Beauregard, tome 1 : Magies secrètes

Auteur : Hervé Jubert.

Illustrateur : Benjamin Carré.

Nombre de pages : 313.

Parution : 2012.

Éditeur : Le Pré aux Clercs (Collection : Pandore).

Genre : Fantasy.

Prix : 16€.

Résumé éditeur : L’empereur de Sequana veut faire disparaître la magie de sa cité et persécute les êtres féeriques. Ils trouvent refuge dans l’hôtel de Beauregard, un détective de l’étrange qui travaille officiellement pour le pouvoir. Depuis quelque temps, des sorts sèment le chaos dans la cité. Une entité maléfique répand la terreur, personne n’est à l’abri. Armé de sa canne-épée, assisté de la jolie Jeanne aux étranges pouvoirs, Beauregard enquête dans les ruelles et les palais de la capitale, transformée en théâtre de cauchemars.

Une fois encore, une très belle illustration réalisée par Benjamin Carré.

J’avais un peu peur de ne pas du tout apprécier cette lecture, même si j’ai adoré mon premier roman de Jubert. Le quadrille des assassins m’a totalement emportée. Ici, l’auteur change d’époque, de lieu, de thème, mais la féérie est précisément un thème qui me parle, ainsi que le terme de « détective de l’étrange » utilisé pour décrire Beauregard.

Non, l’élément qui m’inquiétait a été relevé par Melisende dans sa chronique du livre : la présence continuelle de notes de bas de page. Parfois plusieurs par pages, et proposant de longs paragraphes, sur l’histoire de Sequana par exemple. Bizarrement, ça ne m’a absolument pas dérangée. Je pense que je serais devenue cinglée si ça avait été des notes de fin d’ouvrage – je ne supporte pas ça. Mais là je n’avais pas besoin de chercher loin, je n’avais pas l’impression de m’interrompre dans ma lecture, et j’ai adoré les informations que ces notes proposaient. Elles n’étaient peut-être pas forcément essentielles à l’intrigue, mais elles étaient passionnantes pour la plupart.

Le roman fourmille de personnages, d’informations sur l’univers magique, la ville de Sequana, son histoire, celle du protagoniste. Une légère impression de fouillis, mais qui m’a énormément plu. Les détails d’époque comme la pierre antipoison contribuent à plonger dans cette superbe atmosphère. Par exemple, le port de crinoline de Titania et l’explication de l’auteur sur le vêtement ont contribué à la construction de cette atmosphère avec plaisir.

Le fait qu’Obéron et Titania soient les souverains m’a tout de suite fait bonne impression, même si je n’ai pas encore lu Le Songe d’une nuit d’été, je les retrouve des Royaumes invisibles. Ici, Obéron est un incapable qui passe son temps à faire la fête et chasser, alors que Titania s’occupe du  royaume. Lui veut repousser la féérie hors de Sequana, alors qu’elle y a sa place, que la ville en est pleine. Le héros, Beauregard, s’attache à la protéger, tout en réglant les affaires d’ordre surnaturelle qui se produisent à la cours, comme ce groupe de femmes pétrifiées.

J’ai énormément aimé toutes les références, les personnages historiques / littéraires / mythologiques, comme Isis, qui vit à l’hôtel de Beauregard, et son ami Polidori, devenu vampire, qui m’a nettement fait penser à l’auteur du Vampire. Parfois de simples références comme Gavroche. Gustave Doré fait également partie du cercle d’amis de Beauregard, j’ai particulièrement aimé leurs interactions. La référence au véritable Barbe-Bleu choisi pour son propre rôle au théâtre m’a fait bien rire aussi.

J’étais aussi très intéressée par les locataires de la prison, comme cette sirène de terre, et cet étrange baron, et ceux de l’hôtel (la mère du diable, qui viendrait apparemment de la prison).

Le personnage de Jeanne m’a un peu étonnée, au début. Je trouve qu’elle fait un peu effet de ressort comique (se retrouver dans un puits sans trop savoir comment), mais je n’ai pas vraiment vu son importance, même ses capacités ne m’ont pas paru essentielles à l’intrigue. La mention du charme « vieux comme le monde » pour réveiller Jeanne, ne m’a pas étonnée, mais fait sourire, surtout lorsqu’elle se casse la figure en se réveillant.

Condé, l’automate plein de sentiments, m’a touchée. Albert et Beauregard sont intéressant, on prend plaisir à les suivre ou à lire des informations les concernant.

J’ai aussi aimé le thème des masques, d’Arlequin et Pierrot. « Tout le monde est masque ici ».

Même si l’enquête policière n’est pas dans les traditions que j’aime, soit la possibilité de débusquer le criminel pour le lecteur, j’ai aimé suivre Beauregard dans ses interrogations (même si j’étais un peu étonnée que le sort du prince lui soit un peu égal). Le criminel est aussi touchant lorsqu’on découvre ce qui lui est arrivé. J’ai dû relire plusieurs fois les passages qui lui sont consacrés tant j’étais choquée et je ne m’y attendais pas. L’absence de manichéisme m’a séduite, tout n’est pas blanc ou noir.

J’ai aussi positivement adoré l’arbre qui portait des livres. C’est une vision divine. La présence d’écureuils magasiniers qui mordent si on ne se tait pas m’a bien fait rire. Tout comme la remarque de Jeanne lorsqu’ils écrivent les références des livres :

« Cette bestiole sait lire ?

-Vous voulez vraiment le froisser? ».

J’ai particulièrement aimé la dernière phrase : « Il replongea sa plume dans l’encre où se cachent les histoires ». L’écriture a été un plaisir.

Suit un annuaire de Sequana en fin d’ouvrage, ce à quoi je ne m’attendais pas, présenté comme un supplément de journal. Jubert nous présente succinctement quelques lieux de culte, hôtels, curiosité, bals, cafés, amusements, etc. Ça ne me dérange pas, c’est une ouverture intéressante, mais j’aurais voulu en savoir encore plus sur l’histoire de Sequana et de la Féérie ! Je ne sais pas si Magies secrètes est un premier tome, mais j’aimerais bien !

Je remercie Livraddict et les éditions du Pré aux Clercs pour ce partenariat. Une superbe lecture !

Nombre de tomes parus : 3 (série finie).

Tome 2 : Le tournoi des ombres.

3 réflexions sur “Beauregard, tome 1 : Magies secrètes

  1. Ah, les notes de fin d’ouvrage, la torture à l’état pur… Ca rend fou effectivement, heureusement que ce sont là des notes de bas de page ^^
    Ce livre a l’air vraiment très bien 😀

  2. Pingback: JUBERT Hervé, Magies secrètes | Le boudoir de Méloë

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