Double jeu

double-jeuAuteur : Jean-Philippe Blondel.

Nombre de pages : 135.

Parution : 2013.

Éditeur : Actes Sud (Collection : Junior).

Genre : Contemporaine – Jeunesse.

Prix : 10,20€.

Résumé éditeur« Changer. C’est ce qu’ils veulent tous. Il faut que j’arrête de poser des problèmes aux adultes. Que je cesse d’être dans leur ligne de vision, de mire, de tir. Que je bouge de là. C’est ce que je voudrais, oui. A l’intérieur, je bous. J’aimerais être loin. Loin, genre à l’autre bout du monde. Me réinventer une existence avec un début moins pourri ». Quentin, nouveau dans son lycée, est enrôlé dans un cours de théâtre pour jouer dans la pièce de Tennessee Williams La Ménagerie de verre. Comme le personnage qu’il interprète, le garçon est tiraillé entre l’envie de tout plaquer pour voir le monde et celle de se battre. D’affronter, Les parents, Les profs, Les élèves, Les spectateurs, l’avenir.

Il y a quelques années, j’avais passé deux très beaux moments de lecture avec Blog et G229 de Jean-Philippe Blondel, que je vous recommande. Les thèmes du théâtre et du nouvel univers au lycée me parlent beaucoup, en général, et j’avoue que l’extrait du résumé plonge déjà dans l’écriture prenante de l’auteur.

Cette plume est fidèle au souvenir que j’en avais, forte, plongeant dans l’univers du héros, Quentin. J’ai aimé, une fois encore, le suivre dans son changement de vie (propulsé seul de son groupe dans un « bon » lycée de la ville, plus exigeant) et ses tourments intérieurs, magistralement servis par les mots choisis, chargés de force et de justesse.

J’ai quelques regrets, comme les ellipses narratives (surtout après des éléments qu’on a l’impression d’être importants) et l’utilisation de flash-backs, et le fait de ne pas avoir lu la pièce dont il est question,  La ménagerie de verre.

Mais c’est une superbe lecture, rapide et passionnante.

Monster, tome 1

Auteur : Naoki Urasawa.

Traducteur : Thibaud Desbief.

Nombre de pages : 220.

Parution VO : 1995. VF : 2001.

Éditeur : Kana (Collection : Big).

Genre : Manga – Seinen.

Prix : 7,45€.

Résumé éditeur 1986. Kenzo Tenma est un brillant neurochirurgien pratiquant son art à l’hôpital Eisler de Düsseldorf (Allemagne). Tenma est comblé, il vient de sauver la vie d’un chanteur d’opéra célèbre… Promis à la belle Eva Heineman, la fille du directeur de l’hôpital, son avenir est tout tracé. Tout lui sourit… Jusqu’à la nuit où arrivent deux enfants, Anna et Johann Liebert, dont les parents ont été découverts sauvagement assassinés. En choisissant de sauver le petit garçon plutôt que le maire de la ville, le docteur perdra tout… Amour, gloire et honneur laisseront place à solitude, rupture et alcool… Surtout qu’autour des deux enfants, les morts se multiplient. Tenma n’aurait-il pas sauvé un MONSTRE…

J’avais découvert ce premier tome il y a cinq ans et je n’avais pas trop accroché (si je me souviens bien, dessin par trop réaliste, histoire qui démarrait en mode médical, et juste pas une envie dévorante de tourner la page). Je crois que depuis j’ai découvert Pluto du même auteur, que j’apprécie beaucoup, et en retombant sur cette série au boulot, j’ai eu envie de la reprendre.

Et c’est beaucoup mieux passé cette fois. Je me suis intéressé au héros, Dr Tenma, qui préfère suivre ses convictions et sauver des enfants qu’une personnalité, et perd sa position avantageuse. Ce démarrage très manipulations et politiques et intéressant, mais je ne pense pas qu’on poursuive dans cette veine.

Il s’agirait plutôt de thriller, à la recherche de ce monstre que Tenma a finalement sauvé, et dont il est responsable des crimes, dans sa vision des choses. J’ai très envie d’en savoir plus à son sujet. Et de voir comment Tenma va se dépatouiller de l’inspecteur qui se demande s’il n’est pas responsable d’une série de crimes commis par ce « monstre » (et puis des bonbons empoisonnés, j’adore !).

Le dessin m’ennuie toujours un peu, il a ce côté très réaliste qui m’accroche ou pas, et il ne fonctionne pas ici. Mais l’intrigue et l’action compensent cet aspect. Je vous donne rendez-vous prochainement pour la suite !

Nombre de volumes parus : 18 (série finie).

Homo Vampiris

Auteur : Fabien Clavel.

Couverture : Yayashin.

Nombre de pages : 289.

Parution : 2009.

Éditeur : Mnémos (Collection : Icares).

Genre : Fantastique – Thriller.

Prix : 20,30€.

Résumé éditeur : 21e siècle. 8 mai. Roumanie. 2h environ. Un patient s’échappe de l’Usine, une clinique d’un genre un peu particulier.

Londres. 13h02. Une jeune étudiante quitte en courant une conférence de l’ONU. Sa soif de connaissance a capitulé devant une faim plus insatiable encore.

Dubaï. 21h48. Dans une luxueuse suite de l’Al-Mahara, autrefois l’hôtel le plus cher du monde, seule une panthère noire ressortira vivante de la violente dispute qui oppose deux hommes.

Après l’excellente lecture qu’a été Le miroir aux vampires, je me suis lancée dans Homo Vampiris, un roman qui me tentait depuis quelques années pour la manière dont l’auteur dépeint le personnage du vampire, ses caractéristiques, dans une perspective de type un peu science-fiction, comme j’en avais l’impression.

Ce contexte m’a beaucoup intéressée, même s’il était plutôt parsemé dans le récit. Notamment, la pénurie de pétrole, ses conséquences, une Terre pas vraiment en bon état. Plus que les créatures nocturnes, c’est cet état des choses qui m’a fait frissonner.

J’ai apprécié la forme de voyage que le roman a prise. On découvre différentes parties du monde, mais aussi différentes époques puisque Fabien Clavel nous fait partager d’autres épisodes de la vie de ses vampires. L’histoire a donc différents niveaux, parfois un peu complexes, foisonnants, mais toujours avec ce côté très intéressant.

C’est effectivement une lecture que j’ai trouvée complexe, devant les différents temps imbriqués, les questions, la manière dont les évènements se recoupaient, les informations découvertes, et aussi, dans une mesure un peu moindre, les personnages. Ils ne sont pas très nombreux, mais, je ne sais pas, ils m’ont laissé cette impression, parmi d’autres.

J’ai eu une toute petite déception pour le personnage de Zéro, que je pensais être le personnage sur la couverture, l’étrange vampire albinos, pour sa résolution que j’ai trouvée trop rapide, trop brusque. Et aussi peut-être le manque de réponses à son compte, j’aurais bien aimé savoir ce qui lui était arrivé pour qu’il soit un peu lent, et qui il est réellement, la part qu’il joue dans le dénouement final… Mais c’est juste ma grande curiosité qui râle ^^

A part Epone, je n’ai pas forcément apprécié les autres personnages. Qu’il s’agisse de Nina et de ses appétits divers, Ashanti, Marcus, Nemrod ou Fedora, je ne me suis pas attachée à eux, même si j’ai trouvé toujours aussi intéressant de les suivre, et que j’avais toujours envie d’en savoir davantage, sur chacun personnellement, les circonstances de leur transformation, mais aussi en tant que groupe, l’Ancolie.

Mais c’est surtout Epone, l’étrange vampire à la mémoire incroyable, qui est sortie du lot. Surtout pour deux épisodes : la métamorphose de Nemrod, dans une période que j’aurais aimé voir un peu davantage décrite, et surtout la sienne. Voir qui elle était auparavant, quand s’est déroulé cet évènement, rien que son âge, et les circonstances, tout cela m’a soufflée.

C’est peut-être aussi parce que c’est l’une des rares à ne pas avoir comporté une grande valeur « choc », à mes yeux. J’ai beau aimer les récits de vampires, je ne suis pas extrêmement fan des univers qui les présentent sous un jour uniquement choquant, horrifiant, ou à caractère érotique. Mais j’ai cette impression tenace que ce n’était pas juste une valeur provocatrice que l’auteur voulait imprimer ici, et il y a tellement de thèmes et de référence. Je suis contente de ne pas m’être arrêtée en cours parce que c’est vraiment un traitement intéressant, original, rien que par ce contexte légèrement défavorable, ou les quelques explications scientifiques sur les dons des vampires. Ce mélange de fantastique et de notes scientifiques m’a plu (même si j’aurais aimé ce dernier point un peu plus développé).

Et le latin. Les vampires parlent latin. J’étais en extase. (Non mais en fait c’est pour ça que j’ai continué ma lecture …)

Idées noires

Auteur : Franquin.

Nombre de pages : 92.

Première parution : 1981 et 1984. Cette édition VF : 2010.

Éditeur : Magnard (Collection : Classiques & Contemporains).

Genre : Bande dessinée – Humoristique.

Prix : 6,10€.

Résumé éditeur : Des peurs ancestrales (loups, vampires, monstres nocturnes) aux frayeurs modernes comme l’atome ou la pollution, les Idées noires de Franquin font la part belle à l’humour noir ! ces courtes histoires, souvent grinçantes, sombres et drôles s’attaquent de front à des sujets d’actualité tels que la société de consommation, la religion, l’éducation, la militarisation, la justice ou la peine de mort, au travers du graphisme magistral et de la plume acérée du maître de la bande dessinée.

Je connais Franquin de la série Gaston Lagaffe, même si je n’en étais pas une grande fan. Je ne connaissais pas ses autres bandes dessinées avant de tomber sur celle-ci, qui a un petit dossier d’explications bien appréciable.

Les planches présentées sont toutes des exemples d’humour noir, un peu horrible, sur différents thèmes, comme la préservation de l’environnement ou la peine de mort, toujours d’actualité à l’époque. Assez souvent, les décors sont blancs et les personnages noirs, à la différence des bandes dessinées traditionnelles, plus rarement l’inverse.

Chaque gag porte un titre commençant par « Il ne faut pas confondre » opposant deux éléments basés sur un jeu de mots sur le thème du gag, comme « Il ne faut pas confondre maudit imbécile et condamné » ou « Il ne faut pas confondre émission en direct et radioactivité ». Si certains sont évidents, d’autres demandent un peu de réflexion.

Un dossier après-texte et un livret du professeur complètent les planches de Franquin, expliquant les différentes cases, aidant le lecteur à les appréhender, avec un lexique de la bande dessinée.

C’est une lecture assez spéciale. Les traits d’humour sont horribles mais saisissants, surtout ceux sur le thème de la peine de mort, comme celui sur l’imbécile et le condamné, où le condamné est emmené vers la guillotine et glisse, se cognant la tête, les policiers l’accompagnant craignent qu’il soit mort. Lorsqu’il s’avère que ce n’est pas le cas, ils l’amènent à nouveau vers sa fin

J’ai beaucoup aimé un gag sur une centrale nucléaire où la femme d’un physicien affirme qu’il est très content de travailler à la centrale, que ce n’est pas dangereux, avec la dernière case montrant le mari et les enfants de la dame, tous victimes de mutations !

Un album à découvrir, avec ou sans dossier.

The Melancholy Death of Oyster Boy

Titre VF : La triste fin du petit enfant huître et autres histoires.

Auteur : Tim Burton.

Langue : anglais.

Nombre de pages : 128.

Parution VO : 2004.

Éditeur : Faber and Faber.

Genre : Poésie.

Prix : 11,36€.

Résumé éditeurFidèle à son univers d’une inventivité si particulière, mêlant cruauté et tendresse, macabre et poésie, Tim Burton donne le jour à une étonnante famille d’enfants solitaires, étranges et différents, exclus de tous et proches de nous, qui ne tarderont pas à nous horrifier et à nous attendrir, à nous émouvoir et à nous faire rire. Un livre pour les adultes et pour l’enfant qui est en nous.

Je garde un très bon souvenir de ce (très, trop?) petit recueil.

De petits poèmes, parfois de quelques lignes, avec un charme et un style captivants. Burton crée des images, des petites histoires hors du commun, qui ont l’art d’éveiller la surprise et l’intérêt. Je ne me suis pas ennuyée une seule minute.

Les poèmes sont servis par des dessins saisissants, illustrés dans le même esprit fantastique que les petites histoires, avec ces personnages. On nage en plein esprit Burtonien, et on n’a pas envie de refaire surface. Je l’ai lu en anglais, mais les textes sont simples et les illustrations apportent une aide à la compréhension, en cas de crainte d’un niveau juste. Il n’est pas question de niveau ici, juste de magie.

Même en le lisant en anglais à voix haute, il ne m’est resté entre les mains qu’une petite demi-heure ! C’est la seule déception que je puisse formuler pour cet adorable recueil.

Fairy Cube, tome 3

Titre VO : Yôsei Hyôhon 3.

Auteur : Kaori Yuki.

Traducteur : Kureha.

Nombre de pages : 160.

Parution VO : 2006. VF : 2007.

Éditeur : Tonkam.

Genre : Manga – Shojo – Contes de fées.

Prix : 6,99€.

Résumé éditeur Depuis toujours, Ian Hasumi peut voir les fées et autres créatures surnaturelles. En particulier, il voit régulièrement un double de lui, Tokage, qui le déteste et fait le mal autour de lui. Jusqu’au jour où Tokage parvient à faire assassiner Ian et prendre sa place. Ian, qui n’est plus qu’un esprit, fera tout pour reprendre sa place !

Ce n’est qu’avec ce troisième tome que je me découvre une affection pour la série. J’en reste assez déçue puisque tellement d’éléments auraient dû me plaire (le folklore celte notamment) mais ce n’est qu’ici qu’ils fonctionnent.

Cette cérémonie pour ouvrir le portail des démons ne prend de l’envergure qu’au moment de l’ouvrir, avec la présence de Shira (personnage passionnant, mais mal amené, je trouve, et qui même à la fin n’arrive pas à prendre de l’ampleur – son ambiguïté, son côté androgyne, sa relation avec la mère de Ian … tout aurait dû contribuer à la mettre au premier plan), et démarre le récit avec plus de force qu’auparavant.

Les révélations sur la mère du héros et Tokagé (que je n’attendais même plus) sont bienvenues, touchantes, et vraiment inattendues, j’ai aimé son retour ainsi que celui de Doshi. C’est un peu tire-larmes, mais ça passe.

Retrouver l’histoire de Kaito est Lei-Vun est également un grand point, surtout qu’elle apporte de petits bouleversements que je n’avais pas vu venir non plus. Je me suis presque prise à regretter qu’ils ne soient pas les héros du récit, je les trouve plus intéressants que Ian et Line. Mais la toute fin m’a plu, enfin.

J’avais complètement zappé qu’après la fin, on avait une histoire bonus mettant en scène Lei-Vun et Isaiah. Je ne suis pas convaincue. Le principe est un peu éculé (ce démon des purikura qui exauce ton voeu et revient te chercher ensuite), et Isaiah n’est pas passionnant (et comme d’habitude, Lei-Vun est trop discret).

Nombre de tomes parus (série finie) : 3.

Tome 1

Tome 2

Et cette porte, là-bas, qui se fermait …

Auteur : Pierre Gévart.

Illustrateur : Mathieu Coudray.

Nombre de pages : 107.

Parution : 2009.

Éditeur : Argemmios.

Genre :  Mythologie – Contemporaine.

Prix : disponible d’occasion.

Résumé éditeur Orphée écrit, pour lui-même et pour un journal, où il signe une chronique quotidienne. Eurydice est professeur de lettres. Il boit, elle fume. Il est jaloux, elle aime se sentir libre. Dans le labyrinthe de leur vie commune, des portes s’ouvrent et se referment, innombrables, et nul ne saurait dire si elles les conduisent vers les Enfers ou si elles les en ramènent ; si, à travers elles, ils se retrouvent ou se perdent encore. Par la magie des archétypes, on entre dans l’intimité de ce couple, que le regard particulier de l’auteur arrache à toute banalité. Sans jamais quitter les contours oniriques du mythe, on observe les gestes des amants, décomposés, ralentis, magnifiés. La vie, l’amour, les malentendus passent sous le microscope. Une œuvre atypique, riche en références et clins d’œil semés çà et là comme autant de petits pétards, qui écorchent le mythe sans jamais l’abîmer vraiment.

J’étais plutôt intéressée par la réécriture moderne du mythe d’Orphée et d’Eurydice, elle prof de lettres, lui journaliste, à notre époque. Au final, ce n’est pas cet aspect qui m’a plu, parce qu’il a son côté répétitif, ennuyeux … contemporain. J’avais plus l’impression de lire de la littérature contemporaine dans l’ennui que je lui confère souvent, et qu’elle me procure à son tour, dans cette description d’une relation qui part à vau-l’eau. Sans parler des descriptions en général, justement, du plus basique comme une poignée de porte …

Et puis les inter chapitres sont arrivés. Avec eux, des réflexions sur le mythe originel, et le séjour d’Eurydice aux enfers, et sur les raisons qui lui donnaient envie de rester. Et j’ai trouvé ça hilarant. Entre Orphée et son haleine marquée, son côté machiste, le fait qu’il surnommait peut-être sa femme « dydyce » … (variante de bobonne ^^;)

J’ai aussi bien apprécié l’arrivée d’Hadès et Perséphone dans le récit courant. Ils sont inattendus, drôles, et que dire du chapitre final qui regroupe tous ces personnages avec Marcel Proust (oui, le monsieur à la madeleine joue un rôle non négligeable, et c’est drôle).

C’est une lecture plutôt surprenante, mais j’en retiendrai surtout les aspects amusants, et le côté court du récit. Je préfère cette version à celle de Silverberg, plus poétique, mais plus ennuyeuse.