Au bord des mots, lectures sur un rocher

Scarlett, si possible

Katherine Pancol (autrice). Virginie Perrollaz (illustratrice). 2012, 600 p. Points. Contemporaine. 7,90€.

Juillet 1968, Juliette, Martine et Bénédicte quitte Pithiviers pour venir vivre à Paris. 18 ans, des défis plein les poches, une certitude : elles vont réussir. Mais le monde ne se laissera pas conquérir comme ça. La vie n’est ni un conte de fées, ni un film sur grand écran.

J’avoue, j’avais choisi ce livre à l’origine pour le titre, je pensais peut-être qu’il y aurait beaucoup plus de références à Scarlett. Et ça n’a pas été une si mauvaise pioche. Je l’ai souvent relu en médiathèque, et lorsque je suis tombée dessus en occasion après la réédition poche, j’ai réalisé que ça faisait bien huit ans que je ne l’avais pas lu et que vu le sujet, ça pourrait être sympathique de se replonger dedans.

Effectivement, ça a été le cas. Les 600 pages ont défilé très vite, j’ai retrouvé les personnages où je les avais laissé, avec l’étrange avantage d’être plus âgée qu’eux maintenant et d’avoir un regard différent sur leur époque et ce qui leur arrive.

Je pense que si j’avais découvert ce roman maintenant, je n’aurais pas tellement apprécié le langage et les scènes un peu crus que l’auteur propose parfois (surtout avec le personnage de Juliette). Mais je dois y être habituée ici, parce qu’elles m’ont fait un peu sourciller, mais pas trop agacée.

Le parcours de Martine est celui qui m’a le plus intéressée à cette lecture, devant sa passion de l’anglais et son rêve de faire fortune aux États-Unis. Juliette, dont les errements amoureux / professionnels prennent la plupart du roman, m’a un peu agacée, en revanche, à part rencontrer Louis (un personnage assez intéressant à suivre), choquer ses parents et travailler dans un domaine qui lui est un peu égal, ne fait pas grand-chose. On n’en apprend pas assez sur le journalisme pour être vraiment pris par les problèmes de Bénédicte (coucher pour réussir et finir par tomber amoureuse de celui-là même qui la dégoûtait, un peu cliché).

Heureusement, il y a la petite enquête policière qui attire toujours mon attention, même si je ne saurais pas dire s’il s’agit d’un mystère que le lecteur peut résoudre – ma mémoire est revenue peu avant que le criminel se découvre au grand jour.

Les références au contexte politique et économique sont intéressantes et permettent de mieux cadrer l’histoire. C’est une période que je ne connais pas très bien, j’ai aimé ces petits passages généraux.

Les petites références à Autant en emporte le vent et ses personnages (le film, les points de vue de chaque héroïne dessus, le fait que Scarlett est une référence en matière de courage pour elle, la situation entre Juliette et Louis semblable à la fin du roman) sont plaisantes, mais j’aurais aimé un peu davantage de ce côté.

Au final, j’aurais aimé que l’enquête prenne plus de temps, de profondeur, qu’elle soit plus pendant un moment que les grands titres des journaux, occultée par la vie « trépidante » de Juliette à Paris, ce qui aurait été difficile parce qu’elle se déroule à Pithiviers, la ville d’origine des filles, qu’elles quittent progressivement pour Paris. C’est une lecture plaisante sur le moment, mais je pense que je n’en garde des souvenirs que parce que je l’ai lu souvent étant plus jeune.

C’est un peu dommage aussi qu’on n’aborde pas davantage les évènements de 1968. Plus que le contexte, au final, ce sont les filles un peu paumées que l’on suit, Juliette, sans repère, Bénédicte qui débute avec une cuillère en argent dans la bouche et avance dans sa carrière avec ses rapports avec un collègue qu’elle n’aime même pas, et Martine qui se fiche de tout et tous au début, excepté ses copines et jette même son rêve aux orties pour un idiot … Aucun de leurs caractères ne donne vraiment envie de les suivre, et j’aurais préféré passer du temps avec Martine aux États-Unis, dont la vie semble être la plus réussie, au final. Je n’ai pas pu m’empêcher de trouver la fin un peu plate, exceptée pour elle (et de trouver Juliette un peu gourde).

2 commentaires sur “Scarlett, si possible

  1. Je connaissais pas ce livre, mais l’auteur ne m’a jamais spécialement intéressée… Je crois que je suis pas fana des récits  » tranche de vie » en fait… quoique j’aime bien ça en BD, mais c’est totalement différent je trouve!

    1. Je suis assez d’accord, en BD ou manga c’est très différent … peut-être qu’on s’attache plus au visuel. A part ça, Pancol ne m’a jamais intéressée non plus. Mais bon, c’est le coté contemporain aussi.

Chuchoter aux quatre vents

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