Au bord des mots, lectures sur un rocher

La fille automate

The Windup Girl. Paolo Bacigalupi (auteur). Sara Doke (traductrice). 2009 (VO), 2013 (VF), 639 p. J’ai Lu. Science-fiction. 8€.

Fin du XXIe siècle, après le grand krach énergétique, la calorie est devenue l’unité la plus recherchée. Anderson Lake travaille en Thaïlande pour AgriGen, une multinationale agroalimentaire. Sa couverture de gérant d’usine lui permet de passer au peigne fin les marchés des rues de Bangkok à la recherche de denrées que l’on croit disparues. Là, il rencontre Emiko.

Emiko est la Fille automate, une belle et étrange créature abandonnée. Emiko n’est pas humaine, elle fait partie du Nouveau Peuple, c’est un être artificiel élevé en crèche et programmé pour satisfaire les caprices décadents d’un homme d’affaires de Kyoto.

Considérés comme des êtres sans âme par certains, comme des démons par d’autres, les automates sont des esclaves, des soldats et des jouets pour les plus riches dans ce futur proche et effrayant où les sociétés de calories dirigent le monde. L’ère du pétrole est passée, et les effets secondaires des pestes génétiquement modifiées ravagent la terre.

Qu’arrive-t-il quand les calories deviennent monnaie ? Quand le bioterrorisme devient un outil de profit pour les entreprises ? Quand les dérives génétiques dudit bioterrorisme forcent l’humanité à basculer dans l’évolution posthumaine ?

Je n’ai pas vraiment ressenti cet aspect de l’univers : les calories devenues monnaies. C’est un détail, et c’est l’un des rares qui m’a dérangée. De même, j’aurais vraiment voulu apprendre quels étaient les évènements qui ont conduits à cette situation, comment on en est arrivés là, ça m’a un peu manqué.

Mais ce sont les seuls éléments qui ne m’ont pas totalement séduite dans cette lecture. J’avais peur de son côté complexe (merci à Lelf d’avoir prévenu cet aspect), mais au final, c’est tellement addictif que ça m’était égal. J’ai eu beaucoup de mal à poser ce livre tellement j’avais envie d’en apprendre davantage, à la fois sur cet univers particulièrement d’actualité, mais aussi les personnages, dans leur richesse et leur complexité, malgré des thèmes un peu difficiles (Emiko, la fille automate, forcée de se produire dans un bordel local), passionnants souvent comme la disparition de fruits et l’existence de banques de semences, de recherches …

L’intrigue est très fournie et on peut effectivement aisément s’y perdre. C’était mon cas, mais dans le bon sens ^^ J’ai beaucoup aimé suivre Anderson et Emiko (j’aurais même apprécié une fin plus orientée happy end, même si celle-ci est belle et prête à réflexion) dans ce monde dur et à la dérive. J’étais fascinée, d’autant que ces thèmes éprouvants ne sont pas mes lectures habituelles, mais tout s’enchaîne avec son lot de surprises, et j’ai apprécié ce texte jusqu’à la dernière page.

Une superbe lecture que je ne peux que vous recommander.

Chuchoter aux quatre vents

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