Peter Pan

Titre original : Peter and Wendy.

Auteur : James Matthew Barrie.

Traducteur : Yvette Métral.

Illustrateur : Grégoire Hénon.

Nombre de pages : 139.

Première parution : 1911. Cette édition : 2003.

Éditeur : Librio (Collection : Imaginaire).

Genre : Classique – Fantasy.

Prix : 7,60€.

Résumé éditeur : Peter Pan est un petit garçon bien étrange. Il est vêtu de feuilles, ne connaît pas son âge, et ignore ce qu’est un baiser. Wendy est intriguée par ce petit bonhomme qui lui rend visite la nuit, accompagné d’une lumière tintinnabulante nommée Clochette. D’où vient-il donc ?

« Je me suis enfui le jour de ma naissance », répond Peter Pan. « Je ne veux pas devenir un adulte, alors depuis, je vis au pays des fées. Sais-tu d’où viennent les fées ? Lorsque le premier de tous ces bébés se mit à rire pour la première fois, son rire se brisa en milliers de morceaux, et chaque morceau devint une fée ».

Wendy et ses deux frères, John et Michael, n’hésiteront pas bien longtemps à suivre Peter Pan et Clochette sur l’Île merveilleuse, au pays de l’Imaginaire …

Comme beaucoup, je connais l’histoire de Peter Pan depuis que je suis toute petite, via le dessin animé Disney que j’avais en cassette (traduction : que j’ai vu des douzaine et des douzaine de fois). Je n’avais jamais lu l’histoire originale, malgré une amie qui l’adorait.

Finalement, je suis tombée sur cette jolie édition. J’aime bien le côté pratique des Librio, et cette couverture est adorable. En plus, ma lettre B originelle pour le challenge ABC Imaginaire (Borges) m’est tombée des mains, et voilà l’occasion de découvrir cette lecture courte et féérique.

J’ai préféré le début et la toute fin au milieu du roman sur l’île. Les premières pages sont pleines de charmes et de poésie, puis on s’habitue à cette jolie écriture et on connaît davantage les évènements qui se déroulent du film, sauf lorsqu’ils reviennent et qu’on retrouve leurs parents. Peut-être aussi, tout simplement, que je me rappelais peu de ce même film en début de lecture et beaucoup plus ensuite !

Ce qui ne veut pas dire que leurs aventures sur l’île sont inintéressantes, au contraire, entre les pirates, les indiens, les sirènes. Qui n’en rêverait pas ? Mais mon seul « problème » a été que je connaissais déjà ces rebondissements. Je n’ai pas été surprise, et les connaissant si bien, n’y ai pas pris tant de plaisir.

M. et Mme Darling sont adorables. Ils m’ont plu davantage que les enfants, Clochette ou Peter – comme je découvrais certains aspects de leur personnalité laissés de côté dans le film. J’ai particulièrement aimé l’anecdote du baiser de la mère, du rituel du soir de mettre de l’ordre dans l’esprit de ses enfants, développant l’image jusqu’à la « carte géographique de l’esprit d’une personne » et la notion du « pays de l’Imaginaire », puis la réaction du père au départ des enfants (vivant dans la niche de Nana pour se punir). Ces envolées poétiques sont magiques, presque plus que le passage des enfants dans un univers imaginaire. J’aurais presque mieux aimé suivre les rêveries de ce petit monde à partir de l’univers plus réel de Londres, tant l’écriture de Barrie est délicate et propose ces jolies descriptions.

J’ai beaucoup aimé certaines remarques tirées du sens des convenances de Mme Darling, comme pour l’ombre de Peter, d’abord suspendue à la croisée : selon elle, ça « gâte l’allure de la maison ». Le fait que l’ombre se détache ne m’a presque plus étonnée, habituée que j’y étais dans le dessin animé. La manie de M. Darling de tout additionner (le coût des enfants, de leurs manteaux) est aussi décrit de manière très humoristique, un côté pratique qui apparait comme fantaisiste ici.

Nana et son côté très humain sont adorables également, par exemple comment elle surveillait des enfants qu’elle ne connaissait pas avant d’être la nounou des Darling, et se plaignait aux mères des bonnes qui ne faisaient pas leur travail. La description de son travail de nounou aurait bien pu durer une dizaine de pages. Je ne me serais pas plainte tant ce personnage est attachant.

J’ai été un peu étonnée que le voyage vers l’Imaginaire prenne si longtemps, je n’avais pas cette impression du film.

L’origine des enfants perdus m’a aussi marquée, ainsi que la raison pour laquelle ils ne sont que des garçons (les filles sont trop intelligentes pour tomber de leur landau lorsque leur bonne ne regarde pas !). En revanche, le mépris de John pour les filles comme l’annonce Wendy à ce moment et comme il le prouve lui-même peu après (lorsque les enfants construisent une maison pour elle) en disant « Mais ce n’est qu’une fille! » est agaçant, malheureusement représentatif de son époque, je suppose. Il parle peu, on n’a donc pas trop ce problème.

J’ai été assez choquée de certaines remarques concernant Peter Pan. Par exemple, lorsqu’il trouve que les garçons perdus sont trop nombreux, il « les supprime ». Hein ?! J’ai vraiment l’impression qu’on parle de tuer des enfants. Comme par la suite, il affirme avoir tué plusieurs pirates … Je me doute bien qu’il ne soit pas innocent à la manière de Disney, mais quand même !

Un élément qui m’a un peu dérangée / mise mal à l’aise se situe dans la relation Peter – Wendy. Il passe de fils à compagnon, les enfants perdus sont présentés comme leurs, mais pour Peter, Wendy est sa mère … On oscille entre les deux, ce qui est étrange.

La vision du bateau et des pirates par Wendy m’a bien fait rire. Le bateau est si sale qu’elle peut y écrire « Cochons! » avec toute la poussière ! Même dans un passage chargé de danger et d’angoisse, l’auteur a su faire passer une pointe d’humour.

Une lecture très spéciale.

5 réflexions sur “Peter Pan

  1. Question idiote : mais combien de challenges fais-tu? 😮
    J’ai ce livre dans ma Pal, et très peu de souvenir du Disney, ça sera une totale découverte pour moi ^^ Enfin, si j’arrive à le lire un jour xD Pour le coup du mépris des filles, je crois que tu as raison et que l’on doit l’imputer à l’époque… Mais ça a quelque chose de malheureux de se dire que ça semblait si normal 😦

    • J’en sais rieeeeen ! J’essaierai de compter plus tard ^^

      Écoute je te le prête si tu veux ! Je ne le relirai pas, du moins pas avant longteeemps !

      J’avoue, c’est malheureux :/

  2. Pingback: Challenge Fant’classique – Premier trimestre « Chez Iluze

  3. C’est vrai que les parties avec les Darling sont presque plus intéressantes que ce qu’il se passe au Pays imaginaire. Dans l’ensemble, ce conte m’a moyennement convaincue. Je n’ai pas aimé Peter (symbole de l’enfant gâté) et la vision des femmes de l’époque (Wendy n’est effectivement qu’une fille, juste bonne à s’occuper de la maison et des enfants perdus) m’a agacée même s’il faut effectivement se replacer dans le contexte.

    • Je n’en garde pas un souvenir impérissable, tiens (ça fait un an que je l’ai lu), mais c’est vrai que je retiens surtout les défauts que tu mentionnes. Heureusement, je me rappelle d’avoir beaucoup aimé l’écriture, au moins !

Chuchoter aux quatre vents

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s