Au bord des mots, lectures sur un rocher

Steampunk Chronicles, tome 1 : L’étrange pouvoir de Finley Jayne

Steampunk Chronicles, tome 1 : The Girl in the Steel Corset. Kady Cross (autrice). Emmanuel Plisson (traducteur). 2011 (VO), 2012 (VF), 438 p. Harlequin (Darkiss). Steampunk – Jeunesse. 14,10€.

Finley Jayne est attachée au service de Lady Alyss lorsque son frère, Lord Felix, commence à la poursuivre de ses assiduités. Elle serait sans défense sans cette étrange petite voix au fond d’elle qui se trouve parfois pourvue d’une force colossale. Effrayée, elle s’enfuit et tombe nez-à-nez avec Griffin, un duc, qui a également quelques petits secrets, dans ce Londres mécanique, où la magie nous attend au rendez-vous.

Je l’avais déjà repéré lorsqu’il n’était publié qu’en anglais, pour l’aspect un peu steampunk que je connais encore très peu et qui me tente beaucoup. J’ai tenté ma chance à la dernière Masse Critique Babelio centrée sur l’imaginaire, que je remercie de l’opportunité de découvrir plus avant ce genre, et les éditions Harlequin pour ce titre très sympathique.

Selon l’auteur, elle l’a pensé comme un croisement entre La ligue des gentleman extraordinaires et X-Men. J’aime assez l’image, j’aime les dons des personnages même si je n’ai pas tout de suite compris ceux de Jasper. Le rapprochement avec Dr Jekyll pour Finley m’a plu. On a quelques explications pour l’Éther, le pouvoir de Griffin, mais j’ai trouvé qu’il restait encore dans l’ombre, ce qui lui confère du mystère. Et puis, je ne sais pas, le terme d’éther a quelque chose de rétro, qui colle bien à l’ambiance. Bien ri aussi quand l’auteur le compare au cosmos (j’avoue avoir pensé à Saint Seiya très fort 😛 ).

La référence à Verne et ce voyage au centre de la terre dont toute l’intrigue découle est un point de départ qui m’a séduite. Celle aux humeurs et leur dérèglement également, puisque ce n’est pas une invention mais une croyance d’époque. J’aime cette manière d’ancrer le récit dans des éléments, des croyances.

Le personnage de Dandy est plutôt séduisant, j’espère qu’on le retrouvera par la suite doué de pouvoirs magiques également. Même si j’ai un peu de mal avec la reproduction écrite de sa manière de parler, abréviations et fautes. Et puis, j’avoue que le triangle avec Finley et Griffin ne m’a pas trop dérangée (même si je préfère Dandy, moins parfait que Griffin, auquel je n’ai pas vraiment vu de défauts, excepté quelques accès de jalousie, qui dans les romances sont attendus et ne sont pas des défauts). J’ai même été déçue de mon impression que les dés étaient jetés dès le début et que Jack n’avait aucune chance.

J’ai beaucoup aimé le quiproquo dans une discussion Finley – Griffin : lui parle de Lord Felix, qu’il condamne et traite de crapule, et elle a l’impression qu’il critique son père qui a provoqué leur double nature à tous les deux ! Autre élément humoristique : leur rencontre avec la reine, une scène à laquelle je ne m’attendais pas trop. Une remarque du jeune homme, après avoir dit qu’il est content d’avoir une femme forte dans l’équipe : « Au moins, on n’a pas besoin de porter ses sacs ou de lui tenir les portes à cause de sa constitution délicate », m’a particulièrement fait rire aussi.

L’intrigue avec le Machiniste, responsable de la mort des parents de Griffin (ce à quoi je m’attendais), de celle de Sam, et qui le manipule encore en prime (un côté un peu prévisible, mais néanmoins plaisant, comme je ne m’attendais pas à une enquête follement tarabiscotée) passe un peu au second plan, après les dons mystérieux de Finley, comme le montre aussi le titre, centré sur elle. C’est un peu dommage, parce que je suppose que c’est sensé être le cœur de ce volume, et j’ai eu beaucoup de mal à me rappeler de cet élément avant bien d’arriver vers la 200e page.

La fin est un peu rapide, je m’attendais à quelque chose de plus spectaculaire que le combat dans l’entrepôt, plutôt lors de la parade. Le récit est situé en juin 1897, peu avant le jubilé de diamant de la reine Victoria, me rappelant God Child de Kaori Yuki, probablement la raison pour laquelle j’attendais un climax éclatant qui aurait éclaté pendant la parade. J’avais du mal à visualiser leur lutte dans l’entrepôt également, mais j’ai aimé qu’ils ne s’en tirent pas sans bobos.

Quelques éléments sont prévisibles, comme la fuite de Finley après avoir l’impression de ne pas faire partie du groupe. J’ai trouvé un peu décevant aussi qu’elle soit retrouvée si tôt et n’hésite pas à repartir. Par moments, il y avait trop de choses à mon goût : les runes, les arts martiaux. Arts martiaux qui ne collaient pas trop à l’époque, à mon sens, et au côté respect des conventions que j’aime tant. L’hypnotisme, même s’il est plus dans l’air du temps, m’a aussi paru être un peu too much. Le côté tatouages, je ne suis pas sûre qu’il soit dans les convenances, mais pas tellement dans l’époque.

Malheureusement, malgré un récit plaisant, et quelques éléments d’univers qui m’ont beaucoup plu, j’ai eu beaucoup de mal à me représenter l’univers et l’imaginer. Peut-être à cause du trop-plein d’éléments?

J’ai été un peu agacée de l’emploi de l’expression « Tout va bien pour toi? ». J’imagine que c’est un problème de traduction, mais le « pour toi » n’est vraiment pas naturel, et on retrouve ces termes plusieurs fois dans le récit.

Un autre élément qui m’a agacée, les remarques ridicules de Cordelia en la fin du volume. Je sais qu’il y a déjà pas mal de passages en blanc, mais je vous passe les remarques suivantes en spoiler tout de même. L’entrepôt s’est effondré, mais on n’a pas retrouvé le corps de Garibaldi. Tout comme à l’époque de l’accident qui a coûté la vie aux parents de Griffin, mais auquel le Machiniste a survécu. Et elle est persuadé qu’il est mort, malgré la remarque de bon sens du jeune homme : « Sans cadavre, nul ne peut être certain que Garibaldi soit mort ». Je me doutais qu’il allait survivre, mais pas à cette remarque idiote. Je n’ai pas l’impression qu’elle veuille le réconforter, mais plutôt qu’elle y croit elle-même, ce qui est bien bête après qu’on ait eu la preuve qu’il ait déjà échappé à la mort à l’époque

Un peu étonnée de la chute et de l’accusation envers Jasper. Surtout que c’est un personnage auquel on accorde très peu de temps et d’importance, à part comme compagnon d’entraînement de Finley et Griffin, et potentiel soupirant d’une des jeunes filles. C’est un peu mal calculé et me laisse sur une impression à mi-chemin entre l’indifférence et un peu plus négative.

Ce premier tome de Steampunk Chronicles est une lecture plaisante, mais pas LE récit steampunk qui j’espérais allait m’emporter.

Nombre de tomes parus : 4 (série en cours).

5 commentaires sur “Steampunk Chronicles, tome 1 : L’étrange pouvoir de Finley Jayne

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