Une fille Zhuang

Auteur : Wei-Wei.

Nombre de pages : 247.

Parution : 2007.

Éditeur : Aube (Collection: Aube poche).

Genre  : Autobiographie.

Prix : 13,90€.

Résumé éditeur: « Oui, il a encore une place. C’est un étudiant ou une étudiante en langue française qu’il veut. Pourquoi le français ? Parce que nous avons besoin d’interprètes pour accompagner nos équipes de médecins qui partent chaque année travailler en Afrique francophone. Mais c’est la médecine que je veux étudier. N’y pense plus, Wei-Wei. Les besoins du pays sont tes besoins. » Wei-Wei entre donc à l’université. Le français, la France : en fouillant dans sa mémoire elle finit par retrouver une vague trace de … Napoléon. C’est bien peu pour motiver une jeune fille qui se destinait à la médecine ! Et pourtant Wei-Wei, avec sa force de vie, son enthousiasme et son intelligence ouverte sur le monde, s’applique avec conscience, jusqu’au moment où elle s’aperçoit que les textes étudiés sont des textes chinois, laborieusement traduits par des Chinois ! A force d’obstination, elle finit par dégoter dans une bibliothèque le tome 2 des Misérables et se plonge dans la découverte d’un grand écrivain … Une fille Zhuang est un très beau roman d’apprentissage et … d’amour, puisque Wei-Wei réussira à aimer notre langue comme à imposer son amoureux à ses parents, qui pourtant lui destinaient un autre fiancé. Mais là, Wei-Wei sera enfin maître de son destin.

C’est avec grand plaisir que je retrouve Wei-Wei, qui m’avait déjà enchantée avec La Couleur du bonheur. Une fille Zhuang est le récit d’une partie de sa vie, ou comment elle s’est retrouvée à apprendre le français. J’ai adoré les passages où elle décrit son apprentissage de la langue française (et même du camp militaire/politique avant ! Elle apprend à tirer avant tout!), la difficulté, l’absurdité de certaines méthodes (le « faux français », français écrit par des Chinois, même si pour des Chinois, à peine des sources originales), et finalement son amour de la littérature. J’aurais volontiers qualifié de choix ambitieux son premier livre français, mais les supports étant si peu nombreux, et de plus elle est très peu encouragée par la directrice, soucieuse de la voir attraper … de mauvaises idées capitalistes. Mais comme le dit Wei-Wei, comment apprendre une langue sans rien connaître de leur civilisation? Le contexte est tellement différent …

Son apprentissage du français n’est pas le seul point positif, j’ai retrouvé de nombreux thèmes communs à La Couleur du bonheur : la jeune fille envoyée travailler dans un village, la dépréciation d’un membre de la famille et ses répercussions sur son propre avenir, un mariage arrangé (mais là, elle tient bon !), une nouvelle fenêtre ouverte sur la Chine maoïste, du milieu des années 70 à 80, toujours emportée par l’écriture fluide et passionnante de Wei-Wei.

Quelques bémols, cependant : l’absence des tirets en début de dialogue. Il faut un peu de temps pour s’y habituer, ils donnent l’impression d’être plongés immédiatement dans un autre univers. J’ai regretté également à la fin l’incertitude sur l’avenir de Wei-Wei : a-t-elle pu tenir tête à ses parents et épouser celui qu’elle a choisi? A-t-elle réussi le concours d’entrée dans une école/université ? Comment, dans quelles circonstances a-t-elle pu aller en fac en France ? J’aurais beaucoup aimé avoir la réponse à ces questions, mais en-dehors de celles-ci, cette lecture a été un vrai bonheur.

Chuchoter aux quatre vents

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