This little life of mine and other stuff

Art et artiste : est-il possible de penser l’un sans l’autre ?

C’est un article qui pourrait concerner J.K. Rowling. Mais même pas.

Si vous l’avez loupé, ces dernières années elle s’exprime de plus en plus sur Twitter sur le thème des personnes trans et pas forcément avec bienveillance. Je vous laisse ce lien qui explique mieux ça que moi.

Non, c’est par rapport à Glee.

Il y a quelques années, suite au divorce de Johnny Depp pour des raisons de violence, j’avais complètement cessé de regarder les films de cet acteur. Comme ceux de Polanski (même s’ils ne me tentaient pas spécialement).

Mais pour Glee je n’y avais jamais spécialement pensé.

Même en sachant que certains des acteurs étaient plus que limites (Mark Salling – mais ses chansons ne sont pas dans ma playlist … est-ce que c’est « mieux » dans ce cas ?), j’avais zappé jusqu’à revoir une autre vidéo que certains l’étaient aussi. Naya Rivera, l’interprète de Santana dont j’adore la voix, a été arrêtée pour violences conjugales il y a quelques années.

(Heureusement que Chris Colfer existe, les enfants).

Honnêtement, jusqu’à cette semaine, jusqu’à ce que j’entende un youtubeur, Pierre XO, qui abordait la question de Depp et Heard, j’avais oublié Naya Rivera et n’y pensais jamais.

Depuis, dès que j’entends une chanson de Glee dans ma playlist, je ne pense plus qu’à ça.

Est-ce que je dois me défaire de ces chansons que j’adore ? Jusqu’à présent je n’avais eu aucun problème dans le domaine de la musique (je ne suis pas sûre que les artistes que j’apprécie aient déjà été concernés en fait).

Est-ce que ça change quelque chose de savoir que ce sont des reprises ?

Lea Michele a chanté ce duo avec Jonathan Groff (que j’adore, magistral dans Mind Hunter), Total Eclipse of the Heart, adapté de Bonnie Tyler. Ont fait surface ce mois-ci des remarques et comportements racistes de la part de la jeune femme. Est-ce qu’il faudrait que je bazarde cette chanson ?


Une pensée pour Naya Rivera qui a disparu cette semaine après avoir emmené son fils en balade en bateau sur un lac. Le gamin a été retrouvé endormi mais les autorités la recherchent toujours et craignent qu’elle ne se soit noyée.


Qu’est-ce que je vais faire comme découverte en préparant les articles musicaux dont je vous parlais ? Est-ce que d’autres artistes que j’adore seront finalement racistes, sexistes, homophobes ou transphobes ?

Je n’ai très sincèrement aucun mal à me détacher de Rowling, je le suis déjà franchement de Harry Potter (ici vous avez un article de Mary Sue en anglais que je trouve vraiment intéressant sur la proximité entre auteur et création, avec notamment une vidéo de Lindsay Ellis dont j’aime beaucoup le travail). En tant que lecteur·rice.

Mais en tant que prof doc ?

Est-ce que j’arrête de le recommander aux élèves ? Est-ce que je les envoie balader lorsqu’ils m’en parlent ? Avec un grand, à la reprise, on a abordé le manque de diversité dans le roman et les films, et c’était très cool. Mais avec les petits ?

Et je crois que j’aurais matière à faire un article séparé sur Orson Scott Card et son homophobie. Etrangement, alors qu’il fait partie de ma bulle depuis bien moins longtemps que Rowling, bien plus qu’elle il a influencé ma manière d’écrire et même son roman Enchantement, que je n’ai lu qu’une fois, m’a tellement marqué·e qu’il n’a jamais quitté mes étagères. Ne parlons même pas de ses livres sur l’écriture que je ne suis même pas sûr·e d’être capable de prêter !

C’est un dilemme qui vous parle ou pas du tout ?

4 commentaires sur “Art et artiste : est-il possible de penser l’un sans l’autre ?

  1. C’est un dilemme qui me parle également et sur laquelle je m’arrache souvent les cheveux. Il y a des cas comme Polanski sur lesquels je ne tergiverse même pas (à la trappe) et d’autres où j’essaie de séparer la personne de son œuvre, notamment en prenant en considération son époque…

      1. J’avoue quand je parle d’époque, je pense à plus ancien que les 20/100 dernières années..
        Je n’ai pas de cas précis en tête à l’instant, mais pour moi, on ne peut pas s’attendre qu’un auteur du 18ème siècle, par exemple, traite les femmes comme on aimerait qu’elles le soient surtout quand on considère le machisme toujours d’actualité. Je prends l’exemple des femmes parce que c’est un sujet qui me touche et qui tend à me révolter… Un auteur s’inscrit dans une époque et un contexte socio-culturel précis qui a obligatoirement influencé ses opinions et écrits. Peu de personnes sont capables de véritablement remettre en cause les conventions de son époque a fortiori quand ce serait remettre en question ses propres privilèges… Du moins, dans un passé où les médias n’avaient pas cette puissance et les prises de conscience étaient bien plus longues à se mettre en place…

        1. Oui, je vois ce que tu veux dire. Je vais éviter de lire certains auteurs comme Hugo (Paris au XXème siècle est atroce, mais pas uniquement d’un point de vue sexisme) mais pas non plus boycotter non plus … Je pense que pour la période dont tu parles, replacer dans son contexte, informer, oui, c’est bien. De manière plus récente, ce n’est plus suffisant.

Chuchoter aux quatre vents

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