Au bord des mots, lectures sur un rocher

Dames de lune, Fées des brumes

Ambre Dubois, Angélique Ferreira, Aline Finley, Céline Guillaume, Malaïka Macumi, Stéphane Soutoul, Vanessa Terral, Lia Vilorë (auteurs). Cécile Guillot (direction, illustratrice). 2011, 225 p. Le Chat Noir. Nouvelles – Fantastique.

Contient : Ralvn, Plumes noires au vent du Nord de Vanessa Terral ; La légende du dragon d’ambre de Céline Guillaume ; Mademoiselle Hilda de Malaïka Macumi ; L’étrange histoire du luthier amoureux de Stéphane Soutoul ; La maison de la Sorcière d’Aline Finley ; Vanité ou destinée d’Ambre Dubois ; La Toile de Liadan de Lia Vilorë ; Dame Astraea d’Angélique Ferreira.

J’ai commencé cette lecture par une petite déception : hésitant avec Saisons païennes (je voulais un recueil du Chat Noir, mais difficile de choisir !), j’ai voulu comparer le contenu de chaque anthologie. C’était très simple pour Saisons païennes qui propose un sommaire des nouvelles qui le contiennent, mais pas Dames de lune. C’est un détail, mais qui m’a un peu déçue. J’ai choisi ce recueil pour la nouvelle de Lia Vilorë, dont j’avais adoré les Vampires d’une nuit de printemps.

Certaines nouvelles m’ont vraiment plu, et la plupart étaient des découvertes ^^ d’autres me laissent plus mitigée, ce n’est pas une lecture qui m’a entièrement, définitivement plu. J’ai beaucoup aimé les illustrations de Cécile Guillot, que je ne connaissais pas du tout, dans un style gothique fantastique, bien agréable.

Ralvn débute très bien le recueil. La mythologie nordique était totalement inattendue, et j’ai vraiment adhéré à la manière dont Vanessa Terral la présente. Ses personnages sont hauts en couleur, plausibles, j’avais très envie de poursuivre le récit de la jeune gardienne (sur ses siècles de vies, elle a dû vivre quelques aventures!). Et l’écriture est magnifique, entraînante, prenante. J’ai vraiment aimé et je vais définitivement me pencher sur les autres textes de l’auteur !

La légende du dragon d’ambre me laisse moins de souvenirs. Elle est très courte et un peu prévisible (une magicienne chargée de débarrasser un royaume d’un dragon et le regrette…), on revient très souvent à la ligne, c’est donc très aéré et j’avoue que j’ai trouvé ça un peu mince (et Tendrelune comme prénom fait un peu too much guimauve).

En revanche, Mademoiselle Hilda m’a séduite dans son style classique, un fantastique auquel je ne m’attendais pas tout à fait, mais qui est bien là, et qui m’a surprise, et même fait sursauter ! L’écriture est belle et élégante, colle parfaitement au cadre, et l’illustration correspond très bien aussi.

Je poursuis ma découverte de Stéphane Soutoul avec son luthier amoureux, et je suis toujours aussi fascinée. Les mots défilent comme, littéralement, une partition efficace, avec beaucoup de douceur et d’efficacité. Je n’ai pas pu m’empêcher de souhaiter, et d’attendre, un happy end, mais celui-ci est touchant et spectaculaire, tout en virtuosité.

La maison de la sorcière me laisse un peu perplexe. Pour moi, la fin tombe à plat et à part les souvenirs de l’héroïne, elle est un peu vide. Pourtant, j’ai aimé le début moyenâgeux -même s’il m’a fallu du temps pour saisir l’aspect flashback-, les fées, le message sur la nature, mais il m’a vraiment manqué quelque chose et ce n’est pas vraiment une chute. Dommage !

Vanité ou destinée, déjà un titre qui ne m’inspire pas du tout. Une gamine casse-pieds qui se retrouve changée en oiseau (apparemment, pas trouvé ça très clair) et dans le royaume des Unseelie, son grand-père est en fait un séduisant prince ténébreux et il veut y retourner … vraiment, l’héroïne ne m’a pas intéressée, l’univers n’est pas vraiment apparent, et en plus j’ai souvent perdu le fil. Encore une rencontre manquée avec Ambre Dubois, j’avoue que je redoute un peu Le manoir des immortels dans ma PAL.

Au contraire, La toile de Liadan dépeint des fées plus intéressantes, dans les mythes celtes et la chevalerie. Point autant de notes d’humour qu’avec son roman très drôle, Lia Vilorë confirme son goût pour cette culture, qui est le mien aussi, et pour une très belle écriture mélodieuse qui m’a encore une fois emprisonnée. Je n’avais pas envie que cette nouvelle s’achève, même si c’est dans un bain de sang, c’est parfait. Je ne regrette pas mon choix de recueil basé sur ce paramètre.

Dame Astraea d’Angélique Ferreira ferme ce recueil sans me séduire, malheureusement. J’avais aimé les aventures de Clio Kelly, ici, je n’ai pas adhéré à ses fées et la civilisation qu’elle présente. Il y a un aspect prévisible (la fée de la sagesse interdite d’aimer, néanmoins développe de tendres sentiments avec son prince, les conséquences tragiques – je ne m’attendais pas à aller sur cette tragédie, certes, mais j’ai eu cette vilaine impression de déjà vu. Et cette impression de mélange très jeunesse (les contes de Christl Vogl, j’avais ce style d’illustration en tête), et un objectif plus adulte qui est tombé à plat. Et soixante pages, c’est trop long pour une nouvelle. Coupée en chapitres en plus … pour moi, c’est déjà un signe qu’il y a souci dans la longueur. Bref, vraiment, je n’ai pas accroché à ce dernier texte.

Quelques bémols, mais une lecture rapide et agréable, c’est toujours un plaisir de se lancer dans un livre du Chat Noir 🙂

5 commentaires sur “Dames de lune, Fées des brumes

  1. *Rougit et glousse de plaisir*
    Merci pour cette chronique qui m’étire un sourire d’une oreille à l’autre ! =D J’espère que le tome 2 de Vampires vous plaira également. Il contiendra même une surprise 😉

Chuchoter aux quatre vents

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