Au bord des mots, lectures sur un rocher

Les divins secrets des petites ya-ya

Divine secrets of the Ya-Ya Sisterhood. Rebecca Wells (autrice). Dominique Rinaudo (traduction). 1996 (VO), 2000, 471 p. Pocket. Contemporaine – Vintage.

« Une danseuse de claquettes maltraite ses enfants… » Quand Vivi Walker lit dans le « Sunday New York Times » le portrait que brosse d’elle sa fille Siddy, metteur en scène à succès, elle la renie sur le champ. Afin d’aider à renouer le dialogue entre la mère et la fille, les amies intimes de Vivi finissent par la persuader d’envoyer à Siddy son album souvenir : « Les divins secrets des petites ya-ya ».

Que cette lecture a été ennuyeuse ! Et pis encore, énervante.

Je m’attendais à une chronique familiale, sympathique, à la manière de Nora Roberts, une plongée dans la vie cajun des années 50 à 80, 90. Pas à avoir une dent contre les personnages dès le début ou presque.

On passe du point de vue de Siddy (Siddalee, mais qu’est-ce que c’est que ce nom?!), dans le présent de narration, à différents flash-backs sur l’enfance, la jeunesse de sa mère Vivian. Vivi qu’elle a accusée d’être une mauvaise mère, violente. Vivi, au moins, est intéressante et ne passe pas son temps à pleurnicher comme Siddy. Non, mais, franchement, elle passe son temps à geindre parce qu’elle a perdu la confiance de sa mère ou qu’elle ne peut pas aller plus loin avec son copain parce qu’elle a peur qu’il meure un jour (après, tu veux faire quoi?). Et se confier en toute naïveté à une journaliste et après venir pleurer parce qu’elle a publié un article sur ses révélations, j’ai trouvé ça d’un agaçant, dès le début. Et puis elle fait un caprice en disant, après avoir obtenu le bien le plus précieux de sa mère, son livre sur sa jeunesse, que Vivan lui « doit quelques éclaircissements, tout de même! ». Oui, bien sûr, elle te doit tout, c’est bien connu.

Mais Vivian n’est pas parfaite non plus comme personnage, bien sûr. Avec ses copines ya-ya (si on m’a expliqué d’où vient ce surnom, je l’ai oublié), elle n’est pas spécialement plaisante non plus. C’est un détail, mais la voir boire et prendre le volant avec les trois autres, qui trouvent ça parfaitement normal, c’est quelque chose que je déteste. (Pour ajouter au côté pas fut-fut, elle trouve normal de laisser une bougie et aller dormir, le feu, ça la connaît, hein. Oui, justement, tu as failli être brûlée vive une fois la nuit, mais tu vas laisser une bougie brûler sans surveillance. Logique).

La traduction m’a hérissée. « V’s aut' », je suppose, vient de « y’all » en VO. J’avais envie de mordre à chaque fois que je voyais cette expression ! Et le nombre de mots en italique pour dire que les personnages parlent français … une fois, ça va, deux, j’ai mes limites, mais il y en a plein les chapitres !

Je n’ai pas trouvé ce roman drôle. Ce qui est sensé être un souvenir hilarant, le concours de sosies de Shirley Temple, ne m’a pas occasionné un sourire. C’est fin (c’est du style de La couleur des sentiments).

On fait aussi un passage obligé par l’église cruelle et autoritaire avec un pensionnat où Vivi est envoyée par son extrémiste de mère. Je n’ai pas vu l’intérêt de ce passage, ni sa cruauté et les tourments qu’elle y rencontre. Et bien sûr, pour augmenter son côté martyre, tout le monde l’y déteste.

Le seul passage qui m’a plu a été le récit de la première d’Autant en emporte le vent à laquelle assiste les ya-ya, les commentaires sur Margaret Mitchell. Mais ça n’est pas lourd et ça ne m’a pas empêché de détester ce roman par ailleurs.

4 commentaires sur “Les divins secrets des petites ya-ya

  1. Ah, ce résumé me dit quelque chose, mais pour un film que j’avais bien aimé. Est-ce qu’elle frappe ses enfants à cause des médicaments qu’elle prend et qui la rendent folles ?

    1. Oui, un film a été réalisé à partir du livre ! Je crois bien que c’est pour ça qu’elle les frappe, en effet (la lecture date T__T). Le film était chouette ?

  2. Mais il a l’air horrible ce livre!! Dès la 4eme de couverture d’ailleurs xD Je crois que j’aurais abandonné au bout de 10 pages avec ce que tu décris là…

Chuchoter aux quatre vents

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