Au bord des mots, lectures sur un rocher

Orphans, tome 1 : Butterfly

Virginia C. Andrews (auteur). Lisa Falkenstern, Jim Lebbad (illustrateur). 2005, 169 p. Pocket Books. Drame. Livre lu en anglais.

Quand Céline et Sanford Delorice se présentent à l’orphelinat et décident d’adopter Janet, elle n’ose y croire. Elle, l’adolescente frêle et timide dont personne ne voulait, va vivre dans cette somptueuse villa, aura une immense chambre pour elle seule. Elle croit rêver.

Un rêve qui va bientôt se transformer en cauchemar: Céline, ancienne danseuse étoile, est désormais clouée dans un fauteuil roulant. Grâce à Janet, elle va pouvoir vivre par procuration, concrétiser ses espoirs déçus. « Tu seras danseuse étoile, ma fille. Danser, c’est s’envoler dans l’espace tel un papillon. S’enivrer de la musique, des applaudissements, de la gloire. »

Ado, Virginia Andrews était une de mes auteures préférées, avec ma meilleure amie. Je ne vous dis pas les heures passées avec elle à discuter de ses romans, des théories multiples qu’on échafaudait sur les personnages, et de l’influence que tout ça a eu sur nos propres écrits, et la joie qu’on avait à les écrire. J’ajouterai juste que le premier « vrai » texte que j’ai lu en anglais, qui n’était pas dans un de nos manuels scolaires, c’était une fan fiction sur des personnages masculins d’Andrews qui parlaient de leurs mauvaises expériences avec les filles dans leurs séries respectives sous forme d’émission de télé, un peu un game show. C’est vous dire que ses séries ont une place à part pour moi.

Parce que oui, à part Ma douce Audrina, ce sont des séries, généralement. Surtout composées de 5 tomes (les trois premiers sur l’héroïne, le quatrième sur sa fille/une cousine particulièrement importante, le dernier sur la grand-mère/l’ancêtre horrible qui s’est démarquée/un récit du passé qui apporte une nouvelle lumière sur la série ; ouais, c’est la structure type à mes yeux) ou 3, cette série étant une exception à la formule et en inaugurant une autre : les quatre premiers livres présentent chacun une héroïne orpheline qui atterrit dans une nouvelle famille, et le dernier les voit réunies quelques années plus tard.

J’en ai lu la plus grande partie en français il y a donc plus de dix ans, et j’avais plutôt envie de les reprendre en VO à l’occasion. Débuter par les orphelines, un choix chronologique puisque des quatre séries dont j’ai fait l’acquisition récemment, c’est la première que j’avais lue en français ^^

Butterfly, ou Janet, est donc orpheline qui ne vit pas très bien à l’orphelinat, principalement parce qu’elle est solitaire et subit les moqueries des autres, tant ses camarades à l’école qu’à « la maison » parce qu’elle est toute petite (à treize ans, on pense souvent qu’elle en a neuf). Quand une famille vient la voir, elle ne peut pas croire en sa chance, qui arrive cependant avec une condition, pas énoncée clairement avant la fin : être la danseuse que sa mère adoptive n’a pas pu être (à cause du père, je vous laisse imaginer l’ambiance bien fun parfois).

C’est un personnage adorable, pour lequel je ne peux pas m’empêcher de ressentir de la tristesse à chaque fois, quand on voit à quel point elle se donne pour gagner l’affection de ses parents, et faire de son mieux en classique. C’est d’ailleurs un domaine que j’aime beaucoup voir aborder par l’auteure (déjà avec ses Fleurs captives), elle décrit soigneusement les différents termes, gestes, etc. et permet de s’imaginer très bien les actions qui sont facilement imaginables.

Le récit, très court, relate les quelques mois que Janet passe chez les Delorice et ce qui cause son « renvoi » dans un autre orphelinat. On ne peut pas s’empêcher d’avoir pitié d’elle, parce qu’elle est attendrissante, mais aussi parce que rien de tout ça n’est de sa faute. Encore un thème fréquent de l’auteur, les parents portant beaucoup trop d’espoirs sur leurs enfants, quitte à leur faire porter un fardeau bien lourd et transposer leurs propres rêves et espoirs pour eux sans se soucier de leurs avis.

Un élément qui m’a dérangée, bien davantage qu’à l’époque, est l’attitude d’un danseur masculin, plus âgée que l’héroïne, qui vient s’entraîner avec elle et leur préceptrice, Madame Malisorf. Qu’il soit bien prétentieux, j’en ai vu d’autres, c’est égal. Qu’il la menace de la dénoncer à sa mère et à l’enseignante si elle ne se laisse pas faire et lui tombe dessus lorsque malade elle essaie de prendre une douche -même si on ne va pas aussi loin que dans certaines séries, hein, Aurore …) et surtout qu’il n’y ait AUCUN retentissement, je grince vraiment des dents. Pas de conséquence pour l’abruti.

Je n’ai pas pu m’empêcher de me demander comment l’auteur peut penser que ça passe. L’auteur qui doit avoisiner les 80, 85 ans et qui est un homme et non une femme comme le nom pourrait le laisser entendre, parce que c’est un auteur fantôme qui a repris les nombreux synopsis laissés au décès de Miss Andrews en 1986 … je me posais peu la question à quinze ans, maintenant, je me dis davantage que c’est un peu glauque de voir ce type de situation en sachant ça.

L’histoire est douce-amère, sinon, mais plaisante, à part ce détail (qui est plus volumineux que lors de mes premières lectures, certes). L’écriture est toujours aussi entraînante, à la première personne, et j’ai été contente de retrouver ce rythme et ces descriptions que j’avais tant appréciées.

Nombre de tomes parus : 5 (série finie).

Tome 2 : Crystal.

Tome 3 : Brooke.

Tome 4 : Raven.

Tome 5 : Runaways.

Chuchoter aux quatre vents

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