Au bord des mots, lectures sur un rocher

Millénium, tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Millénium 1, Män som hatar kvinnor. Stieg Larsson (auteur). Lena Grumbach, Marc de Gouvenain (traducteurs). 2005 (VO), 2006 (VF), 574 p. Actes Sud (Noir). Policier. 23,20€ .

Mikael Blomkvist est un journaliste économique. Suite à un article condamné par la justice, il doit s’éloigner de Millénium, le journal qu’il a co fondé. On lui propose une activité plutôt étrange pendant ce temps : enquêter sur la disparition d’une jeune fille plusieurs dizaine d’années auparavant, dans un univers de type clos, avec un nombre incroyable de suspects. Il recevra une aide inattendue de la part de Lisbeth Salander, hacker étrange et surprenante.

J’ai pas mal entendu parler de ce titre à sa sortie, sans avoir spécialement envie de le lire. Je ne savais pas trop de quoi ça parlait … Lorsque je l’ai vu dans la liste du challenge Polar, je me suis dit pourquoi pas ! Il est de toute manière disponible en bibliothèque.

Le début m’a vraiment ennuyée. Le journalisme économique n’est pas ma tasse de thé, et jusqu’au début de l’enquête sur l’île, j’ai eu du mal à ne pas reposer ce livre. Le fait que Mikael ne se défende pas m’a ennuyée aussi. Je me suis intéressée davantage à Lisbeth, dont la personnalité est très particulière, avec ces capacités qu’on ne soupçonnerait pas.

Une fois l’enquête lancée, j’ai été plus intéressée. Comment revenir sur un crime clos quarante ans après les faits est un challenge, c’est le moins qu’on puisse dire. J’ai été surprise du résultat. Mikael m’a assez impressionnée par ses capacités d’investigation, sinon, pas trop. On s’inquiète pour lui, mais c’est à peu près tout, ce n’est pas un personnage qui m’a touchée comme Lisbeth. J’ai été assez effarée de ce qui lui arrive. On s’attache plutôt rapidement à elle, même si elle ne fait que de petites apparitions au début.

Au début de l’enquête, j’avais très envie de savoir. Les citations religieuses m’ont fascinée. Mais, j’avoue, j’ai perdu bizarrement mon intérêt dès l’annonce du meurtrier. Je ne sais pas trop pourquoi …

Un gros point négatif pour moi : les chapitres sont longs, trop longs. Il y a beaucoup de longues explications sur un personnage avant même l’amorce de l’enquête, des personnages moins importants. Cette manière de procéder est fatigante.

A la sortie du livre, j’ai été un peu étonnée par un commentaire : que la Bourse soit en chute libre n’a aucune importance ou conséquence. Heu, j’ai dû prendre ça hors contexte, parce que je penserais différemment. Mais quoi qu’il en soit, l’économie n’est pas du tout un thème qui m’intéresse.

Je jetterai peut-être un œil à la suite en espérant que ce thème soit moins prononcé. Je reste assez mitigée sur ce tome. Le début est ennuyeux, la fin à la limite. Je ne suis pas convaincue !

Nombre de tomes parus : 3 (série finie)

7 commentaires sur “Millénium, tome 1 : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

    1. Lol j’imagine ! Mais je crois qu’il y a plein d’avis positifs sur ce titre, des lecteurs qui ont vraiment aimé et te le présenteront sous un jour beaucoup plus sympathique ^^

  1. Je fais partie de ceux qui ont aimé. Je ne sais pas si c’est la rédaction initiale ou la traduction, mais il y a quelques lourdeurs (qui sont renforcées par celles déjà présentes dans la narration, et l’habitude à prendre de ces noms aux sonorités étrangères pour un lecteur qui va rarement puiser dans la littérature scandinave) qui ne facilitent pas forcément la lecture, et la double fin (fin de l’intrigue en elle-même, puis du roman) qui le rend longuet (sans parler du démarrage).
    Pour le reste, une fois dedans, j’ai enchaîné sur le tome 2 qui laisse un goût – volontaire – d’inachevé, et le 3 dans la foulée qui fait office d’apothéose au second.
    Et si j’avais apprécié le premier Millenium, les deux suivants ont fini de m’achever (le trait est un peu grossier par moments pour le dernier, mais quelle conclusion !) et de me convertir.
    D’un autre côté, c’est justement ce que j’aime : le noir. Si je n’ai rien contre le génie d’intrigue d’Agatha Christie ou de Patricia Highsmith (la série autour de Tom Ripley), je préfère de loin le verbe pesant, les mots puants et les ambiances étouffantes de James Ellroy, Paco Ignacio Taibo II ou Pete Dexter. Et du coup, Larsson m’a largement embarqué dans son histoire.

    1. Je ne suis pas très habituée au noir, c’est peut-être pour ça que ça ne m’a pas tellement plu. Je n’ai lu que Christie des auteurs que tu cites ^^; Merci pour ces idées d’auteurs, en tout cas ! (Et de ne pas me lapider par ce que je n’ai pas trop accroché :p)

  2. Alors à ce prix-là je continue dans les références :
    – Patricia Highsmith, c’est le premier tome autour de Ripley (il y en a 5, j’ai lu les 3 premiers, tous adaptés au cinéma – les meilleurs, une fois encore, sont les adaptations du premier, une version avec Alain Delon, l’autre avec Matt Damon dans le rôle titre) qui est le meilleur : « Monsieur Ripley » (pour plus d’info : http://zegatt.wordpress.com/2010/10/18/chasse-croise-tom-ripley/)
    – Pete Dexter, je n’ai lu que son « Paris Trout » lorsque j’étais membre de la 2nde édition du jury polar pour les éditions Points (pour lequel j’ai voté d’ailleurs), mais le verbe est paraît-il aussi bon dans ses autres romans. Glauque, réaliste, tranchant. Du grand art qui pue le fin fond des Etats-Unis.
    – Leonardo Padura Fuentes (mais son second nom de famille ne figure pas sur les éditions françaises), « Adios Hemingway » est assez moyen, le reste très bon, mais uniquement pour l’ambiance. Ses intrigues sont très moyennes, mais ses histoires de Cuba et son ambiance des tropiques sont absolument grandioses (j’avais failli voté pour lui plutôt que Dexter, à tort peut-être).
    – Cormac McCarthy, pour « Un enfant de Dieu », très proche de Dexter dans le style, la seule incursion dans le polar du monsieur (ou considéré comme tel), l’évolution d’un meurtrier sous forme de roman-choral dans une version trou-du-cul-du-monde des USA, avec clin d’oeil à Mark Twain en prime.
    – Paco Ignacio Taibo II, comme beaucoup des précédents vaut plus pour son verbe que son intrigue (il a une façon de décrire la société mexicaine à hurler de rire et à frémir de peur face à la corruption). Il a pondu un bouquin avec le sous-commandant Marcos, là aussi à mourir de rire, des deux côtés d’ailleurs (et même s’il parle politique – forcément -, qui ne tombe pas dans un appel zapatiste malgré ce qu’il aurait pu devenir).
    – Thomas Harris, sa trilogie initiale autour d’Hannibal Lecter (« Les origines du mal » est une daube infâme qu’il n’a pondu que pour l’adaptation cinéma – tout aussi ratée). A lire dans l’ordre.
    – James Ellroy, mon favori, pour son quatuor de Los Angeles (moins « Le Dahlia Noir » – malgré ce qu’en disent la plupart des fans invétérés que pour « Le Grand Nulle Part » « L.A. Confidential » et « White Jazz » – l’ordre importe peu, sauf pour le dernier) et sa trilogie américaine où il mélange polar-politique-espionnage à l’échelle du pays et prend son pied à ré-assassiner les frères Kennedy et Martin Luther King (les deux premiers bouquins suffisent, sa conclusion « Underworld USA » est largement inférieur aux deux premiers tomes – mais attention, c’est du gros format – 700 ou 800 pages au moins – mais quel pied !).

    Je ne sais plus qui disait que Agatha Christie était une manipulatrice de génie, mais une écrivain de second ordre (un peu à la façon d’Arthur Conan Doyle il me semble…), mais la majorité des auteurs au-dessus sont l’inverse (quoique, sur son « American Tabloid », Ellroy concilie les deux je trouve) ; un style avant tout, une intrigue après.

Chuchoter aux quatre vents

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