté par son frère qui a des informations sur le Führer qui pourraient secouer le monde (il serait juif). Sohei, le journaliste, manquera la visite d’Isao, son frère, qui sera assassiné, son corps enlevé et enterré à la sauvette. Personne ne semble se souvenir de lui, sauf une jeune femme à qui Sohei décide de faire confiance.

On est ensuite transportés au Japon, où une geisha a été étranglée. Qui dit geisha dit clients, et ici très riches et influents, donc une enquête complexe. L’un d’entre eux, allemand, marié à une Japonaise, a un petit garçon nommé Adolf, très ami avec un petit Juif de même prénom. Tous deux découvrent le secret qu’Isao a mis au jour au péril de sa vie et ils sont menacés à leur tour.

Si je n’avais pas été aussi dérangée, j’aurais tendance à dire qu’on a envie de lire la suite, rien que pour savoir si Adolf, envoyé en école allemande, deviendra le parfait petit nazi que son père espérait qu’il soit, détesterait son ami en revenant au Japon. Et quel secret ce chemin va parcourir.

Dans l’état des choses, je ne suis pas convaincue de poursuivre.

Nombre de tomes parus : 4 (série finie).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Feuilles de novembre

En novembre, je n’arrive plus à lire, ou presque. Je retombe sur des mangas, et vide tellement ma bibliothèque que je dois appeler chez les parents pour qu’on me ramène les suites … (et ma mère a oublié un tome 3, donc je ne peux pas continuer :P). J’essaie aussi de commencer plusieurs romans ou documentaires et puis non, ça ne veut pas.

J’ai beau adorer Le goût des mots chez Points, Dans les bras de Morphée m’est vite tombé des mains, même pas noté sur Goodreads alors qu’il est toujours dans ma pile sur la table de chevet. Ce n’est pas inintéressant, mais en baisse de motivation lecture, des études d’expressions issues de la mythologie ne passent pas forcément.

L’atlas des brumes et des ombres est une relecture toujours aussi plaisante, mais de même, j’ai du mal à me plonger de dans et je le tire en longueur. C’est heureusement un des rares livres que je ne me lasse pas de faire durer, donc ce n’est pas très grave – et il est bien chouette en bouquin de déjeuner. Toujours aussi ravie de découvrir dans ces idées lectures où j’avais pêché certains titres comme les Livres de sang de Clive Barker.

Lasser, que je viens de racheter à Snow, me parlait bien. Le côté policier, dans un univers de mythologie moderne, me rappelait Mytho, mais je l’ai beaucoup moins apprécié. Je ne sais même pas si j’ai atteint la page cinquante. En moins de vingt pages, il sauve une damoiselle en détresse et paf v’la la relation amoureuse qui se lance. Ce sont peut-être les codes du genre mais ça me lasse déjà.

Je vais prendre mon temps pour  cet Art Game Book qui présente les mouvements artistiques du XXème siècle (ça, c’est l’héroïne de mon roman qui déteint sur moi ^^,), par petites présentations d’une page et jeux. Un beau livre que je prends plaisir à retrouver quand je ne suis pas en mode manga.

C’est décidé, cette année, je termine Pretty Guardian Sailor Moon. Depuis le temps qu’elle dort sur mes étagères. J’avoue que si je suis contente de retrouver l’histoire, je suis très critique à son encontre, que ce soit avec la nouvelle édition ou la trame de base. Le tome 10 a été entamé hier soir, je devrais le finir tout bientôt. n entre dans des cycles que j’aime moins (Néhélénia, Sailor Galaxie), mais on finira, hein.

Tout autant pour le blog que pour moi, je me lance dans des relectures de séries manhwa découvertes il y a une dizaine d’années, peu après la disparition de Saphira. Je ne craignais pas trop cette relecture, j’aurais dû ! I Wish, pfiouh, est tout aussi mignon, choupi et attachant que dans mon souvenir.

En revanche, je ne vois pas ce que j’appréciais chez Model. Le trait me paraît prétentieux, le mystère à voir, le vampire boh – OH ET PUIS FRANCHEMENT un vampire qui s’appelle Muriel ?? Comme la petite vieille de Courage, le chien froussard ??? Je n’arrive pas à passer ce cap ! J’attends de voir, mais je suis loin d’être emballée – j’ai envie de dire que ça sent le désherbage, mais c’est une série que j’aurais du mal à retrouver ensuite au cas où … (bon apparemment j’avais bien le tome 3 selon Goodreads je ne sais juste pas où il est et ma mère m’a bien ramené les bons tomes xD).

Bibi est enfin terminé. C’est tout aussi inutile, sans parler d’une traduction qui laisse à désirer. Horror Collector, de la même manhwaga que Model me dérange encore plus, et c’est une découverte. Je m’étais enquiquinée à trouver tous les volumes – Samji, pas trop évident non plus, pour suivre une histoire un peu horrifique où le héros cherche des artefacts maudits … et au final je le vois dans chaque chapitre ou presque en plein sexe avec un autre personnage. Je. M’En. Fiche. En plus pas vraiment de linéarité dans le récit … Seul le dernier chapitre, sur un personnage féminin mentionné dès le début, m’a vaguement intéressée, mais si les quatre suivants sont comme ça ils ne vont pas faire long feu dans mes bibliothèques.

Hana et ses petits plats faciles sont toujours aussi adorables, même si certaines remarques m’ont un peu gênée. Les recettes m’ont donné envie d’essayer plein de choses  – Snow, elle fait de la soupe 😛

Le nouveau Sakura … me rend mitigée. Je retrouve le caractère de la plupart des personnages – Shao excepté, mais c’est peut-être voulu – mais le dessin n’est plus le même. Certes elles ont évolué et pondu Tsubasa entre temps, mais l’innocence et la naïveté se sont un peu perdues. Et puis ça va trop vite, bang de nouvelles cartes, bang, deux nouvelles cartes et elle sait d’instinct sans qu’on s’y arrête ses nouvelles formules … ça me gêne un peu. J’attends la suite, mais je suis heureuse d’avoir mes tomes italiens à relire avec plaisir.

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en novembre ?

Bibliothèques Lynnaennes - Piles à Lire

Moisson ! [Novembre]

En novembre, les achats sont tout petits. Si, si.

Parmi les livres qu’une libraire m’a proposé, il y avait cette petite merveille ❤ Je suis tombée amoureuse du dessin de Kinuko Craft avec ses couvertures de Wildwood Dancing.

Tachan m’a bien tentée, d’où les trois derniers achats. Le premier est une jolie découverte de cet été, je poursuis la série.

Les derniers jours de novembre ont également apporté ma Fairy Loot Box. Je vous en présente les livres très rapidement.

Et vous ? Quels achats pour vous en novembre ?

Apartés - This little life of mine and other stuff

En interview : Mélissa Scanu !

Il y a tout peu de temps, je vous parlais de la sortie imminente d’Autre jour, autre endroit – en commande pour ma part ! A cette occasion, j’ai proposé à l’autrice (je rappelle, je la connais bien et pour cause c’est ma meilleure amie – sinon vous pensez bien que timide comme je suis je n’aurais même pas réussi à proposer mes questions ^^,) de l’interviewer pour le blog !

Du côté de l’auteur

D’où viens-tu, Melissa Scanu ?

Native de Lorraine au sein d’une famille italienne, j’ai grandi à Forbach avant d’atterrir dans le Nord Pas de-Calais où je me trouve toujours.

Envisagerais-tu d’arrêter l’enseignement pour l’écriture à temps complet ?

C’est un projet qui me paraît un peu utopique. Vivre uniquement de ma plume est un rêve, mais j’adore également enseigner, donc le choix est difficile. Mais si celui-ci s’offre à moi un beau jour, je l’envisagerais sérieusement, oui.

As-tu d’autres loisirs ? Pourquoi le flamenco ?

Je suis passionnée de danses latine, notamment le flamenco en effet, mais également la salsa. J’aime la chaleur, la sensualité et ce mélange de force et de grâce qui se dégage de ces danses. J’aime également lire bien sûr, les cultures étrangères, suis passionnée de cuisine, et je m’intéresse un peu à tout.

Comptes-tu aborder tes autres passions dans de prochains romans ?

Il y a toujours un peu de moi dans mes romans, mais pour l’instant je n’envisage pas d’aborder totalement l’une de mes passions dans un roman futur.

Où te vois-tu dans cinq, dix ans ?

Toujours écrivain, enseignante, épanouie dans ces domaines et également dans ma vie personnelle je l’espère.

Autrice, auteure, écrivain ?

J’adhère à « auteure », mais mon côté traditionnel me fait affectionner le terme « écrivain » tout particulièrement.

Du côté de la lecture et des médias

Quel est le premier livre dont tu aies le souvenir ?

Outre les Ratus de l’école primaire, probablement Les Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur.

Quelles seront tes prochaines lectures ?

Mon travail et mon écriture font que j’ai peu le temps de lire actuellement, mais j’aimerais prochainement me consacrer à certains titres de mes collègues auteurs de chez Gloriana et Plume Blanche.

As-tu des auteurs, des livres incontournables ?

Quelques-uns, même si cette réponse varie selon la période ou mon humeur. Je citerais John Marsden, V.C. Andrews, Roald Dahl, JM Barrie, JK Rowling, Marion Zimmer Bradley, Colleen Hoover et tant d’autres que j’oublie.

Une citation ? De toi ou d’un auteur que tu apprécies ?

J’aime beaucoup celle-ci de Christopher McCandless : « Happiness is only real when shared », autrement dit, le bonheur c’est les autres… Elle me fait relativiser sur ce qui a vraiment de l’importance dans la vie, en outre celle de nos proches, et m’aide aussi dans mes moments « ermite ». Et cela me paraît d’autant plus pertinent en matière d’écriture : l’écriture devient « réelle » une fois qu’elle est partagée : lue et par bonheur et aimée d’autrui.

Es-tu plus film ou séries ?

J’aime les deux, avec tout de même une préférence pour les séries du fait de rester dans un univers et d’apprendre à connaître des personnages plus longuement.

Es-tu plus séries live ou animées ?

Encore une fois j’apprécie les deux, pour des raisons différentes.

Parle-nous d’un livre et d’une série qui t’ont marquée.

J’en suis incapable, il y en a tellement ! Mais puisque je dois me prêter au jeu… Le livre que je cite tout le temps est Peter Pan de JM Barrie pour sa symbolique, et en matière de séries, je citerais toutes les séries fantastiques qui ont marqué mon adolescence : Roswell, Charmed, Lost, Heroes… Elles ont certainement boosté mon imagination.

Ta bibliothèque de lecture idéale ? As-tu des titres incontournables qui t’ont aidée à écrire?

Je n’en ai pas, car celle-ci est en perpétuelle évolution. Je ne me suis jamais inspirée de titres en particulier pour m’aider à écrire, je crois plutôt que mon inconscient a puisé ci et là au fil des années et des lectures accumulées.

Est-ce que tu as des projets liés aux médias ? (télévision, radio, Internet …)

Je n’ai pas de projet concret actuellement mais je suis ouverte à tout.

Du côté de l’écriture

Quand et comment as-tu commencé à écrire ?

Naturellement, dès que j’ai su écrire correctement, peut-être vers l’âge de sept ou huit ans, j’ai commencé à inventer des petites histoires et à les coucher par écrit.

Quel est le premier texte que tu aies écrit ?

Bonne question ! Une histoire de chats qui doit remonter au CE1, peut-être…

Quelle est ta formation en écriture ?

J’ai choisi de faire des études, secondaires puis universitaires, en littérature, parce que cela a toujours été le domaine dans lequel je suis le plus douée. Cela m’a beaucoup aidée sur le plan technique et culturel. Du reste, j’ai principalement appris à force de lire et d’écrire, tout simplement.

Parle-nous de tes différents univers.

Pour parler de mon univers principal et le premier qui m’a vue offrir un contrat d’édition à compte d’éditeur, il s’agit de celui des sirènes. Le résumer en quelques phrases serait trop difficile et même cruel, donc je vous donne un premier rendez-vous l’an prochain avec Seirens, aux éditions Plume Blanche, pour en savoir davantage 😉

Que signifie l’écriture pour toi ?

L’écriture est un besoin, tout simplement. Je n’imagine pas ma vie sans écrire ou au moins penser, rêver et développer mes univers, mes personnages, inventer des histoires et les raconter.

As-tu une ou des devises en matière d’écriture ?

Ce n’est pas vraiment une devise, et c’est plutôt simpliste, mais c’est ce que je me dis à moi-même lorsque je bloque ou que je doute, et que je dis à toute personne qui me confie avoir toujours rêvé d’écrire une histoire sans jamais s’être lancé : « Ose ».

Est-ce que tu as une playlist particulière quand tu écris ? Quels artistes, quels genres musicaux préfères-tu écouter à ce moment ?

Il m’arrive de lancer des playlists, surtout quand j’écris de la fantasy. J’ai une préférence pour les OST fantastiques, épiques ou les musiques médiévales. Les chansons (donc avec paroles) peuvent avoir tendance à me déconcentrer.

Tes indispensables pour écrire ? (musique, café, etc.)

Mon ordinateur, tout simplement ! Cela paraît bête, mais j’ai une écriture manuscrite assez fouillis (sauf quand je m’applique) et je suis tellement brouillon que je suis incapable d’écrire (même de simples idées) à la main. Outre cela, du confort (mon canapé est idéal pour cela), et sans être indispensable, un thé et quelques chocolats me sont toujours appréciés lorsque j’écris 🙂

Quel est ton processus d’écriture ?

Généralement, dès que j’ai une idée, je la développe en couchant par écrit toutes les idées qui en découlent de manière à former une histoire. Puis j’élabore un plan plus ou moins détaillé. Je travaille ensuite sur mes personnages, fais des recherches si nécessaire, et seulement après, je me lance dans le premier jet de la rédaction. Vient ensuite le temps de repos, le second jet, le regard sévère de mes bêta-lecteurs, les réécritures, les corrections, et seulement là, j’estime le roman achevé et donc éventuellement présentable à des éditeurs.

As-tu un rituel d’écriture spécifique ?

Pas vraiment, cela dépend beaucoup du projet en cours.

Qu’est-ce qui est le plus simple et le plus compliqué pour toi dans l’écriture ?

Le plus simple est toujours pour moi d’avoir une idée sympa et attrayante qu’on a envie de développer pour une histoire. Le plus compliqué est le fait de trouver suffisamment de matière pour et même, le cas échéant, de disposer de suffisamment de motivation, de temps et de volonté pour mener ce projet à bien.

Qu’est-ce que tu préfères dans l’élaboration d’un texte ?

Rédiger des dialogues. C’est véritablement le moment où je fais vivre mes personnages qui m’amuse le plus.

Quand préfères-tu écrire ? Plutôt seule ou avec de l’animation autour ?

J’ai une préférence pour le matin, même si je peux écrire n’importe quand. De même, je peux écrire seule ou entourée (raisonnablement, et sans qu’on m’observe), tant que je suis chez moi et dans une ambiance relativement calme.

Fais-tu des recherches parfois ?

Quasiment chaque roman demande de faire des recherches à un moment ou un autre, que ce soit sur un métier fait par un personnage, un détail juridique, un élément scientifique… Généralement, j’essaye de les faire en amont de la rédaction, pendant la phase préparatoire, mais il est difficile de penser à tout. Selon le genre du roman, il faut plus ou moins en faire. Ce sont mes textes fantastiques qui me demandent le plus de recherches, notamment biologiques, car comme le dit si bien mon frère qui me bêta-read depuis longtemps « on peut tout inventer, tant qu’on sait l’expliquer ».

Combien de temps l’écriture d’un roman te demande-t-elle en moyenne ?

C’est très variable. Par exemple, pour Autre jour autre endroit, il ne m’a fallu que deux ou trois semaines, alors que pour Seirens, plus de quatre mois ont été nécessaires pour finaliser le premier jet. Il faut dire que ces romans divergent autant par leur genre que leur longueur, et ma motivation et temps libre du moment jouent aussi beaucoup.

D’où te vient ton inspiration ?

De n’importe quoi, théoriquement. Un film, une chanson, une phrase entendue, un sourire, un paysage… Un rien est susceptible de m’inspirer, si j’ai l’esprit suffisamment réceptif à ce moment-là, mon imagination fait alors le reste.

T’inspires-tu de personnes que tu connais dans tes romans ?

Cela m’arrive, généralement malgré moi. Et quand c’est le cas, je me contente de m’en inspirer de loin, seulement pour certains traits, en évitant de copier/coller la personne en question, ce qui peut être dangereux je trouve, en terme d’objectivité.

D’autres projets d’écriture en cours ? en prévision ?

Plusieurs ! Il faudrait d’ailleurs que j’avance 🙂

Y a-t-il un genre sur lequel tu aimerais écrire mais tu ne t’es pas encore lancée ?

Pour l’instant, je reste fidèle au fantastique et à la romance, toujours dans la littérature young-adult. Mais dans un futur plus ou moins proche, j’adorerais me lancer dans une romance historique, mais je n’en ai pas encore eu le courage. Je dois oser, je le sais 🙂

Dans une autre interview, tu mentionnes avoir écrit des fanfictions. Sur quels univers ? Pourquoi ce choix ?

J’ai commencé à écrire des fanfictions à l’adolescence, principalement sur le thème de Harry Potter. Un choix un peu pédagogique puisqu’il m’a aidée à développer mon style tout en restant dans un univers existant, donc sans avoir de recherches à faire en terme d’univers ou de personnages, laissant ainsi l’auteur se concentrer sur l’histoire pure. Cela a boosté mon écriture et ma confiance en moi puisque durant ces années j’ai eu beaucoup de compliments et d’encouragements de lecteurs m’incitant à me lancer dans mes propres écrits.

Est-ce que tu aurais des anecdotes d’écriture à partager avec nous ?

Ce n’est pas une anecdote d’écriture à proprement parler, mais étant enseignante, avec la sortie d’Autre jour autre endroit, mon collège a récemment entendu parler pour la première fois de mon « autre métier » notamment à travers des articles de journaux. Et m’entendre tous les jours dire « Je ne savais pas que vous écriviez ! » ou « Félicitations pour votre roman ! » de la part des collègues ou même de mes petits élèves, c’est assez surréaliste !

Si tu fondais ta propre maison d’édition, quels types de textes te parleraient ?

Je crois que je fonctionnerais au coup de coeur, en commençant par mes genres de prédilection, tout naturellement.

Qu’est-ce qui t’a donné envie d’être publiée ?

Le fait d’avoir envie de partager quelque chose qui vient de mon coeur et de mon âme. Car on écrit pour soi avant tout, mais également pour les autres.

Comptes-tu participer à des évènements en tant qu’auteur ?

J’y compte bien ! Je vais commencer par des séances de dédicaces prévues dans ma région et pour lesquelles j’ai moi-même démarché, et j’espère enchaîner dans le futur sur des salons littéraire sous l’aile de mes éditeurs.

Y a-t-il quelque chose que tu redoutes dans ta carrière d’écrivain ?

Ne pas être lue, d’essuyer de mauvaises critiques et de ne pas avoir les épaules pour y faire face. Tout ceci est encore nouveau pour moi et je suis une grande sensible.

Comment est né Autre jour, autre endroit ?

Cette histoire d’amour trans-continentale et de coup de foudre incontrôlable me trottait dans la tête depuis un moment. En y ajoutant le désir d’écrire une histoire dont une partie se déroulerait en Italie, et ma propre vie sentimentale de cette époque, Autre jour autre endroit a commencé à s’écrire tout seul en quelques semaines d’un été.

Pourquoi ce choix des Etats-Unis et de l’Italie dans ce premier roman que tu publies ?

Ce sont deux pays qui me sont chers : les Etats-Unis pour toutes ces choses venues de là-bas qui me fascinent, mes études et mon métier, et l’Italie pour mes origines familiales que je chéris. Ce n’était pas forcément prémédité, mais comme il me fallait deux pays éloignés l’un de l’autre pour ce roman, ce choix est venu naturellement.

Un dernier mot ? ^^

Merci beaucoup pour cette belle interview, ma chère Lynnae, ce fut un plaisir ! 😀 Longue vie à ton joli blog si riche !

J’espère vous avoir donné envie de découvrir le (et plus tard, les !) roman(s) de Mélissa ! Autre jour, autre endroit vient donc de sortir, et je vous encourage vivement à aller le commander chez votre libraire 🙂