Lectures sur un rocher

Romeo@Juliette

romeojulietteManu Causse (auteur). 2016, 94 p. Talents Hauts (Dual). Jeunesse. 8€.

Lorsque le prof d’anglais lance l’idée d’une correspondance avec des élèves britanniques, Juliette n’est pas enthousiaste. Pire, son pen-pal est un garçon qui aime le foot et le théâtre. Pourtant, leurs échanges d’e-mails se font de plus en plus amicaux et leurs sentiments évoluent.

Je vous ai déjà parlé des récits en langue anglaise du boulot. Parmi ceux qui ont été commandés, une partie l’a été en VO intégralement (Blitz Britain par exemple), d’autres jouent avec un côté bilingue. Comme celui-ci.

Le principe de la collection Dual de cette maison d’édition, c’est de proposer une partie du texte en français, et l’autre en anglais. C’est intelligemment fait dans ce roman, puisque l’héroïne est française et entame une correspondance avec un jeune Anglais. Ce n’est pas artificiel, ce que j’apprécie vraiment, même si je ne suis pas fan de l’épistolaire ça passe très bien ici.

L’autre élément principal du roman, qui me laisse mitigée, c’est l’adaptation de Roméo et Juliette à la sauce moderne, un peu loupée à mon sens puisque pas d’animosité de la part des parents (enfin après un évènement, mais pas dès le début). J’ai vraiment aimé le côté mise en abîme puisque Mark joue le rôle de Romeo dans sa pièce de théâtre, mais le fait de vouloir trop rapprocher ces personnages notamment avec leur tentative de suicide … c’était par trop démesuré et on aurait pu en rester à leur histoire d’amour simple et quelques clins d’oeil.

L’anglais n’est pas difficile à comprendre et il arrive par petites touches, c’est plutôt agréable. Franchement, je pense que je testerai à nouveau cette collection, notamment en allemand où ils ont un récit sur un vampire ❤

Lectures sur un rocher

Feuilles de mai

En mai, j’essaie de me faire une raison. Je ne goberai plus un pavé aussi facilement qu’avant, mais ça ne m’empêchera pas de fair de merveilleuses découvertes. Ou de me casser les dents sur d’autres lectures.

Le Bibliomancien, c’est tout ce que j’aime. Un bibliothécaire bourré de références littéraires et geek use de magie pour sortir des objets de livres, ou lorsqu’il les scanne et les catalogue. CATALOGAGE ❤ pardon XD j’ai été bib avant d’être doc’ et damn j’adore toujours autant cet aspect technique XD C’est fluide, c’est fun, c’est prenant, et superbement traduit – à tel point qu’on en oublie que c’est pas de la VF ! – par Lionel Davoust ❤

Sabbat Samba termine les aventures de Roberta Morgenstern avec panache. Malgré un largage attendu parce que tome 2 lu il y a 5 ans, je me suis laissée emportée par ce petit bout de sorcière pas comme les autres, malgré un bébé sur les talons. Plein de vie et d’humour dans un univers bien complexe – si ça vous tente, lancez-vous avec la superbe intégrale Brage ! C’est mieux de tout lire à la suite en plus 😉

L’emprise du Lwa : en plus de n’avoir rien compris à l’histoire, je n’ai pas du tout adhéré à la langue, et je pense qu’il y a des soucis de correction. Carrément un mot barré sans rapport avec le texte, problème de temps, et absolument pas l’ambiance vaudou qu’il laisse sous-entendre. Ma première déception du Petit Caveau et de cette ambiance justement.

Prudence, le premier tome du Custard Protocol, est du Gail Carriger. Aka c’est frais, déjanté, policé et passionnant. J’ai juste l’impression d’avoir loupé quelque chose entre la fin de Sans âme (la série, pas le tome ^^,) et celui-ci, mais c’est d’autant plus enlevé. Je m’endors dessus, mais pas par manque d’intérêt, au contraire, je savoure les quelques minutes que je peux passer dessus le soir.

Mars est une relecture. Un beau shojo sur deux adolescents assez opposés, jeune homme ouvert et frondeur passionné de moto, et demoiselle timide artiste. Ca pourrait sembler cliché, mais c’est juste et touchant. Il m’a peut-être manqué quelque chose à la toute fin, un énième rebondissement, pour vraiment adorer.

Les pompiers 16 -17 reste plutôt sympathique, sans plus.

Re:Teen … mon agacement manga du mois. Suggéré par une collègue, j’en attendais un aspect SF (un dôme s’installe mystérieusement autour d’une ville, et douze ans après, un des enfants de ladite ville faisant partie de l’armée parvient à y entrer mais ce faisant retourne justement à l’époque de l’apparition dudit dôme. Pourquoi, quoi qu’est ce dôme, etc. autant de questions demeurées sans réponses puisqu’on se focalise sur la sexualisation d’une gamine de douze ans. C’est une chose quand le héros en a douze aussi. C’en est une autre lorsqu’il en a vingt quatre dans son corps de douze ans et qu’on insiste de manière répétée sur le mariage arrangé de mademoiselle et leurs sentiments réciproques … ça m’a vraiment gênée. Je n’en ferai pas la promotion au boulot.

Les apprentissages de Colette est d’un ennui … Colette m’a déjà agacée avec Le blé en herbe (lecture d’IUT au secours) et Claudine (juste, non). Et ce n’est pas avec cette histoire ennuyeuse que j’ai envie de poursuivre ma découverte. Le dessin est beau mais il n’a pas relevé un texte tout aussi plat que Jeune fille en Dior. Donc je pense ne plus poursuivre ma découverte d’Annie Goetzinger non plus.

Triple galop : je ne m’y attendais pas mais c’est plutôt fun et léger, même si je n’aime pas les chevaux et les récits attachés. Un peu sexiste parfois, en revanche.

Savoir s’organiser m’a beaucoup tentée lorsque je l’ai feuilleté au relais presse de la gare – je l’ai commencé immédiatement, pour dire. Alors autant il a de bons conseils à diffuser, autant diantre ce qu’il est sexiste ! Et il donne l’impression d’être à destination des mères de famille, les hommes sont là pour dire qu’ils ne savent pas s’organiser et la belle-mère est chiante. On n’est plus dans le cliché c’est limite agressif.

Coup de gigot est une relecture pour soirée à l’internat. Je m’éclate toujours autant et j’ai hâte de leur lire la nouvelle éponyme XD

Mieux vaut en rire est exactement du même acabit que le précédent, même si les nouvelles me semblent plus compliquées, notamment pour mes loulous.

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en mai ?

Lectures sur un rocher

Comte Cain, tome 1 : La Juliette oubliée

Hakushaku Cain 1 : Wasurerareta Juliet . Kaori Yuki (autrice). 1992 (VO), 2003 (VF), 192 p. Tonkam. Manga – Shojo.

Cette saga se déroule dans l’Angleterre victorienne et narre les aventures de Cain Hargreaves, un jeune comte amateur et collectionneur de poisons. Ce garçon enquête sur les phénomènes étranges qui se déroulent autour de lui.

(Petite dédicace à Kin et Kara :D)

J’ai découvert Kaori Yuki au lycée avec le magazine de prépublication Magnolia. Ce n’était pas Comte Cain mais les premiers chapitres de God Child, sa suite, mais ils donnaient une bonne idée du personnage, Cain.

La Juliette oubliée est le premier tome des aventures du Comte aux poisons. Son design est un peu différent, plus brouillon, forcément, mais toujours charmant (enfin si on aime le côté un peu glauque … je ne le savais pas avant, mais c’est mon cas). Il gagne en finesse dans les histoires suivantes.

Cette finesse, cette délicatesse dans les traits, la recherche des détails sont autant d’éléments que j’aime dans le dessin de la mangaka. Les thèmes sont aussi caractéristiques : le glauque (le poison), les histoires d’amour impossibles / malheureuses (et souvent familiales …), les manipulations, les pays anglo-saxons (Angleterre victorienne pour Cain), la justice / la vengeance.

J’adore la première histoire du recueil, qui lui donne son nom. La Juliette oubliée, c’est Suzette, la cousine de Cain, qui demande, rayonnante, à un jeune assistant fleuriste un type particulier de roses, les préférées de celui qu’elle aime. Mais il n’a pas le temps de tenir sa promesse qu’elle meurt … ou est-ce le cas? Ariel, le jeune fleuriste, est le personnage que l’on suit. Lorsque les fleurs arrivent, il décide de les déposer sur la tombe de Suzette, qui vient d’être ouverte par deux hommes mystérieux, un cadavre à la poitrine tachée de vert non loin.

Suzette est un personnage adorable, obstiné, que je regrette de ne pas voir davantage. Cain n’a pas tellement l’air de souffrir dans cette première histoire, qui ne montre ses sentiments qu’à la toute fin. La petite enquête policière, surtout vue par les yeux innocents d’Ariel, est passionnante, et cruelle, à l’image de la plupart des récits de Kaori Yuki.

Malgré le côté un peu brouillon, certains dessins sont superbes, notamment ceux qui mettent en scène Cain et Suzette côte à côte, ou Suzette sur le point de mener sa vengeance à son terme. C’est un excellent démarrage, empli de mystères, qui donne envie de poursuivre.

La marque de Bibi apporte une touche d’humour avec Riff, le majordome de Cain, qui prend la parole. Le thème de l’altérité, de l’autre, est aussi superbement mené avec un personnage très différent de ce qu’il était durant l’enfance et s’avère avoir été échangé … et la vision de la vengeance d’une mère détruire. C’est atroce, mais très bien dépeint, entre la haute société et les bas-fonds de Londres.

Les jeunes garçons qui ont arrêté le temps apporte un aspect science-fiction que j’aime beaucoup. Une potion qui donne la jeunesse éternelle … mais est-ce vraiment quelque chose que l’on souhaite ? Ce n’est pas une histoire qui met Cain en scène, sans je crois changer de période, on se situe dans un pensionnat de garçons. Elle s’ouvre sur la mort d’une jeune servante, que sa petite soeur veut élucider avec un adolescent des rues nouvellement arrivé dans cette école huppée. C’est du huis clos bien mené, avec beaucoup d’humour sur les contrastes de classes, du mystère et cette touche de SF.

Double revient sur le thème de l’autre. Deux jeunes garçons font un serment du sang, les rendant frères. L’un d’eux, Emilio, se rend à New York pour devenir acteur et est propulsé star du grand écran. Len lui rend visite, mais est frappé par sa froideur, son dédain. Mais lorsqu’il regarde la vidéo de son premier film, un plan le choque tout particulièrement. J’adore cette chute, les dessins même s’ils témoignent d’une période antérieure, un peu brouillons, les textes (« Ce qui est sûr, c’est que je ne reviendrai pas dans cette ville qui fait danser les fous jusqu’à la mort. Même lorsqu’ils savent que le gouffre est devant, ils continent d’avancer et tombent … appâtant ses proies avec des néons éclatants … tous dévorés par cette femme symbolisant la liberté »).

Cain refait son apparition pour la petite histoire finale qui le montre pleinement digne de son titre de Comte des poisons, La mort de Cleo Dreyfus. Un de ses amis vient de décéder et il rend visite à son détestable frère aîné. La malice du héros, son côté je-sais-tout impertinent, me le rendent encore plus sympathique, surtout dans sa mission de vengeance.

Trop peu de récits, surtout mettant en scène le héros. C’est une entrée en matière plaisante, mystérieuse, qui annonce de manière claire les thèmes et le ton noir de la série.

Un point sur l’éditeur. Je ne peux que déplorer le manque de soin que Tonkam apporte à la reliure des mangas qu’il édite. Certes, ma Juliette oubliée a beaucoup servi, mais j’ai le souvenir infamant de Néji, lu deux fois avec soin et dont le cahier tombait en morceaux. Les pages, là, volent. Même d’autres mangas que j’ai énormément lus, comme les Meru Puri chez Panini ou mes Wataru Yoshizumi chez Glénat ne sont pas dans un tel état ! Shame on you, Tonkam.

Nombre de tomes parus : 5 (série finie).

Tome 2 / Tome 3 / Tome 4 / Tome 5

Lectures sur un rocher

Feuilles d’avril

En avril, je traverse une période de doute livresque. J’ai du mal à m’intéresser à des livres que j’ai pu dévorer par le passé … et je me demande si je ne suis pas en train de changer en tant que lectrice. Et ça fait un peu peur.

Accessoirement, les 48h de la BD sont passées par là.

 

Le Baron Noir, c’est tout ce que j’aime. Le Second Empire, de l’aventure, des inventions (Clément Ader et sa bicyclette, par exemple), un Batman historique (vous ne me direz pas qu’Albert n’est pas inspiré d’Alfred 😛 ). Les personnages féminins pour l’instant sont peu nombreux et ne me conviennent pas, en revanche … et je n’arrive pas à le lire. Les détails sont passionnants mais je m’endors systématiquement dessus depuis deux semaines. Bad reader T_T

Mémo 657 suit Jonas, un adolescent asiatique issu d’un collège influent de Palo Alto. Avec ses camarades, il découvre que le fait que leurs prénoms commencent tous par un J et leurs ressemblances ne sont pas une coïncidences. Que c’est plat. Certes, c’est court, mais ça manque d’originalité, l’écriture n’est pas intéressante et je me suis ennuyée.

 

The Rising of the Shield Hero est toujours aussi chouette. L’univers, les personnages se développent. J’adore les acolytes du héros au bouclier (en espérant que le fait qu’elles soit toutes féminines et plus jeunes ne va pas partir plus avant en seinen un peu glauque), les autres héros sont agaçants à souhaits et il y a un dragon. J’adore.

Mistinguett n’est absolument pas pour moi. Une ado déménage et sa première préoccupation est de faire amie amie avec les pouffes pouffes superstars de l’école, être populaire et sortir avec un beau garçon. Okay, ça je peux le supporter, mais personne jamais ne lui dit qu’il y a autre chose dans la vie. Le dessin n’est pas du tout intéressant. Honnêtement, je ne l’ai lu que pour le boulot avant de le cataloguer avec les autres.

Tenjin n’est pas trop pour moi non plus, mais ça passe très bien. Un jeune veut à toute force devenir aviateur comme son père et on suit son évolution à l’école. C’est shonen, c’est prenant, mais ce n’est pas un univers qui m’attire particulièrement.

Pilo est une surprise. C’est très jeunesse, mais choupi sans être idiot. On parle carrément d’orientation, et du fait que c’est 1) un peu stupide d’attendre si tôt que les jeunes sachent ce qu’ils veulent faire durant leur vie, 2) parfois ils ont de meilleurs idées que les adultes qui leur disent bêtement que non, ça n’est pas possible. Beaucoup de douceur et de tendresse.

To Your Eternity : je n’ai rien compris. C’est un être immortel qui entame sa vie et passe d’une apparence à une autre, d’une civilisation à l’autre. Il y a sûrement quelque chose de très philosophique là-dedans mais ça ne m’a pas intéressée.

Le voyage extraordinaire … j’avoue que ce choix pour les 48h de la BD me déçoit. C’est un tome 4. Certes, il s’agit du début d’un nouveau cycle, mais il y a plein de choses qui se sont passés avant. Si l’auteur fait des rappels, on est vite perdus. Et le dessin ne m’a pas plu du tout, les yeux sont démesurés et bizarres … l’espionnage, la période 2nde guerre mondiale aurait pu m’intéresser, mais entre le dessin et l’impression constante d’avoir loupé un certain nombre de trains, ça m’a agacée.

A cheval est une autre petite surprise. Ce sont des gags sur une page, situés dans une école hippique. Mais on suit plus les chevaux et poneys que les petits jockeys, chacun ayant son identité. On n’est pas à l’abri du cliché mais c’est joliment fait et j’ai souvent ri.

Les enfants de la Résistance, la BD historique du lot, se démarque sans problème par son dessin délicat, son thème très bien traité, ses personnages hauts en couleur et plausibles. J’ai adoré. Même le fait que ce soient des enfants ne m’a pas dérangée.

Le premier tome de la BD de Kaamelott a été compliqué à dénicher ^^, une fois lu, je reste perplexe. On retrouve bien les personnages, leur manière de parler, j’ai vraiment eu l’impression de les entendre parler. En revanche, le démarrage fait très précipité, pas vraiment d’intro bam on y est, pareil pas de conclusion. Et le côté nécromancie m’a fait hausser un sourcil, je ne vois pas trop les zombies dans l’univers … mais la lecture est agréable. Je regrette la série 😦

 

La mode, une histoire de styles est un documentaire très choupi et qui n’hésite pas à parler du manque d’hommes dans la profession, ou du fait qu’on en parle peu. Ça se lit un peu comme un guide de découverte sur les différents styles et comment les adapter nowadays et c’est bien pensé. Pas sexiste ni superficiel !

Le siècle des sacres est ma lecture doudou du mois ❤ J’ai adoré ce beau livre, ces photos magnifiques, l’écriture toujours aussi cinématographique et prenante de Jean des Cars. Pourquoi c’est pas plus long T_T

Double faute me navre. Une fois encore, c’est un livre centré sur le tennis que je déteste. Sérieux, pourquoi faut-il toujours présenter ce sport génial comme une source de détresse ? Ici, c’est parce qu’un père a entraîné ses deux fils très tôt pour devenir champions qu’ils l’ont mal vécu, l’un s’est rendu malade … Si l’écriture n’est pas inintéressante et que certains points m’ont plu, j’en ai marre que le tennis soit vu de manière négative.

Métamorphoses de la reine … était dans ma wish depuis Bibliothèques de l’entre-monde de Francis Berthelot, qui évoquait un aspect féministe des contes de fées. Ouais. Non. Pas pour moi. Ou en tout cas le côté références sexuelles et actes dans toutes les adaptations de contes, ça ne m’intéresse pas. J’ai abandonné après deux ou trois histoires.

Sacs à main est une petite lecture détente, plus longue que prévue, sur l’histoire de cet accessoire. La plupart me navrent dans leur côté pas pratique/très vilain, très peu m’ont plu, mais c’était plutôt intéressant.

 

Petit illustré des gros clichés d’Hollywood et son Retour sont très fun. Les infographies sont simples et bien pensées, et je trouve font assez réfléchir sur les tropes de la culture populaire. Deux livres que je vais ramener à mes loulous ^^

Silhouettes from Popular Culture est superbe. Ce travail sur des silhouettes en ombre est simplissime, mais merveilleusement réalisé, et c’est si fun d’essayer de retrouver qui est qui. Il n’y a pas de corrigé, mais j’ai passé un excellent moment à rebrasser cette culture que j’adore. Achat impératif pour le boulot ❤

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en avril ?

Lectures sur un rocher

Feuilles de mars

En mars, je suis à la fois éparpillée (je commence des livres que je n’ai pas forcément envie de terminer) et aussi extrêmement lente et peu motivée … Et je finis par un débordement manga. C’est pour le boulot (c’est ce qu’on dit).

Le Vampirisme et ses Formes dans les Arts et les Lettres … au moins il y a un chapitre écrit par Jean Marigny. C’est à peu près tout le bien que je peux en dire pour l’instant, je m’ennuie tellement. Je l’ai lu lors d’une sortie scolaire et pas repris depuis.

Terminé ma relecture de Le monde, tous droits réservés. Beaucoup plus mitigée qu’à première lecture. Si j’apprécie les idées, la manière dont elles sont développées me paraissent complexes à outrance et m’ont retiré presque tout le plaisir, d’autant que la version Pocket est moins agréable.

J’ai découvert Danielle Martinigol avec L’or bleu et je ne suis pas convaincue. Mais un de mes gamins l’a apprécié, c’est l’essentiel ^^

Les Nouvelles de notre planète a fait l’objet d’une lecture à l’internat ce mercredi, je fais la seconde celui qui vient. Le premier texte ne valait pas le coup, mais j’ai pu travailler avec les autres. Il y en a une de Christian Grenier donc j’étais contente ❤

Les Illusions de Sav-Loar … alors je ne sais pas si je me fais bien feignasse ou pas mais il m’a fallu bien deux semaines pour le terminer. Bon c’est toujours chouette, hein, je n’en attends pas moins de Manon Fargetton, ce n’était peut-être pas trop le moment d’une lecture longue.

Le gros de la lecture mensuelle, c’est bien sur les BD/mangas.

Emma est un cadeau de Snow à l’achat de ses Bride Stories. Si on retrouve bien le dessin précis et agréable de la mangaka, je trouve que cette série est plus contemplatrice et n’apporte pas grand-chose.

L’enfant et le maudit démarre bien plus joliment même s’il y a peu d’action, il y a beaucoup de poésie et le dessin est très choupi.

Skip Beat est une jolie surprise. Je l’avais déjà souvent croisé sans m’y arrêter, et en découvrant qu’il s’agissait d’une série sur le milieu du spectacle (me rappelant un peu Glass no Kamen) je me suis lancée, et franchement j’accroche bien, même si parfois le côté extrême de Kyoko n’est pas ma tasse de thé (ses espèces d’esprit malfaisants ^^,).

Astérix et la transitalique est fidèle au dernier volume. Ennuyeux. La course fait réchauffé, les blagues ne m’ont pas fait rire, et s’il y a un duo de princesses du pays de Koush, je n’y vois pas tant de positif (c’est divers parce qu’elles sont Noires ; mais elles ne parlent pas et ne servent qu’à être secourues par Obélix et lui donner l’impression qu’elle s’intéresse à lui pour l’une, alors qu’elle est juste sous le charme d’Idéfix). Enfin, c’est un gamin qui me l’a réclamé au boulot, donc c’est lu.

Hawkwood est un peu plus sanglant que le premier tome, mais ça vaaaa, y a pas tant de viscères, ça paaasse. (Oui, c’est en seinen, inaccessible aux moins de 4ème, quand même ^^,). Mais il m’ a un peu moins plu que le premier, plus axé stratégie.

Erased Re, la suite d’Erased, me plaît un peu moins. Certes on revient sur des éléments qui étaient de côté avant (l’ami du héros, le blond, ainsi que sa mère, par exemple), mais je trouve que c’est un peu faible pour être volume à part. Bon, il faut dire que j’ai très peu de souvenirs de cette série lue l’an dernier …

J’ai lu les quatre ou six premiers tomes d’Afterschool Charisma il y a quelques années, et j’ai pensé qu’ils pourraient plaire à mes gamins. J’avais oublié le côté un peu fan service des demoiselles ^^, mais l’histoire est toujours aussi entraînante.

Dresseuse de monstres est très choupi mais si court ! J’ai du mal à voir la classification seinen, en revanche, puisque les monstres n’ont rien d’horribles, il n’y a pas vraiment de danger …

Iris Zero me laisse sur ma faim. J’attends toujours de comprendre le personnage principal, Toru, mais on passe à d’autres petites histoires, notamment un chasseur d’iris (ce dont les autres lycéens accusent le héros d’ailleurs). En revanche le pouvoir d’Hijiri, l’ami du héros, est vraiment chouette, et la manière de le mettre en image aussi (les papillons noirs !).

Je reprends Perfect World, qui me choque toujours autant dans ses réflexions sur le handicap et la vie avec une personne handicapée, mais je trouve que c’est intéressant et nécessaire d’aborder le sujet …

Les New-Yorkaises est d’un ennui complet. J’ai noté « Utterly pointless » sur Goodreads, aka ne sert à strictement rien. Et j’avoue que je me fiche de savoir si c’est d’époque, je me suis enquiquinée comme un rat mort.

L’amour est à la lettre A est tout le contraire. Si c’est assez long, et pas très bien découpé, c’est une très belle lecture sur l’amour et la littérature. J’ai même supporté vaillamment l’épistolaire puisqu’il se double de narration. Les références sont jolies, la librairie et ses personnages tellement attachants. J’ai eu une furieuse envie de le lire en italien une fois la dernière page tournée !

L’art de l’essentiel me laisse un souvenir moins charmant que les autres livres de l’autrice. Il m’a un peu ennuyée et donné l’impression de rebrasser des choses déjà dites, ainsi que de faire des suggestions pas vraiment possibles à mettre en place. Oui tiens je vais faire des petites courses tous les jours hein, j’ai le temps …

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? De belles lectures pour vous en mars ?

Lectures sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

La fille de 3ème B

Christian Grenier (auteur). 1999, 156 p. Rageot (Cascade Pluriel). Jeunesse, Romance.

Pierre a deux passions, l’une avouée, la musique, l’autre cachée, Jeanne la fille de 3ème B. Plus à l’aise avec les arpèges qu’avec les mots du cœur, Pierre va cependant aider Jeanne à découvrir la musique. Pourra-t-il la conquérir sans trahir son incroyable secret ? 

En cherchant une belle lecture, un peu doudou, avec une jolie histoire d’amour pour ma première animation lecture à l’internat, je suis tombée sur ce livre. Je l’avais lu quand j’étais ado, vers treize, quatorze ans. J’avais tellement aimé cette histoire ! Peut-être plus que la version de Jeanne – un narrateur masculin change, je trouve, et puis cette passion pour la musique m’avait emportée.

Si j’ai dû couper pas mal de passages – pour une heure de lecture prévue ; et encore, j’ai débordé, ça a duré près de deux heures – j’ai tellement aimé retrouver cette histoire !

Pour la langue, surtout. Les mots de Christian Grenier coulent avec tellement de fluidité et de douceur.

J’ai adoré le fait qu’il sonne délicieusement vintage à mes yeux, maintenant. La rédaction date des années 90 et ça se sent tellement ! Pour la technologie, surtout, et un peu le vocabulaire. Le téléviseur ! Une belle nostalgie qui fait sourire.

(Diantre, je suis plus vieille que Pierre, maintenant ! Ça me perturbe ! J’étais plus jeune que Jeanne quand je l’ai découvert … dans les années 90 XD ).

Si dans Virus L.I.V.3, l’auteur avait évoqué le thème du handicap avec Allis, il récidive aussi avec une petite touche : la mère de Pierre est dans un fauteuil. C’est simplement esquissé, mais j’apprécie la mention (même si je ne comprends pas trop pourquoi elle n’aurait pas pu continuer sa carrière de cantatrice … pas assez d’installations ? c’est dommage !)

Et le sacre du Printemps à la fin ❤ sans parler des phrases tellement jolies accolées à ce moment !

Bon, je pense que j’ai goûté les références musicales bien davantage qu’à l’époque, même si je ne les connais pas toutes. Stravinsky, par exemple, je l’ai découvert plus tard avec un plaisir infini (et savoir qu’il était la base du jingle de la Trilogie du Samedi me paraissait tellement chouette !). Et elles sont toujours liées à cette écriture fantastique qui s’égrène comme des notes.

C’est amusant, en relisant certains passages j’ai eu l’impression de retrouver des formulations, des ombres, qui sont dans mon roman. Je n’aurais pas imaginé que cette petite histoire m’ait tant influencée ❤

Parmi les petites phrases que j’ai tellement aimées :

C’est tellement plus facile d’aimer les gens à distance.

Là, je me suis rendu compte qu’elle était vraiment jolie : on paraît toujours plus beau, je crois, quand on est heureux.

Je crois que le courage, c’est ça : faire ce qu’on sait vrai et juste, en se moquant du regard des autres et du qu’en-dira-t-on.

Je veux bien mourir d’amour, mais pas mourir de froid.

-En réalité, c’est l’auditeur et en premier lieu l’interprète qui recrée l’oeuvre dans son intégralité au moyen de sa propre sensibilité. S’il n’a rien dans le coeur ni dans la tête, la musique sera une belle boîte vide. Chaque morceau est une caisse de résonance, Pierre. N’oublie pas : ce qui est important, ce n’est pas l’oeuvre en soi mais l’écho qu’elle suscite chez celui qui la perçoit. Et l’écho suppose une distance. Celle de l’espace et du temps.

Puis, pendant trente-cinq minutes, le Sacre explosa sur scène. Mais le printemps était dans la salle, niché entre nos deux sièges, dans nos mains intensément soudées. Puis le printemps fut dans la nuit qui nous enveloppa au retour et qui murmurait les mots d’amour que nous n’osions pas nous dire. Le printemps était dans mon coeur qui battait à côté du sien quand il fallut se quitter, et quand nous nous sommes embrassés.

Le printemps, ça ne dure qu’un moment. Et j’avais oublié les orages.


Honnêtement, pour la lecture à voix haute, j’ai fait pas mal de choix, notamment au niveau des coupes. Beaucoup de passages ont sauté, notamment dans la préparation des concerts, les leçons avec Amado, etc. Le pauvre Florent, le petit frère de Jeanne, n’a eu droit qu’à une mention ! Les petites phrases en allemand ont disparu, aussi, dommage, moi qui aime lire cette langue aussi ! Le temps est d’un vil !

Et ce côté un peu vintage … le téléviseur, dans ma bouche, est redevenu télévision. J’avoue. Bon, les disques, j’ai laissé, même la platine, mais je pense que pour mes demoiselles ça allait bien avec la musique classique.

Ma plus grande trahison, je dirais, ça a été les temps. Instinctivement, j’ai mélangé passé et présent. Souvent, j’ai omis le passé simple pour le passé composé, plus propice à mon auditoire et plus vivant à l’oral. Et, heu, j’ai raccourci certaines choses … pardon M. Grenier ! Je me suis fait un peu l’effet du traducteur à l’italienne : traduttore, tradittore ! Une petite trahison !

Mais, promis, c’était pour faire découvrir cette petite merveille à mes élèves. La plupart de ses si jolies phrases au présent, j’ai essayé de toutes les conserver.

Je crois que mes élèves ont plutôt apprécié (certaines se sont endormies très vite, mais pas grave. Et une autre ne m’a pas quittée des yeux et a eu des larmes non loin à certains moments) . En tout cas, les garçons m’ont réclamée trois fois depuis, et j’y vais ce soir … avec un autre livre dont je vous parlerai aussi !

Lectures sur un rocher

99 clichés à foutre à la poubelle

Jean-Loup Chiflet (auteur). Pascal Le Brun (illustrateur). 2010, 122 p. Points (Le goût des mots). Linguistique. 10€.

Ils sont partout ! Ils se reproduisent, pullulent et polluent l’environnement. Qui donc? Les clichés, bien sûr! Minée par ces expressions usées, la langue se fatigue et se fige, car les dilemmes sont, hélas, toujours cruels, les célibataires endurcis, les éminences grises… Et les buveurs ? Invétérés. Jean-Loup Chiflet, avec malice et faconde, fait un bilan provisoire de ces banalités affligeantes, et nous invite à sortir des sentiers battus en utilisant ces souverains poncifs à dose homéopathique pour retrouver une langue savoureuse et vivante.

J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur de ce charmant petit recueil au Livre sur la Place, en 2016. Je le connaissais déjà de nom, pour avoir un autre de ses livres en wish, et plusieurs dans la bibliothèque depuis des années, mais pas encore lus.

Je m’attendais à de petites réflexions teintées d’humour sur différentes formules un peu clichées. A sourire un petit peu. Certainement pas à rire autant.

L’auteur a des tournures de phrases très rôles, des références très parlantes, un excellent humour. J’ai noté de nombreux passages : en librairie, L’Iliade et L’Odyssée qui deviennent Liliane va au lycée, que je n’avais pas encore entendu ^^, ; l’échec cuisant décliné en court-bouillon ou à la vapeur en regrettant d’avoir l’avis de Jeanne d’Arc (oui c’est mal mais j’ai ri) ; le fait d' »avoir voix au chapitre » renvoie au Moyen-Âge où quiconque à l’abbaye refusait de chanter « chaussé-éé aux moines » était chapitré (oui, il a été là. oui, c’est hilarant. oui, j’ai ri, que voulez-vous, je suis bon public, et cette référence me parle ^^,) (et je vous promets après il explique, ce ne sont pas juste des jeux de mots pour le plaisir des yeux, même si c’est déjà bien chouette).

Le format est un peu différent d’un poche usuel. S’il a la même hauteur, il est un peu plus large, et je n’en trouve la lecture que plus agréable, avec un texte bien centré, des marges tout autour. Des détails, mais qui améliorent encore une lecture des plus plaisantes.

Je suis ravie d’avoir Allégorie … ma chérie ! et 99 proverbes à foutre à la poubelle encore dans ma PAL, et qu’il me reste tant à rire avec cet auteur !