Au bord des mots, lectures sur un rocher

Le miroir aux vampires, tome 1

Fabien Clavel (auteur). 2011, 447 p. Baam ! Fantastique – Jeunesse. 13,50€.

« Bérénice. Ça y est, j’ai fait ma dernière rentrée à Augustin-Thierry, en internat cette fois. Rien de changé dans ce lycée : Cerise la peste et ses sous-fifres qui font baver les garçons, un beau gosse qui se prend pour Brad Pitt et quelques nouveaux. Parmi eux, il y a Nora, avec qui je partage ma chambre. Il y a aussi Léo. Je ne l’avais pas remarqué au début mais je crois qu’en fait il me plaît bien. Mais ce n’est pas pour ça que je t’écris… Écoute, Béré, il se passe des choses étranges dans ce bahut … On a incendié le foyer, je crois avoir une idée du responsable, mais je ne peux rien dire. Depuis, la sécurité a été renforcée et le lycée est en train de devenir une prison. Et ce n’est pas tout : il y a ce miroir dans notre chambre d’internat. Parfois, j’ai l’impression qu’il y a une connexion entre lui et moi. Tu crois que je suis vraiment dingue? »

Malgré Homo Vampiris qui traîne dans ma PAL depuis quelques années et Les adversaires quelques mois, j’ai débuté ma découverte de Fabien Clavel par cette trilogie jeunesse. Ce n’était pas un achat prévu aux Imaginales 2013, mais j’ai assisté à une conférence sur les vampires le dimanche juste avant de partir, avec l’auteur et Jean Marigny ❤ entre autres, et les détails qu’il a donné sur les différentes caractéristiques de la créature m’ont interpellée, et j’ai filé en quatrième vitesse le prendre. Je n’ai pas acheté la suite cette année, parce que j’avais dans l’idée que je pouvais trouver dans le commerce, mais je commence à avoir des doutes …

Je ne l’avais pas deviné en lisant le résumé, mais c’est un récit qui est effectivement très jeunesse, dans son langage, son utilisation des blogs (et du langage SMS T_T), ses personnages principaux lycéens qui agissent comme des lycéens … ça peut ne pas plaire du tout. Ça m’a déjà pas plu du tout dans d’autres histoires, mais bizarrement, ici, ça a très bien fonctionné et j’étais dans mon élément. Et comme pour Clio Kelly, que j’ai lu peu de temps avant,j’aurais adoré lire ce livre au lycée, parce qu’une fois encore c’est tout ce que j’ai aimé, et j’y ai vraiment accroché, même dix ans après le lycée. (Mais si vous êtes gentils et que vous dénichez une Delorean, emmenez un exemplaire et offrez-le moi 😛 )

Clavel propose une histoire à plusieurs voix. On débute par un rapport rédigé par ce qu’on devine être une autre créature, une autre race, qui ne se définit pas de suite et critique les humains (ça m’a d’ailleurs rappelé des textes de Montesquieu vus en classe, sur la critique des Européens par des personnages venus d’ailleurs, avec un fond de vérité dérangeant), mais la majeure partie du texte vient de l’héroïne, Léa, qui écrit à son aînée absente à l’université, Bérénice, comme à un journal. Elle lui décrit ce qui lui arrive à sa rentrée en terminale en internat, avec les problèmes qu’elle rencontre avec leurs parents, puis dans sa classe. On a aussi la joie extrême T_T de suivre le blog de son ennemie blonde (oui, c’est vrai, on a quelques clichés jeunesse. Mais il s’avère que j’aime bien le cliché de l’ado blonde enquiquineuse et fashion addict. Pour cause, j’en connaissais quelques-unes. Je referme cette petite parenthèse qui ne vous apprend pas grand-chose et me fait surtout bien rire toute seule) qui commence par des détails futiles et puis glisse plus vers un style La Vague, ce à quoi je ne m’attendais absolument pas (à méditer, les blondes ado exaspérantes modeuses peuvent être aussi des serial schemers, ou tout du moins suivre le mec mignon qui gère le mouvement. Pardon, private joke ^^, ).

Léa est un peu la jeune fille ordinaire, pas populaire, bonne en sport et en science, qui découvre des éléments inattendus, et deux personnages étrangers juste arrivés l’intriguent : Léo, rapidement devenu la coqueluche de ces demoiselles in, et Nora, sa camarade de chambre. Si certains évènements de la vie lycéenne sont à mon sens plutôt prévisibles, mais je n’en ai pas été dérangée, chacun de ces trois personnages recèlent des mystères qui m’ont surprise. J’ai aimé ce que j’ai découvert, la mythologie choisie par Clavel, sa manière de placer les choses. Et même les rapports entre les personnages n’ont pas fait exception à la règle.

Et l’auteur cite Jean Marigny. Rien que pour ça, j’aime. (Bon, le père Ubu se balade aussi quelque part par-là – pour ma plus grande joie adolescente!)

Nombre de tomes parus : 3 (série finie)

Tome 2 : La légion des stryges.

Tome 3 : Le pouvoir des psylles.

2 commentaires sur “Le miroir aux vampires, tome 1

  1. Mouais. Là je sais pas. Les ados ça a tendance à me filer des boutons surtout quand on tombe dans le cliché de la vie lycéenne. Il y a intérêt que je trouve de quoi me repaître à côté. ^^

Chuchoter aux quatre vents

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