Au bord des mots, lectures sur un rocher

Guide des littératures d’Irlande et du Commonwealth

Littératures Irlande CommonwealthJean Pouvelle, Jean-Pierre Demarche (auteurs). 2008, 290 p. Ellipses. Littérature. 22,40€.

Quelque 70 œuvres marquantes sont analysées dans cet ouvrage collectif auquel ont participé 50 contributeurs, pour la plupart universitaires. Des auteurs contemporains (Sebastian Barry, Amit Chaudhuri, Arundhati Roy ou Chimamanda Ngozi Adichie) côtoient les « incontournables » que sont Oscar Wilde, James Joyce, V.S Naipaul, R. K Narayan, Doris Lessing ou Nadine Gordimer. Le guide des littératures d’Irlande et du Commonwealth des origines à nos jours n’est pas un traité de la littérature coloniale et postcoloniale, ni même une anthologie. Il répond à un double objectif : donner l’envie de lire aux utilisateurs et les guider dans leurs choix de lectures.

Il y a définitivement deux parties à cet ouvrage : celle consacrée aux auteurs irlandais et celle évoquant celles et ceux d’autres pays anglo-saxons (Canada, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, Niger, Inde). Lorsque je l’ai acheté, c’était pour la première (je crois que je revenais juste d’Irlande, d’ailleurs), même si la seconde ne m’aurait pas dérangée.

Mes attentes ont définitivement changé depuis, et j’avoue que pour cette lecture, j’avais envie de découvrir des auteurs anglo-saxons d’une part, mais surtout des auteures. Et la première partie m’a déçue sur ce point : sur la vingtaines de romanciers ou poètes présentés, il n’y avait qu’une femme (Edna O’Brien, dont j’ai entamé un roman qui ne m’a pas du tout convaincue d’ailleurs ; parmi ses citations « The vote means nothing to women », génial). Genre une seule. Cette disparité m’a indignée et j’étais à ça de lâcher l’affaire, surtout la structure, que j’aborderai plus tard, était un peu lourde, en prime.

Mais j’aurais loupé la deuxième partie, qui m’a fascinée. Je connais peu d’auteurs hors de cette zone de confort que représentent l’Angleterre et les Etats-Unis, très peu en Irlande, au Canada, en Afrique du Sud et Australie. J’ai été servie avec ce livre, d’autant qu’il y a un très, très grand nombre de femmes présentes : 21 sur 47. Le contrat est donc rempli sur ce point, malgré une déception irlandaise (et ne venez pas me dire qu’il n’y a pas d’auteures à part celle qui est présentée, je ne vous croirais pas).

Bon, en revanche, la structure est un peu lourde. C’est un ouvrage à destination d’étudiants ou d’enseignants. On démarre par une présentation de l’auteur (qui aurait gagné pour le Commonwealth à avoir une précision de pays à côté du nom de l’auteur parce que pour au moins deux d’entre eux il n’y a pas d’indication dans la partie biographique), une bibliographie sélective, un point sur un ouvrage en particulier (mais un grand point, genre très en détail et genre pour certains totalement spoilant – c’est vraiment plus un outil d’étude que de découverte), son analyse (donc parfois encore plus de spoil, mais souvent très intéressant pour une explicitation contexte ou autobiographique) et des citations en VO et traduites). Définitivement pas une lecture à faire avant de dormir, mais comme je n’ai plus de transports en commun ^^;

J’ai noté quelques auteurs, comme Margaret Atwood – que je vénère déjà, merci la Servante écarlate ❤ –

L’un dans l’autre, c’est une lecture que je ne regrette pas, mais que je ne conseille pas à moins d’être bien motivé et d’avoir l’habitude d’ouvrages presque universitaires dans leur expression (parfois honnêtement à la limite de l’incompréhension).

Chuchoter aux quatre vents

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