Lecture sur un rocher

Le maître des livres

Toshokan no Aruji. Umiharu Shinohara (auteur). Yohan Leclerc (traducteur). 2011 (VO), 2014 (VF), 224 p. Komikku. Manga – Seinen.

À la bibliothèque pour enfant La rose trémière, vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu’il peut laisser paraître, c’est un professionnel de premier ordre. Aujourd’hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu’il leur trouvera le livre salvateur.

Je pensais que cette série me plairait énormément vu le titre et le sujet. Je ne pensais pas que je serais émue aux larmes devant ce « champignon », un peu tête à claques, mais tellement passionné.

Le trait est très réaliste, très doux, il colle bien au récit. Chaque chapitre introduit un nouveau personnage, un homme un peu perdu, une mère seule pour veiller sur son fils et qui le surprotège, le bibliothécaire lui-même dans son enfance, un adolescent à qui il va conseiller des livres, la directrice. Chacun a un thème fort, forcément, la lecture, mais j’ai trouvé qu’il se renouvelait toujours. Je ne me suis pas ennuyée même si j’étais tellement pressée de découvrir la suite que je passais un peu rapidement sur les extraits de romans découverts.

Le bibliothécaire est tellement drôle dans son côté bourru mais tellement attachant, attaché à son travail et au partage du sentiment fort qu’est la lecture pour lui. J’ai particulièrement aimé les deux chapitres qui lui sont spécialement consacrés, sur son enfance et ce qui l’a poussé à travailler à La rose trémière. Ses collègues et la directrice sont vraiment drôles.

J’ai été particulièrement touchée par les différentes réflexions, non seulement sur la joie de lire, mais aussi le métier de bibliothécaire, la transmission de cette passion. Cet ado qui avait horreur de la lecture et qui a peur d’aller trop vite et d’être dégoûté de le finir, ce sont des choses qu’on aimerait tellement entendre plus souvent.

Un superbe début de série que je vous recommande.


Ce second tome m’a un peu moins plu que le premier. J’ai ressenti moins d’émotion à l’évocation des titres, qui sont moins importants que les personnages. Autant je trouve intéressant d’en apprendre davantage sur eux, autant je regrette le premier volume qui m’avait énormément touchée.

La première histoire met en scène une jeune femme visiblement plus intéressée par un usager de la bibliothèque que les livres (et qui laisse son môme là-bas, tranquille) ce qui ne m’a pas trop plu. C’est Papa Longues Jambes qui est évoqué ici, pas un de mes souvenirs d’enfance ni une lecture déjà faite (me demande si je n’ai d’ailleurs pas été spoilée).

On poursuit avec un libraire / auteur jeunesse agressif et désespéré à la vente – pas spécialement un type de personnages que j’apprécie, et lorsqu’il sort que le chiffre d’affaires des librairies baisse à cause des biblis … juste, non, continue à m’agacer.

La romance entre l’employée de la bibliothèque et l’usager, entrevue dans la première histoire, reprend dans la troisième avec un rendez-vous entre les deux. Même s’ils évoquent des livres, je me suis encore ennuyée. On aborde Les quatre filles du Dr March et Anne, la maison aux pignons verts (traduisez le manga please 😦 )

L’histoire suivante, jolie comme tout, évoque un vieillard qui recherche un titre abordé avec son meilleur ami d’enfance décédé ; il est question ensuite d’un père mal à l’aise avec son fils qu’il emmène à la bibliothèque.

Enfin, la deuxième employée évoque son père et un roman de son enfance, Le coquillage de feu, avec un lapin, que les personnages analysent de manière différente. Autant c’est toujours intéressant de découvrir un classique de la littérature japonaise enfantine, autant quand on ne connaît pas l’origine, les interprétations importent peu pour moi, même si elles sont touchantes et que j’ai apprécié la relation conflictuelle de la jeune femme avec son père.

La dernière histoire ouvre une fenêtre sur la vie personnelle du bibliothécaire avec sa jeune soeur, tout en retenue. J’ai beaucoup aimé le concept de leur club d’étude de litté pour enfants où les membres organisent des séances de lecture en maternelle ou dans des maisons de retraite, ou des théâtres de marionnettes. Cette petite histoire n’a pas beaucoup d’action mais je crois que c’est celle que j’ai préférée du recueil.

Au final, je dois dire que j’ai été un peu déçue, je me suis un peu ennuyée vu qu’on touche à la romance et que je ne me suis pas reconnue dans autant de titres abordés ou de situations. Mais je poursuivrai la série à l’occasion.

Nombre de tomes parus : 10 (série en cours).

2 commentaires sur “Le maître des livres

Chuchoter aux quatre vents

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.