Feuilles de mai

En mai, je fais de très jolies découvertes imaginaires, juste avant de rencontrer ou revoir leurs auteurs en fin de mois. C’est un petit mois de lecture, mais très satisfaisant.

J’ai beaucoup, beaucoup entendu parler de Céline Landressie pour sa série Rose Morte. Quand j’ai vu qu’elle serait à Épinal cette année, je l’ai glissée dans la PAL Imaginales, et son cocktail historique fantastique avec romance en pincée m’a plutôt inspirée. Je suis ravie d’y avoir jeté un oeil parce que c’est magnifique. L’écriture de l’auteur est pleine d’élégance, le contexte historique délicieusement rendu, les touches de fantastique très bien distillées. Je poursuis cette série avec plaisir 🙂

Autre très belle lecture, J’agonise fort bien, merci (le cynisme de ce titre est hilarant). Oren Miller s’affirme dans ma bibliothèque comme une valeur sûre, avec déjà Le roi sombre qui m’a tenue en haleine bien trop peu de temps. Ici, policier, humour cynique et désabusé mais tellement parlant dans un beau contexte folklorique légendaire et secret familial. Je me réjouis de retrouver Evariste et Isabeau dans A présent, vous pouvez enterrer la mariée !

L’héritière, premier tome de Testament et découverte de l’écriture de Jeanne-A. Debats, m’a cueilli dès la première page, avec une expression : « beurré comme un petit Lu ». Ça, mes enfants, ce sont trois ans de latin avec ma prof de lycée adorée. J’ai retrouvé tout au long du roman cet humour un peu cynique et grinçant que j’adore, dans un contexte de fantasy urbaine bien adapté à la France, avec pour cadre un peu surprenant qui change des détectives privés. Je me suis jetée sur la suite à Epinal aussi.

Ce mois-ci, j’ai rattrapé tout le catalogage BD au boulot. Ne demandez pas ^^,

Petit plaisir d’enfance nostalgique avec Globe-trotters, un des premiers Boule et Bill que j’ai lu enfant. Ça va si vite, mais c’est tellement charmant ! Garage Isidore est plutôt fun et léger, sur le thème des garagistes.

En revanche, je me suis ennuyée avec le premier tome des Légendaires, que j’ai trouvé plat et prévisible. Si le dessin passe, j’ai trouvé l’ensemble très convenu et vraiment fait pour les plus jeunes, sans que ce soit un compliment -et les noms comme Darkhell, merci, dans le cliché. L’enfant maudit n’est pas une réussite non plus, malgré un contexte intéressant : les émeutes de mai 1968. Elles sont survolées, le contexte est peu exploité. Je suppose que c’est pour laisser de la place à l’histoire principal : un jeune orphelin qui se découvre fils d’une Française séduite par un Allemand durant la Seconde Guerre mondiale. Mais la résolution n’est pas satisfaisante. Les choses vont bien trop vite, et je reste persuadée que sur ce thème on peut trouver mieux.

J’ai déniché aussi au boulot quelques BD de Chabouté, et franchement, je n’aime pas du tout. Entre les dessins si sombres, déprimants, et ses histoires qui ne le sont pas moins (une jeune fille sortie de prison s’installe dans une bourgade déprimante), j’ai décroché très rapidement et n’ai pas terminé le recueil de trois récits.

Deux lectures manga un peu doudou, Beauty Pop, petit shojo de 10 volumes sur des héros coiffeurs dans un collège japonais (choupi, avec une héroïne cynique et un héros qui s’énerve au quart de tour, des personnages secondaires sympathiques et mimis, beaucoup d’humour), et W Juliette. 14 tomes pour développer l’histoire de Makoto, jeune héritier d’un dojo qui désire devenir acteur. Son père ne l’y autorisera que s’il parvient à se faire passer pour une fille pendant ses années de lycée. Dans l’école où il est transféré, il rencontre Itô, jeune fille aux traits masculins qui agit contrairement aux stéréotypes féminins, et qui le démasque tout de suite, mais décide de l’aider. Si j’admets que question stéréotypes justement ça fait un peu saigner les oreilles parfois, je trouve cette série plutôt adorable, mettant le théâtre au premier plan, des personnages sympathiques, développés jusqu’aux secondaires, beaucoup d’humour, et des touches de fantastique totalement inattendues.

J’avais vraiment aimé le premier tome. Ici, j’ai été gênée dès le second récit (Castro est bien passé), où on est transporté dans le Moyen-Orient où les droits des femmes sont loin d’être respectés, mais on n’en parle pas ici. Et parfois pour trouver ce pourquoi les dictateurs sont considérés comme tels, faut chercher loin … Deux chapitres m’ont intéressée, les autres ennuyée, et j’ai trouvé le temps très long. C’est ma déception du mois.

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en mai ?