Mémoires d’une geisha

Titre VO : Kuruwa no Onna.

Auteur : Yuki Inoue.

Nombre de pages : 280.

Parution VO : 2002. VF : 2002.

Éditeur : Philippe Picquier (Collection : Poche).

Genre : Autobiographie ? – Historique.

Prix : 8,60€.

Résumé éditeur : Née en 1892, vendue à l’âge de huit ans, Kinu Yamaguchi fera l’apprentissage du dur métier de geisha. C’est un peu l’envers du décor qu’elle raconte : avant de porter le kimono de soie, il lui faudra vivre un apprentissage rigoureux, étudier tous les arts de divertissement et endurer pour cela privations, exercices physiques traumatisants, soumission aux coups sous les ordres de la  » Mère  » et des  » grandes sœurs « . Après son initiation sexuelle, elle s’enfuira, puis reviendra vivre dans le  » quartier réservé  » avant de devenir elle-même patronne d’une maison de geishas. Récit bouleversant, description édifiante de la vie de tous les jours dans l’intimité d’une okiya, avec ses cérémonies, ses coutumes, ses fêtes et ses jeux. On y entend des histoires de plaisirs, de chagrins, de courage aussi, qui éclairent sous un jour nouveau ce monde fermé sur lequel l’Occident ne cesse de s’illusionner.

Il y a quelque temps, j’avais eu une petite période « exotique », sur les geishas, mais après avoir beaucoup aimé Mémoires d’une geisha d’Arthur Golden et Ma vie de geisha de Mineko Iwasaki, je me suis plus ou moins arrêtée net avec celui-ci.

Je  n’avais pas fait le rapprochement entre le résumé annonçant un personnage appelé Kinu Yamaguchi et l’auteur. Je ne pensais pas que ce serait narré à la troisième personne, par un narrateur qui serait une autre geisha. Je m’y suis un peu perdue. Parfois Kinu s’exprime dans le temps présent, à 80 ans, mais la plupart du temps ce sont ses souvenirs.

Et elle lève le voile sur un phénomène pudiquement renié dans les autres ouvrages sur le sujet : l’aspect prostitution, que ce soit pour le mizuage, vente de la virginité, que des passes régulières, nuit et jour. J’en ai été choquée, je l’avoue, à la fois de cette honnêteté « subite » dans le genre, et aussi d’avoir un désagréable sentiment d’avoir été un peu prise pour une idiote dans les lectures précédentes. Il y a vraiment beaucoup plus d’évocation de la sexualité que dans les autres livres de geishas, sans tabou ou presque, ce à quoi je ne m’attendais pas du tout.

Autre point dérangeant, il y a énormément d’informations, vraiment, presque trop. On en perd la fiction, ou l’histoire en tout cas, et on est noyé dans des données sur la société japonaise du début du siècle, à Kanazawa.

L’histoire de Kinu est intéressante, mais j’ai eu du mal à croire qu’après avoir subi toutes ces épreuves, elle choisisse de former d’autres geishas qui vont aussi vivre ces choses, même si avec le temps les choses s’arrangent un peu, comme le choix du protecteur venant de la geisha. Mais elle ne sait rien faire d’autre, elle est très mal préparée au monde extérieur. Découvrir l’envers du décor dans la partie consacrée à l’établissement de maison de geisha en tant que patronne m’a particulièrement intéressée. Son apprentissage aussi est impressionnant.

L’écriture est tout de même belle et délicate, avec beaucoup de mots en langue originale insérée, sans glossaire à la fin, pas toujours réexpliqué. On peut avoir des difficultés à comprendre, à se souvenir, et tant pis pour nous, il faut fouiller dans le livre à la recherche d’une note. Ce n’est pas pratique.

Mais cette lecture reste intéressante, avec de très beaux points comme l’écriture et la richesse du récit.

4 réflexions sur “Mémoires d’une geisha

  1. En voyant le titre j’étais persuadée d’avoir lu ce livre mais en réalité c’est Ma vie de geisha que j’avais lu! Je pense m’en arrêter à celui-ci pour le genre, c’est intéressant mais ces livres ont en effet tendance à être très documentaires, et c’est pas forcément ce que je recherche en ce moment ^^’

    • Je ne sais jamais lequel est lequel, de toute manière. Les titres sont loin de rivaliser d’originalité. C’est problématique, pour se repérer, vraiment. Je comprends qu’il ne te tente pas trop, mais je l’ai sous la main, au cas où ^^

  2. Tu m’intrigues ! Moi aussi j’avais beaucoup aimé le livre de Golden, et avoir une autre vision des choses me tente beaucoup. En tout cas, je le mets dans ma PAL.
    Merci de la découverte. ^^

Chuchoter aux quatre vents

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s