Au bord des mots, lectures sur un rocher

La Présidente, tome 2 : Totalitaire

presidente-2François Durpaire, Farid Boudjellal (auteurs). 2015, 158 p. Les Arènes. BD – Science-fiction – Politique. 20€.

Après six mois d’exercice du pouvoir, Marine Le Pen a conduit le pays au bord du gouffre : isolée sur le plan diplomatique, théâtre de heurts toujours plus violents à l’intérieur de ses frontières et dans un contexte économique alarmant, la France est dans l’impasse. Apothéose de cette situation catastrophique, le Président de l’Assemblée Nationale Florian Philippot a été kidnappé.

Retour aux chroniques livresques sur le blog, après cette période de bilans annuels. Et on passe en mode sueurs froides avec ce deuxième tome, encore une fois génialement glaçant.

Je n’ai presque plus fait attention au graphisme trop plein de réalisme et de froideur, dans les blancs, noirs et grisés. On est par trop emportés par ce tourbillon de conséquences de l’élection, la présidence fictive de Marine Le Pen, et sa suite. Et vraiment, cette suite, je l’ai trouvée encore pire. Je vous spoile, parce que vraiment je ne m’y attendais pas (surtout la manière dont les choses se déroulent) : Marion Le Pen (Whatever y a un autre nom après/avant je crois) force sa tante hors de la sphère politique pour prendre sa place en intérim et force les élections suivantes. J’ai surtout eu l’impression qu’à ce moment la laïcité se cassait bien la figure au profit d’une religion d’État : le catholicisme … et ça m’a fait froid dans le dos.

On suit aussi cette famille, raciste, prône à la dénonciation. Le produit de son époque exacerbée … Stéphane, du premier tome, est toujours présent et se languit de Fatima dont il est séparé puisqu’elle a été expulsée. Il lui décrit les changements de la rue, la surveillance constante, les camps pour migrants surveillés par des robots. C’est atroce mais fascinant …

Je n’ai pas eu l’impression d’un retour à la toute fin du premier qui m’avait un peu déçue (ce groupuscule qui tirait les ficelles de l’élection), ce qui m’a plu, mais alors pourquoi le mettre ? Par crainte de ne pouvoir continuer la série, et donc laisser une note de suspens planer à la fin d’un tome qui serait resté unique ?

Petit coup de glace dans les veines aussi en voyant la réunion au sommet, entre Marion, Poutine, Trump, et un autre que je n’ai pas reconnu, honte à moi. L’ouvrage est sorti en octobre dernier, donc avant l’élection américaine, donc paie ta frayeur et plus jamais je lis cette BD avant de dormir.

L’avant-dernier chapitre, Résistances, apporte une nuance d’espoir, ainsi que le début de l’épilogue lorsque la femme et l’un des fils se défient ouvertement du père et frère raciste et partent ; mais la dernière planche est à frémir aussi : « il faut trouver un nouvel ordre », en l’implantant dès l’enfance, supprimer l’esprit critique et « éduquer un citoyen nouveau » …

Je vous avoue que j’attends avec impatience le troisième tome, qui devrait être aussi le dernier.

Nombre de tomes parus : 3 (série finie).

Tome 1

Au bord des mots, lectures sur un rocher

A year in … books (2017)

J’ai le sentiment d’avoir eu de nombreuses déceptions cette année en matière de lectures. Le bilan de décembre en contenait déjà pas mal question mangas, et je ne sais pas si c’est ma mémoire mais il n’y a pas de titre en particulier qui me saute aux yeux.

Je suis assez triste, parce qu’en relisant mon bilan 2016 j’ai été frappée par des souvenirs de lecture très forts alors que là … pas vraiment.

Je retiens quelques auteurs : Jean-Loup Chiflet, Jean Des Cars et Jeanne-A. Debats.

Je suis très sensible à l’humour linguistique de Chiflet. L’approche royale de l’histoire de Des Cars me passionnent. Et Jeanne-A. Debats est juste géniale – je pense à ses textes, mais aussi son humour, à suivre sur les réseaux sociaux.

Quelques relectures m’ont fait très plaisir :

Je vous avoue que je n’ai pas envie, cette année, de développer mes déceptions. j’en parle dans les bilans mensuels. Pas vraiment de colère comme l’an dernier sur le consentement, le sexisme, la culture du viol.

Cette année de lecture me déçoit un peu. (Et non, ce n’est pas parce que j’ai moins râlé).


En matière d’achats, 2017 est une année plus « légère » que les précédentes : 165 livres sont passés par mes articles de Moisson chaque mois.

Pour exemple : 2015 -> 264 livres ; 2016 -> 272 ^^,

Pour une bonne part, ils proviennent des différents salons du livres auxquels j’ai pu me rendre : les Imaginales, le Livre sur la Place et le FIG. Mon préféré reste définitivement le premier ❤

Et disons que les achats s’équilibrent plutôt bien avec le désherbage de fin d’année : 278 livres vont trouver leur bonheur loin de mes bibliothèques. Une partie attend déjà devant la porte d’être emmenés à l’école pour mes loulous. (Je sais, je me sépare de livres, je suis un monstre, on me l’a déjà faite XD ).

La Fairy Loot Box a fait son apparition de manière régulière aussi. Si j’apprécie ou pas certains goodies, je n’ai pas encore lu les livres 😛 néanmoins, c’est une expérience que j’apprécie toujours autant.


Pour le décompte de ces lectures, j’ai laissé tomber le journal lecture de mon Filofax, du moins de la manière dont je l’avais démarré en 2016 : en notant mes impressions. Je le fais généralement trois ans après (et c’est à peine une exagération ^^,) et je préfère consacrer ce temps à l’article de blog. Donc je me contente de noter mes lectures mensuelles et la partie qui fait peur : la liste des chroniques à rédiger 😛 quand c’est fait, je colorie ma petite pastille de bleu pour indiquer le brouillon, et de vert la publication.

Surtout, ma grande aide a été Goodreads, tant au niveau du Challenge (que je démarre à 200 lectures), mais aussi pour garder en tête les dates exactes, mon avis chiffré (parfois, rarement en mots) et surtout les widgets WordPress. C’est tellement plus simple lorsque c’est automatisé ! J’ai eu un petit souci avec des vacances de la Toussaint à la fin de l’année, mais je crois avoir compris le truc.

Je suis en revanche beaucoup moins sur Livraddict, même pour mes responsabilités de correctrice, ce qui m’attriste, mais je ne peux pas tout faire malheureusement. Mes étagères Bibliomania sont donc moins à jour, et je ne partage plus mes billets de blog dessus depuis bien trois ans … je ne sais pas si je vais m’y remettre. Même en étant correcteur ou modérateur vous êtes limités à cinq liens par jour, donc ça risquerait de prendre du temps. Un temps que je préfère prendre sur d’autres plate-formes. Mais on en reparle dans l’article sur mon année 2017 d’un point de vue personnel.


Voilà pour le bilan annuel en matière de livres. Un petit aperçu de mes prochaines lectures :

Parce que l’écriture de ma meilleure amie me manque beaucoup trop, et que j’ai hâte de découvrir enfin son roman déjà publié, et celui qui arrivera … dans deux ans 😥 C’est looong !

Et vous ? 2017 a-t-elle été une belle année de lectures ? Parlez-moi de vos coups de cœur ! Ou de vos prix citron 🙂

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Feuilles de décembre

Ca y est, décembre s’est enfui (j’ai envie de dire avec les feuilles mortes parce que là où je vis c’était plus un automne froid qu’un hiver tenace !) et c’est janvier qui a pris sa place. Je vous souhaites à tous.tes de vivre une année magique et de réaliser vos rêves !


Retour au bilan mensuel ^^

En décembre, je poursuis sur ma lancée de lecture mangas/manhwas, entre autres pour faire un bon tri. Les romans et documentaires ne passent pas très bien, encore une fois.

L’atlas des brumes et des ombres m’a pris un peu de temps, mais je l’ai relu avec plaisir.  J’ai fini par abandonner Lasser, qui m’ennuyait franchement. Art Game Book est toujours en cours, je lis quelques pages quand j’y pense.

J’ai chipé Des cornichons au chocolat alors que j’avais besoin de quelque chose à lire au boulot, comme je le suggère au premier trimestre aux 3ème. C’est une petite tranche de vie, une adolescente de peut-être quatorze ans, qui se sent ignorée et mal aimée de ses parents et essaie de traverser l’adolescence sans trop de mal. Stéphanie peut être touchante, mais le nombre de références aux règles est assez lourd, au bout d’un moment.

Un peu de la même manière, je me suis forcée à démarrer 10 façons de bouleverser le monde – qui m’appartient, mais que j’avais ramené au boulot pour la présentation SF des troisièmes, juste avant les vacances (Internet a claqué sur l’heure du déjeuner XD). Je suis soulagée de ne PAS leur avoir suggéré cette lecture. Ce sont des nouvelles d’uchronies, dans une collection ado, mais absolument pas adapté. Même pour moi. J’ai l’impression qu’il faut une licence d’Histoire pour s’y retrouver, et ça c’est sans la lourdeur des récits … je n’en ai lu que 3, mais c’est vraiment long, et pénible.

Je viens de commencer Le secret de la manufacture de chaussettes inusables. Une jeune fille de bonne famille refuse le fiancé qu’on lui impose, est plaquée par le jeune homme pauvre qu’elle aimait, et est envoyée dans une petite ville écrire un livre de commande. Bon, elle m’agace un peu parce que cette petite ville est adorable, et la famille où elle atterrit très touchante. Il y a des chances de très jolie petite lecture comme Le cercle littéraire des épluchures de patates de la même autrice.


Pour la peine, je vais séparer BD et mangas, comme il y en a de chaque.

Les lectures BD ne me laissent pas très enthousiaste.

Merci est une découverte au boulot. Une jeune délinquante, Merci, est condamnée à travailler pour la mairie de sa ville par le juge, pour préparer une action culturelle. Je me suis ennuyée, Merci n’est pas attachante, j’avais juste hâte que ça se termine.

J’avais flashé sur Metropolis aux Imaginales (dont le pôle BD m’a fait l’effet d’une belle réussite). La couverture, ses couleurs, le thème, l’inspiration du film de Fritz Lang me tentait beaucoup. Le récit est plutôt difficile à suivre puisque je n’ai jamais su où on était, quels étaient les points communs avec notre époque, lesquels étaient différents … Je ne sais pas si je vais lire la suite, d’autant que je ne me fais pas aux illustrations intérieures.

J’avais déniché Les Naufragés du Métropolitain par hasard, l’esthétique fin XIXème début XXème m’avait plu. Mais le récit est un peu vide, à part les références continuelles à la pluie.

Le Château de ma mère souffre des mêmes « problèmes » que le premier : je connais trop bien le film (déjà über fidèle au roman), sans en être tellement fan actuellement, pour pleinement l’apprécier. Mais c’est très, très loin d’être mauvais.


Décembre a définitivement été un mois manga, avec une touche de BD. Je n’arrivais pas à me concentrer sur autre chose, et j’ai eu dans l’idée de reprendre des séries lues il y a une dizaine d’années ou possédées depuis longtemps.

Et vu le résultat vraiment pas positif dans l’ensemble … je me suis forcée à finir tout ça pour confirmer une opinion qui n’a souvent pas bougé, et dans le pire des cas (ce qui a été souvent) décider de ne pas conserver ces séries.

Du coup, c’est aussi quelque chose qui va influencer sur ma manière de lire/d’acheter des mangas … je ne prendrai plus tout une série sans avoir lu les différents volumes … Même lorsque j’avais beaucoup aimé l’auteur.rice sur autre chose.

On en revient aux livres ^^

Perfect World m’intriguait beaucoup depuis que mon libraire m’avait donné le début en extrait. Une jeune femme retrouve celui dont elle était amoureuse au lycée, maintenant devenu architecte, son rêve, et en fauteuil roulant. J’ai été soufflée par la réaction négative de la société devant leur relation. C’est touchant mais dur à lire devant la méchanceté de certains personnages, et je ne peux pas m’empêcher de me demander à quel point il reflète la société japonaise sur le handicap physique.

Model. Je ne comprends pas. Je n’arrive pas à voir ce qui m’avait tellement frappée dans cette série au point que je l’adorais. J’ai détesté les personnages. Celui du vampire n’est pas spécialement intéressant. Les relations amoureuses sont mal construites ou malsaines. Le dessin m’ennuie. Une déception.

J’ai terminé la nouvelle édition de Sailor Moon. Yay. Aucun enthousiasme. De l’ennui … jusqu’au dessin qui me parait plus brouillon qu’autre chose sur certaines pages. Et le même schéma répétitif … Les histoires courtes m’ont tellement manqué, les rassembler en une série à part ne me plait pas trop. Et la dernière, quelle inutilité. Vive le fan service. Toutes les sailor originelles (Usagi, Ami, Rei, Mako, Minako) sont âgées, ont des enfants. Chacune a une fille. La gamine a la même tête et le même prénom que maman … Aucune imagination là-dedans.

Horror Collector n’a, heureusement, que cinq tomes. Je m’étais embêtée à les chercher alors que, je crois, la maison d’édition venait de couler (Samji), parce que j’avais tellement aimé Model et qu’une amie ne jurait que par cette série. Et je n’y avais plus touché. Ils sont dans la même veine, axée sur le sexe, avec ces dessins morts, ils m’ont laissé une impression d’oppression assez poussée. J’ai détesté.

Dans le mieux, il y a eu Isabella Bird, un merveilleux récit sur une exploratrice qui se met en tête de découvrir des contrées japonaises qui ont été très peu visitées par des étrangers. C’est une belle leçon de tolérance, servie par des dessins ciselés, beaucoup d’humour, et la découverte d’une jeune femme qui a véritablement existé. Superbe.

J’ai découvert Frau Faust grâce à Tachan. Comme Isabella Bird acheté en même temps, dans deux genres différents, c’est une excellente lecture. On est ici plus axé sur le fantastique, les démons, tout ce que j’aime.

Le Comte de Monte-Cristo … il faut que j’arrête de perdre toute mesure dès qu’il est question de ce livre. J’adore le roman, le film avec Depardieu est un plaisir, la réinterprétation d’Oren Miller superbe … et dès que je vois quelque chose qui en est inspiré, il faut que je jette un oeil. J’ai détesté ce manga. Le démarrage sur une presque scène de sexe avec Mercedes m’a déjà douchée, mais en plus, forcément, ça va très vite. Je n’ai pas aimé les expressions de Monte-Cristo et plein de petits détails (Haydée est très fan service).

Mon dernier manga de l’année (placé ici pour qu’il ne soit pas tout seul en fin de présentation) a été l’intégrale de Queen Emeraldas, achetée pour découvrir un classique de la SF. Eeet … pas du tout appréciée. Le dessin est trop simpliste, le récit long et pesant sans résolution. Et elle est gentille Emeraldas, on le sait qu’elle s’appelle comme ça, l’auteur le rappelle à chaque chapitre.

Chiro … j’aime beaucoup le principe. L’héroïne brûle par accident la maison d’un chanteur en vue, et pour payer sa dette, accepte de devenir son partenaire dans un nouveau groupe, en se faisant passer pour un garçon. Les couvertures sont très belles. Mais les dessins intérieurs ne sont, bien souvent, pas à la hauteur (ou à partir du 6. Et pour 8 volumes parus en France, pas la fin, c’est mince), et l’humour est très lourd au début, il n’y a de sérieux qu’à partir du 6, je dirais. Enfin, je n’ai pas le 7 et je ne compte pas l’acquérir, ni conserver la série.

Comte Cain est la série que j’ai retrouvé avec un plaisir infini en cette fin d’année. La série qui m’a fait découvrir Kaori Yuki (à part les illustrations d’Angel Sanctuary et la prépu God Child dans Magnolia), et qui, heureusement, tient encore ses promesses. Cain, le Comte des poisons, qui est le témoin de bien étranges affaires … Et des titres que j’adore toujours autant, avec une identité graphique sombre tellement adaptée ❤

J’ai enchaîné sur God Child (qui est donc le premier manga de l’autrice que j’ai découvert à la fac). Je crois que c’est au tome 3 que je décroche, une fois encore. Je l’ai jamais autant adorée que sa préquelle, sans détester (ce qui est peut-être pire). J’en reste songeuse et déçue, un peu.

Pfiouh, c’était long tout ça. Je ne vous dis même pas combien de temps je vais mettre pour chroniquer tout ça ^^, Heureusement, j’en suis aux lectures de novembre maintenant XD

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en décembre ?

Je vous retrouve d’ici quelque jours (ou courant du mois ^^,) avec un petit bilan annuel, même si mon année en livres Goodreads vous en donne une bonne idée !

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Goodreads 2017 in Books

Petit aperçu des lectures de l’année via Goodreads !

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a beaucoup de mangas et de bandes dessinées dans ce premier aperçu bilan … bon il n’y a pas tellement de lectures anglaises dans ces eaux-là, juste une petite flemme personnelle d’ajouter les éditions françaises, mais au moins il y a une illustration !

J’essaie de vous proposer un bilan annuel plus complet au début du mois prochain ! Pour l’instant, je rattrape les billets lecture pas encore faits … Passez une bonne fin d’année, et à tout bientôt !

Au bord des mots, lectures sur un rocher

A fleur de peau

a-fleur-de-peauMélissa Scanu (autrice). 2016, 126 p. Créer mon livre.com. Science-Fiction. Cadeau de Noël ❤

A l’aube du XXIIème siècle, alors que la médecine a atteint son apogée, l’électricité connaît des débuts chaotiques. Perchée au quarantième étage de la tour du Palais Citoyen, Lynnae exerce un métier bien peu attrayant, tout en menant une petite vie bien routinière. Pourtant, il se passe depuis peu des choses étranges à Argondia, et de mystérieux aéronefs parcourent le ciel, dans le plus grand secret, tandis qu’une vaste collecte de sang prend peu à peu des allures sectaires.

De quoi alerter notre héroïne et ses amis, qui mèneront l’enquête jusqu’à découvrir l’invraisemblable vérité.

Il y a pas loin d’un an, je vous ai parlé d’un roman merveilleux que je venais de bêta lire, rédigé par ma meilleure amie. Et je vous en reparlerai encore, très bientôt, je l’espère. Je vous laisse imaginer à quel point j’étais ravie en découvrant ce petit roman pour Noël dernier. Parce que, déjà, j’adore l’écriture et le travail de Melissa. Mais aussi parce qu’elle l’a écrit pour moi ❤ en partant sur un genre et des thèmes que j’adore.

L’univers, aux accents steampunk, est passionnant. La couverture vous en donne une jolie idée, entre automates, tramways et aéronefs. Même dans ce fameux travail ennuyeux, je ne me suis pas ennuyée et j’avais hâte de découvrir les petits détails insérés ici et là.

La découverte a été inattendue. Fatiguée, un peu malade, une tonne de choses à ranger après notre épopée irlandaise, je me suis dit que je jetterai un tout petit œil, non, vraiment, juste deux ou trois pages. J’aurais dû me douter que ça ne fonctionnerait pas. Chapitre après chapitre, je n’ai pas réussi à arrêter de tourner des pages, tant j’étais fascinée, à la fois par l’écriture, par l’univers, mais aussi les thèmes, les personnages, un tout qui m’a fait dévorer ce (trop petit) roman en peut-être une heure.

Je vous ai dit dans le bilan, je crois, que l’auteure avait fait le choix de créer des personnages à partir d’elle-même et de moi donc, et c’est déjà adorable, surtout lorsque c’est aussi bien fait. Et que je suis héroïne de ce beau roman, dans un futur steampunk avec une enquête policière qui tombe sans prévenir, avec des conséquences inconnues et des évènements étranges. Déjà, j’adore.

Ensuite, parmi les personnages (ou les lieux), j’ai reconnu tellement de choses. D’IRL déjà (In Real Life), mais aussi des romans que j’écris personnellement. Lorsque vous vous attachez à créer des personnages de papier et les rendre aussi réels que possible, ce que j’aime faire, et que vous les retrouvez aussi plein de vie, c’est vraiment un bonheur (surtout dans le choix de ceux-ci, et le fait qu’en opérant un petit changement sur deux soeurs, j’ai eu une idée pour mon propre texte, ce qui est inattendu et génial ^^,).

Des thèmes, je retiens celui des listes (si, si, je vous assure, ça marche), du sang (par rapport à sa collecte mais aussi sa composition), un complot de grande envergure, et d’autres que je ne peux pas vous révéler parce qu’ils n’arrivent que tard.

Sur cette fin, je vais juste bouder, parce que je m’insurge du choix de mon double romanesque, et qu’elle ne peut pas en rester là, calmement, et qu’il faut une suite, parce que la perfection n’existe pas et qu’elle est dangereuse (je parle dans le roman hein pas du roman xD).

C’est un roman qui se lit bien trop vite, parce qu’il est admirablement bien écrit, calibré, imaginé, au mystère entretenu, dans un univers plein de charme, et que je regrette pour vous qu’il ne soit pas disponible dans le commerce.

Quoique.

Un jour, qui sait ❤

Sur ce, je souhaite un merveilleuse anniversaire à l’autrice, encore âgée de dix-sept ans aujourd’hui 😛 et un très beau réveillon à vous tous/toutes !

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Une enquête du commandant Jana Matinova : La complice du magicien

compliceThe Magician’s Accomplice. Michael Genelin (auteur). Armelle Santamans (traductrice). 2009 (VO), 2012 (VF), 474 p. Marabout. Policier. 19,90€

Un étudiant sans le sou est abattu dans un hôtel de luxe de Bastislava. Cet assassinat paraît être l’œuvre d’un professionnel. Mais qui voudrait tuer un universitaire affamé ? Quelques heures après, le commandant Jana Matinova apprend que son amant Peter, avocat général au bureau du procureur trouve la mort dans l’explosion d’une bombe. Une fois encore, le travail d’un professionnel, semble-t-il. Ces deux meurtres ont-ils un point commun ? Jana, dévastée, est déterminée à trouver le coupable. Mais avant même d’avoir pu commencer son enquête, elle est envoyée à la La Haye au siège d’Europol, la force de police internationale. Sur le vol qui la conduit aux Pays-Bas, elle fait la connaissance d’un magicien à la retraite qui se révèle être l’oncle de l’étudiant assassiné. Hasard ou étrange coïcidence ? Accompagnée du vieil homme, Jana va parcourir l’Europe à la recherche des coupables.

J’étais ravie de retrouver cette série dans mon édition des premiers tomes, en grands formats, moi qui pensais devoir switcher à la VO pour la suite.

Au final, vraiment pas sûre de poursuivre les aventures de Jana. Je me suis vraiment ennuyée.

Tout démarre bien trop vite, dans le meurtre initial, l’attentat qui coûte la vie à Peter. Et vraiment la réaction de Jana … trop de sang-froid, trop de bousculade pour presque la jeter hors du pays et se rendre aux Pays-Bas. Là, on ne se pose jamais pour découvrir l’univers puisque l’héroïne sait d’ores et déjà qu’il y a quelque chose de pourri dans ce royaume, donc j’ai douté de tout ce qu’elle apprenait.

Et c’est course-poursuite sur fuite et fusillades en séries. Wouhou que c’est fun. Ajoutez à cela ce pseudo magicien qui suit Jana partout et qui se croit drôle …

La traduction aussi m’a agacée. Pour évoquer Jana, c’est « le policier » qui est utilisé. Heu. WTF ? La policière c’était pas possible ? Pourquoi cette masculinisation ? on utilise bien l’enquêtrice juste en dessous !

Et la vision de Jana sur la mort de jeunes gens … ça l’énerve parce qu’on « détruit également les enfants qu’il aurait pu avoir, et les enfants de ces enfants ». Mouais, donc on vit pour faire des gosses, quoi, charmant.

Bref. Je me suis tellement ennuyée que je n’avais vraiment pas hâte de prendre ce livre, ou de lire en général, et j’étais à ça de voir la lecture comme une corvée … définitivement pas pour moi.

Nombre de tomes parus : 5 (série en cours).

Tome 1 : Les jeunes filles et la mort

Tome 2 : La mort est mon amie

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Stray Dog, tome 1

VanRah (autrice). 2013, 305 p. Glénat. Manga – Seinen. 9,15 €.

Ishtar. Un monde oscillant entre lumière et ténèbres où se côtoient présent et passé, patrimoine et renouveau, pierres antiques et technologies nouvelles. Un monde partagé entre une surface idéalisée et une réalité plongée dans le chaos. C’est au sein de cet univers que vont se croiser deux personnes au destin incertain et que tout oppose : Aki, une jeune fille ayant perdu le goût de sourire, et Toru, un Karat, un lycan aux yeux rouges, possédé par une malédiction funeste. Ce qui les lie ? Un contrat d’obéissance qui permet de contrôler les Karat et fait de la jeune Aki la maitresse de Toru.

J’étais tombée sur ce manga dans la boutique d’occasion de ma ville, l’an dernier (je la regrette un peu, vu toutes les jolies trouvailles que j’y ai faites !), il m’avait été très très chaudement recommandé. J’avoue que je n’avais pas trop fait attention à la couverture et que je m’étais dit que j’avais testé.

Et au final, je suis über enthousiaste. Je le suis rarement autant à première lecture, mais VanRah m’a soufflée. J’adore son dessin, le travail sur les yeux, les personnages. Savourez-moi cette couverture (un artbook colorisé à l’occasion? ❤ j’adorerais !).

L’univers n’est absolument pas en reste. Je m’attendais à des changeformes, mais ça c’était avant. La mangaka utilise des loups-garous, avec le terme de lycan que je lui préfère de beaucoup, qu’elle rapproche de démons, de malédiction, et c’est tellement bien fait !

On démarre dans une arène où de riches enfoirés font s’affronter des démons, et un responsable du BIRD (Bureau d’Investigations de Recherche et de Défense sur l’occulte et le paranormal) est enlevé pour s’occuper d’un d’entre eux. C’est violent, un peu gore (donc pas forcément à mettre entre les mains des plus jeunes !) et on découvre le héros, ce Karat, qui va intéresser et émouvoir le scientifique … (le Vatican est aussi de la partie, en mode on éradique tout ce qui bouge, ce qui n’est pas trop étonnant).

Ce scientifique décide de le sauver tout en lui demandant son aide. Je me suis très vite attachée à lui, et c’est d’autant plus difficile de le voir partir si tôt … on suit ensuite Tsubaki, sa fille restée seule, que Toru, le démon, va protéger.

Leur rencontre est très drôle, on voit par leurs yeux l’autre personnage, entre Tsubaki ses cheveux roses et son livre Twaïlight, Toru ses yeux rouges et ses drôles de bandages, ils ont des commentaires assez cassants et drôles.

L’humour est aussi un excellent point du récit. Je n’ai pas arrêté de rire, que ce soit avec le père de Tsubaki et ses collègues, ou avec Toru, même lorsqu’il est en danger, il a un côté cynique très appréciable.

Et en plus, VanRah écrit d’autres mangas dans le même univers ❤ malheureusement ils sont encore autoédités pour l’instant … Glénat, vous ne voudriez pas les reprendre aussi ? 😀

Je sens que j’oublie des tonnes de choses, mais Stray Dog est un superbe début de série, à ne pas mettre entre les mains des plus jeunes toutefois (Toru bouffe quand même son maître à la fin de sa vie …), et j’ai déjà acheté la suite !

Nombre de tomes parus : 3 (série en cours).