Coraline

Auteur : Neil Gaiman.

Illustrateur : Dave McKean.

Langue : anglaise.

Nombre de pages : 162.

Parution VO : 2002. VF : 2003.

Éditeur : Harper Collins.

Genre :  Jeunesse – Fantastique.

Prix : 5,12€.

Résumé : Coraline vient d’emménager dans une grande maison, que sa famille partage avec un vieux monsieur étrange qui élève des souris de cirque et deux vieilles dames qui ont fait du théâtre. La petite fille adore explorer de nouveaux environnements. Les premiers jours, ce sera l’extérieur, puis elle se tournera vers l’intérieur de la maison et découvrira une porte étrange. Lorsque sa mère l’ouvre, elle est fermée par des briques. Mais lorsque Coraline l’ouvre seule, c’est sur un long couloir qu’elle donne, qui conduira la fillette à un monde étrange, parfait au premier abord. Enfin presque.

Après Alice et De l’autre côté du miroir, cette semaine, c’est une autre relecture que je fais, mais également ma 2eme lecture en VO, il y a bien longtemps ^^, si on compte Alice pour une.

Ce titre m’avait séduite il y a quelques années et m’avait fait découvrir Neil Gaiman, un auteur que j’ai vite appris à adorer. Je l’avais étudié dans le cadre d’une comparaison avec Alice, qu’on peut rapprocher par plusieurs éléments, comme la présence d’un autre monde « merveilleux », un voyage le long du couloir proche du terrier, la découverte de ce monde étrange et fascinant avec un chat pour guide, qui ici est son compagnon plus que le Cheshire Cat pour Alice.

Et Coraline en a bien besoin : elle se blesse, et son voyage de l’autre côté a des conséquences terribles et inattendues sur le monde dit réel. On tremble pour elle, on espère et on ne peut qu’admirer son ingéniosité pour se débarrasser de son Autre Mère. Là où Alice s’attache à l’identité, Coraline s’intéresse plutôt à la survie, et au jeu qui va lui permettre d’avancer dans cet univers pour en réchapper. On s’ancre ici dans le monde de l’enfance.

Cet autre monde se présente comme parfait, avec des autres parents et des adultes attentifs, qui appellent bien l’héroïne Coraline et non Caroline comme dans son monde. Cet endroit en apparence paisible et parfait, tient plutôt du terrifiant, entre les adultes aux yeux de boutons, le spectacle des voisines, et le fait qu’il n’y ait rien autour de la maison.

Un des thèmes de ce conte est bien sûr la peur. Des rats dans la chambre ou sur le vieux monsieur m’ont terrifiée, et je me suis méfiée de l’Autre Mère dès lors qu’elle les présente comme des amis. Les souris, leur pendant dans le monde « réel » ont quelque chose de doux, mais les rats sonnent beaucoup plus négatifs, violents, capables d’attaquer à tout instant. On retrouve l’horreur avec l’Autre Mère, d’apparence d’abord normale, puis beaucoup plus inquiétante. Dans l’horreur, l’Autre Père sans forme est bien placé aussi.

L’inutilité des adultes (excepté les voisins, de vieilles personnes, une autre catégorie d’âge en somme) est confondante. Que ses parents soient occupés ou ne la croient pas, c’est une chose, mais l’agent de police appelé à l’aide se moque du monde. Ta maman n’est plus là ? Va la voir pour un câlin … logique. Une enfant toute seule n’a pas l’air de l’interpeller. Mieux vaut qu’elle retourne dormir et n’ennuie plus les adultes. On se croirait presque dans l’univers victorien d’Alice où les enfants sont faits pour être vus et non entendus, et ne causer aucun problème. Coraline ne peut effectivement compter que sur elle-même, et sur l’aide du chat.

J’ai beaucoup aimé Coraline, son courage, alors même qu’elle a peur, sa présence, son inventivité. On la comprend dans sa curiosité à visiter les lieux, à « tester » ce monde. J’ai adoré le chat. Un peu prétentieux, parfois, mais là pour Coraline, et qui lui parle de ce monde.

Les dessins de Dave McKean sont étranges, dérangeants, mais ils s’accordent parfaitement à l’histoire, à mon sens. Elles me faisaient un peu peur au début, et puis j’ai trouvé que ça correspondait parfaitement à l’ambiance. Quant à la citation de G.K. Chesterton, au début, elle est parfaitement choisie : oui, les contes parlent de monstres et de dragons, mais ils nous apprennent surtout qu’on peut les combattre. C’est une très belle morale. Le danger et la peur existent, mais on peut les combattre.

L’écriture de Gaiman est simple, précise, elle va droit au but.

Je regrette un peu que ce livre ait d’abord eu une étiquette de prescription scolaire. J’étais bien contente de comprendre un peu l’intrigue, comme je ne l’ai lu qu’en anglais, cette semaine et à l’époque, je n’avais pas vraiment cherché plus loin à la première lecture.

Ce livre est destiné aux 8 ans et plus en anglais. Malgré le fait qu’il soit un peu long, il se lit vite, et je pense que le vocabulaire peut bien se prêter à une lecture débutant (j’attends de voir ce qu’en pense Snow qui fait ce test ^^). Je le conseille, d’autant qu’il est passionnant et d’un très bon auteur !

Des points de détail, les indices du début, du monde « réel », avec les souris qui la préviennent d’un danger et connaissent son vrai nom, m’ont vraiment plu, tout comme l’impression de fin, que tout va bien. La porte est fermée, mais tout est-il vraiment résolu ? Une touche de suspense bien appliquée.

Je m’arrête là, sinon je n’en ai pas fini. C’est un de ces livres dont je vais parler en long, en large et en travers ! Vraiment, un livre superbe, un coup de cœur, pour un auteur coup de cœur également !

Je ne parlerais pas du film ici, si ce n’est pour dire qu’il est loin de m’avoir autant charmée que ce conte.

Lecture effectuée dans le cadre du challenge Alice au pays des merveilles de de.w et Disney de Galleane ! C’est aussi une lecture commune, dont voici les avis des autres Livraddictiens : Flo_boss, Pomm, Tsuki, Liyah, Zazou8888, Luna, Habitant of StoBykiss, PetiteMarie, Kik.


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25 réflexions sur “Coraline

  1. Je n’ai vu que le film que j’ai vraiment trouvé flippant, mais bien. C’est presque trop pour un film jeunesse. Je ne sais pas si je vais lire le livre. Mais je sais en tout cas que je ne l’oublierais jamais, car ma soeur aussi s’appelle Coraline. Et le pire c’est qu’elle lui ressemble ! J’arrête pas de l’embêter avec ça. lol

  2. J’ai le film dans ma pile à voir mas j’ai peur… d’avoir peur. Et j’ai le meme sentiment pour le livre. Mais je pense que je testerai, tu m’as donné envie de découvrir!

  3. moi c’est l’inverse. j’ai largement préféré le film. de toutes façons, Gaiman, je le préfère en tant que scénariste. Ses mots ne m’emportent pas autant que leurs représentations.

    • En tant que scénariste, je ne le connais que pour Sandman, que j’aime bien ! J’ai parfois du mal à me faire aux dessins (les artistes changent à chaque tome), mais les histoires de Gaiman m’accrochent toujours.

  4. Pingback: Coraline de Neil Gaiman « Les lectures de Marie

  5. Lynnae, tout comme toi j’ai adoré le personnage du chat prétentieux mais dont le bouclier de détachement tombe lors de l’affrontement « final ».

    La présentation des souris me manque par rapport au film par contre.

  6. Pingback: Grignotage n°153: Coraline, Neil Gaiman | Rongeuse de livres

  7. Je ne connais pas cet auteur. Ton avis me donne vraiment hâte de commencer ma lecture de Coraline! Tu parles également d’un recueil de nouvelles fantastiques, ça m’intéresse grandement!^^

    • Vraiment, il faut, Neil Gaiman vaut vraiment le détour à mon sens ! Le recueil de nouvelles fantastiques s’appelle Miroir et fumées, et je n’ai pas encore d’article à ce sujet -je l’ai lu avant d’avoir un blog ^^, je me rappelle de sa version de Blanche-Neige … et beaucoup de thèmes divers !

  8. C’est super que ce livre t’ait plu à ce point 😀 Dans l’ensemble, je suis d’accord avec ta chronique, j’aime beaucoup ton analyse, très détaillée (et personnellement j’ai beaucoup ri, même si d’un rire un peu jaune, au dialogue de Coraline avec le policier). Par contre, je trouve l’atmosphère du roman un peu dérangeante, voire effrayante, et, même si évidemment, cela dépend de la sensibilité de chacun, un lecteur de 8 ans me paraît peut-être un peu jeune pour cette lecture…

    • Je suis assez d’accord avec toi pour l’atmosphère, mais je suis habituée à l’auteur et ça n’était pas ma première lecture, donc je ne l’ai pas vraiment vu (et la première fois que je l’ai lu, c’était aussi en anglais, et j’étais surtout contente de comprendre :P), donc j’ai perdu l’effet de nouveauté et d’étrangeté … J’ai pensé à l’âge du lectorat pour la compréhension de l’ensemble, mais effectivement, pas pour la maturité de lecture et l’effet que le livre pourrait avoir …

  9. Pingback: Coraline, de Neil Gaiman | Charabistouilles

  10. Ca, c’est un article complet (du coup, je trouve le mien ridicule à côté ! lol) !
    Je n’en ai pas parlé mais moi aussi le coup du policier m’a laissé plus que perplexe !
    Je n’ai pas « aimé » Coraline, sans vraiment savoir pourquoi mais je n’ai pas accroché… Heureusement que le chat était là ! ^_^

Chuchoter aux quatre vents

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