Autant en emporte le vent

Titre VO : Gone with the Wind.

Auteur : Margaret Mitchell.

Nombre de pages : 1407.

Première parution : 1936. Cette édition : 2003.

Éditeur : France Loisirs.

Genre :  Classique – Historique.

Prix:  30€.

Résumé: Scarlett O’Hara est une des jeunes filles les plus fêtées du comté de Clayton, Georgie. Cette popularité lui convient à ravir et elle se soucie peu de provoquer les jalousies et le ressentiment des autres filles, ses sœurs y compris. Fille préférée de son père, qui lui destine en héritage leur propriété familiale, Tara, elle a hérité de son tempérament Irlandais, fier, frondeur, astucieux, ce qui n’est pas sans provoquer les angoisses de sa Mama. Comment trouver un mari à Miss Scarlett si elle s’obstine à être elle-même ? Scarlett n’a pas à chercher, elle sait qui lui plaît : Ashley Wilkes. Mais en apprenant un secret, la veille du pique-nique à la plantation du jeune homme, elle prend peur et décide de l’amener à la demander en mariage rapidement. Lors de cette journée d’été 1861, rien ne se passera comme prévu, et après avoir rencontré cet étrange et insolent Rhett Butler, et la douce (à ses yeux, fade) Melanie Hamilton, elle prendra une décision à la sauvette et changera le cours de son existence, tout comme celle de tous changera ce jour : la guerre est déclarée, les garçons du Sud s’en vont vers leur destinée. Scarlett aussi.

Je me mets doucement (avec l’échéance à la fin du mois, il serait temps !) à mon challenge Autant en emporte le vent, sur une idée d’Evy.

Il entre également dans le cadre du Challenge Histoire (pour sa description de la bataille de Gettysburg, entre autres, dans le cadre de la guerre de Sécession, ou encore de la Reconstruction) et du Défi Livres à Relire de George.

Ce roman est un immense coup de cœur, depuis des années ^^

Mon édition propose un volume unique. C’est moins frustrant que découpé en 3 sans avoir la suite, par exemple, mais la couverture est vraiment moins belle que celles tirées du film. Okay, c’est une plantation, c’est dans le thème, mais je préfère de beaucoup voir Vivian Leigh et Clark Gable !

Scarlett, aînée d’une famille de planteurs du Sud, évolue dans cette civilisation du coton, de la galanterie et de l’esclavage, où toute une famille et les nombreux esclaves vivent de la récolte de coton, où on élève la galanterie au rang d’art et pour être un homme on doit pouvoir bien boire, bien monter à cheval et amuser les dames, et où sans les esclaves rien ne pourrait être réalisé. Le récit est en effet une apologie de cette époque et des Sudistes, rédigé dans les années 30, sans s’appesantir sur l’esclavage et les horreurs que ce phénomène a engendré (le père de Scarlett, en bien trente années en Georgie, n’a frappé qu’un Noir, qui se serait mal occupé de son cheval). Il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’un roman, d’une fiction sur cette époque, cette civilisation particulière. J’aime le roman que propose Margaret Mitchell, tout en sachant que la réalité de la vie des esclaves de l’époque n’était pas aussi touchante qu’elle peut y paraître ici avec le personnage de Mama.

Les revendications des esclaves ne sont donc absolument pas au premier plan. On sait ce qu’ils veulent, ce qu’ils obtiennent, mais ceux qui veulent être libres ou le sont, sont présentés comme négatifs. Pour l’auteur, les esclaves doivent être fidèles à leurs maîtres en toute circonstance, comme Mama, Pork ou Dilcey. Celle-ci illustre particulièrement ce point : elle reste malgré tout parce que le père de Scarlett a acheté sa fille avec elle. Mama est encore plus attachée à la famille car elle est venue avec Ellen pour son mariage et s’est occupée des filles toute leur vie durant. Dilcey travaille extrêmement dur, sacrifiant sa liberté à celle de ses maîtres, sans jamais se plaindre (bon, Mama aime bien se plaindre un peu quand même) (Dilcey va jusqu’à s’excuser de la fainéantise de sa fille ; Prissy est un cas, mais il faut le faire). Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet, mais je vais en rester là. J’adore le personnage de Mama, sa fidélité à Scarlett, son côté bonne maman qui la réprimande comme une petite fille.

Scarlett est incroyable, intelligente, forte, enfant vraiment gâtée que la guerre fait mûrir, décidée à ne plus tomber dans l’extrême pauvreté dans laquelle la guerre la laisse, elle et sa famille. Dommage qu’elle ne se soit rendue compte de l’amitié et de la loyauté de Mellie qu’à la fin, Mellie qui est aussi un personnage étonnant et plein de courage. D’abord ennuyée lors des premières lectures, j’ai appris à aimer ce petit bout de femme plein de gentillesse, de compassion et de force également.Une fois la question un peu épineuse d’ « un roman esclavagiste » discutée (merci la fac pour ce « détail »), passons à l’histoire en elle-même. J’adore le mélange de romance, vie quotidienne et histoire, servi par des personnages incroyables, Scarlett et Rhett en tête.

Et bien sûr il y a Rhett, détesté au début car il vient du Nord et critique le Sud, et par Scarlett. Il l’a vue lors d’une scène indigne d’une jeune femme et n’hésite pas à lui rappeler ! J’adore sa légèreté apparente, son humour, sa manière de traiter Scarlett comme une enfant pour la plus grande partie de l’histoire. On est ensuite ému de sa douleur lorsque le roman avance; j’ai été très touchée de voir ce personnage désespéré, après tant d’autres facettes. Il n’est ni manichéen ni monochromatique, il est humain, avec ses qualités et ses défauts (et diablement séduisant !)

Plus jeune, après avoir vu le film pour la première fois, j’avais la même fascination que Scarlett pour Ashley. Maintenant … je le trouve mou, et je suis assez proche de l’opinion de Rhett sur lui : il n’est pas fait pour vivre dans cet univers, mais aussi : il n’est pas très honnête vis-à-vis de Scarlett. Il aime Mélanie depuis toujours mais laisse l’héroïne espérer, l’empêchant de tourner la page et peut-être de se rendre compte des sentiments et des attentions de Rhett à son égard. (Non, ça n’est pas uniquement à cause de mon opinion sur son interprète dans la comédie musicale, promis).

Le roman est long et peut éventuellement rebuter par ce point (d’où l’intérêt de couper en 3, j’imagine). Mais pour moi c’est d’autant de plaisir de me plonger dans l’histoire de Scarlett, ses chassés-croisés avec Rhett, leurs occasions manquées …

Autre chose qui peut être un point négatif pour certains : l’écriture très descriptive avec de longs paragraphes sur l’Histoire, les batailles, les changements sociaux ou politiques. Ils aident à comprendre le monde dans lequel vit l’héroïne, comment elle change, comment son évolution peut affecter ses relations sociales (lorsqu’elle fait fortune et s’entoure de profiteurs de guerre, les Carpetbaggers, alors que Rhett, pour l’avenir de Bonnie, s’entoure de la Vieille Garde, les Sudistes mis à mal par la guerre et la Reconstruction, sous l’occupation de l’armée Nordiste).

J’ai fait cette lecture en français, pour une fois, avec énormément de plaisir de retrouver certaines répliques et passages. J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir l’histoire d’amour passionnée et torturée de Rhett et Scarlett, suivi son évolution avec intérêt, apprécié leurs joutes verbales …

Je ne pourrais pas assurer à 100% la véracité historique du livre, mais c’est une fiction, et pas le point principal pour moi. Qui reste Rhett. (Et Scarlett aussi, hein.)

La fin m’a plus choquée dans le film. Ici … j’aimerais que Scarlett arrive à temps, à faire entendre raison à Rhett, et en même temps … je crois que je l’aimerais moins de se plier encore une fois aux caprices de Scarlett. A chaque fois il me surprend par sa détermination, même si elle est marquée par la fatigue et l’usure. Je sais que cette scène est frustrante, et si triste, mais vraiment je l’aime comme elle est.

Un vrai beau grand coup de cœur, depuis la première lecture, et qui me ravit à chaque relecture !

Je ne parlerais pas du film ici, parce que j’espère avoir le temps et l’occasion de lui consacrer un billet dédié.

12 réflexions sur “Autant en emporte le vent

  1. Pareil pour moi, ce livre est un coup de cœur depuis la première fois que je l’ai lu (j’ai du le relire 2 ou 3 fois) et décrit des choses à la fois magnifiques et horribles ! J’aimerai être Scarlett juste pour un temps, assise à Tara en attendant que les gens arrivent pour une grande fête….

    • Ouii dans une jolie robe ^^ verte et pas rose comme dans la comédie musicale, ils n’ont rien compris … ou qui va jusqu’aux genoux comme à Miss France, berk berk. C’est vrai que le pique-nique est tellement beau, on regrette de ne pas voir d’autres fêtes …
      Contente qu’il te plaise aussi Mycoton, et merci de passer par ici ^^

    • Dans ce cas-là, déjà, je te conseille l’édition en trois volumes. En plus d’être plus jolie que la mienne, tu dois avoir dans les 500 pages maximum, c’est plus léger pour un début. J’espère que tu tenteras et qu’il te plaira 🙂

  2. bop, bah plus de 1000 pages c’est pas pour tout de suite! Mais je pense qu’à l’occasion je regarderai le film, c’est quand même un monument ^^

  3. Je devais avoir treize ans lorsque je l’ai lu, il y a …Oh là lalalala, bon n’y pensons plus. J’ai ADORÈ…. bon moi, cé pas pour les belles robes que j’aurais aimé être Scarlet … c’est…Pour Ret Butler !!! (je ne suis pas sure de l’orthographe) Qui n’a pas rêvé d’être séduite par Ret Butler… Hum… j’en frémis encore…. Du haut de cette falaise… Lynnae, je te remercie et salue bien bas l’exploit de remettre au gout du jour cette inénarrable aventure …

    • Ah, Rhett, qui n’en rêve pas ^^ J’avoue avoir stupéfié ma grand-mère en lui vantant ce personnage et cet acteur. « Mais c’était il y a longtemps! » Et alors, il était magnifique !
      De rien, Christine. J’espère avoir pu faire honneur à cette merveille !

  4. J’ai lu et relu ce livre sous toutes ses formes, en format unique, en 3 tomes, en VF en VO, j’en suis très fan, c’est un de mes livres préférés. Tout comme le film est un de mes films préférés. Quand j’étais ado, je voulais être Scarlett et ressembler à Vivien Leigh ! 🙂

    • Toi aussi ? ^^ Cette actrice est tellement belle !
      Je regrette un peu de ne plus avoir mes trois tomes, je ne sais plus ce que j’en ai fait. Je les rachèterai, rien que pour le plaisir de leurs couvertures !
      Je vais essayer de revoir le film et d’en faire un billet (bon c’est la partie sur laquelle il faut entendre le terme « essayer », le voir, c’est tellement simple ^^). Peut-être cette semaine ? ^^

Chuchoter aux quatre vents

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