Au bord des mots, lectures sur un rocher

Pendant la famine, en Irlande : Journal de Phyllis McCormack, 1845-1847

The Hunger, the Diary of Phyllis McCormack, Ireland, 1845-1847. Carol Drinkwater (autrice). Bee Formentelli (traduction). 2006, 221 p. Gallimard (Mon Histoire). Jeunesse. 9,90€.

Novembre 1845, en Irlande, la maladie réduit en pourriture toutes les récoltes de pommes de terre. Cet ouvrage nous raconte le quotidien d’une jeune adolescente pendant toutes ces années de famine.

Ce volume de la collection Mon Histoire évoque un épisode de l’histoire irlandaise : la famine de pommes de terres (1846-1851). Victimes d’un parasite, il n’était pas possible de consommer ces aliments, mais les paysans, dont c’était l’aliment de base, n’avaient pas les moyens de se procurer autre chose. D’un autre côté, les propriétaires anglais ont continué à réclamer les « fermages », les loyers des terres sur lesquelles vivaient les paysans, n’hésitant pas à les chasser lorsqu’ils ne pouvaient pas payer.

Selon les quelques pages d’information en fin du livre, un million et demi d’Irlandais sont morts en six ans de famine. « Un autre million a émigré […] dans des conditions souvent effroyables (des centaines de milliers d’Irlandais ont péri sur ces « cercueils flottants » qu’étaient les bateaux d’émigrants) ». Des bateaux chargés en surnombre, pullulant de maladies, avec peu d’eau et de nourriture disponible …

Cet évènement a d’ailleurs contribué au développement du mouvement nationaliste, devant l’abandon apparent de l’Angleterre.

L’auteur a très bien traduit la détresse de l’héroïne, Phyllis, dont la famille loue un fermage et se trouve confrontée au mildiou, le parasite, sans grand espoir de survivre, si ce n’est des actions clandestines, ou le départ pour les Etats-Unis, terre promise.

L’héroïne est adorable, courageuse, attachée à sa famille, à son pays, on souffre avec elle. Une fois encore, après deux ans d’entrée de journal, une ellipse narrative nous prive d’une partie de son récit, qui aurait pu encore gagner à être augmenté. J’ai été contente d’avoir un épilogue, de savoir ce qu’il advenait d’elle. Son histoire d’amour m’a touchée, comme son dévouement envers sa famille.

L’écriture aussi m’a touchée, dans le langage familier. L’auteur décrit bien la souffrance, la dureté de cette période. On aborde aussi la politique, avec le frère de Phyllis notamment, qui développe une conscience nationaliste et un rejet puissant de l’Angleterre, les espoirs d’indépendance de l’Irlande …. Un récit parfois dur et triste, mais vraiment touchant.

4 commentaires sur “Pendant la famine, en Irlande : Journal de Phyllis McCormack, 1845-1847

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