Lecture sur un rocher

Pavane

Keith Roberts (auteur). Frank Straschitz (traducteur). Pierre Faucheux (illustrateur). 1966 (VO), 1978 (VF), 314 p. Le Livre de Poche (Science-Fiction). Uchronie.

L’Invincible Armada, lancée, en juillet 1588, à l’assaut de l’Angleterre hérétique par les forces catholiques, triomphe de la tempête et profite de l’assassinat de la grande Elisabeth. La papauté pavoise. L’Histoire a changé de cours. Au XXème siècle, des locomotives à vapeur disputent les routes aux cavaliers ; les nouvelles sont transmises par des réseaux de sémaphores ; on chasse les sorcières, et les seigneurs féodaux appuient leurs révoltes de sciences impies comme l’électricité et la chimie.

Cette uchronie a été pleine de surprises. Je m’attendais à ce que le récit débute au point historique divergent, en 1588, mais l’Histoire a suivi son nouveau cours jusqu’en 1968 pour le premier chapitre. On retrouve d’un chapitre à l’autre (sauf le 2e et le 3e) la même famille. Si un personnage (Jesse) est le héros d’un chapitre et apparaît dans le suivant sur la famille Strange, le protagoniste change à chaque fois, avec l’environnement qui présente un autre élément de cette société où le catholicisme règne en maître sur le monde, avec ses horreurs toujours d’actualité au XXe (Inquisition).

On mêle petite et grande Histoire, le destin somme toute normal d’un individu et en quoi il contribue à l’évolution de cette société, qui accuse un certain retard technologique (il apparaît à la fin qu’il y a une raison).

Par petites touches, le paganisme fait son apparition. L’auteur présente en contraste le catholicisme et sa dureté, qu’on ne questionne pas, et les « Habitants de la Lande », le petit peuple, esprits, pas clairement expliqué, mais je n’en ai pas ressenti le besoin. Je ne m’attendais pas à cette dualité, ou à l’ambiance royale moyenâgeuse qui s’installe dans la deuxième partie.

L’écriture très descriptive m’a charmée et emportée dans cet univers, avec un bémol pour le premier chapitre sur Jesse qui m’a peu intéressée dans ses détails principalement centrés sur la petite histoire, celle du personnage plutôt que de cet univers, et le thème de la locomotive, thème qui ne m’a pas tellement emballée.

J’ai beaucoup aimé les personnages d’Eleanor et le sénéchal, malgré l’ambiance d’horreur guerrière qui règne dans ce chapitre. Le chapitre appelé « Frère Jean » a un côté horrible, plus subtil que celui sur Eleanor car il ne montre pas tout ce que le peintre voit (juste un peu au début), seulement son horreur lorsqu’il termine son travail.

J’ai beaucoup aimé suivre cet univers sur plus d’un chapitre, en découvrir différents aspects, avec le fil conducteur des Strange la majeure partie du temps. Changer de protagoniste et d’élément majeur introduit une diversité bienvenue, un élément de surprise à chaque fois.

Un commentaire sur “Pavane

Chuchoter aux quatre vents

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