Lectures sur un rocher

Feuilles de juillet

Juillet est un tout petit mois de lecture.

Lire un Jean-Loup Chiflet est toujours un plaisir. Trop court, une fois encore, des bribes d’éditions, des longueurs frustrantes mais savamment menées. Et des jeux de mots, tellement ❤

Je suis plutôt déçue par Le Palais des Mirages, que je me suis forcée à ne pas terminer. Les premières pages m’ont ennuyée, les personnages n’ont pas attiré mon attention et l’écriture ne m’a pas paru naturelle. Dommage, parce que le contexte m’avait séduite.

Je suis un peu en manque de SF. J’espérais beaucoup de La Machine à différences, surtout qu’elle démarre par une documentation sur l’uchronie avec plusieurs points qui m’ont plu (ouais en fait je devrais lire un documentaire sur la SF plutôt que la fiction vu que rien ne fonctionne en ce moment). Et le roman a démarré et j’ai été larguée et dépitée. J’envisage d’arrêter aussi avant la fin. J’en suis presque à la moitié et c’est vraiment le contexte qui sauve mon intérêt puisque les auteurs me perdent dans des verbiages qui donnent une impression de remplissage … et une fois encore, une écriture qui me dérange (trop familière au début, et après tellement soutenue que je tique sur certains termes).

J’avoue, quand je m’ennuie et qu’il fait chaud, c’est fantasy urbaine. J’ai repris la lecture de ces quatre volumes déjà lus (et dûment râlé sur la traduction avec la pauvre Zatoun XD pour le côté vulgaire et mal relu). L’univers me plaît beaucoup, dans ses personnages une fois encore très bien construits avec Nalini Singh, et un bon équilibre entre mystères personnels, enquêtes et univers. J’hésite à acquérir la série en VO hardback dans l’avenir.

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en juillet ?

Lectures sur un rocher

Le sceptre et le sang

Jean des Cars (auteur). 2015, 474 p. Perrin. Histoire. 23€.

A l’été 1914, l’Europe est très majoritairement monarchique : sur vingt-deux Etats, dix-neuf sont des royaumes, des empires, des principautés ou des grands-duchés. Aujourd’hui, ils ne sont plus que dix sur vingt-huit. Les deux guerres mondiales provoquent l’écroulement de quatre empires pour la première (Allemagne, Russie, Autriche-Hongrie, Empire ottoman) et de quatre royaumes (Italie, Yougoslavie, Roumanie, Bulgarie) pour la seconde. 

Ces souverains, qui étaient-ils ? Et les femmes qui partageaient leur existence, qui étaient-elles ? De l’ambition à l’aveuglement, du courage à la faiblesse, de la jalousie à l’abnégation, quels furent leurs triomphes et leurs échecs ? Comment vécurent-ils leur gloire, leurs épreuves et la montée des extrêmes de l’entre-deux-guerres marquée par l’avènement des totalitarismes ? Etaient-ils conscients des conséquences de leurs actes ? Ou furent-ils incapables d’arrêter l’engrenage des nationalismes ? Quelles furent leurs vies personnelles, leurs amours et leurs passions secrètes ? Circonstance exceptionnelle : ces monarques, qui vont s’unir, se combattre et parfois se trahir, sont presque tous parents, liés par le sang et leurs mariages respectifs. 

J’avais adoré la biographie de Sissi rédigée par Jean des Cars l’an dernier, j’ai dû me retenir de ne pas me lancer dans cette lecture juste après l’avoir achetée.

L’Histoire de l’Europe m’a toujours passionnée, même s’il s’avère que je ne la connais pas si bien que ça, comme je m’en suis rendue compte. Pour être honnête, je me suis rapidement perdue dans le récit, puisque s’il est chronologique, de la Première à la Seconde Guerre mondiale et ensuite (trop peu ensuite !) il passe d’une aire géographique à l’autre. De l’Europe de l’Ouest à la Scandinavie, puis les Balkans, l’Europe centrale, les pays baltes, le Sud … je ne vous dis pas la gymnastique.

Surtout que, je l’avoue, je suis nulle en géographie, alors pour se représenter correctement la situation de pays comme la Moldavie ou l’Albanie …

Ah, et rajoutez à ça que certains monarques portent le même nom comme Michel xD Je me suis beaucoup amusée à essayer de retrouver chacun de ces fils, d’autant qu’il n’y a pas de carte.

Jean des Cars dépeint à la perfection cette Europe en pleine mutation avec ses nombreux acteurs. J’adore ses descriptions toujours très vivantes qui permettent de bien se représenter chaque situation. Le cahier de photos au centre apporte une touche visuelle bienvenue, d’ailleurs (pleeein de personnages ^^,).

En parlant d’acteurs de cette fresque historique … j’ai eu beaucoup de peine pour ce fameux prince qui a été assassiné avec sa femme, François-Ferdinand, entraînant le jeu des alliances qui a démarré la guerre de 14. Ce neveu de Franz Joseph. C’est si fou et triste que l’Histoire se soucie si peu d’eux, qu’ils ne soient restés qu’un prétexte sans qu’on s’intéresse plus que ça à leur vie.

J’ai aussi aimé les interrogations de l’auteur sur ces rois, bien souvent d’origine allemande, mais qui règnent sur la Roumanie, la Grèce, etc. De quelle nationalité sont-ils ? Comment peut-on représenter un pays avec lequel on n’a pas d’attaches ? Ca me paraît toujours un peu étrange (mais je suis naïve).

L’auteur m’a donné aussi très envie de m’intéresser plus avant au roi des Belges, Albert 1er, et sa famille. L’impératrice Zita, aussi (quelle injustice de voir le Kaiser traité aussi royalement après la guerre et la famille royale autrichienne méprisée!).

Un détail qui m’a un peu ennuyée : les notes de fin d’ouvrage … j’avoue que je préfère de beaucoup lorsqu’elles sont en bas de page, ça m’évite de chercher la page correspondante. Heureusement, ce ne sont pas uniquement des références bibliographiques (parce que c’est toujours aussi frustrant de se couper dans sa lecture pour chercher le numéro à la bonne page à la fin du livre et ne voir qu’un auteur et un titre, ou pire, Ibid !), mais parfois des explications, des détails.

Encore une fois, une belle réussite de Jean des Cars, une histoire de l’Europe des monarchies au XXème dans laquelle je me suis perdue avec plaisir.

Lectures sur un rocher

Quatre soeurs, tome 4 : Geneviève

Malika Ferdjoukh (autrice). 2003, 216 p. L’École des Loisirs (Médium). Jeunesse. 8€.

L’été a presque vidé la Vill’Hervé. Hortense et Enid sont à Paris dans le moins de deux pièces de leur tante Jupitère et de leurs cousins Désirée et Harry. Bettina est partie camper à la campagne avec les DBB, chez une cousine Bethsabée inventée pour la circonstance. Charlie est là, mais ailleurs. Dans l’inquiétude du lendemain, sans doute. Dans la nostalgie de l’hiver avec Basile, peut-être aussi. Geneviève, elle, vend des glaces à la place en regardant passer les bateaux, les pédalos, les cumulos (nimbus) et surtout le mystérieux Vigo qui a commencé par se renverser en vélo devant elle et qui la renverse à son tour …

Je n’avais vraiment, vraiment pas envie d’en finir avec les soeurs. Ce tome n’est pas long, mais j’ai eu l’impression qu’on passait si peu de temps à la Vill’Hervé puisqu’on les suit soit à Paris soit à la campagne … Si j’ai beaucoup aimé la tante Jupitère (rien que son nom), ses enfants m’avaient déjà un peu ennuyée dans le tome précédent, je n’ai pas été ravie de les revoir ici.

L’écriture est toujours aussi douce, nostalgique, et je me suis laissée porter par les évènements, en attendant de retrouver chacun des personnages à la suite. Mais … j’ai eu des regrets pour chacun d’entre eux, ou presque. Hortense et ce garçon qui lui ment (pour se faire bien voir, mais quand même) et boit avant de conduire. Charlie que j’espérais voir reconsidérer les choses avec son scientifique retourné à Paris. Et je ne me rappelle même pas ce qui arrive à Bettina, je crois que ça implique des canards.

Mais bon, je me demande si peu importe la fin choisie par l’auteur, j’aurais été déçue de toute manière. Parce que je ne voulais pas dire au revoir aux quatre sœurs. La langue de l’autrice est toujours aussi agréable et poétique. Je pense que j’oublierai bien vite ce tome pour ne plus que me rappeler la douceur et la nostalgie du récit et de ces personnages si bien construits.

Nombre de tomes parus : 4 (série finie).

Enid HortenseBettina

Lectures sur un rocher

Silex and the city, tome 2 : Réduction du Temps de Trouvaille

Jul (auteur). 2009, 48 p. Dargaud. BD – Humour. 13,99€.

Après l’échec de sa campagne « Evoluer plus pour gagner plus », Blog Dotcom décide d’entrer dans le privé : Il va découvrir que la vraie sélection naturelle, c’est la vie de bureau ! Des matchs PSG/OM (Primate Saint-Germain/Olympic Mammouth) aux soirées de Darwin Guetta, en passant par les cours de Préhistoire-Géo, replongez dans l’univers de la famille Dotcom où toute l’actualité contemporaine défile en peaux de bêtes, pour une parodie au vitriol de notre société.

Ayant besoin d’une lecture légère, simple et plaisante, je poursuis cette petite série très sympathique, et le rire est toujours au rendez-vous.

En plus des références politiques et d’éducation (qui sont un peu moindres ici), les blagues sont très axées cultures, littéraires et sportives, à mon plus grand plaisir. Je suis toujours aussi contente des jeux de mots politiques, mais j’avais peur qu’il y ait des répétitions, que la corde soit usée et qu’on perde non seulement la nouveauté, mais aussi la saveur de l’humour. Ça n’a pas été le cas.

Il y a aussi moins de blagues sur l’enseignement parce que Blog part dans le privé ici, pour travailler dans un secteur publicitaire de Crao de la Pétaudière, le patron d’EDF (Énergie du Feu) et cherche un slogan pour trois groupes religieux monothéiste, un message et visuel pour un Messie .. et je suis enthousiaste, le Christosaure aurait dû être plus apprécié, diantre !

On assiste à une rencontre foot plutôt fun, même si la soirée Darwin Guetta m’enthousiasme moins, la famille de Rahan, le copain de Web, est tout aussi déjantée. J’ai beaucoup aimé la conception de la BD du jeune homme, et l’avenir de cet art selon Werther, le fameux « chaînon manquant ».

J’ai particulièrement aimé le gag récurrent de la raison de disparition des dinosaures. Les pauvres, leurs oreilles ont bien sifflé ! Les références religieuses, aussi, sont très bien passées, entre Darwinisme et le créationnisme (mais je peux comprendre qu’elles dérangent certains lecteurs …), j’espère que la BD continue sur cette voie. Je m’amuse toujours autant.

Nombre de tomes parus : 5 (série en cours).

Silex and the city / Le néolithique, c’est pas automatique 

Autorisation de découverte / Vigiprimate / Merci pour ce mammouth / Poulpe Fiction

Lectures sur un rocher

Feuilles de juin

En juin, j’ai l’impression de laisser la lecture de côté, mais pas au profit de mon sommeil ou de l’écriture … heureusement que les vacances approchent.

En cherchant des lectures pour l’internat, j’ai repensé à ce recueil de nouvelles. Je l’ai donc racheté d’occasion, et bien m’en a pris, les demoiselles ont vraiment apprécié la nouvelle de Westerfeld (forcément namého ❤ ) et celle de Gabrielle Zevin (je crois, la dernière). Je vous rajouterai une petite bafouille sur l’article publié pour vous raconter la soirée, qui a été bien fun.

Prudence s’est terminée avec l’élégance attendue. Encore un merveilleux moment de lecture dans l’univers de Gail Carriger.

Terremer c’est une autre histoire. Si l’univers a de l’intérêt, il n’est pas exempt de sexisme dans le premier texte, ce qui me peine, et si c’est choupi, diantre que c’est plat. Je suis coincée dans le troisième récit tellement je m’enquiquine et j’ai l’impression qu’il me manque des choses entre les textes.

Lady Mechanika m’avait tapé dans l’oeil pour son esthétique steampunk. Je ne suis pas déçue de ce côté, et l’héroïne est très humaine et touchante, l’intrigue policière me plaît (même si c’est assez typique, perte de mémoire, recherche de semblables). J’ai juste eu du mal à me refaire aux textes très consistants des comics.

Le troisième tome d’Harley Quinn rattrape le deuxième, je trouve. Batman entre en scène d’une manière très drôle, Harley retrouve son mordant, même si j’apprécie toujours aussi peu les incursions d’autres dessinateurs (même si ceux du premier m’avaient beaucoup plu). J’hésite à poursuivre la série.

J’ai chipé 50 nuances de Grecs au boulot, pour la pause déjeuner. J’ai retrouvé avec plaisir l’humour satirique de Silex and the City, mais je suis un peu déçue, c’est bien trop court. Mais j’ai ri … j’ai ri ..

Je ne lis plus les Lucky Luke que d’un oeil distrait depuis quelques années, lorsque je n’ai rien à me mettre sous la dent au boulot ou que je fais l’inventaire ^^, Pour le coup, je suis agréablement surprise. Les clins d’oeils sont nombreux, les blagues plaisantes, le choix de personnages Juifs est inattendu et bien mené.

Bon en fait Kiss Kiss je l’ai lu en français et je ne suis pas convaincue. Il se répète trop par rapport à Mieux vaut en rire et Coup de gigot (oui je sais je n’aurais pas dû les lire à la suite mais c’était pour une lecture au boulot) et les histoires m’ont un peu déçue.

J’avais une envie de littérature et de découvrir Jean d’Ormesson. Je reste sur ma faim, je me suis ennuyée avant la page cinquante et pas envie de m’accrocher. Je m’attendais à plus drôle, plus original.

Mathéo et la tolle Mädchen est une petite lecture en allemand. Si j’ai apprécié le contexte de science-fiction (des Français qui déménagent en Allemagne parce que le climat est devenu trop dangereux, tempêtes etc., des avancées technologiques) il est mince au final et n’est qu’une romance et un récit d’adaptation dans un nouveau pays, ce qui m’a ennuyée.

Transsexuelle et convertie à l’islam me laisse un peu mitigée. Le témoignage est important, mais je ne sais pas, il m’a manqué quelque chose pour être vraiment touchée, même si l’enfance de la narratrice est difficile et triste. Peut-être pas assez de détails à l’âge adulte sur les démarches administratives ? Je m’attendais aussi à une plongée plus importante dans l’aspect religieux, ce qui n’est pas le cas. Je ne sais pas trop, mais je ne regrette pas du tout d’avoir découvert ce livre.

Homme – femme : de quel sexe êtes-vous ? ne me dit rien qui vaille. C’est un essai universitaire, donc je lis genre trois phrases avant de m’endormir, ce qui en ce moment est bien compliqué, merci la chaleur ambiante. Et en prime je ne retiens rien. Je ne pense pas que pour découvrir un ouvrage sur le genre, un recueil d’essais soit vraiment adapté. (C’est local, mais bon).

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en juin ?

Lectures sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Nouvelles de notre planète

Christian Grenier, Pierre Bordage, Florence Thinard, Christophe Lambert, Christophe Léon (auteurs). 1999, 156 p. Hatier (Classiques & Cie Collège). Nouvelles, Science-fiction.

Cinq nouvelles très contemporaines, angoissantes ou drôles, qui nous confrontent aux grands défis environnementaux de notre époque : la pollution, les risques de l’énergie nucléaire, la réduction de la biodiversité, le dérèglement climatique …  

Pour ma deuxième lecture à l’internat, je voulais des récits courts en science-fiction, qui risquaient de plaire à mes collégiens, de la 5ème à la 4ème. Couper La fille de 3ème B a été à la fois long, enquiquinant et en prime un crève-coeur parce que j’adore cette histoire … un recueil de nouvelles en SF n’a pas été facile à trouver, du moins sur les étagères de mes deux CDIs. Quelque chose de court, jeunesse, et facile à comprendre, puisque déjà je ne suis pas une grande lectrice de nouvelles, et les recueils que je peux connaître sont plus destinés à un public habitué au genre …

Au final, je suis bien contente d’être tombée sur ce recueil. Si la première histoire ne m’a pas plu (plutôt que des personnages, on suit sur plusieurs chapitres différents éléments sur le plastique, sa conception, son lâcher dans la nature, etc.), les suivantes, entre action, humour et superbe écriture (toute manière je suis amoureuse de Christian Grenier épicétou ❤ ) m’ont donné pas mal de matière.

J’ai un peu adapté la langue, comme la première fois, enfin les temps, temps du présent pour être plus dans l’action et plus près des élèves. Même si pour l’une des nouvelles, la langue était justement un peu compliquée … on y revient.

Accessoirement, ce qui m’a fait un peu bizarre, c’est que j’ai eu deux séances lectures sur ce recueil, puisqu’il y a plus de gamins dans cet internat que celui des filles. J’ai du mal à me répéter, j’essaie de faire toujours à l’identique (en cours aussi en fait ^^, ce n’est pas plus mal si en général on a une classe par niveau ^^,). Surtout qu’en fait, quand mes 3èmes pro m’ont réclamée, je ne savais pas trop quoi leur lire alors je leur ai proposé ça, et ils étaient plutôt enthousiastes, donc on y retourne pour la 3ème fois, heureusement que j’ai apprécié la plupart des histoires !

Noir destin pour plastique blanc (Florence Thinard) est la nouvelle qui m’a le moins plu. Honnêtement, j’ai failli lâcher le livre avant d’avoir fini tellement j’étais persuadée que rien ne correspondrait à ce que je cherchais. Si j’ai apprécié la discussion de l’adolescent avec ses parents sur la consommation, notamment l’opposition avec le père qui travaille à l’usine de plastique, et qu’il y a ce dialogue entre les ados sur les emballages de chips, les autres extraits ne m’ont pas intéressée et ils sont trop court, formant un tout assez maladroit. Au moins maintenant je sais que Thierry Magnier a édité un recueil de nouvelles SF (Nouvelles vertes) dans lequel je pourrai aller piocher. Je n’ai d’ailleurs pas lu cette nouvelle, pas assez linéaire donc et ne pouvant même pas m’appuyer sur les personnages, je pense que j’aurais perdu mes gamins à coup sûr.

Césium 137 de Pierre Bordage a plus d’action et passe mieux en voix, notamment avec les personnages et les péripéties qu’ils rencontrent (mon hurlement à la vue de l’énorme rat a remporté pas mal de succès). C’est un peu long, je trouve, et un peu cliché par moment quand même (Andra qui a un faible pour Puc est bien appuyé, et le fait de vouloir plus de doigts pour y mettre du vernis … j’ai été à la limite de couper cette réplique plutôt cruche). Mais les révélations finales ont impressionné mes gamins et les ont fait réfléchir, ce qui n’est déjà pas si mal.

Homo jardinus (Christophe Lambert) est la nouvelle qui m’a décidée à me lancer. Elle est pleine d’humour, avec un colonel anglais, des mots VO, de la pelouse et des nains qui disparaissent ….  elle est courte, aussi, ce qui aide. Bon, il y avait un peu beaucoup de références anglo-saxonnes qui manquaient à mon auditoire et donc quelques blagues perdues, mais le dénouement contrebalance ça sans peine. Il est triste, choquant (plus de plantes 😥 ), inattendu, et ce qui arrive à la pelouse puis au colonel apporte une touche d’humour malgré les circonstances.

Je suis la vigie et je crie : je suis amoureuse de ce texte ❤ Forcément, c’est du Christian Grenier. J’ai dû bien changer les temps, apporter quelques explications et rappels au fil du texte parce qu’il est assez complexe. Mais il en vaut tellement le coup ! On a envoyé quelqu’un dans le futur, et il a choisi de s’intéresser à un observatoire nouvellement détruit. Il en a ramené une espèce de boîte noire avec le témoignage de la vigie, le responsable du phare, qui relate ce qu’il est advenu de la planète. C’est beau, c’est fort, c’est émouvant, mais c’est compliqué puisque c’est enchâssé dans une autre situation – hell, même moi j’ai dû relire pour tout comprendre, y compris le fait que contrairement à ce que disent les politiques c’est bien le futur qui les attends, dans ses catastrophes climatiques. Et cette métaphore du fil d’Ariane ❤ quand un de mes gamins l’a repérée j’étais teeeeellement happy ❤ Mais, oui, texte assez compliqué, mais des mots tellement beaux ❤

Pour mes 3èmes, comme on a pris du temps pour expliquer certaines choses dans les différents textes, on s’est arrêté à cette nouvelle. Ce qui n’est pas plus mal puisque je me suis rendue compte que la dernière était compliquée aussi.

Ella de Christophe Léon m’a beaucoup plu lorsque je l’ai découverte. Ella est une jeune fille un peu étrange qui vit en cité et propose de démarrer un potager dans une cité et démarre une petite utopie. Les petits ont plutôt accroché à l’idée, mais je crois que les mots les ont perdus. C’est du langage un peu familier, un peu cité, qui cohabite avec des sons comme Ella elle a … heu ouais ils n’auront pas la référence hein ^^, et la répétition du prénom donne une structure un peu lourde aussi à l’oral. Le langage familier de l’auteur n’est pas vraiment celui de mes gamins, et s’ils sont restés très calmes (dernière nouvelle, un peu de fatigue je pense) je crois qu’ils n’ont pas tout compris … Et je me voyais mal couper dans le texte, qui a une structure, un rythme très musical, ou changer le langage qui se tient on its own … j’hésite à reprendre cette nouvelle pour une nouvelle occasion. Même si j’avoue que certaines expressions comme « chiche pois chiche », j’ai trouvé ça vraiment fun.

Je n’ai pas prêté attention aux dossiers, je le ferai davantage lorsque je commanderai le recueil pour le boulot.

L’un dans l’autre, la lecture a été intéressante et m’a beaucoup plu pour ma part. Elle a rencontré un certain succès avec les élèves et pourrait vraiment donner lieu à des discussions intéressantes, à part le premier texte qui ne me convainc pas du tout (sauf éventuellement la petite partie sur le sac plastique jeté sur la plage comme il met en scène des ados, en plus de la discussion familiale).

Si vous recherchez de la SF à thématique écologique, des textes assez courts (pour l’étude en classe aussi) je pense que ça peut fonctionner.

Lectures sur un rocher

In Death, tome 14 : Seduction in Death

Fascination du crime (VF). Nora Roberts alias J.D. Robb (autrice). Vivid, Photonica (illustration). 200, 162 p. Piatkus. Science-fiction – Policier. 5,97 €.

Une jeune femme est retrouvée morte, poussée de son balcon. Mais Eve découvre que ce n’est pas sa chute qui l’a tuée, et tout porte à croire que c’est le jeune homme qu’elle a entraîné chez elle, et qui ne s’arrêtera probablement pas là.

Seduction in Death faisait partie des volumes papiers de la série que j’avais achetés en Irlande il y a quelques années, c’est donc une relecture. L’élément de surprise n’était ainsi pas présent, je connaissais le criminel, et ses raisons d’agir. Mais j’ai été contente de le retrouver dans l’ordre de lecture initial -on manque surtout le développement de personnages, en sautant des volumes.

J’ai été ravie de retrouver le personnage de Louise, cette femme médecin aisée qui travaille dans une clinique pour les gens moins fortunés. Pareil pour Summerset, le majordome, et Charles, le compagnon licencié ami de Peabody (que je préfère tout de même à McNab).

L’humour est toujours présent, notamment avec quelques piques sur le fait qu’Eve peut dénicher un meurtre dans une partie dans la ville qui n’appartient pas à Roarke (il faut avouer que c’est le cas les 3/4 du temps ; j’ai été très surprise que ça ne soit pas le cas cette fois-ci encore !).

Je peux me tromper, mais j’ai l’impression qu’on est face à un cas un peu particulier dans ses enquêtes : le narrateur suit rapidement – juste après les cinquante premières pages – le meurtrier, en nous donnant son nom, décrivant ses activités, etc. Ça change, ça introduit un facteur de nouveauté, on apprend ses raisons plus tôt, mais vraiment, ce choix retire une bonne partie du plaisir. J’adore essayer de deviner qui est le criminel en faisant fonctionner mes petites cellules grises, et là on retire cette petite joie très tôt…

Et à part ça, j’avais juste envie de défenestrer littéralement ce petit enfoiré. Bien sûr, il mérite de sortir avec cette jeune femme fascinante (et ce n’est pas tout ce qu’il mérite, hein, bien sûr) et avec son abruti de copain ils comptent les points … Des baffes !

C’est en partie pour ça que ce volume est loin d’être mon préféré. Il n’y a pas d’enquête à mon goût puisque je sais déjà pourquoi il a fait ça. Je n’ai pas trop envie de suivre l’enquête puisqu’en plus c’est une relecture. A part la rencontre entre Charles et Louise il n’y a pas de grand développement fondamental, et les thèmes (drogue qui affecte les inhibitions, si je me rappelle bien) ne me passionnent pas. C’est un tome qui se laisse lire (en énervant un peu), sans plus.

Nombre de tomes parus (série en cours) : 47.

Naked in Death / Glory in Death / Immortal in Death / Rapture in Death.

Ceremony in Death / Vengeance in Death / Holiday in Death / Conspiracy in Death

Loyalty in Death / Witness in Death / Judgment in Death / Betrayal in Death

Interlude in Death