Lectures sur un rocher

L’amour est à la lettre A

Noi due come un romanzo. Paola Calvetti (autrice). Françoise Brun (traductrice). 2009 (VO), 2010 (VF), 470 p. 10/18 (Domaine Etranger). Contemporaine, Romance. 8,80€.

Tout quitter pour ouvrir la librairie de ses rêves, voilà le pari fou que fait Emma, une Milanaise énergique et romantique, à l’aube de ses cinquante ans. Unique en son genre, la librairie Rêves & Sortilèges, spécialisée dans les romans d’amour, devient le lieu de rendez-vous des coeurs brisés, amoureux ou solitaires passionnés. Et c’est justement entre les rayons  » Pour l’éternité  » et  » A corps libres  » qu’Emma va retrouver Federico, son flirt de jeunesse. 

Marié, il vit aujourd’hui à New York. Pourtant une correspondance secrète s’établit entre les anciens amants qui, au fil des jours, vont réapprendre à se connaître et à s’aimer. Un roman hors normes, vibrant hommage au pouvoir des mots et de la littérature.

Si l’année dernière j’ai eu beaucoup de lectures désastreuses, j’ai aussi eu des moments magiques au point qu’une fois la dernière page tournée – et je vais être honnête même pendant ma lecture – j’avais une furieuse envie de dénicher la version originale pour être encore plus portée par ces mots magnifiques dans une langue que j’aime tant, l’italien.

Le côté romance ne me disait rien du tout, au début. Et puis, vraiment, une librairie spécialisée dans les romans d’amour ? Absolument pas pour moi ! Et en fait, cet endroit, il est magique. La manière qu’a Emma de classer tout ça, ainsi que toutes ces discussions littéraires, les aménagements apportés à la librairie, les clients, les petits bonheurs du quotidien … je regrette juste de ne pas mieux connaître les auteurs et romans qui sont mentionnés. Ce contexte est merveilleux.

Je me suis aussi laissée porter par les personnages. Emma, rêveuse, mais qui parvient à vivre ses rêves. Son adorable assistante. Même son amour de lycée. Cette romance, j’en avais un peu peur. Elle est très joliment racontée, avec élégance, avec quelques flash-backs savamment dosés. Je n’ai même pas été dérangée par le fait que lui vive aux Etats-Unis avec sa famille, et que tous deux se retrouvent en France. La douceur, la force du roman, c’est que je me suis laissée porter, et charmer.

Le contexte y est pour beaucoup, je pense. On est en Italie. Ce pays, je l’aime d’amour. Ce n’est pas comme l’Irlande, mais je l’ai aussi toujours aimé, et Paola Calvetti en peint une toile merveilleuse – quand je vous dis que je regrette de l’avoir lu en français …

Mélangez donc l’Italie à la librairie, à ce personnage fou et créatif qu’est Emma, ces discussions avec son employée et ses amis sur la romance, sur le classement dans la librairie (Rêves et Sortilèges, un nom merveilleux ❤ )…j’adore.

J’avais aussi peur du format, l’épistolaire. Heureusement, l’autrice fait de ses lettres des extraits vivants et vibrants, surtout lorsque les amoureux correspondent, et a choisi de les faire coexister avec des passages narratifs, dans la librairie, au restaurant, lors des escapades amoureuses d’Emma et Federico. Et le résultat donne le meilleur des deux narrations. Il y a aussi des e-mails de Mattia, le fils d’Emma, ce qui ajoute une touche d’humour parce que l’héroïne et l’informatique n’ont pas vraiment d’atomes crochus ^^

Un petit détail : quand un paragraphe est parfois long de plusieurs pages … la lecture n’est pas vraiment aisée. Heureusement que j’apprécie le format des 10/18 même si le dos ne tient pas franchement bien – ce qui en donne un livre qui a vécu et a été savouré.

Et j’ai découvert qu’il existe une chaîne d’hôtels, appelée simplement Library Hotel : à chaque étage correspond une classification Dewey ❤ et dans chaque chambre une collection d’œuvres d’art et de livres dans cette famille documentaire ❤

Une lecture merveilleuse.

Lectures sur un rocher

Feuilles de janvier

En janvier, je finis par commander de nouveaux mangas et quelques BDs au boulot et à les lire ^^, (Non mais sérieusement l’été dernier la dernière commande est partie directement sur les étagères je ne l’ai pas encore lue ^^, c’est maaaaal).

100 raisons d’aimer l’imaginaire est une petite lecture adorable, dans laquelle je me suis souvent retrouvée. C’est dommage, je trouve ça moins fait pour mes loulous.

J’ai enfin terminé mon Art Game Book, après des mois 😛 mais au final j’ai découvert que j’appréciais avoir une lecture au long court. J’ai appris quelques choses et noté des courants, des artistes que j’aimerais découvrir plus avant 🙂 (Les jeux sont juste un peu compliqués pour les plus jeunes, je trouve, il faut rattacher des citations à celui qui l’a dit ou relier oeuvres et artistes).

Les petites cellules grises est un très joli petit recueil qui m’a frappée dès que mes yeux sont tombés dessus. Je me suis enfin décidée à le sortir de ma pyramide à lire en tout début d’année, et s’il est très esthétique, il est un tout petit peu trop concis. Je pense qu’il ne parlera qu’aux grands fans puisqu’il n’apporte aucune information sur les enquêtes dont sont issus ces beaux mots – et il y aurait eu de la place, graphiquement parlant.

Le tome 2 de la BD A cheval reste un moment fun et léger. Je ne suis pas fan des récits qui mettent en scène ces animaux, mais j’apprécie la manière dont ils sont dessinés et les blagues passent très bien.

A la base, j’ai commandé Dans la combi de Thomas Pesquet pour avoir quelque chose à montrer lors des expos de livres thématiques ^^, l’histoire de cet astronaute français, si elle est longue, est passionnante dans sa description de l’accès aux étoiles. Je reste mesurée pour certaines blagues et le dessin de Marion Montaigne que je n’apprécie toujours pas – il passe en mode documentaire mais pas esthétique à mes yeux.

J’avoue, je suis assez fière de moi : 99 proverbes à foutre à la poubelle est mon premier abandon de l’année. Je ne veux plus me forcer lorsqu’un livre ne m’emporte pas ; et là, l’humour ne me parlait pas du tout comme d’autres textes de l’auteurs que j’ai vraiment aimés. Je le reprendrai peut-être à l’occasion, mais je l’ai reposé sans regret !

The Promised Neverland et Made in Abyss sont deux titres issus du Prix Manga Sensei, catégorie shonen (même si pour le premier c’est pas adapté, à mon avis, mais bon). J’adore le côté horrifique et huis clos de TPN, mais j’ai été un peu surprise et déçue par MIA, que j’ai trouvé confus dans ses explications sur l’univers, les personnages pas attachants, et un côté un peu brouillon dans les nuances de gris appuyées du dessin (un peu comme gommées … j’ai du mal à expliquer).

Blue Giant avait effectivement beaucoup à faire pour me convaincre. Les mangas de musique ne me parlent pas (vaguement, Nana, et encore), le jazz encore moins. Je l’ai trouvé classique et sans surprise dans son intrigue (c’est peut-être le premier tome), le dessin déplaisant et plat.

Love Baka m’inquiétait un peu, j’avais peur d’une romance trop poussée, voire limite puisque l’intérêt amoureux est le patron aka dominance par le statut . Au final, la mangaka est un peu idiote, mais ça reste assez drôle et le processus de création manga est rendu de manière intéressante.

Shoot, c’est mon über coup de coeur. Vous savez, parfois, quand vous touchez juste un livre pour la première fois ou que vous le voyez sur internet et que vous sentez qu’il va changer votre vie ? Ça ne m’était plus arrivé depuis 2017, pour une lecture l’an passé, et ça s’est reproduit ici. Simple, esthétique, percutant, inspirant. ❤

Après Blue Giant en seinen pour le Prix Manga Seinen, Centaures … je n’ai pas du tout aimé le dessin et l’histoire m’a ennuyée. Il y a des centaures, le héros est capturé, les captifs sont maltraités et leurs bras sont coupés (heureusement pas devant le lecteur. Je crois que le côté un peu dark de la maltraitance même suggérée m’a tenue loin du titre) et deux parviennent à s’enfuir. Les personnages ne m’ont jamais touchée et j’avais hâte de refermer ce seinen.

J’avoue que je n’avais aucune attente pour La Princesse et la Bête. Un truc un peu nunuche, sur une histoire vue et revue, sans graphisme particulièrement surprenant. Eeet au final c’est mon coup de coeur doudou de la sélection shojo XD Je suis faible XD L’héroïne a un humour un peu sans gêne, les « monstres » ont un graphisme sympathique (qui pourrait être plus poussé !) et j’adore le design du Prince, le mystère, qui m’a un peu rappelé Cocteau. J’ai vraiment envie de lire la suite.

Ce sont mes loulous qui m’ont harcelée pour Sword Art Online. Je suis sérieuse (quoique, certains sont pires avec Boruto). Le graphisme d’Aincrad, la première série de la franchise en deux tomes, fait très brouillon et n’est pas passionnant mais l’histoire est plutôt cool, il faut que je lise le dernier (surtout que des 4ème se bidonnaient en le lisant lundi donc je me demande s’il y a pas des scènes limites XD).

J’avais Le Courrier des miracles dans ma liste d’achats l’an dernier déjà, j’étais contente de le voir dans la liste seinen du prix. Mais j’ai déjà lu des titres sur des héros qui se retrouvent entre la vie et la mort trop tôt, par accident (Yuyu Hakusho démarre ainsi) et doivent remplir différentes missions pour espérer reprendre le cours de leur existence. Si le principe du miracle à livrer en mode facteur est mignon, j’ai lu mieux. J’attends la suite (la série est finie en 3 tomes, donc je me suis dit why not, j’ai tout raflé).

En revanche, j’attendais Tinta Run au tournant. Shonen qui promettait d’être cool dans le classique nekketsu (le héros dans un domaine, que je croyais être la pâtisserie mais en fait pas du tout 😦 dommage, j’avais adoré Yakitate Japan ; décide de se dépasser, promettant de rencontrer d’autres personnages auxquels se mesurer, etc.), français en prime, avec un mangaka bien sympathique rencontré au Livre sur la place … je suis déçue. Le dessin n’est pas particulièrement remarquable, le contexte confus, je n’ai pas ri aux blagues. Mais il peut tout à fait plaire à mes loulous.

Timeless Romance était un meh à première vue, et le lire n’a pas changé mon idée. On démarre sur une héroïne qui se retrouve dans la peau d’une demoiselle d’un autre temps, qui semble avoir des réponses mais jamais le temps de les lui donner. Je poursuivrai vraiment seulement si des élèves me demandent la suite, et je ne suis pas convaincue, je me suis ennuyée, je n’avais pas vraiment envie de connaître la suite.

J’avais bonne impression qu’Issak marcherait du tonnerre avec certains gamins. Contexte de guerre, samourai qui veut venger la mort de son maître, c’est le truc de pas mal d’entre eux. Déjà quand ça démarre sur un viol, ça le fait moins avec moi (après, c’est assez bien contextualisé d’un point de vue de guerre et le héros y met un terme rapidement, la demoiselle revient par la suite et j’ai dans l’idée qu’elle peut être utile, donc ça peut passer à la rigueur). Et les récits de guerre ne me parlent pas, surtout avec un dessin froid et sec comme celui-ci.

Le secret de l’ange, c’est ma déception shojo. Je suppose que la couverture vaguement réminiscente d’art nouveau m’a induite en erreur. Le trait intérieur est bien mois agréable, les proportions pas idéales parfois et l’enquête, dont j’espérais beaucoup, ne m’a pas passionnée. (Diantre je suis dure).

… Je voulais vraiment aimer Hana No Breath. La demoiselle brune aux lunettes ne comprend pas l’intérêt de ses amies pour le yaoi, elle ne s’intéresse qu’aux garçons, comme Gwen, à gauche. Gwen en fait une fille. Les prémisses étaient simples, mais ça ne voulait pas dire que ce ne serait pas bien. Sauf que … j’ai déjà lu des mangas sur le « travestissement », un héros contraint de se faire passer pour l’autre sexe pour raison x ou y (Mint na Bokura, W Juliet) et ça va bien trop vite. Un chapitre paf on sait que Gwen est une fille. Un chapitre paf elles sont ensemble. Alors je sais c’est important d’avoir ce genre d’histoire, mais ça m’a déçue. Et je m’attendais à une vraie réflexion sur le genre, pas uniquement je récupère les fringues de seconde main de mes frères, même le côté équipe sportive fait excuse (d’autant qu’elle déménage à la fin du livre). Mais bon, il n’y a que deux tomes en tout et les dessins sont quand même jolie. N’empêche. Je suis déçue.

J’aurais aussi déjà dû acheter Les Mémoires de Vanitas, mais je l’ai zappé. Je ne regrette pas qu’il fasse partie de la sélection : le vampire est vraiment bien introduit, original, le dessin toujours aussi superbe, il y a du mystère, de l’humour, j’en redemande !

Alors Moi quand je me réincarne en slime m’a fait grincer des dents au début, rien qu’avec la couverture. Et une fois ouvert, un de mes loulous m’a dit que c’était du hentai. Et c’est la sélection shonen … je ne suis pas du tout d’accord avec ce classement, comme pour The Promised Neverland. Et quand vous voyez les réflexions sur la troisième jambe avec un dessin de banane … bon mon loulou exagérait un chouia. Le reste est plutôt intéressant, sur la réincarnation d’un type banal en slime, son évolution dans un univers de jeu, dans le style Sword Art Online (mais il a l’air d’être le seul dans son cas) ou The Rising of the Shield Hero, avec des réserves sur les personnages féminins über curvy et bien dénudés.

J’avais des appréhensions et des espoirs pour Eclat(s) d’âme, notamment parce qu’il vient chaudement recommandé par ma superconseillère Tachan et qu’il aborde l’homosexualité, le porno gay, le suicide adolescent. Le dessin m’a tout de suite inspirée. Il a un côté doux et onirique. Et le protagoniste m’a paru attachant, j’ai eu envie de le suivre, puis de suivre ces autres histoires et personnages. J’ai aussi acheté les trois derniers tomes, il faut que je les lise. Une très belle surprise.

Je m’appelle Livre et je vais vous raconter mon histoire m’inspirait énormément il y a quelques années lorsque j’en ai fait l’acquisition. Au final, il est plutôt joli relié en dur, élégant, des extraits de poésie inattendus font leur apparition et je me suis bien imaginée mettre ce récit en voix pour mes élèves. Mais franchement d’ici quelques semaines je n’aurais aucun souvenir de cette histoire, sinon de son côté beau livre et informatif, alors que j’ai une bonne mémoire de livres. Je ne le garde donc pas.

Mes dieux que ces couvertures sont kitschs XD Je ne vous l’ai pas dit, mais le solstice d’hiver (j’aime pas Noël XD) m’a laissé un Ipad Pro, Ainsley. Je l’utilise comme liseuse, et c’est un bonheur rien qu’à ce niveau : je peux lire en mangeant à la maison, avant de dormir, sur le canapé, l’emmener au boulot. J’ai aussi décidé de moins imprimer, surtout qu’Eglantine me semblait avoir un souci de traits verticaux (elle n’a qu’un an, moins, ça me stresse – au final j’ai fait un nettoyage des têtes d’impression ça a l’air d’aller), alors pour les oraux des 3ème j’ai transféré mes bibliographies agrémentées de biographies sur l’outil et c’est über pratique pour modifier directement le document d’origine. Bref, je vous ferai un article sur mon utilisation d’ici quelques mois si ça vous intéresse (ou déjà now pour mes espoirs XD et comment je gère le début, dites-le moi), mais en matière de lecture je me régale en anglais.

Après The Immortal Empire j’ai repris une série que j’aime beaucoup, Psi-Changeling, avec la relecture des tomes 1 à 4, et j’ai embrayé sur les suivants. Hostage to Pleasure (ce titre XD rien à voir en prime) met en scène Dorian que j’adore toujours plus ; Branded by Fire a un pairing très cool, Mercy changeling léopard et Riley loup, ce qui pose problème dans leur allégeance à leur meute, d’autant qu’ils sont très hauts placés dans leurs hiérarchies respectives.

Blaze of Memory est incroyablement chiant à côté : je me fichais totalement du couple, Dev fait une petite apparition dans le quatrième tome et c’est un descendant lointain de Psy, un Oublié, et la Psy du tome est mentionnée dans le cinq et je m’en fichais tellement, et on avance pas dans l’intrigue principale de Silence, je ne comprends pas.

Bonds of Justice ne se rattrape pas sur le pairing, mais je préfère Max qui vient du même tome que Dev avec un rôle plus important, et il est plus passionnant, et la demoiselle Psy est un J, Justice, avec des dons plutôt intéressants. Et surtout, surtout, on suit la relation entre Sasha et sa mère, Nikita, et c’est très touchant (je veux d’autres extraits du livre sur les empathes d’ailleurs).

Lors de ma journée Porte Ouverte, j’avais sélectionné quelques livres pour de la lecture à voix haute, au cas où, et chipé ce Blondel dans mon autre école. Je l’ai démarré pour moi et j’ai été happée par les mots, le rythme, l’âme derrière l’écriture. M. Blondel, vous m’agacez (c’est toujours pareil XD).

Play of Passion propose enfin un pairing plus sympathique avec Indigo, lieutenante de la meute de loups et Drew, traqueur de la même meute (donc on perd un peu de la problématique de Mercy et Riley), mais ils sont attachants. Drew est le bébé, quatre ans de moins que la demoiselle, qui refuse de se laisser dominer par un soldat moins bien placé sur la hiérarchie de la meute. Je les trouve attachants et je suis contente que ce pairing soit de personnages qu’on suit depuis le début – je sens que la suite va être compliquée à ce niveau.

Je viens de démarrer Kiss of Snow et je suis gênée. Bon, je savais que ça allait arriver, mais on se penche sur Hawke, l’alpha aka le chef de la meute de loups, et Sierra, une jeune Psy de désignation X – je ne sais pas ce que c’est mais 1) c’est dangereux 2) il y en a très peu et 3) elle a un pouvoir off the chart et ceux de sa désignation ne sont jamais connus pour un tel pouvoir ni pour vivre très longtemps. Alors cette demoiselle me passionne, j’ai très envie de savoir en quoi consiste son don, mais elle a tout juste dix-huit ou dix-neuf ans, et Hawke apparemment la convoite même s’il se retient depuis des années … donc j’étais franchement gênée. Mais j’étais assez contente qu’on s’intéresse aussi à son oncle Psy, Walker, et Lara, la guérisseuse qui sont choupis.

Et vous, vos lectures de janvier ?

Oh, petite nouveauté ! J’ai découvert Animoto, un site qui permet de faire des diaporama vidéos, et je m’amuse avec pour le boulot. J’ai voulu tester avec les lectures de ce mois, je vous montre ça.

Elle vous plaît ? J’hésite à en faire un élément intégral du bilan lecture mensuel !

Lectures sur un rocher

Anthologie 2nde/1ère : Textes et parcours en France et en Europe

Collectif (auteurs). 2000, 670 p. Belin. Littérature. 28,80€.

L’été dernier, j’ai eu envie de découvrir des textes plus classiques, et j’ai pensé que cette anthologie serait une bonne occasion.

En matière de découverte, on n’y est pas vraiment. Il faut dire que j’ai fait un bac littéraire, une année de fac en Lettres (où je me suis ennuyée comme un rat mort), puis des études d’anglais spécialisées en littérature et civilisation, pour travailler au final dans le monde du livre. Donc … ouais, y a quelques bases par-ci par-là qui se baladent.

Je connaissais la plupart des noms évoqués, même si je n’ai pas lu forcément les textes mentionnés. Et la manière dont les auteurs sont abordés (un petit paragraphe au-dessus du texte en question) ne donne pas spécialement envie de s’y intéresser. C’est un peu dommage, surtout que je pense que ce livre a été utilisé comme manuel scolaire. Il faut étudier la littérature et les textes pour le principe de les étudier, de dire qu’on fait de la Littérature, pas pour donner envie aux lecteur.rice.s de lire ? Ca me déprime …

Bon, tout n’est pas mauvais non plus. Esthétiquement, malgré mes récriminations sur les informations, c’est plutôt joli et aéré, des couleurs et des polices présentant bien. J’ai le petit format, ce qui est plus pratique que les grands manuels auxquels on est habitués. Le haut des pages est d’une couleur différente selon les siècles.

En matière d’information, il y a quelques encarts plutôt intéressants sur des genres littéraires. Celui sur la tragédie propose des photos d’interprétations de différentes pièces, ce que j’ai trouvé génial. Celui sur le feuilleton dans les journaux du 19ème siècle m’a plu aussi. Le décadentisme, j’avoue, je ne connaissais pas. Celui sur la littérature populaire n’est pas méprisant, et j’ai plutôt apprécié la remarque sur le roman « à l’eau de rose » (dieux que j’exècre ce terme) : « à destination des jeunes filles et des dames (et des messieurs même s’ils sont plus discrets dans leurs achats ». C’est pas mal. C’est un début.

Bon par contre celui sur la BD … « dans les grandes librairies spécialisées on ne rencontre plus qu’exceptionnellement de jeunes enfants. » J’en ris, ou j’en pleure ? Pas de mention du manga. C’est pour ça que j’exècre le terme Littérature et ceux qui s’en réclament à corps et à cri …

Et quelques remarques sur le sexisme dans la littérature valent le coup d’oeil. Pour un texte de Poullain de la Barre, De l’Egalité des deux sexes, la phrase de présentation pour ce texte n’est pas mal : « On remarquera que c’est un homme qui parle, comme s’il était encore impossible aux femmes de défendre elles-mêmes leur point de vue ».

J’ai apprécié que l’extrait des Lettres persanes de Montesquieu (que j’ai toujours apprécié, mais jamais lu en entier) qui s’intéresse aux femmes et à leur liberté, et propose dans les questions d’activité un sujet de débat : « Pensez-vous que l’égalité d’éducation assure l’égalité des sexes ? »On a ensuite un discours inachevé de Laclos sur le sujet des femmes et de leur éducation, qui m’a étonnée parce que plutôt virulent (« il n’est aucun moyen de perfectionner l’éducation des femmes » « tant que les hommes règleront votre sort »).

Même si je trouve qu’on se tire parfois une balle dans le pied : Marguerite de Navarre (wouhou, une autrice) a le mérite d’être présente … pour un texte sur une veuve qui couche avec son fils. Heum, okay.

Bon, en mode négtif, il y a aussi ce poème de Baudelaire que je déteste … pour l’avoir eu au bac de français. L’invitation au voyage. Je hais ce poème. (Pourquoi le garçon juste après moi a-t-il eu droit à 1984, hein ? T_T).

Quelques découvertes d’autrices mais c’est vraiment léger : Marina Tsvétaïéva, une poétesse (je pense, on n’a qu’un poème et pas d’évocation d’autres récits) Russe. J’ai retrouvé avec plaisir Louise Labé, d’autant que je ne connaissais pas les sonnets choisis. Sinon, Marie de France, Mme de la Fayette, Mme de Villedieu, Mme de Sévigné, Françoise de Graffigny, Mme du Deffand, Sand, Mme de Staël, Anna de Noailles, Colette, Marguerite Duras, Françoise Sagan, Marguerite Yourcenar, Danièle Sallenave, Simone de Beauvoir, Nathalie Sarraute.

On est sur des siècles de littérature et plus de 600 pages, donc j’appelle ça léger.

Et des auteurs francophones, comme Senghor, sont aussi présents, ce n’est pas uniquement la France métropolitaine et l’Europe, une diversité (légère mais) bienvenue.

En bref, pas mal d’ennui dans cette lecture, mais aussi de l’agacement.

Lectures sur un rocher

Hawkwood

Tommy Ohtsuka (auteur). Sébastien Ludmann (traducteur). 2010 (VO), 2016 (VF), 192 p. Doki Doki (Seinen). Manga – Seinen. 8,50 €.

XIVe siècle, royaume de France, province de Normandie. La petite ville de Carentan est sous la menace de l’ennemi. Devant ses murs se presse l’armée régulière anglaise, lancée à la conquête de la France. À sa tête, le prince Édouard, fils légitime du roi d’Angleterre. Pour se sortir d’une situation a priori désespérée, les assiégés font appel à la «compagnie des corbeaux blancs» de John Hawkwood, un officier audacieux dont les stratégies outrepassent les règles de la chevalerie. Le mercenaire de légende affronte le Prince Noir… quelle sera l’issue du combat ?

En temps normal, je ne me serais probablement jamais tournée vers cette lecture. Ce manga est un cadeau de mon libraire pour la dernier commande de l’année dernière, avec deux autres jolies trouvailles, mais avant de le mettre en rayon, n’en ayant jamais entendu parler, il fallait bien que je le lise … J’avais un peu peur, vu l’étiquette seinen, d’une lecture bien glauque et gore.

En fin de compte, pas du tout. On est plutôt dans un contexte historique, de guerre, certes, mais plutôt de stratégie, sur la guerre et la manière de la faire à l’époque, avec la technique des mercenaires. C’est assez complexe, mais plutôt intéressant, et j’ai été très surprise de ce traitement et du résultat.

J’ai beaucoup aimé suivre le personnage d’Hawkwood ainsi que le prince Edouard d’Angleterre (on notera que son français est parfait xD), j’ai hâte de les voir interagir à nouveau. Tout le côté stratégie peut être un peu complexe à suivre (tant au niveau de la guerre que de l’époque et des us et coutumes de la féodalité), mais c’est bien rendu et ça donne envie d’en apprendre davantage.

Le dessin est très réaliste, mais loin d’être désagréable. Je pense que dès la quatrième on peut le laisser à portée des élèves, j’en ai quelques-uns qui ont plutôt apprécié. Ce n’est pas une série que j’aurais envie d’acheter, mais je la poursuivrais quand j’achèterais la suite pour le travail.

Nombre de tomes parus : 8 (série finie).

Lectures sur un rocher

Au bonheur des titres

Thierry Paquot (auteur). 2015, 167 p. Infolio. Littérature. 12,90€.

On choisit souvent un livre à cause de son titre. Qu’il intrigue, attire, séduise ou irrite, l’essentiel est qu’il déclenche la curiosité. Les éditeurs le savent, ils s’évertuent à trouver le «bon» titre, celui dont on se souvient, qui crée la surprise, provoque une réaction.

Comment les titres prennent-ils forme, vivent-ils, vieillissent-ils? Comment un romancier ou un poète trouve-t-il le juste titre? Y a-t-il un style de titre pour le polar, le récit érotique, le roman? Comment le titre subit-il l’assaut de la critique?

Je suis tombée sur ce petit livre lors de mon premier Festival International de Géographie, lorsque je découvrais les lieux. La perspective de se pencher sur l’origine de titre, pour quelle raison celui-ci et pas un autre est choisi, est intéressante, en soi.

L’exécution m’a totalement déplu. Si on démarre effectivement par une théorie des titres, un peu ennuyeuse d’ailleurs, qu’on suit par des histoires de titres d’autres auteurs comme Azouz Begag, on en arrive à des réflexions de l’auteur sur des titres choisis par d’autres, et c’est là que les choses se gâtent.

Pour lui, j’imagine, vu que c’est tout ce qu’il propose dans ce livre, n’existent que le classique, le contemporain, le policier, la romance et une touche d’érotique. Ah, et bien sûr ses propres ouvrages. Ca m’a paru tellement vide et méprisant. Pas la moindre trace d’imaginaire, de bande dessinée, alors qu’il y aurait tant de choses à en dire également.

Pour être honnête, je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais certainement pas à ça, qui m’a bien énervée. C’est un livre qui s’est transformé en punition. Moi qui adore lire, au moment de m’y mettre, avant de dormir, je traînais la patte, parce que ce livre, c’est tout ce que je déteste. C’est le jugement perpétuel des lectures. Si tu lis, il faut lire de « bons » livres, et si tes lectures ne correspondent pas à ces critères vides et vains, tu ne lis pas vraiment et tu manques de sérieux. Je vomis ce type de remarque.

Des réflexions sur l’origine de titres qui auraient pu se révéler intéressantes si elles n’avaient pas montré une belle étroitesse d’esprit dans leur choix.

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Les Illusions de Sav-Loar

Manon Fargetton (autrice). Magali Villeneuve (illustratrice). 2016, 664 p. Bragelonne. Fantasy. 20€.

Ombre, univers peuplé de magie, et Rive, le monde tel qu’on le connaît, sont les deux reflets déformés d’une même réalité.

Dans le royaume d’Ombre, les femmes qui possèdent le don sont persécutées par le Clos, ordre religieux patriarcal qui voit en elles une menace. C’est dans la cité devenue légendaire de Sav-Loar, protégée par une série de sorts et d’illusions au coeur de la forêt des Songes, que se réfugient ces femmes depuis des décennies. Lorsqu’à l’adolescence, Bleue découvre ses puissants pouvoirs, elle s’allie à un groupe d’esclaves pourchassés par des hommes du Clos pour rejoindre la ville des magiciennes bannies. 

Au cours de ce périple dangereux, elle croisera Fèl, une beauté manipulatrice et éprise de liberté, et Til’Enarion, un redoutable membre du Clos qui traque les jeunes magiciennes pour les éliminer. Les prémices d’une guerre impitoyable se profilent entre les magiciennes et le Clos. De quel côté se rangeront Bleue, Fèl, Til’Enarion et leurs compagnons dans ce conflit ? Un mythe pourra-t-il renverser l’ordre établi ?

J’ai retrouvé avec plaisir l’univers créé par Manon Fargetton que j’avais découvert dans L’héritage des Rois-Passeurs, en ayant totalement oublié ou presque ce premier livre XD je pense que j’ai donc manqué pas mal de choses.

Mais ça ne m’a pas empêchée de beaucoup apprécier ce titre, même si j’ai eu beaucoup de mal à le lire (période de lecture difficile, chaleur de fin d’année scolaire, bref bouh). Près de deux semaines … c’est un peu honteux, j’en ai conscience.

Je ne m’attendais pas à un début aussi dur, les circonstances de la pauvre Bleue, sa solitude. Les détails fourmillent, on voit la scène se dérouler sous nos yeux. Il y a une certaine fascination dans le traumatisme et l’horreur, qui confine presque à la dark fantasy, mais heureusement on revient à de l’aventure et de la fantasy plus épique ensuite.

Les personnages, une fois encore, sont une réussite, que ce soit dans le petit groupe, le noyau, et une fois arrivé à Sav-Loar.

Déjà, j’ai adoré ce titre, et cette communauté si intéressante. Surtout qu’elle s’oppose à celle des magiciens, et que là oh tiens bizarrement les filles ont de la magie aussi … (yeah I’m looking at you Terremer ><) la rivalité est bien construite aussi. Tout comme les relations, je pense notamment à celle entre Bleue et son fils, Cendre, un gamin des plus touchants (et que je serais ravie de retrouver dans ses propres aventures) oh et le loup aussi ❤ Brume. Encore une fois, une belle poésie dans les noms.

Le concept des illusions est séducteur, et l’idée de lier la magie à la grossesse est plutôt intéressant – même si tout ce qui a trait à ce stade me met toujours mal à l’aise ^^, Mais les différents types de magie m’ont passionnée. L’image du tissage d’illusions est très belle.

Une histoire très prenante dans un univers passionnant.

Lectures sur un rocher

Animaux disparus

Lost Animals, Extinction and the Photographic Record. Errol Fuller (auteur). Anne Saint Girons (traductrice). 2013 (VO), 2014 (VF), 254 p. Delachaux et Niestlé. Beau Livre, Zoologie, Photographie. 25 €.

La photographie d’un animal disparu depuis longtemps évoque mieux le sentiment de perte que ne le ferait une peinture. Les photographies présentées ici s’échelonnent de 1870 à 2004, année de la disparition du po’ouli masqué. Elles représentent aussi bien une femelle thylacine et ses petits, que le tétras de bruyère ou la conure de Caroline. Errol Fuller raconte l’histoire de ces espèces, de leur extinction et des dernières prises de vue. 

J’ai dû tomber sur ce livre via Livraddict ou Goodreads il y a quelques années, et j’avoue qu’il m’a tout de suite fait envie. Le thème des animaux disparus me parle beaucoup ; j’avais adoré Going, Going, Gone ? et Petites et grandes histoires des animaux disparus, et l’aspect livre de photos m’intéressait beaucoup.

J’ai été déçue dès l’ouverture du livre.

Si son aspect extérieur est superbe : grand format, relié, couleurs et polices agréables, j’ai déchanté en voyant l’intérieur. Les seules couleurs sont celles des rares photographies qui ne sont pas noir et blanc ou sépia. La police est très banale et pis que tout, les paragraphes ne sont pas justifiés. Ma critique peut paraître vraiment maniaque, et c’est très probablement le cas, mais quand c’est écrit si grand, ça me donne l’impression de partir dans tous les seuls, et pour un beau livre, ça ruine un peu l’effet…

J’aurais très certainement pu le supporter, mais le contenu m’a aussi ennuyée. Quand vous voyez la couverture, quand vous lisez le titre, vous vous attendez à voir majoritairement des récits tragiques de disparition de mammifères. Même avec le titre VO, je ne m’attendais pas à lire à 95% sur des oiseaux, ce qui m’a bien ennuyée. Je n’ai pas réussi à m’intéresser au livre une fois que je m’en suis rendue compte. Ce n’est pas que je me fiche de ces pauvres oiseaux qui ont disparus, mais question diversité, ce n’est pas idéal, et je dois avouer que je déteste ces petites bêtes.

Les photographies en elles-mêmes sont effectivement le grand point du livre, et il aurait peut-être mieux valu limiter les textes, ou du moins les rendre plus attractifs, puisque tout l’aspect beau livre est un peu ruiné à mes yeux.

Je n’ai pas pu aller bien loin dans la lecture, et si je n’avais pas le livre sous les yeux je ne pourrais même pas me souvenir des quelques noms d’oiseaux que j’ai découverts. Un ennui, une déception et une promesse de beau livre absolument pas tenue.