Persépolis

Auteur : Marjane Satrapi.

Nombre de pages : 76.

Première parution : 2000. Cette édition : 2002.

Éditeur : L’Association (Collection : Ciboulette).

Genre : BD – Autobiographie.

Prix : 14,20 €.

Résumé éditeur Toute petite, Marjane voulait être prophète. Elle se disait qu’elle pourrait ainsi soigner le mal de genoux de sa grand-mère. En 1979, l’année de ses dix ans et de la révolution iranienne, elle a un peu oublié Dieu. Elle s’est mise à manifester dans le jardin de ses parents en criant « à bas le roi ! ». Là, elle s’imaginait plutôt en Che Guevara. Il faut dire qu’à l’époque, son livre préféré s’appelait Le Matérialisme dialectique. Marjane trouvait d’ailleurs que Marx et Dieu se ressemblaient. Marx était juste un peu plus frisé, voilà tout. Après, la vie a continué, mais en beaucoup moins drôle. La révolution s’est un peu emballée. Et la guerre contre l’Irak est arrivée …

Après de longs mois où je n’ai pas participé parce que le pays m’intéressait moins et que je me forçais un peu (Haïti, Vietnam, Pérou), je m’y suis réinscrite pour la session sur l’Iran, dont l’histoire et la culture me tentent beaucoup. Je voulais commencer ces lecture (parce que j’en ai trouvé pas mal !) par celle de Persépolis, dont j’ai beaucoup entendu parler.

Et j’en ai été très surprise. Je ne pensais pas spécialement aimer, mais la petite Marjane nous emporte très vite et elle m’a touchée. Par certains côtés, son besoin de comprendre, cet attendrissement qu’on ressent en la suivant, m’ont fait penser à Mafalda de Quino, même si le récit est beaucoup moins léger ici, on découvre donc la révolution iranienne à travers les yeux d’une petite fille. Et c’est dur. Je ne m’attendais pas à ce que ça le soit autant, mais les choses qu’elle partage avec le lecteur sont tellement terribles  … l’arrestation de son oncle, les débuts de cette révolution dans un foyer progressif, les débuts du voile.

Le format, entre BD et manga, m’a plu, il est léger et se tient bien en main. Le dessin en noir et blanc, et le trait simple, m’ont convenu aussi. Le contraste du noir et blanc fonctionne bien. Il y a un côté simple et minimaliste à la présentation, peut-être est-ce pour ça que ça me plaît autant. On n’a pas besoin d’en faire des tonnes avec une histoire aussi forte.

Il va sans dire que je continue cette série (dont j’aurais lu l’intégrale d’un coup, zoup, si elle avait été disponible à la médiathèque, mais on ne peut pas tout avoir).

***

Auteur : Marjane Satrapi.

Nombre de pages : 76.

Première parution : 2000. Cette édition : 2002.

Éditeur : L’Association (Collection : Ciboulette).

Genre : BD – Autobiographie.

Prix : 14,20 €.

Résumé éditeur Dans ce deuxième tome, l’histoire se déroule sur fond de conflit Iran-Irak. La petite Marjane a grandi. C’est désormais une adolescente déterminée et à la langue bien pendue. Son tempérament indépendant et son goût de la liberté s’accommodent mal des contraintes que fait peser le nouveau régime.

Dès les premières pages, le ton change avec l’obligation de  porter le voile. L’auteur nous propose de nombreux détails sur la manière de le porter correctement, ainsi que de l’habillement masculin (forcément beaucoup moins contraignant). La guerre débute également, et s’accompagne de pages déprimantes : à l’école (déjà pas très fun puisque là aussi, même sans homme puisque les femmes enseignent aux filles le voile est toujours obligatoire, interdiction de jouer avec les garçons), elles sont placées en rang pour pleurer les victimes de la guerre, à se frapper la poitrine en écoutant des musiques tristes.

J’ai été aussi choquée par ces femmes qui s’en prennent à celles qu’elles jugent trop découvertes. A treize ans, Marjane est traitée de « petite pute » car on distingue l’avant de ses cheveux, pour un foulard qui ne cache pas suffisamment … Jeans et baskets sont aussi très mal vus. Heureusement, ses parents prennent la décision de l’envoyer en Europe, ce qui présage une suite passionnante, malgré une scène finale plutôt triste.

Un tome plus dur que le précédent, je dirais, toujours aussi intéressant.

***

Auteur : Marjane Satrapi.

Nombre de pages : 96.

Première parution : 2000. Cette édition : 2002.

Éditeur : L’Association (Collection : Ciboulette).

Genre : BD – Autobiographie.

Prix : 14,20 €.

Résumé éditeur Dans ce troisième tome, revoilà la petite Marji… À la fin du précédent volume, Marjane Satrapi quittait ses parents et s’envolait pour l’Autriche, loin de la révolution islamique et de ses excès.  Nous la retrouvons donc sur le sol autrichien, hébergée par des amis iraniens. Nous sommes en 1984. Marji est curieuse de découvrir cette Europe « laïque et ouverte », qu’elle espère différente de l’Iran et de son quotidien corseté par la morale et la religion. Mais elle va vite déchanter…

On aurait pu penser que ce tome serait moins « choquant » que le précédent, puisqu’il évoque les différences culturelles entre l’Iranienne et les Européens. Ça n’a pas été le cas. Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’elle commence à se droguer, assez régulièrement. Je peux comprendre qu’on veuille se rapprocher des gens, ne pas être différent, mais en arriver là, surtout que c’est assez poussé, m’a laissée pantoise.

Ironiquement, au début, on passe de la surveillance des institutrices iraniennes et de ces femmes qui parcourent les rues à la recherche de femmes mal voilées, à un pensionnat de bonnes sœurs. Je n’ai déjà pas une opinion très positive de ce genre d’endroit, et j’ai rarement vu le contraire en littérature. Je ne m’attendais pas trop non plus à la voir baladée d’un endroit à l’autre par la suite. Mais j’ai beaucoup aimé la voir exposer les différences entre les cultures, même si au final ce tome ne m’a pas autant emballée que je l’aurais cru.

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Auteur : Marjane Satrapi.

Nombre de pages : 76.

Première parution : 2000. Cette édition : 2002.

Éditeur : L’Association (Collection : Ciboulette).

Genre : BD – Autobiographie.

Prix : 14,20 €.

Résumé éditeur Après quatre ans d’absence, revoilà Marjane à Téhéran ; nous sommes en 1988. La guerre contre l’Irak est terminée mais le pays est en ruines et le régime toujours aussi répressif. Marjane, au début plus qu’heureuse de retrouver sa famille, son pays et sa chambre d’enfant, découvre rapidement qu’elle est aussi bien une occidentale en Iran qu’une iranienne en Europe, dans une ville devenue fantôme et une chambre vidée de beaucoup de ses souvenirs. Elle doit reprendre le dessus et décide d’appliquer à la lettre le conseil de sa grand-mère : être soi-même.

Comment peut-on retourner en Iran après avoir goûté à la liberté en Europe, malgré des difficultés? C’est difficile pour l’héroïne qui s’ennuie et se perd. Et qui en devient presque cruelle lorsque, pour éviter la patrouille de rue qui aurait critiqué son accoutrement (maquillage), elle accuse un innocent de « lui avoir tenu des propos indécents ». Et elle pense que c’est une bonne blague.

Retrouver ses parents m’a fait très plaisir, surtout son père. Je ne m’en étais pas rendue compte, mais ils m’ont beaucoup manqué. J’aime beaucoup le calme d’Ebi, sa manière simple d’expliquer les choses à sa fille, sans s’enflammer comme sa mère.

J’ai beaucoup aimé aussi suivre son parcours de reprise d’études, avec le concours et l’université d’arts graphiques avec son petit ami puis son mari, une relation peu intéressante pour un personnage très différent et un peu fade. Une toute petite déception, il n’y a pas de volume suivant sur l’arrivée aux États-Unis de Marjane.

***

Persépolis est un récit que je vous conseille, mais plutôt en volume unique, je n’avais pas envie de faire de pauses entre chacun même si elle sont bien placées. Il est prenant et n’ennuie pas, avec un style graphique simple et clair, et Marjane est un personnage très intéressant à suivre.

Nombre de tomes parus (série terminée) : 4.

13 réflexions sur “Persépolis

  1. Je l’ai lu il y a quelques années sur les conseils d’une personne très très enthousiaste. J’ai bien aimé et trouvé ça assez intéressant, mais pas suffisamment pour le reconseiller à mon tour à tout le monde. ^^

  2. Le contraste entre la légereté des propos d’enfant et la violence de l’époque m’a un peu contrariée. Mais c’est une volonté de l’auteur que je respecte et qui cadre avec, comme tu le précises, le côté minimaliste des dessins. Le noir et blanc convient très bien. Je vais continuer aussi la lecture des trois autres tomes. C’est une excellente façon de présenter le pays aux Européens.

    • J’aurais préféré le lire de cette manière aussi, mais là je l’avais emprunté, il n’y avait que cette édition, et je n’ai pas eu la patience d’attendre de tous les avoir 😛

  3. Je suis vraiment fan du film, alors il est temps que je me mette à cette lecture! 🙂 Merci de ton retour et ne te force pas, selon que la destination te plaise ou non 🙂

    • C’est Evertkhorus de Voyages et vagabondages qui gère ce challenge trimestriel ^^ Elle propose soit une destination soit elle est laissée au vote sur Livraddict et tu peux t’inscrire là où sur son blog. Les pays en lice sont Fiji, Vanuatu, l’Indonésie, les Philippines et la Papouasie Nouvelle-Guinée pour la prochaine édition ^^

Chuchoter aux quatre vents

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