Au bord des mots, lectures sur un rocher

De fièvre et de sang

Sire Cédric (auteur). 2010, 447 p. Le Pré aux Clercs. Thriller – Fantastique. 17,10 €.

Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle…

Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors-norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. 

J’ai eu un peu de mal à démarrer cette lecture. J’avais prévu de la lire avec Aveline début janvier, mais je ne me suis décidée à la commencer que cette semaine. Ce n’est pas que j’en aie entendu de mauvais échos – au contraire, lorsqu’on me parle de Sire Cédric, c’est pour me dire que c’est génial. Mais je ne suis pas une grande fan de thriller (et apparemment une chochotte depuis Le Poète de Connelly qui m’a mise très mal à l’aise et donné des cauchemars) et j’ai toujours un peu me mal à me pousser pour découvrir un nouvel auteur.

Mais ça ne m’a pas empêchée de me lancer, un peu à la dernière minute pour ma lecture commune, dans ce qui s’est révélé un superbe livre. Je ne m’attendais pas à être aussi happée par cette intrigue dont j’ai été étonnée par les rebondissements, les thèmes fantastiques qui ont particulièrement touché juste, les personnages bien construits, et surtout, surtout, l’écriture d’orfèvre ciselée qui est celle de Sire Cédric. Dans l’horreur, dans la terreur, je n’arrivais pas à reposer le livre tant la mélodie qu’il crée est superbe. J’en suis sous le charme.

Le début est dur, brutal, certains chapitres sont très courts pour accentuer la nervosité du récit, on est plongé dedans dès le début. L’auteur distille quelques informations sur ses personnages, Eva et Alexandre, mais l’action n’est pas coupée. Ces commentaires sont courts et on reprend très vite le chemin de l’action et du danger.

Les passages étranges sur le sang sont particulièrement beaux et poétiques, même si au début on ne comprend pas à quoi ils font référence. L’ennemi est particulièrement fascinant. Les personnages secondaires laissent moins d’impact, excepté Jean-Luc qui agace dès sa première introduction.

J’ai été surprise de la succession des évènements. Un peu, aussi, de la coupure temporelle entre deux crimes, puis de la disparition d’Eva, je trouvais que les choses allaient pu vite que prévu, ajoutant au côté sans temps mort du roman. On ne s’ennuie pas, on ne se pose jamais. Même les périodes de souvenirs de l’albinos sont particulièrement remuants, le lecteur ne prend pas le temps d’y réfléchir, il reste dans un état constant d’agitation, presque, effectivement, de « fièvre », comme dans le titre …

Eva, la profileuse albinos, le cœur du roman, est particulièrement saisissante, dans ses capacités, dans sa personnalité frondeuse, dans son passé qui se dévoile au fil des pages. Un seul regret, peut-être : la relation qu’elle entretient avec Vauvert (Alexandre) au début du roman n’est pas développée, quelques attentions, quelques regards, sont laissés entrevoir, mais il continue à penser à elle, et c’est un petit courant amoureux qui passe venant de lui. L’auteur n’insiste pas trop dessus en général, ni particulièrement du côté de la jeune femme, mais elle y semble réceptive à la toute fin, ce qui m’a étonnée, car rien ne le laissait présager … le côté peu appuyé me convainc moins, même si d’un côté je suis assez contente qu’il n’insiste pas dessus.

Les touches fantastiques m’ont particulièrement plu. Les loups, les miroirs, le masque, toute la symbolique du sang … Un élément relatif à ce dernier ne m’a pas surprise, mais j’ai aimé la manière dont l’auteur le « raccorde » à son meurtrier (les dieux, même s’ils ne sont pas mentionnés ; je connaissais déjà Elizabeth Bathory). Je n’en ai pas vraiment été effrayée, mais plus pressée de découvrir le fin mot de l’histoire. Une fin un peu déconcertante, mais néanmoins satisfaisante.

Lecture commune avec Aveline

10 commentaires sur “De fièvre et de sang

      1. J’ai fini De fièvre et de sang et je ne suis pas totalement convaincue : j’ai trouvé que le côté « thriller » et le côté « fantastique » s’annulaient un peu l’un l’autre. Il a quand même de bonnes idées et une plume sympathique, donc j’aimerais en lire d’autres pour me faire un meilleur avis !

Chuchoter aux quatre vents

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