American Gods

Titre VO : American Gods.

Auteur : Neil Gaiman.

Illustrateur : Antoine Poulain.

Nombre de pages : 599.

Parution VO : 2001.   VF: 2006.

Éditeur : J’ai Lu (Collection: Fantastique).

Genre : Fantastique.

Prix : 8,46€.

Résumé éditeurDans le vol qui l’emmène à l’enterrement de sa femme tant aimée, Ombre rencontre Voyageur, un intrigant personnage. Dieu antique, comme le suggèrent ses énigmes, fou, ou bien simple arnaqueur ? Et en quoi consiste réellement le travail qu’il lui propose ? En acceptant finalement d’entrer à son service, Ombre va se retrouver plongé au sein d’un conflit qui le dépasse : celui qui oppose héros mythologiques de l’ancien monde et nouvelles idoles profanes de l’Amérique. Mais comment savoir qui tire réellement les ficelles : ces entités légendaires saxonnes issues de l’aube des temps, ou les puissances du consumérisme et de la technologie ? A moins que ce ne soit ce mystérieux M. Monde…

Couverture américaine d’un roman coup de poing.

Je devais lire depuis quelques mois déjà, ce roman, mais depuis quelques années déjà j’ai tendance à remettre invariablement de côté les livres que je n’ai pas encore lus et leur préférer des relectures mille fois appréciées. Je me suis lancée, enfin, mais ce n’était pas TELLEMENT un saut dans l’inconnu. Je connais l’auteur, Neil Gaiman ; j’ai étudié son Coraline en première année, je l’ai beaucoup aimé, et je suis tombée sous le charme de Miroirs et fumées.

American Gods m’a bluffée. Presque davantage que Miroirs. Peut-être parce que, entre autres, Miroirs se classait assez facilement dans la catégorie « fantastique », une belle étiquette que j’adore. Si vous arrivez à classer ce roman dans un bocal distinct, bonne chance. L’édition française, chez J’ai Lu, le classe en Fantastique, avec le joli surlignage rouge pour faire bien distinct (bleu SF et jaune fantasy; une fantaisie de couleurs qui, justement, me court sur le haricot depuis le début, mais passons).

American Gods, c’est tellement plus. American Gods, c’est comme on peut le lire au bas de l’édition française, le prix Hugo et Nebula pour le côté SF; le prix Locus du côté de la fantasy … et le Bram Stoker Award pour l’ambiance fantastique. Folklore et mythologie au quotidien, pimenté, même, par des intrigues policières; politiques même dans un sens entre les deux camps divins.  Et Bang à la résolution finale. Selon le site Wikipédia, l’édition « Au diable Vauvert » le classe dans une catégorie « fantastique rock », ce qui n’est pas mal du tout. Mais bon, avec mes catégories, je fais de mon mieux ><.

Un tout petit résumé, déjà si alléchant. Un bon point, parce que personnellement je me base avant tout sur la quatrième de couverture (ce qui m’a déjà bien déçue tout de même). Deuxième bon point, l’auteur, et j’y reviendrai plus loin. Autre bon point: les prénoms.

Ce n’est guère un secret, je m’intéresse énormément aux prénoms, surtout en littérature. Un héros qui s’appelle Ombre, je suis l’affaire. Déjà, il est mélodieux et annonce une métaphore, un mystère, sur ce héros qui a l’air comme tout le monde, à part son côté ex-détenu; les autres nom font sourire, comme Bois et Pierre (Pierre dans le sens la pierre, hein, pas Pierre le prénom normal; il m’a fallu près de 500 pages pour m’en rendre compte >< trop pas douée), M.Monde, Voyageur …

Le côté mythe – folklore est un enchantement.  Comme ces petites histoires, celle d’Essie Tregowan qui apporta ses croyances folkloriques à son arrivée en déportation dans le Nouveau Monde, qui ont l’air de rien, qui nous donnent l’impression d’être là pour nous faire rêver un peu plus, nous parler d’autres mythes, de farfadets. Mais jamais ils ne nous ennuient, nous font regarder notre montre en pensant: bon il se bouge un peu dans son action? Les rencontres avec les dieux en eux-mêmes ne ressemblent pas à des situations classiques, par exemple Ombre fait une partie de dames avec l’un d’eux, Czernobog (bon manque de bol il perd; l’enjeu ? Czernobog, quand tout sera fini, pourra le tuer d’un coup de marteau. Effectivement, ça fait cher la partie de dames). Pour tous les amateurs de surprises et de mythologie.

Le passage divin que j’ai préféré:  un élément de la fin. Donc, spoiler, surlignez les lignes pour les lire : Ombre explorera la mythologie égyptienne, le monde des morts, à son décès, on rencontre Anubis qui pèse son coeur en parallèle avec la plume, et Sekhmet déçue de ne pas avoir de casse-croûte.  Une écriture et des descriptions à lire impérativement.

Même s’ils ne parlent pas comme j’aurais pu m’y attendre^^ ce qui nous amène  à un autre point, le style.

Non, les dieux ne parlent pas soutenu, au contraire ils sont aux limites de la vulgarité, voire y plantent leurs gros sabots. Et ce style ne se limite pas aux seuls dialogues, mais à la narration également. J’avoue que chez King, par exemple, ça m’exaspère franchement. Mais allez comprendre, j’adore le style de Gaiman. J’adore, entre autres, sa manière d’écrire un peu rude, brève et très familière. Ce qui est drôle, aussi, sont ses références constantes aux films, séries, marques, etc., comme MacDonald’s par exemple.

On découvre une partie des Etats-Unis, Ombre au volant ; road-movie « rock », qui oppose les dieux de l’ancien temps (Odin, Kali la guerrière qui vient au moment de la bataille, le Baron Samedi venant du vaudou, …) à la technologie (la voiture, les médias, Internet, la télévision …).

L’intrigue « policière », ou plutôt les deux, ne sont pas inintéressantes: la moins évidente, à mon sens du moins parce que je n’étais pas franchement focalisée dessus avant que certains détails me sautent à la gorge, concernant l’identité de M. Monde -celle d’Ombre, aussi; je ne m’attendais pas à une quête sur son identité, je pensais qu’on resterait davantage dans le flou métaphorique ^^ mais le résultat m’enchante davantage; j’ai davantage aimé celle de la quête d’Alison, jeune fille de quatorze ans arrivée en même temps qu’Ombre dans un village appelé Lakeside, où il fait en moyenne -30°, Alison qui a disparu … policier et folklore s’entrelacent ici.

Il y en a pour tous les goûts, ou presque, dans ces mythes: les égyptiens, rendus en des passages exceptionnels, surtout à la fin (voire mon essai de spoiler), ceux nordiques (que j’aime beaucoup également et qui gouverne ce récit, une triade aussi inattendue que tellement évidente, lorsqu’on achève le roman), africaine (Anansi), germanique, Czernobog pour celle Slave, etc.

Et puis, encore un détail de prénom, pour la route. Lorsque Ombre se rend à Lakeside se planquer pour un temps, il utilise un nom d’emprunt. Mike Persson. Il faudrait que je vérifie dans l’édition anglaise, mais Persson, ça ressemble beaucoup à Personne. Dans ce cas-là, il est allé chercher son identité, en effet. Et Mike, le diminutif de Michael : qui est comme Dieu, donc ici … comme un dieu. BON OK ne m’envoyez rien j’arrête les insinuations ^^.

Tout un fouillis pour une oeuvre merveilleuse ^^ Que rajouter sur l’auteur? Faisons court, c’est un dieu, qui écrit divinement, et qui projette son lecteur dans des univers magiques dont on ne ressort pas indemmes. Onirique.

2 réflexions sur “American Gods

Chuchoter aux quatre vents

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