Ainsi soit-elle

Auteur : Benoîte Groult.

Nombre de pages : 225.

Première parution : 1975. Cette édition : 2011.

Éditeur : Grasset (Collection : Les Cahiers Rouges).

Genre : Essai.

Prix : 8,80€.

Résumé éditeurA sa sortie en 1975, Ainsi soit-elle constitua une révélation et un choc pour quantité de lectrices. Une femme divorcée, remariée, mère de trois filles, journaliste et romancière, s’adressait à elles sur un ton nouveau, mêlant l’histoire à l’actualité, l’essai à l’autobiographie, la colère à un humour libérateur. Elle dressait  » l’interminable liste de mutilations physiques ou morales  » subies par les femmes au cours des siècles, dénonçait la haine et la peur du désir féminin, tout en se montrant très critique à l’égard d’une certaine servitude volontaire entretenue par les femmes elles-mêmes. Trente-cinq ans plus tard, ce propos est toujours aussi subversif. Pour Benoîte Groult, le féminisme est une lutte quotidienne, qui n’interdit pas, loin de là, d’aimer les hommes, ni de s’amuser avec eux. Avis aux femmes d’aujourd’hui, et donc de demain.

Avec le décès récent de cette grande dame, j’ai beaucoup entendu parler de cet ouvrage. Si j’avais croisé son nom par le passé, je n’avais jamais eu la curiosité de jeter un oeil. C’est plutôt dommage, parce que c’est un excellent livre, mélange d’essai et de biographie, toujours sous le prisme des femmes dans l’histoire et la société.

J’ai aimé la fluidité de l’écriture de Benoîte Groult. Je l’ai démarré tard le soir et je n’arrivais pas à m’arrêter dans la nuit, même s’il a fallu le reposer (déménagement et plusieurs heures de route le lendemain, sinon je l’aurais fini dans la foulée). Elle peut être humoristique, accusatrice, informative, légère et plus sérieuse, faire se succéder ces différentes émotions sans souci, en parlant à la fois de sa vie et des femmes en général.

Le contenu en lui-même est passionnant. La préface, que j’ai failli lire en diagonale (je l’aurais regretté, même si souvent cet élément est spoilant) est un retour récent sur le texte original de 1975, sur les avancées, les reculs parfois, la situation toujours sur le qui vive des femmes. L’auteur m’a notamment envie de découvrir plein d’hommes et de femmes liés au sujet.

Les notion de féminisme, de féminité, de lecture de femme, de thèmes de femmes (avec des choses tabou hein comme les règles par exemple) sont abordées. L’histoire, la politique (les femmes en politique, s’entend, et c’est un carnage), la science, la religion sont évoquées, ce qui a été fait aux femmes sous couvert de religion (l’excision est spécifiquement mentionnée, et honnêtement, j’ai eu un peu de mal à lire ces passages, même si je les trouve essentiels).

Santé et sexualité ne sont pas oubliées, ni le combat pour le droit à l’avortement, et les arguments utilisés par les deux camps pour cette bataille … et c’est entre le risible et le rageant (oui non genre tu as la pilule maintenant tu vas te déchaîner femelle nymphomane …).

C’est une lecture qui provoque, qui émeut, et qui ne laisse certainement pas indifférent.

J’ai noté cette citation de Simone de Beauvoir : « Aimer un être, c’est tout simplement reconnaître qu’il existe autant que vous », que je trouve très belle, et très parlante. C’est une question d’égalité, pas de supériorité, que s’intéresser au féminisme et aux droits des femmes.

Une excellente lecture.

Chuchoter aux quatre vents

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