Au bord des mots, lectures sur un rocher

Les Lames du Cardinal, tome 1

Pierre Pevel (auteur). Hervé Leblan (illustrateur). 2013, 396 p. Folio (SF). Fantasy – Histoire. 7,90€.

1633, sous le règne de Louis XIII. Le cardinal de Richelieu veille à la bonne marche du royaume de France, de plus en plus menacé par l’Espagne et ses nouveaux alliés : les dragons. Or, à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels : le Cardinal se voit contraint de faire appel à une compagnie d’élite qu’il avait lui-même dissoute. Sous le commandement du capitaine La Fargue, les bretteurs les plus vaillants et les plus intrépides que possède le royaume sont ainsi réunis pour former à nouveau les redoutables Lames du Cardinal.

Depuis quelques années, j’avais très, très envie de découvrir cette série de Pierre Pevel, puisque j’adore son écriture et son univers (Le Paris des Merveilles m’a définitivement séduite) et j’aime les romans d’histoire et de cape et d’épées. J’avais juste, très, très peur d’être déçue parce que sur le papier, ce récit avait tout pour me plaire.

Et c’est tout l’inverse. C’est, une fois encore, un enchantement. A tel point que je ne sais pas trop quoi vous en dire, à part passer en mode groupie « ohmygod c’est trop super génial il faut que vous le lisiez à mort ! ». Pardon, mais ça résume plutôt bien mon sentiment !

J’ai eu quelques difficultés à situer les personnages en passant d’un chapitre ou d’une partie à l’autre (les coupures sont d’ailleurs fréquentes, ce que j’ai aimé. Ça ajoute au rythme effréné du livre et m’a permis de faire toutes les pauses que je voulais), mais j’ai préféré voir ça comme un petit défi à faire marcher mes petites cellules grises. Certes, j’aurais probablement trouvé plus agréable de reconnaître d’emblée chacun (Saint-Lucq, Leprat, la duchesse de Malicorne et Agnès sont ceux que j’ai le plus régulièrement confondus en début de paragraphe – ne me traitez pas d’hérétique, je fais de mon mieux !), mais ça vient de ma mémoire, je pense. Et ça ne m’a pas empêché de prendre énormément de plaisir à cette lecture.

Les personnages, malgré leur grand nombre, y sont pour beaucoup. On retrouvait cette pléthore de personnage dans les Angélique, notamment lorsqu’il était question de la Cour des Miracles, j’aime cette diversité, cette foule bigarrée de nobles, gueux et mousquetaires. Si j’ai aimé ceux de Dumas au service du Roi, passer littéralement au service du Cardinal est un changement de point de vue que j’ai aimé. L’auteur appuie le mystère et l’intelligence de cette figure charismatique. J’ai aimé ses rares apparitions, et les twists qu’il a réservés (et qu’il conserve encore probablement dans sa manche !). Et la petite référence à Athos, c’est une douceur exquise.

J’avoue que j’ai eu un petit faible pour Saint-Lucq (que je pensais un ennemi des Lames … on ne se refait pas :P) et Marciac (pouvez-vous franchement me blâmer? son charme fonctionne même en-dehors de l’œuvre :P), mais aucun personnage ne m’a pesé.

Je ne m’attendais pas aux personnages-dragons (j’ai lu le moins possible de critiques sur le sujet, tant mieux, le découvrir en douceur était parfait), plutôt aux dragons de compagnie comme celui de Richelieu, et les plus grandes bêtes. (Twist final que je n’ai pas vu venir et que j’ai hâte de reprendre). J’ai lu des lecteurs un peu déçus de ne pas avoir une incursion plus grande. Ce n’est pas mon cas, j’ai d’ailleurs particulièrement aimé le thème des Loges, qui m’ont rappelé les Francs-Maçons (c’est un peu plus bizarre de l’évoquer now avec leur présence aux Imaginales depuis quelques années … et ce n’est pas le « mouvement » que je connais le mieux … m’enfin bon), la menace politique présentée ici. J’ai aimé que ce ne soit pas une des nombreuses guerres, malgré les risques avec l’Espagne et la Lorraine, mais une menace plus sourde et insidieuse.

L’écriture est un enchantement. J’ai été transportée dans le Paris de l’époque, avec un bonheur fou, des descriptions développées et détailles qui ont contribué à brosser ce cadre riche. Je n’ose pas imaginer toutes les recherches que Pierre Pevel a réalisées pour ce superbe résultat, mais j’en suis reconnaissante, je n’ai pas vu de fausses notes. Le mélange avec les aspects de fantasy m’a conquise également, et ont un caractère plausible que j’espérais. Sans penser qu’on arriverait à prendre cette direction proche de la perfection. Si, si. Quand je vous disais que j’étais presque en mode groupie.

Les termes utilisés pour les dragons (drac, vyverne, etc.) m’ont surprise, dans le bon sens. J’ai hâte d’en découvrir davantage (c’est ma créature mythique préférée, j’ai plusieurs livres encore dans ma PAL sur ce sujet, alors vous pensez, c’était un livre pour moi !).

Donc, vous aurez compris que je n’ai pas du tout aimé et que je m’arrête là pour cette série.

(Je me doute que ça n’a pas marché, je ne suis pas aussi douée que Pierre Pevel pour les rebondissements de fin, mais j’y travaille.)

Nombre de tomes parus : 3 (série finie)

Tome 2 : L’Alchimiste des ombres.

Tome 3 : Le Dragon des Arcanes.

4 commentaires sur “Les Lames du Cardinal, tome 1

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