Au bord des mots, lectures sur un rocher

Rien n’est trop beau

The Best of Everything. Rona Jaffe (autrice). Jean Rosenthal (traducteur). 1958 (VO), 2012 (VF), 668 p. Le Livre de Poche. Contemporaine – Vintage. 7,90€.

New York, début des années 1950. Elles sont jeunes et Manhattan leur tend les bras …

Il y a la brillante Caroline, dont l’ambition est de quitter la salle des dactylos pour occuper un poste éditorial. Mary Agnes, une collègue obnubilée par les préparatifs de son mariage. La naïve April, jeune provinciale du Colorado venue à New York pour faire carrière dans la chanson.

Si la ville semble leur offrir d’infinies possibilités professionnelles et amoureuses, chacune doit se battre avec ses armes pour se faire une place dans un monde d’hommes.

J’avais très envie de lire ce roman dès que je suis tombée dessus, en partie pour sa couverture qui m’a frappée, pour son côté léger, aérien, planant au-dessus du monde. J’aime beaucoup ce style un peu vintage, dans les vêtements, dans le contexte littéraire. J’ai mis un peu de temps à me défaire d’une idée que j’avais en débutant le récit, cet épisode de Quantum Leap où Sam se retrouve dans la peau d’une secrétaire dans les années 50, qui a pris ce travail pour trouver un mari, en colocation avec une amie.

On suit plusieurs jeune filles qui travaillent toutes dans une maison d’édition, au début du livre de poche. Chacune est différente et aura un destin propre, entre la jeune fille issue de la campagne, naïve et timide, qui aborde la grande ville avec des yeux remplis d’étoiles et découvre le crédit dans les grands magasins. Elle peut être touchante, mais sa naïveté m’a un peu fait halluciner. J’avoue, honnêtement, que je m’attendais à son sort, avec les choix que son petit ami Dexter fait pour elle.

Caroline m’a marquée par son ambition, sa capacité à supporter même l’éditrice au caractère de cochon lorsqu’elle doit lui servir de secrétaire. Ses choix en fin d’ouvrage m’ont un peu étonnée … il y a Barbara, mariée jeune et divorcée avec un enfant en bas âge, qui ne peut absolument pas se permettre de perdre ce travail, et cette actrice, Gregg (non, mais qu’est-ce que c’est que ce nom ? Avec un g, c’est un homme, deux une femme?) qui ne fait que passer par la maison d’édition, mais qu’on suit car elle devient la colocataire de Caroline, qui entame une relation intense avec un metteur en scène très connu, selon elle du moins. Gregg m’a surprise, mais pas vraiment dans une optique positive, pour ses réactions et ses choix dans sa relation avec David.

J’ai tout de même eu un petit manque de l’univers de l’édition. J’ai pris plaisir à suivre les jeunes femmes qui y gravitent, mais j’aurais aimé en apprendre davantage, par exemple les grands titres qui sortent, les grands auteurs de la période.

La construction alterne entre le présent, avec lequel Rona Jaffe présente les lieux, les temps ou les gens en général, comme les filles qui arrivent à New York, trouvent un petit boulot, une colocataire, etc., puis les temps du passé, de l’action, avec lequel elle nous conte les aventures des héroïnes.

La fin m’a un peu déçue, je n’ai pas l’impression qu’il y en a une. La plupart des personnages arrivent à une conclusion, sauf celle qui ferme le livre, ce qui est un peu dommage, comme je n’ai pas compris ses motivations et ses choix. Peut-être parce qu’il n’y a pas vraiment de fil rouge excepté le déroulement de la vie quotidienne des héroïnes.

Le récit de Barbara m’a particulièrement touchée. Les années 50 sont, en ville, plus tendres avec les femmes divorcées, mais j’ai trouvé très dure et très triste son histoire et la dégradation de sa relation avec le père de sa fille.

Les petites touches de bienséance, de savoir-vivre de l’époque, m’ont particulièrement plu. Comme ce roman en général, malgré mes interrogations et incertitudes, son ambiance rétro m’a séduite.

Petit détail, je pense que je l’aurais encore davantage aimé en grand format : avec ses plus de 650 pages, le poche n’est pas très pratique à prendre en main …

Chuchoter aux quatre vents

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