Au bord des mots, lectures sur un rocher

Je ne sais pas quoi lire !

Marie-Aude Murail (autrice). Benoist Liebert (illustrateur). 1998, 105 p. De la Martinière (Oxygène). Littérature. 11,20 €.

Vous aimez lire. Mais comment choisir parmi les milliers de livres qui existent ? Marie-Aude Murail a décidé de vous aider. En s’appuyant sur son expérience de lectrice passionnée, mais aussi grâce aux avis de bibliothécaires et d’adolescents. Préférez-vous le roman ou la bédé ? Êtes-vous petit ou grand lecteur ? Voulez-vous du rire ou des frayeurs ? Vous posez-vous des questions sur vous-même ou bien sur l’amour ? Voici 220 titres pour répondre à vos attentes et faire de vous un lecteur heureux.

J’avais repéré depuis quelque temps ce petit documentaire, non pas pour avoir des idées de lecture personnelles (la Pyramide à Lire parlant d’elle-même), mais plutôt pour voir la manière dont différents romans pouvaient être conseillés aux plus jeunes, principalement dans le cadre de mon travail. Et si je notais quelques titres pour moi, c’était juste un petit bonus.

Au final, je reste assez mitigée de cette lecture. Déjà, j’ai vraiment horreur des illustrations – dans un documentaire jeunesse, ça joue. Ça vient probablement de mon goût pour le style manga et l’amour du détail que nourrissent notamment Kaori Yuki et Naoko Takeuchi à mes yeux.

L’écriture, aussi, me laisse plutôt de marbre. Il y a un côté familier, plutôt « je me mets à portée des jeunes *clin d’oeil* », qui est totalement tombé à plat avec moi parce que je trouvais que ça manquait vraiment de naturel. L’auteur s’adresse directement à son (jeune) lecteur, mais ce n’est pas passé avec moi. J’ai aussi tiqué lorsque j’ai appris qu’il y avait un professeur Topolino dans les BD Tintin. C’est un clin d’œil? Ah, et le manga, ça n’existe pas (okay, on est en 1998, je ne vais pas râler sur mon manga).

La présentation (oui, ça commence à s’accumuler) n’a pas emporté mes suffrages non plus. « Et ça vous fait rire », commencer par l’humour, pourquoi pas, je ne suis pas spécialement contre. Les choses se gâtent avec la catégorie suivante, « Au royaume de la peur », qui va regrouper fantastique, policier, et science-fiction. Si je peux passer sur l’association de ces deux littératures de l’imaginaire sans trop tiquer (même si une fois encore on fait rapidement l’amalgame fantastique horreur qui me lasse), même si le fantastique humoristique est entamé dans la partie humour, je ne rapproche pas le policier de ces deux genres, je suis désolée, ça ne colle pas. A l’adolescence, j’ai eu une période Agatha Christie aiguë, et ça ne me faisait pas peur. Policier et peur, ça ne va pas ensemble, à mes yeux. Ça peut, mais pas systématiquement.

« Atout Cœur », la dernière catégorie, entame sa description du paysage par la sexualité dans les romans. Ouais, c’est peut-être moi qui suis vieux jeu d’être un peu estomaquée. Parce que non seulement j’ai eu cette période policier, mais aussi romance, quand j’étais ado, et je n’aurais pas prié pour qu’on invente Fifty Shades, à l’époque. (Enfin celui de Jasper Fforde, si, probablement, mais vous savez de quelles shades je parle).

Je trouve aussi que casser une collection de lecture dans un livre qui veut la promouvoir, c’est moyen. J’ai beau ne pas faire la promotion d’Harlequin tous les quatre matins, je ne vais pas jeter sous le bus ceux ou celles qui en lisent. Tant mieux si ça plaît et qu’on en lit. Je ne considère peut-être pas ça comme de la grande littérature, mais j’essaie de ne pas juger ceux qui aiment (et qu’on ne me dise pas que c’est parce que ce livre est sorti en 1998, ce coup-ci, ça ne marche pas).

Quelques points positifs, tout de même. J’ai lu ce livre en une petite soirée. Je vais garder les bibliographies de fin de partie sous le coude pour le travail. Quelques citations sont plutôt jolies. Et toute une partie à la fin m’intéresse bien sur la description du livre (auteur, éditeur, collection) aux adolescents, aussi dans le cadre du boulot.

Je ne sais pas, par contre, si je conseillerais ce livre à un jeune en mal de conseils lecture. Je ne sais pas si je le conseillerais tout court vu les points sur lequel il m’a douchée (hello bashage de la romance).

9 commentaires sur “Je ne sais pas quoi lire !

  1. C’est que lire et que ne pas lire, en fait, ce livre ? :/ C’est grave quand même ! Comme tu le dis, présenter différentes variétés de lectures c’est cool, encore faudrait-il que ce soit pertinent (Topolino ! j’ai ri et je ne comprends pas plus que toi leur classification « horreur » – ce sont plutôt eux qui me font peur ; et mélanger sexualité et romance ! Nan mais n’importe quoi, les gens qui lisent des trucs à l’eau de rose n’attendent pas tous des scènes de cul toutes les deux pages,c’est quoi cette idée :o), complet (les mangas existaient en 98, si, si, il y avait au moins Dragon Ball qui marchait à fond à l’époque ; et donc les romans classiques et historiques ils y sont, dedans, ou pas ?), et puis bien sûr un minimum objectif, parce que donner des valeurs… Bizarre, bizarre. la Martinière, ils sont pas proches de Milan ? :p

    1. Ben c’est surtout censé être que lire pour un ado qui n’a pas d’idées.
      MERCI Tesrathilde MERCI ! Je me sentais devenir chèvre sur ce livre, j’avais l’impression que je faisais un pataquès de pas grand chose !
      Je vois bien l’existence des mangas dès 1998, mais je peux comprendre ne pas trop en parler (franchement, après réflexion, je préfère qu’elle n’en parle pas, si c’est pour dire que Sangoku est le Tuxedo Mask de Sailor Moon !)
      Il y a effectivement quelques références classiques, dans les thèmes principaux, ce que j’ai trouvé intéressant. Mais de l’historique, pas vraiment … Ultra dommage, maintenant que tu le mentionnes (j’étais trop interloquée et furax pour le voir à première lecture, je pense).
      Écoute là j’ai presque envie de sortir le tableau de l’IUT pour voir où est la Martinière par rapport à Milan 😛

  2. En voyant le titre j’ai cru que tu allais exposer ton manque de lecture au monde, ça m’a surprise xD Le « harlequin-bashing » que tu évoques me plait que moyennement, et ça me déçoit de la part de MAM, que je tiens quand mm en haute estime 😮 Et comme toi, rien qu’en voyant la couverture, j’ai l’impression que les illustrations ne sont pas très accrocheuses ^^’

    1. Oh voui tiens je fais mon coming out littéraire 😛
      Oui, honnêtement, de ce que j’ai lu / entendu de l’auteure, j’ai été franchement estomaquée. Surtout un mépris genre la lectrice de bas étage qui fait en plus ses courses à Franprix O_O mais WTF quoi !

  3. dis, en 98 il y avait déjà beaucoup de mangas hein 🙂 (j’ai commencé à en lire grâce à ma copine qui avait 3 séries en 95… et l’apogée pour moi, c’était justement fin 90 début 2000) (je ne lis que très peu de mangas maintenant, je préfère les anciennes séries)
    Tout ça pour dire que du coup, elle aurait dû pârler de mangas !

    1. Ceeeertes mais c’était pas du tout accepté /reconnu ^^, j’ai aussi commencé vers 1998 avec Sakura, même si j’avais un volume de Sailor Moon vers 1995 et que le Monoprix avait un rayon ❤ Mais tu lis un peu de manga récent non? J'ai l'impression …
      Donc j'aurais pu râler encore plus sur ce livre 😛 Toujours suivre son premier instinct en matière de râleries 😛

    1. Non en fait elle fait la promotion de la lecture en général, pour les jeunes, mais elle casse très clairement et de manière vraiment méprisante Harlequin et ses lectrices, ce que j’ai trouvé vraiment déplacé (je me suis peut-être mal exprimée, pardon ^^,).

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