Lectures sur un rocher

Self Made Man

Are You Loathsome Tonight ? Poppy Z. Brite (auteur). Nicolas Richard, Laurence Viallet, Sylvie Denis (traducteurs). 1998 (VO), 2000 (VF), 252 p. Au Diable Vauvert. Nouvelles. 22€.

Un recueil de douze nouvelles présentant toutes les facettes du talent de son auteur, du fantastique morbide à la littérature criminelle, de la culture rock aux amours homosexuelles.

Hanté par les enfants de la nuit et les exclus du rêve américain, comme tous les livres de Poppy Z. Brite, ce recueil fascine par sa puissance évocatrice et sa beauté délétère. Sans complaisance et sans prosélytisme, l’auteur y dissèque les modes de vie alternatifs, pénètre dans l’envers du décor de la société américaine et révèle la faillite des valeurs traditionnelles et la réalité d’une violence sociale chaque jour plus sauvage.

Je n’ai pas lu de Poppy Z. Brite depuis sa trilogie gastronomique que j’avais beaucoup appréciée (léger bémol sur le dernier tome qui tape un peu à côté, sans les protagonistes), ça m’a donc fait très plaisir de retrouver ses récits un peu étranges, détonnants, baroques.

Bon, en revanche, les textes « seulement » romance, sans touche d’imaginaire ou d’un autre élément, me passent décidément au-dessus de la tête, qu’elle soit gay ou straight. Si cet autre élément est l’horreur ou le gore ou encore l’érotique, ça ne passe pas non plus, et ce sont les combinaisons que recherche plutôt l’auteur, donc ce sont des nouvelles qui ne sont pas tout à fait pour moi, et il y en a pas mal dans ce recueil. J’avoue que ça m’a plutôt fait rire, mais je sais qu’avec un autre auteur, ce ne serait pas passé.

Et même avec certaines nouvelles empreintes de surnaturel, ouvertement étranges ou joliment dénaturées du conte de fée, le côté érotique me fait l’effet d’un peu de trop, parce qu’on sent bien que c’est le centre du récit aussi, pas uniquement un à côté. Encore une fois, ce n’est pas mon truc en matière de lecture.

Un élément qui m’a dérangée en faisant un tour sur le site de l’éditeur. Le livre, ainsi que la fiche de l’auteur sur le site, présente Brite comme une autrice. Alors qu’iel se définit depuis quelques années comme auteur. Je peux comprendre que dans le livre, la présentation se fasse encore au féminin puisqu’il date de 2000 et que c’est apparemment postérieur, mais je ne comprends pas pourquoi encore maintenant l’éditeur ne respecte pas le désir de l’auteur. Ca m’étonne un peu du Diable Vauvert, même si je ne les connais pas très bien … ça m’a beaucoup gênée après cette lecture, même si je ne pense pas que ça me l’ait gâchée.

Une fois encore, une lecture intéressante, mais pas pour moi.

Chuchoter aux quatre vents

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