Au bord des mots, lectures sur un rocher

Chinoises

Titre VO : The good women of China.

Auteur : Xinran.

Nombre de pages : 351.

Parution VO : 2002.   VF : 2005.

Éditeur : Picquier(Collection : Picquier Poche).

Genre : Témoignage.

Prix: 8,50€.

Résumé éditeur: Un dicton chinois prétend que « dans chaque famille il y a un livre qu’il vaut mieux ne pas lire à haute voix ». Une femme a rompu le silence. Durant huit années, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d’elles-mêmes, questionnant sans tabou ce que signifie être une femme aujourd’hui en Chine. Elle a rencontré des centaines d’entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d’elles-mêmes. Épouses de haut dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables: mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie … Mais elles parlent aussi d’amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste. Ce livre bouleversant – somme d’un travail de nombreuses années – a modifié le regard de Xinran et changera peut-être le nôtre à l’égard de la Chine et des femmes chinoises en particuliers.

Je poursuis avec ce livre ma découverte de la Chine entamée de manière plus rose et divertissante avec Wei-Wei.

Pas de divertissement au sens léger du terme ici … j’ai été terriblement touchée par certains de ces témoignages. Xinran, chroniqueuse radio, lève le voile sur des histoires souvent sordides, comme la première, celle de cette enfant violée par son père, excusé par sa mère, et qui voit dans l’hôpital son havre de paix, son oasis.

Comment Xinran a-t-elle pu écouter et conseiller ces femmes pendant des années sans sombrer dans la dépression, la rébellion ? Elle doit vraiment avoir de la force de caractère. J’ai souvent été vraiment remuée, au bord des larmes ou des hauts-le-cœur. Lecture dérangeante dans les thèmes qu’elle aborde (certes pas au niveau de l’écriture, Xinran écrit de manière plaisante, claire et précise), comme le viol familial (j’ai beaucoup de mal à supporter ce thème, mais de manière physique), le viol en général, des violences physiques particulièrement atroces (une jeune fille diminuée mentalement qui se retrouve carrément avec une branche cassée dans l’utérus !).

Je retrouve ici cette culture très différente de la nôtre, intéressante, c’est sûr, mais j’ai parfois beaucoup de mal à concevoir certains problèmes, comment certaines histoires ont pu se réaliser, en raison de la situation politique, la Chine maoïste, à nouveau, cette forme de communisme qui lui est propre, ces histoires d’enfants de « capitalistes » condamnés, maltraités à cause des fautes de leurs parents, qu’on continue à harceler durant des années (on retrouve ça chez Wei-Wei aussi).

J’ai aussi été passablement choquée de découvrir cet endroit si reculé, Colline Hurlante, qui ignore tout du confort basique (rien que les serviettes hygiéniques … et quand Xinran en donne en échange des feuilles rugueuses qu’elles utilisent, les hommes les réquisitionnent presque pour se protéger les mains ou absorber la sueur), sont considérées comme des machines à procréer (ha, et « utilisées » par plusieurs, aussi). Dans notre société dite « moderne », je reste vraiment abasourdie devant cet épisode, qui doit sans doute dater des années 80 ou 90, comme Xinran s’installe à Londres en 1997. Et je sais que malheureusement beaucoup ont cette vision de la femme … Le plus paradoxal, c’est que selon l’auteure, de toutes les femmes avec lesquelles elle a discuté, elles semblent les plus heureuses.

C’est une lecture que je n’oublierais pas de sitôt, je pense … intéressante, mais vraiment difficile.

Un commentaire sur “Chinoises

Chuchoter aux quatre vents

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