Ursula Le Guin

Auteur : Gérard Klein.

Traducteur : Jean Bailhache.

Illustrateur : Christian Broutin.

Nombre de pages: 381.

Première parution : 1978. Cette édition : 1982.

Éditeur : Presses Pocket (Collection : Le livre d’or de la science-fiction).

Genre : Science-fiction.

Prix : disponible d’occasion.

Résumé éditeurTitulaire du prix Hugo en 1969 avec La Main gauche de la nuit, Ursula Le Guin — née en 1929 — a réhabilité magistralement l’utopie à une époque où la science-fiction semblait hantée par la proximité du cataclysme écologique ou du cauchemar totalitaire. S’inspirant d’une conception relativiste du devenir humain, son œuvre — qui est loin d’être achevée — met à profit les ressources d’une culture ethnologique exceptionnelle. Ses romans (Le Monde de Rocannon, La Cité des illusions, Planète d’exil, Terremer, notamment), comme les nouvelles présentées dans ce volume, édifient des univers chatoyants où des personnages étrangement sereins s’essaient à tenir compte des autres, à respecter leur identité, à vivre ensemble tout simplement. Beaucoup d’études critiques ont mis en valeur l’importance novatrice de cette œuvre visionnaire.

Contient : Le Collier de Semlé, Avril à Paris, La Règle des Noms, Le Roi de Nivôse, Neuf vies, Plus vaste qu’un empire, Etoiles des profondeurs, Champ de vision, Le Chêne et la mort, A la veille de la révolution, Ceux qui partent d’Omelas.

Depuis quelques années, j’essaie de dénicher différents volumes de cette collection, Le livre d’or de la science-fiction, même si c’est la première fois que j’en lis effectivement un. Je ne suis pas déçue du format, je lirai sans faute les autres (La science-fiction italienne m’attire tout particulièrement, et si je peux tomber sur son jumeau allemand en occasion, il ne fera pas de vieux os !).

J’ai voulu commencer par celui-ci pour voir si je pouvais changer mon opinion sur Ursula Le Guin … J’avais été plutôt déçue par Lavinia, lu il y a quelques années, qui avait pourtant tout pour me plaire, et depuis je n’entends que du bien de cette auteure, notamment pour cette thématiques de tolérance entre les races (partant de l’espace). J’ai préféré me lancer dans cette petite anthologie avant d’essayer Terremer (qui me fait mais juste un tout petit peu peur).

Le pari, cette fois-ci, est remporté. Les quelques nouvelles présentées ici m’ont toutes paru intéressantes (même si je ne les ai pas forcément aimées) et me poussent, bientôt (enfin ce terme est extrêmement relatif, vous me connaissez !) à explorer les univers de cette auteure de plus près. On touche à la science-fiction dans l’espace, mais avec beaucoup d’humanité, et certains textes se peignent de touches de fantasy. C’est surprenant, dépaysant, et pour la grande majorité des textes, extrêmement plaisant. Je ne retrouve rien de ce qui m’avait dérangée lors de ma première lecture de l’auteur.

Ne laissons pas l’anthologiste en reste. Il rédige une préface et de petites introductions à chaque nouvelle, avec un bémol pour la première où il m’a trop orientée vers la chute (même si elle était heureusement différente, et tant qu’à faire belle), j’ai beaucoup aimé sa plume également. Gérard Klein propose beaucoup d’humour, dès la première page, et sa description d’Ursula Le Guin, de ses thématiques, de son univers, ont grandement continué à me donner envie de poursuivre. Honnêtement, dans le deuxième paragraphe, j’étais scotchée et morte de rire : « l’empire galactique est un peu la tarte à la crème de la science-fiction ». J’adore.

Revenons à Ursula Le Guin. Son écriture est précise, ciselée, je l’ai aussi trouvée très touchante. J’ai trouvé intéressant également le point sur la traduction, même si j’avoue que j’ai été perdue deux fois : sur le nom de Nivôse, je n’ai pas trop vu comment on passe de Winter à ce nom, seulement après l’avoir recherché. D’ailleurs, les Gethens, du fait de leur nature changeante, passant d’un sexe à l’autre, m’ont un peu perturbée dans le texte au niveau des pronoms ^^,

J’ai aimé le ton épique, Moyen-âgeux du Collier de Semle, qui surprend par son côté un peu conte de fées mais auquel se mêle de la science-fiction, pour mon plus grand bonheur. Je ne suis pas très habituée de ces mélanges, ils m’émerveillent, surtout dans la justesse des choix et des résultats de ce recueil.

Avril à Paris a un petit côté voyage dans le temps, avec beaucoup de poésie, anti solitude, plein de surprise également. La Règle des Noms entraîne le lecteur en fantasy, rejoignant cette règle qui veut que connaître le nom d’un être vous donne du pouvoir sur lui, une fois encore à la manière des contes. Le Roi de Nivôse nous renvoie dans l’espace, avec une belle leçon sur la relativité du savoir, ou comment vous pouvez être savant dans un emplacement de la galaxie, mais ne rien savoir un peu plus loin, et l’acclimatation d’un personnage étrange dans un monde très différent du sien.

Avec Neuf vies, c’est le clonage qui nous attend et le lien entre ces êtres créés scientifiquement à partir d’un homme exceptionnel. Et, une fois encore, la solitude, même si l’issue n’en est pas aussi belle que pour Avril à Paris. Plus vaste qu’un empire poursuit sur cette thématique, avec un homme ressentant de plein fouet les sentiments de ses compagnons de voyage dans l’espace, et leur retransmet, à sa manière, tout ce qu’il ressent, avec une fin, si elle a été un peu difficile à saisir au début, encore une fois particulièrement poétique.

Champ de vision m’a un peu ennuyée au début, avec le retour d’une équipe d’exploration sur Terre, avec un mort, un homme souffrant de cécité et un autre de surdité, ou du moins c’est l’impression donnée. La fin, une fois encore, surprend et porte un côté apothéose. J’ai particulièrement aimé la diversité de narration, avec les dialogues retransmis d’un enregistrement par exemple, avec juste les échanges entre personnages, parfois coupés avec juste les propos de l’un d’entre eux.

Le chêne et la mort m’a étonnée par son titre original : Direction of the road. Je saisis pourquoi, mais j’admets que le titre français est très poétique. Je ne suis pas sûre d’avoir saisi ce qui est arrivée au chêne, ou comment, mais j’ai aimé ce narrateur inattendu.

A la veille de la Révolution m’a laissé un petit goût d’amertume, puisque les grands évènements mentionnés sont terminés. Et j’ai eu l’impression, devant l’introduction, la mention de ce personnage connu de l’univers, de manquer quelque chose. Ceux qui partent d’Omelas m’a replongée en fantasy, poésie, et une pointe horrible.

Je n’ai pas envie de trop vous détailler ces textes, j’espère ne pas l’avoir trop fait. Je vous conseille juste d’y jeter un œil si vous en avez l’occasion.

4 réflexions sur “Ursula Le Guin

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