Au bord des mots, lectures sur un rocher

Les royaumes des elfes

Kingdoms of Elfin. Sylvia Towsend Warner (autrice). 1977 (VO), 2002 (VF), 281 p. Joelle Losfeld (Arcanes). Nouvelles – Fantasy. 9,02€.

Extrait de la préface de Geneviève Brisac : «  Il y a la Reine Aigle, qui considère la vie comme une occasion de réaliser l’impossible et passe son temps à inventer des défis à la moitié masculine de la population […]. Le charme de ces histoires tient à leur drôlerie, à leur méchanceté, à l’imagination délirante de leur auteure. Le pouvoir, les règles de la séduction, la jalousie, la cruauté, les règles implacables de la vie sociale, rien n’échappe au pinceau de martre de Sylvia Townsend Warner. »

En faisant des recherches sur le folklore à la bibliothèque, je suis tombée sur ce petit bijou. J’en avais déjà entendu parler, mais pas moyen de me souvenir d’où … Qu’à cela ne tienne, j’ai tenté ma chance. Et je ne le regrette absolument pas.

Ces petites histoires émeuvent, font sourire, donnent envie de pleurer, étonnent. Parfois, elles reviennent sur un personnage évoqué dans l’histoire précédente et se centrent sur lui. Comme Aquilon, le Maître des Loups-garous, défenseur des protagonistes d’Une révolte à Brocéliande, devenu protagoniste à son tour dans Le Lait mortel. Cette dernière est un peu floue mais poétique. Les lieux varient, de Brocéliande au Suffolk, de Blokula en Suède à Mynnyd Prescelly au pays de Galles. D’histoires d’amour (Les Cinq Cygnes noirs, Elphenore et Weasel, Le Lait mortel), en récits plus humoristiques (l’expérience d’un mortel volé dans Foxcastle, une histoire de fantôme dans Le Défunt Sir Glamie, ou une excellente cuisinière renvoyée pour un os dans le pâté dans Le Pouvoir de la bonne cuisine), toutes ont leur charme propre, leurs personnages attachants et soigneusement dépeints, leurs touches de poussières d’étoiles …

J’ai une préférence très nette pour Elphenore et Weasel, l’histoire d’Elphenore, une fée mâle de Zuy, en Suisse, blanche, et de Weasel, fée verte du Suffolk, tombés amoureux et enfuis pour ne pas être vendus. Ils ne peuvent ni se rendre chez Weasel car Elphenore serait chassé car étant une fée blanche, ni chez Elphenore car Weasel serait attaquée car verte … Après plusieurs voyages, tous deux font retraite dans une église. Grisés par cette chance, ils font des projets, si simples, si adorables qu’on aimerait tant les voir les réaliser … mais rien ne se passe comme on le souhaite. La peur de la foudre de Weasel trouve un horrible équivalent à la fin de cette histoire, triste et très belle, une leçon de tolérance discrète, une attendrissante histoire d’amour.

De jolies histoire, écrites d’une manière intéressante, attachantes, aux nombreux détails sur la vie des elfes, ou fées, que j’ai aimé découvrir, même si une petite part de cruauté s’y glisse. Livre ajouté à ma liste de projets d’achats en langue originale ^^  j’ai de même hâte de trouver d’autres textes de Sylvia Townsend Warner.

Chuchoter aux quatre vents

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