Lecture sur un rocher

Feuilles (juillet 2021)

En été, je lis des pages et des pages et donc ça me prend trois plombes pour un bilan qui d’habitude ne me prend que quelques heures.

J’avais beaucoup d’attente pour cette lecture, puisqu’il y a très peu de Néon que je n’apprécie pas. Et le dossier en Une me tentait particulièrement. Mes attentes, au final, ne correspondaient pas au magazine. Pour moi, il allait être question d’hypersensibilité, un sujet qui m’intéresse beaucoup en ce moment, et de comment gérer ces émotions dans la vie quotidienne, mais ce n’est pas du tout le sujet abordé. Certes, émotions de tous les jours, mais dans le cadre d’autres sujets comme la cancel culture et les débats de manière générale comme sur les réseaux sociaux … (oui mini paragraphe sur la Une, pas fait attention), c’était intéressant, mais pas autant que je l’espérais. Oh et pourquoi avoir charcuté cette jolie couverture >< elle était coupée en deux pour laisser place à une énorme pub de whisky >< Ces détails à part, les articles (notion de sensitivity reader, jeûne intermittent, femmes astronautes) et la BD (où Klaire fait grr parle enfin d’Apollon comme l’enfoiré prédateur sexuel qu’il est), c’est toujours aussi intéressant.

Pour être honnête, c’est un ouvrage parfois technique et je n’ai pas tout compris. Mais l’écriture est entraînante et j’ai beaucoup ri en plus d’être inspiré. Non je ne venais pas du tout de commencer à retravailler mes fiches personnages lorsque l’auteur a parlé du fait que ce n’était pas forcément la peine de passer des heures mois années trop de temps à caractériser ses personnages XD J’ai beaucoup aimé le traitement de A à Z du projet, comme le dit la couverture, de l’idée de départ, du travail de construction et de rédaction puis de l’évolution jusqu’au point final et l’importance des relectures. Certes il y a des côtés un peu techniques mais l’ensemble reste compréhensible et j’ai passé un excellent moment de lecture. Je suis ravi d’avoir découvert Lionel Davoust avec cet ouvrage 😀

Résultat toujours aussi mitigé pour cette relecture. Autant l’univers est toujours aussi intéressant, surtout lorsqu’on commence à fouiller les créatures surnaturelles inconnues dans le monde, que les personnages sont intéressants (mention spéciale à Arsenic dans le tome 4, médecin pleine d’humour), autant il y a pas mal d’éléments qui me gênent.

Notamment le fait que Prudence gère parfaitement un dirigeable (en ayant seulement été passagère d’un engin bien plus petit sur de mini distances), sachant que les traversées ne sont pas du tout ce que je préfère en littérature, qu’on ne la suive que partiellement sur quatre volumes (seuls deux lui sont réservés, et si Prim et Percy sont de chouettes narrateurs, j’ai vraiment eu un manque de cette héroïne qui au final m’a paru un peu plate) et surtout, surtout que ça s’arrête avec Reticence. Le thème de découvrir ou redécouvrir des espèces surnaturelles dans le monde est très ouvert et passionnant, et marquer un arrêt à la série aussi tôt donne une impression d’inachevé et comme si elle n’avait pas tellement d’importance.

Le Flow du mois, s’il est toujours sympathique, ne m’a pas tant inspiré que ça – j’ai déjà horreur des oiseaux alors la couverture XD

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Si la couverture est toute mignonne dans ses tons rose et mauve, j’avoue que j’ai flashé sur un élément du résumé. Lou, l’héroïne, découvre chez le dentiste un magasine qui parle de désencombrement et elle décide de faire le ménage dans sa vie. C’était juste un démarrage parfait qui a donné lieu à des évènements auxquels je ne m’attendais pas – à part la romance toute choupette qui se déclenche lorsqu’elle fait appel à Tom Broom (le joli nom), propriétaire de l’entreprise de bennes, qui vient récupérer ce dont elle se sépare. Lou est mariée et diantre son mari est atroce. Manipulateur, sexiste, qui refuse de l’écouter et persuadé qu’il doit la maintenir dans une position inférieure pour que leur mariage fonctionne … c’est le genre à offrir des appareils électroménagers pour qu’elle lui fasse à manger à tous les anniversaires et occasions … clairement j’ai détesté chacune des apparitions du cuistre. Mais l’écriture est vivante et pleine de douceur, et je crois que je tenterai d’autres livres de cette autrice.

Relecture. J’ai été très content de voir que je l’appréciais tout autant cet été. Abigail a écrit un roman qui a eu énormément de succès il y a quelques années, a presque remporté le Pulitzer … et est bloquée au chapitre cinq de son deuxième livre. Pour booster sa carrière, son attachée de presse lui crée un compte Twitter, ce qu’elle ne gère pas du tout. Un de ses followers, Mark, lui en explique le fonctionnement, et une relation pleine d’humour et d’affection se développe entre les deux. Ce que j’ai adoré dans leurs échanges, c’est leur côté très geek et toute les références aux séries télévisées, dans les surnoms qu’ils se donnent au moment de déconnecter par exemple (Buffy, la Famille Addams, Gilligan’s Island …). La fin est un peu précipitée et j’aurais aimé les voir un peu plus longtemps (après leur rencontre IRL) mais j’ai beaucoup apprécié leur histoire.

Une très jolie romance. Holly hérite de sa grand-mère décédée, Camilla, une entreprise centrée sur sa riche cuisine italienne (traiteur, restauration et cours) et sa capacité à lire l’avenir. Elle sort d’une relation décevante, autant pour la manière dont il l’a laissée tomber que pour le fait qu’elle adorait la petite fille de son amoureux, affection qui était réciproque. Pour mettre cette partie de sa vie derrière elle, Holly fait de son mieux pour maintenir l’entreprise de sa grand-mère à flot, mais c’est difficile lorsque la barre est tellement haute et qu’elle n’a jamais cuisiné de manière professionnelle. On ajoute à ça le fait que certaines personnes aimeraient bien la savoir loin de l’île (famille qui en voulait déjà à Camilla) et n’hésitent pas à lui mettre des bâtons dans les roues (bon ça reste plausible et ce n’est pas le centre des péripéties). Je ne m’attendais pas à ce que la recette fonctionne aussi bien avec moi, mais le côté cuisine italienne, forcément XD Et Holly ne brille pas en claquant des doigts. Elle fait des erreurs, réessaie, apprend, crée ses propres variations. Le cours de cuisine avec les quelques étudiants restés, dont une demoiselle de douze ans bien décidée à apprendre pour éviter que son père n’épouse sa petite-amie poupée Barbie parce qu’il ne sait pas cuisiner XD le fameux cours de cuisine réserve de beaux moments. L’écriture m’a beaucoup plu aussi, avec les extraits de lettres de Camilla, qui poursuivent la piste du secret de la famille qui leur en veut.

Je n’ai aucune idée d’où vient ce livre XD Il est dans mon application depuis vraiment longtemps, je crois ^^, Mais le fait que Nina travaille dans une librairie et fasse partie d’une équipe de trivia aka ait un côté geek assez prononcé, et c’était suffisant pour me donner envie de lire. Et on rajoute un secret de famille qui n’en est plus vraiment un : élevée par sa mère grand reporter, Nina n’a jamais su qui était son père mais ça ne l’a jamais trop perturbée. Elle était plus embêtée par la solitude de l’enfant unique, même si elle avait sa nounou adorée (maman en vadrouille). Tout change du jour au lendemain lorsqu’un avocat / notaire la retrouve pour l’informer du décès de son père et du fait qu’elle a deux belles-mères, des demi-soeurs, frères, neveux et nièces, qui ont tous plus ou moins envie de la rencontrer. Quand on a l’habitude de la solitude, c’est un peu la panique. Je ne m’attendais pas à ce que cette panique dont on parle un peu pour plaisanter sur ce type de pitch soit en fait de réels problèmes d’angoisse qui sont très bien décrits. S’il y a beaucoup d’humour dans ce roman (les membres de la famille sont parfois un peu déjantés, les matchs de trivia hilarants), il y a aussi de la gravité (la santé de Nina, ses difficultés relationnelles dues à ses angoisses, la librairie où elle travaille qui, si elle fonctionne très bien, a néanmoins de gros problèmes financiers, la tristesse que l’existence même de Nina cause chez certains membres de la famille puisqu’elle a huit, neuf mois de différence avec son demi-frère, confirmant la nature de serial cheater de leur père, inquiétant aussi ledit demi-frère qui vient d’avoir un bébé et qui se demande s’il a hérité ce trait paternel …). L’équilibre est inattendu, et j’ai trouvé qu’il fonctionnait très bien. Une belle découverte.

Je déteste la série de couverture. J’en ai déjà parlé, je ne vais pas revenir dessus. En revanche, j’ai beaucoup aimé les détails sur la création et la réalisation de la série française Paris Police 1900, ainsi que les recherches qui ont été menées pour concevoir son aspect visuel, puisque la Belle Epoque est une période qui me parle beaucoup pour un roman. En revanche, je me suis un peu fâché en découvrant qu’il y a eu il y a quelques années (traduction : début 2000s XD) un projet pour une série sur les années lycées de Batman. Qui n’a jamais vu le jour. Puisque recyclé pour Superman avec Smallville T°T Je boude, mais c’est la seule série du personnage que j’ai suivie ado … la rétrospective est d’ailleurs très chouette, comme celle sur Scooby-Doo, les séries légales et l’article sur Disney +. C’est assez terrifiant quand on lit le nom des grosses séries déjà au catalogues ou bientôt : 24, Alias, Buffy, Angel, Castle, Desperate Housewives, Grey’s Anatomy, HIMYM, Modern Family, The X Files … Je savais déjà qu’ils shootaient pour un monopole culturel mais c’est encore plus inquiétant quand on voit ça.

Après l’histoire de Nina, j’avais juste envie de retourner dans une librairie pour une histoire d’amour plutôt légère, avec quelques secrets de famille peut-être ou des rebondissements pas trop lourds. Ce n’est pas le cas de ce livre. Si la partie librairie est plutôt sympathique et on suit le travail de Loveday à Lost for Words (j’ai de beaucoup préféré le nom du lieu à celui de l’héroïne qui m’a fait grincer des dents à chaque fois que je l’ai lu), une librairie qui fait plutôt de l’occasion dans une atmosphère bon enfant, je l’ai trouvé vraiment déprimant et je regrette de ne pas encore savoir lire la fiche du livre sur Storygraph pour la partie Trigger Warning. Je vais spoiler mais si j’avais su, clairement, je ne l’aurais pas lu. Je m’attendais déjà à quelque chose de catastrophique quand la narration est passée en flash backs sur l’enfance de Loveday, mais pas à ce qu’un de ses parents tue l’autre. Si je me doutais que l’ex relou de l’héroïne était franchement relou, je ne pensais pas et n’avais pas envie de lire une histoire sur une relation abusive, avec des mots et des gestes et qui la stalke ensuite. Certes l’héroïne fait quelque chose à la fin et je comprends que tout le monde gère différemment ses traumas relationnels mais bon il a quand même fallu attendre qu’il manque de la transformer en torche façon Jeanne d’Arc quoi … J’ai détesté cette lecture, qui en plus est vraiment british dans son vocabulaire à la limite slang parfois, ce qui n’a pas arrangé les choses. La seule raison pour laquelle je n’ai pas reposé le livre : les passages dans la librairie et sur le nouvel amoureux poète de l’héroïne qui est juste adorable.

Comme je suis toujours en mode relecture en été, j’ai repris la série In Death de Nora Roberts. J’ai une patate d’article sur le sujet, donc je ne vais pas trop épiloguer. Mais si j’apprécie toujours le genre (policier dans un contexte science-fictionnel) et les personnages (avec les touches de romance), je me lasse un peu du côté hétérocentré et binaire de l’histoire, sans parler du côté un peu sexiste où, si Dallas est clairement badass, Roarke est limite à la sauver dans chaque tome, avec ses ressources de milliardaire ultime et parfois tout bêtement en mode force physique. Enfin, je me dis que j’aimerais bien terminer la série un jour – j’en étais au 41 que je n’avais pas fini, et le 64 sort en septembre (il y a des novellas dans le compte). Rien que pour savoir qui vole les barres chocolatées d’Eve dans son bureau au commissariat. Oui c’est un running gag établi dès le premier tome.

Et vous, de belles lectures ces derniers temps ?

Chuchoter aux quatre vents

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