Au bord des mots, lectures sur un rocher

La Femme du Vampire

Totenbraut. Nina Blazon (autrice). Nelly Lemaire (traductrice). 2009 (VO), 2010 ‘VF), 392 p. Seuil. Fantastique. 16€.

Jasna est vendue par son père à un étranger pour qu’elle épouse son fils. Mais dès son arrivée, elle ira de surprise en surprise. Le jeune marié ne s’approche pas d’elle. Les gens du village, excepté Dusan, un nomade, ne lui adressent pas la parole. On dit d’elle qu’elle est la femme d’un vampire, et on lui refuse jusqu’à l’entrée de l’église …

Devant le titre, j’ai eu un peu peur d’avoir affaire à une histoire d’amour. Mais ce n’est pas du tout le but (en passant, j’aurais préféré le titre original).

Jasna est une héroïne que j’ai pris plaisir à suivre, sans tellement m’attacher à son sort. L’aspect famille maudite m’a un peu plus intéressée, ainsi que sa sœur un peu fée. Mais on exagère un peu sur tous les secrets, tout ce qu’on cache à la jeune fille lorsqu’elle arrive dans son nouveau foyer, ce qui ralentit le récit.

L’histoire est intrigante, bien menée. Ceux qui savent ne disent pas tout, tout de suite, amenant à créer cette atmosphère étrange et incertaine, qui m’a entraînée, comme l’écriture. La description de la vie au village et de l’époque passe très bien. Le style est riche mais fait naturel. Et surtout, j’ai cru à ce récit, l’auteur en donne une peinture très plausible, ce que j’aime dans tout récit de l’imaginaire.

C’est une lecture intéressante, pleine de suspense, mais je ne l’ai pas adorée. Après tous les indices fantastiques, les éléments de superstitions, de folklore, dont je suis une grande fan, surtout qu’on a affaire ici aux vampires d’Europe de l’Est qui ne sont pas les plus nombreux en littérature fantastique en ce moment, j’ai eu l’impression que l’auteur appuyait sur les éléments « normaux » et préférait utiliser des explications rationnelles et scientifiques, cassant l’effet premier, ce qui m’a déçue. Je comprends l’effet recherché, mais je n’ai pas pu m’empêcher de regretter cette fin.

Je retiens la très belle écriture de Nina Blazon, le choix d’un lieu, d’un contexte, d’une atmosphère dépeinte à merveille, mais des choix de fin qui ne m’ont pas ancrée dans son récit et m’en ont détachée.

Chuchoter aux quatre vents

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