Lectures sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Coup de gigot et autres histoires à faire peur

Lamb to the Slaughter. Roald Dahl (auteur). Quentin Blake (illustrateur). Elisabeth Gaspar, Hilda Barberis (traductrices). 1954 (VO), 2007 (VF), 123 p. Folio (Junior). Jeunesse. 3€.

Qui pourrait croire que derrière cette paisible ménagère, si tendre et si attentionnée avec son mari, se cache une terrible meurtrière ? Et cette logeuse débordante d’amabilité et de gentillesse, comment ne pas lui faire confiance ? Mais attention ! Les apparences sont parfois trompeuses…

Dans le cadre du défi britannique d’Evy, je me suis lancée dans une redécouverte de Roald Dahl au mois de septembre dernier. J’en ai profité pour découvrir deux petits ouvrages chipés au boulot, mais j’ai manqué de temps et de motivation pour me lancer dans le recueil « adulte » Kiss Kiss. Dommage, mais Coup de gigot à lui seul vaut le déplacement.

C’est amusant, il est paru dans la collection Junior de Folio, mais il a un côté délicieusement noir qui semble loin de la littérature enfantine et qui m’a passionnée – enfin surtout pour la première nouvelle. Qui a d’ailleurs été adaptée par Hitchcock. J’avoue que j’ai eu un peu pitié de cette brave Mary, l’héroïne du texte qui donne son nom au recueil, et j’ai adoré suivre son cheminement de pensée. Et quelle fin ! Délicieuse 😛 (enfin pas pour moi, je ne mange pas de viande xD) ça m’a rappelé Mise en bouche ^^,

Les autres nouvelles (Tous les chemins mènent au ciel, La logeuse, William et Mary – juste, un autre prénom d’héroïne aurait été pratique pour ne pas les confondre ^^,) gardent un humour très mordant, même si c’est surtout Coup de gigot qui a retenu mon attention -mais c’est typiquement ce qui me fait rire.

Pas pu m’empêcher de me dire que la brave Mme Foster de Tous les chemins mènent au ciel a eu bien raison, accessoirement, vu comment son mari la traite. Et cette élégance du langage aussi, dans la description de ses actions, avec ce côté délicieusement daté de la période. La logeuse, en plus d’humour noir, a pour moi une touche de fantastique et d’étrange (m’en fiche si c’est pas le cas, je la lis comme ça).

J’ai eu une petite impression de déjà vu avec le thème de William et Mary, peut-être en science-fiction, mais plutôt du côté du phénomène scientifique, pas du point de vue de l’épouse. Et que c’est efficace. Une fois encore, une impression de juste punition et de satisfaction puisqu’on estime que les choses sont rentrées dans l’ordre. Et, effectivement, d’une manière bien grinçante et satisfaisante.

Ou c’est juste moi et mon côté glauque? 😀

Une petite lecture de laquelle je n’attendais vraiment pas grand-chose, et qui s’est révélée particulièrement chouette, et satisfaisante (c’est le mot !)


Quand mes 3èmes m’ont demandé de revenir pour une nouvelle soirée lecture, j’étais un peu perdue, aucune idée de quoi leur proposer ^^, et puis je me suis dit pourquoi pas un peu de cet humour un peu grinçant !

J’ai jeté un oeil à Mieux vaut en rire, autre recueil de l’auteur, je vous en parle dans un autre billet, mais je me suis focalisée sur deux nouvelles issues de Coup de gigot, finalement : le texte éponyme, et William et Mary, sur la demande des jeunes (nan mais y a un côté un peu scientifique, un peu dégoûtant … vous êtes sûrs? okay ^^,)

La séance lecture a été un peu différente de la première fois. Comme il y a eu des changements et des ajouts dans l’internat, j’avais proposé au collègue surveillant de les emmener au CDI, ce sont des grands, ça va aller … Ca a un peu bougé, papoté, ri, mais en lien avec la lecture, donc je ne me plains pas trop.

J’ai aussi essayé d’instaurer un dialogue pendant le texte, pour ne pas les ennuyer, parce que je ne veux pas dire mais Dahl date un chouia, donc pour garder le rythme et l’humour, je les ai fait participer un peu. (J’étais un peu fatiguée, remarque, alors quand un des gamins a sorti que le M. de la première histoire trompait sa femme avec un gigot … j’ai ri.).

La deuxième nouvelle, William et Mary, a été un petit défi puisque longue et bourrée de vocabulaire scientifique et soutenu. J’ai essayé de simplifier tout ça et carrément taillé dans le vif du sujet en résumant avec des mots plus familier l’opération. Ca a aussi été l’occasion de mettre le ton, entre le côté froid et détaché de M. qui se fiche quand même un chouïa de sa femme (comme dans le premier texte), Mme qui est tout de même un peu perchée, et le scientifique entre tout ça ^^,

Au final, je crois que mes loulous ont passé un bon moment, et je me suis également bien amusée ^^ Et je crois qu’ils ont remarqué mon petit côté glauque en prime XD

Lectures sur un rocher

Feuilles de septembre

En septembre … je ne lis pratiquement pas. Bizarrement, ça ne m’inquiète pas, pas encore.

Alors il y a eu quelques BDs au boulot, relecture ou découvertes comme L’odyssée d’Astérix mais je n’ai pas noté sur Goodreads …

Harry est fou est une petite BD très charmante sur un perroquet parlant. Je suis très surprise d’avoir autant apprécié, notamment pour l’esprit de l’animal, malgré un dessin qui m’a un peu perturbée. Je ne connaissais pas la collection Mille bulles de l’Ecole des Loisirs en prime.

Après Treachery in Death j’ai voulu poursuivre l’histoire d’Eve encore un peu. Mais j’ai abandonné From New York to Dallas devant le peu de répercussions de cette enquête explosive au volume précédent (tout un service véreux, dont la Lieutenante est allée jusqu’à organiser la mort de certains officiers qui ne suivaient pas ses vues). C’est à peine abordé et on embraie sur une enquête qui me tente moins. Du coup j’ai voulu relire un peu la série à ses débuts mais j’ai perdu une bonne partie de mes livres numériques il y a quelques mois avec les soucis de MacFly donc je n’ai plus le tome 1 … Le 3 a suivi le 2.

Mes petites lectures d’hier soir. J’avais de grandes attentes pour Aromantic (Love) Story et elles ont été remplies. Le traitement du questionnement sur la sexualité de l’héroïne m’a intéressée, et j’attends de voir la suite (même s’il y a une pointe d’appréhension).

Ceci est mon sang, parce que dammit y en a marre de ce tabou idiot. Je n’en suis qu’à l’introduction mais je ne me plains pas, l’écriture me donne envie de poursuivre. J’avoue que j’en attends beaucoup aussi.

Et … c’est tout. A part quelques BDs au boulot entre midi, je ne lis que le soir avant de dormir et je m’endors sur la liseuse (c’est peut-être pour ça que je dors si mal en ce moment).

Ça commence d’ailleurs à m’attrister. J’ai essayé de lire le deuxième tome du Livre des sortilèges mais je n’ai rien compris, mes parents me ramènent le premier, espérant que j’arrive mieux à suivre ensuite.

Si en matière d’écriture, je suis un peu larguée, la lecture ce n’est pas mieux cette rentrée en fait …

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en septembre ?

Au défi de lire·Bibliothèques Lynnaennes·Lectures sur un rocher

Séries livresques

Je ne parle plus beaucoup de défis livresques sur le blog, même si certains sont toujours en cours – quoiqu’un peu en pause. L’un d’entre eux, celui d’Acr0, propose de se concentrer sur les séries livresques dans sa pyramide à lire.

Je crois avoir oublié de faire un petit billet l’an passé pour récapituler, et la page que j’avais consacré à ce sujet ne me convient plus, donc je vous propose de découvrir les différentes sagas que j’ai en ma possession.

Les séries terminées :

Les séries en cours :

Les séries à commencer :

Les séries en pause :

J’ai abandonné certaines séries en conservant les livres, mais je ne compte pas vous en parler, à moins que cela ne vous intéresse.

Des suggestions, des séries à commencer dès que possible ?

Lectures sur un rocher

Le Court des Miracles

court-des-miraclesMansour Bahrami (auteur). 2006, 213 p. Le Cherche-Midi. Autobiographie – Tennis. Disponible d’occasion.

Enfance pauvre à Téhéran, exil forcé, débuts difficiles de clandestin et, enfin, le succès sur les courts : la vie de Mansour Bahrami, le célèbre tennisman iranien, est en effet hors du commun. Rien ne destinait l’apprenti joueur qui n’avait qu’un bâton de bois pour raquette, à affronter les plus grands lors de matchs à l’ambiance survoltée? Noah, McEnroe ou Borg ont tous été conquis par le charme et la sensibilité de cette figure atypique du tennis mondial. 

En l’honneur de l’US Open dont la finale s’est tenue ce week-end (et que je n’ai pas regardée XD), je vous propose cette lecture tennis !

Il y a quelques années, je vous avais chroniqué avec plus ou moins de régularité un été à Roland-Garros. Je ne le fais plus maintenant parce que ça demande pas mal de temps et que je n’arrive plus à passer mes journées devant les matchs, même si j’aime toujours autant en savourer quelques sets.

Je vous avais parlé à cette occasion de Mansour Bahrami, un joueur Iranien de double passionnant, qui rendait le tennis tellement drôle et plaisant à voir, et dont j’ai été ravie de trouver l’autobiographie (D’ailleurs c’est très drôle parce qu’elle est dédicacée, pas à mon nom, mais presque mon prénom IRL version masculine xD).

J’ai adoré découvrir le parcours de ce joueur. J’ai été très touchée, aussi, par les difficultés que l’auteur a rencontré, trop pauvre pour avoir l’autorisation de jouer au tennis lorsqu’il était plus jeune, les problèmes financiers, les histoires de papiers …

Un élément auquel je ne m’attendais pas a été de découvrir des bribes de l’histoire iranienne. C’est d’autant plus intéressant que je venais de relire Persépolis pour le boulot, moi qui ne connais rien à l’histoire de ce pays, d’avoir des points de vue aussi différents, des perspectives aussi lointaines.

Je n’ai pas été en manque de tennis non plus, il y a un bel équilibre entre anecdotes personnelles, familiales, et jeu. Même si j’avoue que je connais très peu de joueurs d’avant les années 2000, c’est aussi une découverte que j’adore dans les livres sur le sujet.

L’écriture de Mansour Bahrami est tellement vivante. Je n’ai eu aucun mal à me représenter les lieux, les gens, les évènements (même si certains sur l’Iran de la fin des années 70 sont assez difficiles, ou son agression lorsqu’il est enfant). Et elle renvoie à quelqu’un de tellement bien, et vrai. Qui a une vision du tennis, du jeu, que j’adore : jouer pour le plaisir de jouer, de faire un beau spectacle, et tant pis pour la compétition et la victoire.

Malheureusement, ça se lit bien trop vite, comme en plus il y a plusieurs pages de photos (mais pas en couleurs, zut), les pages défilent. J’aurais volontiers poursuivi sur trois ou quatre cents pages. Le livre en lui-même est passionnant et m’a offert un merveilleux moment de lecture.

(Et oui, j’ai pleuré comme une madeleine. Mais chut.)

Lectures sur un rocher

Feuilles d’août

En août, j’ai encore des déceptions, des abandons, des désherbages … mais je fais aussi de très belles découvertes.

C’est l’été, c’est fantasy urbaine doudou et plaisir, et Sans âme était le concurrent parfait. J’ai profité des cinq tomes, ce qui m’a fait du bien après mes deux abandons d’imaginaire de juillet.

J’ai fini par laisser tomber Terremer au début du 3ème récit (Tesra m’a d’ailleurs très justement fait remarquer qu’ils auraient pu au moins mettre une table des matières avec le nom des trois récits …). J’en ai assez de ce côté sexiste de « la magie n’est faite que pour les mecs » et c’est très plat.

Retour au numérique avec une série en deux tomes que m’avait prêtée Matilda il y a pfiouh bien quatre ans. Once a Witch a une vision de la magie que j’apprécie et l’héroïne m’a beaucoup plu.

J’essaie de reprendre Kushiel. J’avais trouvé les trois tomes d’occasion, et on m’en a dit tellement bien depuis ma première tentative, mais pour l’instant je m’ennuie un peu (je n’en suis pas encore trop dans l’apologie de la prostitution, donc bon). Après quelques centaines de pages, il y a un message sur le sexe, qui pour autant qu’il se veut positif me dérange, surtout que c’est dès l’enfance. Le côté politique est aussi franchement indigeste. Je m’arrête là.

Je suis tombée sur Matin brun au boulot. Je suis fascinée. C’est percutant. Très court, et pourtant.

Treachery in Death commence de manière très dynamique puisqu’Eve confie la responsabilité d’une enquête à Delia (que j’adore). Celle-ci est ensuite le témoin piégé d’un couple de policiers trempant clairement dans des affaires louches que les deux femmes vont essayer de démêler, sachant que la tête pensante de l’opération, une future capitaine, est aussi la fille d’un haut gradé intouchable, surnommé Saint. Je n’en suis qu’au début, mais j’aime ces prémisses.

La Présidente clôt cette série d’une manière qui m’a déplu, et je ne les conserverai pas. C’est un peu exagéré dans le récit, et le dessin est toujours aussi atroce.

En revanche, Le Grand Méchant Renard, c’est une bouffée de choupitude sur un renard qui, suivant les conseils d’un loup, kidnappe des oeufs pour les élever et manger les poussins ensuite. Malheureusement, ils s’attachent à leur « maman ». C’est adorable et plus drôle que je ne le pensais.

J’avais eu un mal fou à dénicher ce premier tome des Aventures d’Aline, ma mère m’ayant offert le 2ème. Je regrette un peu ces efforts. Le dessin ne me plaît pas, le ressort fantastique est mal expliqué, le récit et l’héroïne ne font pas naturels. Raconter de l’Histoire local par ce biais ne fonctionne donc pas.

Je reprends l’histoire de Logicielle par le début avec son arrivée dans la police et sa première enquête avec Germain et je suis dépitée. C’est une catastrophe 😦 L’aspect théâtre, l’enquête, les personnages … on est coincés dans les années 70 plutôt que 90 et je n’ai aimé qu’une référence.

Des châteaux, des histoires et des hommes est aussi chouette qu’il le laisse présager. C’est beau, c’est simple, c’est plein de petites informations intéressantes, surtout qu’on ne se limite absolument pas aux châteaux français. J’espère pouvoir le trouver pour le boulot !

J’ai dévoré The Earth, My Butt and Other Big Round Things, le récit d’une adolescente ronde dans le famille qui ne l’est pas du tout et refuse de l’accepter (la demoiselle … ou la famille ?). J’ai aimé que le côté parfait de la famille soit atténué et qu’il y ait de vrais beaux messages.

En matière de lectures adultes, il y a surtout du documentaire ce mois-ci, avec un roman – dont je me serais passée, en fait.

Un peu de littérature et beaucoup d’humour pour Ecrire avec style quand on n’est pas Victor Hugo, malheureusement un extrait d’un autre livre que j’ai aussi dans mes bibliothèques ^^, Mais on aborde des figures de style, des expressions avec légèreté dans un ouvrage plutôt joli en prime.

J’ai détesté Il était une lettre. On passe de plat à malsain en quelques pages, sans parler d’ennuyeux, et l’autrice nous propose un aspect de l’Irlande (à laquelle je ne m’attendais pas) que je déteste. Oh et c’est très prévisible en prime, de la secrétaire naïve des 70s avec son mari alcoolique au jeune couple de la fin des années 30 …

En revanche, Les conflits du XXème siècle m’ont passionnée. J’ai découvert plein de choses et j’ai beaucoup aimé l’écriture soutenue de l’autrice qui m’a plongée dans ces évènements. Elle ne se limite pas un compte-rendu de ce qui s’est passé mais propose aussi des analyses, ce qui m’a beaucoup plu.

C’était mieux demain est sensé évoquer des innovations rétrofuturistes. Le principe est fun, et je trouve les pub illustrées plutôt pas mal, mais les textes qui les accompagnent me perturbent un peu.

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en août ?

Lectures sur un rocher

Feuilles de juillet

Juillet est un tout petit mois de lecture.

Lire un Jean-Loup Chiflet est toujours un plaisir. Trop court, une fois encore, des bribes d’éditions, des longueurs frustrantes mais savamment menées. Et des jeux de mots, tellement ❤

Je suis plutôt déçue par Le Palais des Mirages, que je me suis forcée à ne pas terminer. Les premières pages m’ont ennuyée, les personnages n’ont pas attiré mon attention et l’écriture ne m’a pas paru naturelle. Dommage, parce que le contexte m’avait séduite.

Je suis un peu en manque de SF. J’espérais beaucoup de La Machine à différences, surtout qu’elle démarre par une documentation sur l’uchronie avec plusieurs points qui m’ont plu (ouais en fait je devrais lire un documentaire sur la SF plutôt que la fiction vu que rien ne fonctionne en ce moment). Et le roman a démarré et j’ai été larguée et dépitée. J’envisage d’arrêter aussi avant la fin. J’en suis presque à la moitié et c’est vraiment le contexte qui sauve mon intérêt puisque les auteurs me perdent dans des verbiages qui donnent une impression de remplissage … et une fois encore, une écriture qui me dérange (trop familière au début, et après tellement soutenue que je tique sur certains termes).

J’avoue, quand je m’ennuie et qu’il fait chaud, c’est fantasy urbaine. J’ai repris la lecture de ces quatre volumes déjà lus (et dûment râlé sur la traduction avec la pauvre Zatoun XD pour le côté vulgaire et mal relu). L’univers me plaît beaucoup, dans ses personnages une fois encore très bien construits avec Nalini Singh, et un bon équilibre entre mystères personnels, enquêtes et univers. J’hésite à acquérir la série en VO hardback dans l’avenir.

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en juillet ?

Lectures sur un rocher

Le sceptre et le sang

Jean des Cars (auteur). 2015, 474 p. Perrin. Histoire. 23€.

A l’été 1914, l’Europe est très majoritairement monarchique : sur vingt-deux Etats, dix-neuf sont des royaumes, des empires, des principautés ou des grands-duchés. Aujourd’hui, ils ne sont plus que dix sur vingt-huit. Les deux guerres mondiales provoquent l’écroulement de quatre empires pour la première (Allemagne, Russie, Autriche-Hongrie, Empire ottoman) et de quatre royaumes (Italie, Yougoslavie, Roumanie, Bulgarie) pour la seconde. 

Ces souverains, qui étaient-ils ? Et les femmes qui partageaient leur existence, qui étaient-elles ? De l’ambition à l’aveuglement, du courage à la faiblesse, de la jalousie à l’abnégation, quels furent leurs triomphes et leurs échecs ? Comment vécurent-ils leur gloire, leurs épreuves et la montée des extrêmes de l’entre-deux-guerres marquée par l’avènement des totalitarismes ? Etaient-ils conscients des conséquences de leurs actes ? Ou furent-ils incapables d’arrêter l’engrenage des nationalismes ? Quelles furent leurs vies personnelles, leurs amours et leurs passions secrètes ? Circonstance exceptionnelle : ces monarques, qui vont s’unir, se combattre et parfois se trahir, sont presque tous parents, liés par le sang et leurs mariages respectifs. 

J’avais adoré la biographie de Sissi rédigée par Jean des Cars l’an dernier, j’ai dû me retenir de ne pas me lancer dans cette lecture juste après l’avoir achetée.

L’Histoire de l’Europe m’a toujours passionnée, même s’il s’avère que je ne la connais pas si bien que ça, comme je m’en suis rendue compte. Pour être honnête, je me suis rapidement perdue dans le récit, puisque s’il est chronologique, de la Première à la Seconde Guerre mondiale et ensuite (trop peu ensuite !) il passe d’une aire géographique à l’autre. De l’Europe de l’Ouest à la Scandinavie, puis les Balkans, l’Europe centrale, les pays baltes, le Sud … je ne vous dis pas la gymnastique.

Surtout que, je l’avoue, je suis nulle en géographie, alors pour se représenter correctement la situation de pays comme la Moldavie ou l’Albanie …

Ah, et rajoutez à ça que certains monarques portent le même nom comme Michel xD Je me suis beaucoup amusée à essayer de retrouver chacun de ces fils, d’autant qu’il n’y a pas de carte.

Jean des Cars dépeint à la perfection cette Europe en pleine mutation avec ses nombreux acteurs. J’adore ses descriptions toujours très vivantes qui permettent de bien se représenter chaque situation. Le cahier de photos au centre apporte une touche visuelle bienvenue, d’ailleurs (pleeein de personnages ^^,).

En parlant d’acteurs de cette fresque historique … j’ai eu beaucoup de peine pour ce fameux prince qui a été assassiné avec sa femme, François-Ferdinand, entraînant le jeu des alliances qui a démarré la guerre de 14. Ce neveu de Franz Joseph. C’est si fou et triste que l’Histoire se soucie si peu d’eux, qu’ils ne soient restés qu’un prétexte sans qu’on s’intéresse plus que ça à leur vie.

J’ai aussi aimé les interrogations de l’auteur sur ces rois, bien souvent d’origine allemande, mais qui règnent sur la Roumanie, la Grèce, etc. De quelle nationalité sont-ils ? Comment peut-on représenter un pays avec lequel on n’a pas d’attaches ? Ca me paraît toujours un peu étrange (mais je suis naïve).

L’auteur m’a donné aussi très envie de m’intéresser plus avant au roi des Belges, Albert 1er, et sa famille. L’impératrice Zita, aussi (quelle injustice de voir le Kaiser traité aussi royalement après la guerre et la famille royale autrichienne méprisée!).

Un détail qui m’a un peu ennuyée : les notes de fin d’ouvrage … j’avoue que je préfère de beaucoup lorsqu’elles sont en bas de page, ça m’évite de chercher la page correspondante. Heureusement, ce ne sont pas uniquement des références bibliographiques (parce que c’est toujours aussi frustrant de se couper dans sa lecture pour chercher le numéro à la bonne page à la fin du livre et ne voir qu’un auteur et un titre, ou pire, Ibid !), mais parfois des explications, des détails.

Encore une fois, une belle réussite de Jean des Cars, une histoire de l’Europe des monarchies au XXème dans laquelle je me suis perdue avec plaisir.