Au bord des mots, lectures sur un rocher

Les Eveilleurs, tome 1 : Salicande

Pauline Alphen (autrice). 2012, 521 p. Le Livre de Poche. Fantasy – Jeunesse. 6,90 €.

« Nous avions trois lunées, mon frère et moi, lorsque notre mère a disparu. S’il est vrai que la vie connaît des carrefours, celui-là en est un. Nous avons grandi sans elle mais entourés d’amour, dans notre vallée protégée de Salicande. Nous ne savions rien des Temps d’Avant, rien de la Grande Catastrophe ni des objets interdits. Rien de nos dons étranges. » 

Quand l’écriture est un voyage.

Quand le voyage est écriture.

Quand les frontières sont abolies.

Non pas pour faire naître le chaos.

Mais pour éveiller….

J’avais un peu entendu parler des Eveilleurs par Snow et Blackwolf, qui m’avaient dit que c’était une valeur sûre. J’ai mis du temps à tester, et au final j’ai eu un mal fou à me mettre à ce billet, parce que cette lecture était superbe, et que je ne suis pas sûre de parvenir à la décrire. Je l’ai fait durer longtemps, presque deux semaines pour un petit poche, j’ai adoré l’univers dans lequel Pauline Alphen nous immerge avec douceur.

Commencer par la liste des personnages m’a un peu perdue, je me suis sentie obligée de revenir en arrière parfois pour la consulter. Et puis on a un extraits des carnets de Sierra, la mère des protagonistes, sur le livre et le Vrai Lecteur, qui m’a définitivement fait partir sur de bonnes bases. Et arrive le premier chapitre du point de vue de Claris, l’héroïne, frustrée, agacée que les aventures n’arrivent jamais aux filles, qu’aux garçons, qu’elles ne sont pas faites pour faire de l’escrime, que les filles ne sont que des P.P. dans les aventures qu’elle lit. Des Princesses Passives. Exactement ce que je pensais quand j’étais plus jeune, je n’ai pas vraiment eu de mal à adorer ce personnage (ajoutez son sens de l’orientation plus que défaillant, et j’en étais encore plus proche ^^;  ).

Claris « fait » tellement vrai. C’est un petit personnage de chair et de sang, tout comme son frère Jad, ses parents, leurs amis, les adultes qui gravitent autour d’eux …  J’adore quand une histoire part sur d’aussi bonnes bases. J’ai pensé que ça s’arrêterai là, que l’histoire serait meh, l’écriture sympa, mais sans plus.

Pas du tout. Absolument pas. L’écriture est magnifique, elle a des accès de poésie qui transportent le lecteur à Salicande, dans la vallée verdoyante, une nature omniprésente qui m’a fait rêver.

Le contexte a aussi beaucoup joué dans cette appréciation. Je m’attendais au début à ce que l’univers se situe dans une époque médiévale, fantasy, à part de notre temps. Ce qui aurait été déjà bien, vu les atouts  du récit. Et en fait, c’est encore plus. Le temps de Jad et Claris est dans le futur du lecteur, ajoutant un côté contre utopique à écarquiller les yeux de surprise. J’avais hâte d’en apprendre davantage, sur ce qui est arrivé à ce monde. Et c’est extrêmement plausible (tellement que, franchement, ça ne m’étonne pas vraiment, cynique powa). La chronologie récapitulative en fin de volume est bien pratique aussi.

J’ai trouvé, aussi, les petites mises en garde contre les dangers de l’addiction aux réalités virtuelles, les conséquences qu’elle peuvent avoir, même avec un ajout d’élément fantastique, particulièrement d’actualité et bien posées.

Au début, j’ai trouvé que l’intrigue en elle-même n’était pas très poussée, qu’on se laissait justement porter par les personnages, leur quotidien, les petits changements qu’ils apportaient à leur vie, que le gros élément modificateur se faisait attendre presque jusqu’à la fin. Autant, j’aurais aimé bouleverser un peu davantage les choses plus tôt, autant je trouve ce début superbe tel qu’il est, à découvrir les Nomades de l’écriture (une trouvaille qui m’a fascinée également), entre autres, à être porté par la magnifique écriture de Pauline Alphen (je me répète, mais elle est vraiment superbe, j’ai particulièrement aimé, même s’il m’a un peu perturbée, le choix de termes tel que décades, lunées, lunaisons).

Les références littéraires ou cinématographiques sont aussi un très, très bon point, entre Harry Potter, la légende arthurienne, les mythes antiques … Le thème de la lecture, aussi, via les personnages des Nomades, les études dans ce domaine que Claris veut entreprendre, les textes de celle-ci ou de Sierra, est parfaitement amené.

Je ne m’attendais pas trop au thème de la prophétie, ou du jeu d’échecs, je ne voyais pas venir du tout ce qu’il allait amener (j’ai étonné que ça en reste à la toute fin, j’attends de voir ce qu’il arrive dans la suite).

Pour résumer tout ce bla-bla, c’est une lecture fantastique que je recommande chaudement.

Nombre de tomes parus : 4 (série en cours)

Tome 2 : Ailleurs.

Tome 3 : L’Alliance.

Tome 4 : Le Passage.

6 commentaires sur “Les Eveilleurs, tome 1 : Salicande

  1. L’univers et la poésie du texte sont les atouts majeurs de ce premier tome… Malheureusement, le manque d’action alourdit le tout, j’ai trouvé ça dommage et du coup, j’hésite encore à lire la suite même si je serais heureuse de retrouver cette ambiance magique.

Chuchoter aux quatre vents

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