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Lectures de doc’ : point presse

Je crois que l’essentiel des lectures de doc’ va être des points presse ^^, j’espère qu’ils vous intéressent en tout cas. Beaucoup de choses chouettes ce mois-ci, surtout que j’en ai récupéré un paquet …

Et en prime, la Semaine de la Presse et des médias is coming 😛 j’ai déjà reçu plusieurs piles de revues et certaines m’inspirent bien.

Edit de début mai : ouais, elle est venue et repartie, reconfinement oblige .. donc j’ai passé plus de deux heures à préparer ma zone presse avec lesdits périodiques pour rien, lalala … Et j’ai démonté toute l’installation à la reprise, pas frustrant du tout.

Je vous préviens, c’est un article qui va être long puisque je prends pas mal de notes en lisant et que j’aimerais les conserver au cas où j’en ai besoin par la suite.

Kezako Mundi n°44, janvier 2021.

Un excellent numéro. Le dossier est très pertinent et les différents points sur les femmes m’ont plu (leur représentation dans les médias, Ruth Bader Ginsburg), un débat sur les notes à l’école. J’ai aussi découvert la notion de transmédia que j’aimerais juste trop bosser avec les gamins maintenant.

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Petite déception juste avec le rendez-vous Ma vie en droit : la fille de Carole a été giflée par une camarade de classe qui l’a insultée pendant une discussion dont elle n’aimait pas les arguments. Le thème est intéressant mais il s’agit seulement d’explications entre la mère et la fille, pas de mention de conséquence -tch, en tant que prof, j’imagine mal une mère en rester là, avec une gamine frappée et insultée par une autre … enfin il y aura peut-être suite au numéro de février.

Kezako Mundi n°45, février 2021.

Je suis un peu moins enthousiaste avec ce numéro, même s’il y a toujours des points très positifs.

Bon, la Une sur les enfants/ados en temps de guerre ne m’inspire pas forcément. En revanche, le point sur le salaire minimum dans différents pays d’Europe est intéressant – je ne pensais pas que la France serait 6ème et l’Irlande 2ème !

Le rendez-vous C’était hier aborde une situation en France en 1956 : quand on servait de l’alcool dans les cantines scolaires … c’est drôle ! Mais whaaaat un prof en 1984 a soutenu dans un débat télévisé qu’il fallait apprendre aux moins de 16 ans à déguster le vin dans des établissements scolaires. En vrai, je me suis déjà pris le chou avec mes parents qui me soutiennent que boire de l’alcool non seulement n’est pas spécialement grave ou mauvais pour la santé mais qu’en plus c’est une tradition, c’est du patrimoine culturel, ne pas boire c’est la ruine des vignerons français … puisque je refuse d’en consommer. Excellent point de départ d’une discussion.

Il y a un point orientation ! Alors ça j’espère que ça va durer, je n’ai pas l’impression qu’en tant que catégorie je l’ai déjà vu. En deux pages, faire le point sur le stage en collège lycée, comment ça se passe, ce que c’est qu’une convention, etc. C’est vraiment bien fait et j’ai photocopié ça dans la foulée pour la collègue de 3ème !

Et il y a un point sur le harcèlement de rue. Avec une BD des crocodiles. Je vous en avais parlé rapidement dans la future moisson de boulot. Juste tellement pertinent.

Ma vie en droit : je suis content qu’on ait des conséquences à l’anecdote précédente sur la violence subie par Rachel, même si s’adresser à l’asso de parents et pas à l’école me gêne. Je ne suis pas sûr que c’est aussi un point de vue (les assos de parents et leurs responsabilités, ce qu’ils peuvent faire/organiser dans l’école des enfants) qui intéresse les jeunes.

La catégorie homme/femme est un peu juste, ce mois-ci. Elle traite du peu de femmes en sciences et d’une « nouvelle solution », le shadowing, pour donner envie aux collégiennes et lycéennes de faire des sciences, aka suivre une scientifique sur une journée. Why not, mais une page, c’est léger. Je suis tristesse (en vrai j’adore cette catégorie).

Le débat sur la gratuité dans les transports publics me plaît bien aussi, notamment parce il a été mis en place dans la grande ville à côté le weekend avec polémique puisqu’en pleine épidémie de covid.

Mon journal animal 7, octobre 2020.

Un petit magazine toujours aussi mignon, mais je n’en ai pas retenu grand-chose, ou juste cet article sur la vulnérabilité des grands singes face au covid.

Pour l’éco septembre, janvier et mars.

Septembre : honnêtement, le dossier sur l’argent me passe au-dessus de la tête. Particulièrement dommage vu le cirque que ça a été pour qu’on me renvoie ce numéro … je les ai contactés en octobre et je l’ai reçu en janvier ou en février.

En fait, je trouve la nouvelle formule (lancée avec le numéro de septembre justement) moins intéressante. Elle est déjà moins colorée d’un point de vue graphique (avec les éléments qui rappelaient ceux de Piktochart) et fait très sérieuse, sans les sujets sur Instagram, Netflix, etc. Avant août et le changement de formule, chaque numéro m’intéressait et j’avais envie d’en tirer des éléments médiatiques, mais là depuis quelques mois rien du tout.

C’est comme s’ils avaient décrété : là, on est une revue sérieuse. Et bah elle en devient ennuyeuse et compliquée.

Clap santé 31, 2021.

Gniii. Un numéro juste génial. Le thème me parle, d’autant que des petits encarts sur la une sont autant de questions à soulever.

« A la naissance, les enfants ne sont pas si opposés. Ce sont les idées reçues de la société qui tendent à les éloigner en façonnant leur goûts, leurs envies et leurs identités, pour les faire rentrer dans des cases ».

Mention de non binarité, de la différence entre sexe et genre. C’et un encart, donc pas une page entière, mais c’est vraiment bien dit. « On a longtemps considéré que le sexe et le genre étaient parfaitement accordés mais depuis quelques dizaines d’années, des voix s’élèvent pour dire qu’il y a 1000 façons d’être un homme ou une femme (…) certains refusent même de se voir enfermé dans un genre », avec le symbole non binaire. Ça fait tellement de bien de lire ça pour les plus jeunes.

Les stéréotypes de genre peuvent avoir des conséquences sur la santé : là, j’écoute. Théorie vraiment intéressante. (Je suis juste un peu gêné de l’expression garçon manqué/fille réussie dans la mini bd juste avant, qui est une expression que je ne peux plus entendre).

Notion de construction de la société avec les couleurs, conditionnement / reproduction des inégalités, façonnement du caractère des enfants : les filles seraient disciplinées, les garçons agités. Je connais au moins deux parents qui vous diront lol : les miens. XD

Ah, et le c*nn*rd qui a décrété que le féminin l’emportait sur le masculin s’appelais Vaugelas. C’est toujours bon à savoir. « Sexisme véhiculé par notre langue ». Juste, oui. Mention de l’écriture inclusive et du fait que s’ils ne l’utilisent pas c’est parce que Clap santé estime que c’est difficile à lire pour les plus jeunes, et je suis complètement d’accord.

Adolescences, le grand changement : « à l’adolescence, on découvre son attirance pour les filles, les garçons, les deux OU AUCUN DES DEUX ». Je n’ai jamais vu un document être aussi clair et tolérant, surtout en sachant qu’une partie du pubilc est en primaire. Certes on reste dans la binarité des genres mais c’est déjà tellement bien.

Mention des injonctions sociétales : »une femme doit se maquiller, porter des talons, être féminine MAIS pas trop féminine sinon elle devient vulgaire ah tiens je savais pas ça XD je pensais que le trop allait avec maquillage, ni trop peu au risque de passer pour un garçon manqué ». « Un homme ne doit pas pleurer, il doit prendre soin de lui mais pas trop sinon il devient efféminé ». Question de trouver sa place sans se forcer à entrer dans les cases qu’on cherche à imposer avec toutes les difficultés que ça implique.

Il y a un petit jeu adorable sur les femmes célèbres (relier son nom à son activité) avec Gisèle Halimi, Frida Kahlo, Jane Gooddall, Wangari Maathai, Junko Tabei ❤

On termine avec 5 petits portraits d’enfants qui ont des activités « contraires » aux stéréotypes de genre, un garçon cuisinier, une demoiselle timide engagée pour la lutte contre le climat, un garçon danseur de salon (bon devant la console), un autre qui met de la crème solaire (je savais pas que c’était drôle).

Et enfin, le débat avec six enfants/ados sur les clichés est plus parlant que celui sur le sport. Et c’est très bien mené.

Vraiment, un super numéro.

Geek Junior 10, 2021.

Le concept du dossier … 3 pages. Une interview avec une tiktokeuse française et 6 choses à savoir sur tiktok. Pas un dossier. Il est censé être pour les ados ou les parents ? Parce que clairement si les jeunes vont sur tiktok ou sont intéressés bah ils savent déjà (sauf peut-être l’option bien-être numérique pour limiter le temps d’écran mais ça me semble pas être au sommet de leurs priorités).

Ah pardon, le cahier des parents, c’est Tiktok pour les parents. C’est un cahier mais il fait la même longueur que le dossier du mois. Celui qui fait la une. Mouais.

Sinon, le petit lien pour suivre le rover Perseverance sur Mars n’est pas mal.

Mais à part ça, encore une fois … pas intéressant.

Edit : une de mes cyclones a jeté un oeil. Première fois qu’un gamin se lance sur ce magazine. Selon elle, non seulement c’est pas un dossier mais en plus ça n’apprend rien du tout, ne sert à rien et c’est pas forcément juste en parlant des caractéristiques de Tiktok …

Vraiment un abonnement que je regrette.

Kezako Mundi n°46, mars 2021.

La section Actualité m’a beaucoup plu, sur le difficile passé entre la France et l’Algérie, la création d’une commission « Mémoires et vérité », alternative de présentation d’excuses officielles pour crimes lors de la guerre, colonisation, reconnaissance qu’il s’agit de crimes contre l’humanité : je ne me vois pas en parler en classe, je n’ai pas le bagage historique et culturel, mais c’est un sujet que j’avais abordé avec mon père et je trouve ça super intéressant.

Je ne savais pas que Condorcet avait été l’un des premiers à défendre l’accès des femmes aux droits politiques ! Zut, l’article ne fait que deux pages.

Ma vie en droit fait un point intéressant et très d’actualité sur la conservation des liens lors d’un divorce et qu’un parent refuse que l’autre grand-parent entre en contact avec les enfants dont il a la garde. C’est triste et toujours aussi touchant.

Le débat pour ou contre l’instruction à domicile : encore une fois, on reste dans l’actualité avec l’annonce de plus de contrôles dans ce domaine.

C’est quoi le développement durable : super thème. J’aime bien la définition proposée, notion fondée sur 3 piliers, l’économie, l’environnement, les humains. Le développement économique doit se faire dans le respect de la nature et des êtres humains.

Aha, dans la catégorie décryptage média, on se penche sur les blogs, média ou pas? On en parle beaucoup moins avec les élèves (enfin j’en parle) mais j’entends beaucoup moins des élèves en tenir ou consulter. L’angle ici est le suivant : si l’expression sur un blog tient du personnel, de l’expression individuelle, est-ce qu’on peut le considérer comme un média à l’image des sites d’actualités et autres ? La réflexion est courte (une page !) mais il y a définitivement quelque chose.

Si la mini bd de fin, sur l’écologie radicale, compromis et greenwashing est toujours aussi mignonne, je trouve qu’il manque un peu d’explications sur la notion de radicalisme, qui serait intéressante pour bien centrer le tout.

Vous avez déjà lu certains de ces magazines, il vous tentent ?

Prochaine édition : soit fiction, soit les revues de la Semaine de la Presse et des Médias !

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Future moisson d’été au CDI

Je planche bien depuis février sur une « future » commande de livres au boulot … sans jamais réussir à trouver le temps. Avec le télétravail, j’ai réussi à me poser et à peaufiner une liste – avec une petite marge pour demander aux élèves ce qu’ils veulent en début de semaine prochaine ! Je serais curieux·se d’avoir votre avis !

Quelques demandes de Super Collègue :

Scrinéo démarre une collection récit mythologique de monstres qui a juste l’air adorable.

Je pense aussi ajouter quelques documentaires, mais vraiment pas grand-chose :

Les livres jeux :

Une collection que je trouve adorable et qui plaît plutôt aux cyclones.

(Est-ce que ça se voit que je teste les possibilités d’affichage du nouvel éditeur ? ^^,)

La bd qu’il faut que je commande … mais je recule depuis bien deux ou trois ans :

Je trouve que le sujet est vraiment important. Le parti pris de représentation des agresseurs divers sous forme de crocodile est très bien trouvé, les témoignages prenants … Et c’est bien ça le problème. Trop prenant. Je me suis senti physiquement mal rien qu’à lire des extraits en ligne il y a quelques années …


Enfin, les mangas !

C’est la pièce de résistance de cette commande puisque ça fait bien deux ans que je n’ai pas acheté plus de 2-3 mangas en une fois (probablement aux 48h de la BD – qui m’ennuient un peu cette année, la sélection est déjà en ligne). Les surprises et nouveautés manquent beaucoup aux gamins :/

Parmi les séries en cours à poursuivre :

J’ai surtout hâte de retrouver Perfect World, The Promised Neverland et La princesse et la bête.

Et les petites nouveautés :

Dénichées notamment dans les sélections du prix Mangawa des années précédentes, elles me font honnêtement toutes très envie !

J’avoue, c’est surtout celui avec les animaux qui me tente le plus ❤ Le pancréas c’est une cyclone, c’est pas moi XD

Il y en a encore d’autres mais je me suis un peu restreint·e. Il reste encore un peu de marge dans le budget, si les élèves ne demandent rien d’autre, ces séries me tenteraient bien aussi :

Je ne m’attendais honnêtement pas à avoir plus envie de lire et de pousser des shojo que des shonen ! Certains ont l’air d’être plutôt sérieux aussi, pas uniquement divertissement.

Vous avez d’autres idées ? Notamment en shonen ?

J’espère pour ma part vous avoir donné envie de lire ces différents livres et vous en reparle quand la malle arrive ! Oui ça va être un peu plus grand qu’un carton 😀

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Lectures de doc’

Retour au « travail » avec cette deuxième édition de mes lectures professionnelles.

On fait un Point Presse pour bien démarrer.

Clap Santé, septembre à novembre 2021.

J’aime beaucoup ce petit magazine en temps normal, mais cette édition m’a un peu déçu. Si l’origine du sport, son utilité, un article sur de mauvaises raisons d’en faire (notamment sur suggestion d’influenceurs pour avoir des abdos très dessinés) sont bien rendus et que deux interviews de sportifs insistent sur le fait que ni le foot ni le judo sont interdits aux garçons (et faire intervenir des sportives, pas possible ?), l’ensemble fait léger et le débat habituel avec 5 enfants n’en était pas vraiment un (tout le monde avait le même avis, le sport c’est bien …).

Geek Junior, janvier 2021.

Ça partait un peu mal après le 7 qui était très décevant. Mais la page de conseils pour débunker les fake news n’est pas mauvaise, le mini focus sur la retouche photo et la créativité est plutôt chouette aussi.

La page parents, par contre, est carrément un cahier et ça me gêne. On perd la ligne éditoriale du lectorat. Le thème étant Safer Internet Day, ce n’est pas une mauvaise idée, c’est intéressant, mais pour moi ça n’a pas sa place ici.

C’est définitivement un numéro meilleur que le 7ème, mais je ne suis toujours pas convaincu.

Kezako Mundi, octobre 2020.

Pour faire court, j’ai adoré ce numéro. Le thème est bien mené et m’a donné envie d’aborder le sujet des addictions avec mes élèves (ça s’est über mal passé, mais c’est une autre histoire). L’article sur les origines de la BD est tout petit, deux pages, mais il réussi à citer plus de femmes dans cet univers que le livre de Quillien dont je vous parlais la dernière fois …

L’article sur le mot « féminisme » en débat est excellent aussi. Un numéro au top.

Kezako Mundi, novembre 2020.

J’avais peut-être de trop grandes espérances après le précédent, et le dossier me paraissait top. Au final, bah c’est pas un dossier, il y a quelques informations de bases avec des exemples de chaînes spéciales bac (rien collège, rien bac pro). Un dossier décevant par sa longueur et le côté basique de ses infos.

Le reste (Ma vie en droit, le four qui prend feu et blesse la baby sitter pour faire un point sur les notions de responsabilité ; le point info sur la sécu aussi, ; le débat sur l’ISF) est ennuyeux.

Le décryptage média sur le thème de l’information via la story est plus intéressant, mais juste en une page c’est trop peu.

Geek Junior, février 2021.

Si le thème me parle, forcément, je n’ai aucune attente avec ce magazine. Ce n’est d’ailleurs pas un dossier mais une une sélection de ressources.

C’est là où le bât blesse avec cette revue : c’est un concentré de petits articles avec des ressources et idées d’app et des tutoriels. Pas vraiment d’articles. Assez ennuyeux. L’encart parent me dérange aussi. Franchement, je doute de réabonner.

Un manga et un recueil de nouvelles pour terminer cette édition.

L’idée n’est pas mauvaise. Les chevaliers, la compagnie des péchés capitaux, le contexte est intéressant.

En revanche, le côté personnage pervers est franchement chiant, en plus d’être revu. Sans parler des moments où on voit juste les formes de la princesse sans sa tête, en mode sexiste et corps de la femme objet.

Il y a de l’action, du rythme, les répliques sont intéressantes. Mais qu’est-ce que le côté sexiste est chiant. Entre le moment où il tripote la princesse lorsqu’elle est inconsciente, lui pique sa culotte, etc … pourquoi est-ce que ça doit faire partie de la formule des shonen ? C’est vraiment une des raisons pour lesquels je n’ai plus envie d’en lire. Et c’est dommage parce qu’il y a quelque d’intéressant dans l’histoire.

Aucune envie de relire Césium de Bordage. Je vous renvoie à mon avis.

Bas les masques de Benoît Broyart est très court, et c’est dommage puisqu’on est dans un univers futuriste pollués où on ne porte pas seulement le masque en papier mais des combinaisons et des casques. Le héros est amoureux d’une demoiselle qu’il n’a jamais vue. C’est poétique, un peu brutal et trop court.

Chasse aux gorilles d’Elisabeth Combres ne m’a pas plu du tout. Je n’y ai pas cru. Les sentiments du personnage glissent trop vite des gardiens aux gorilles. Je suppose que c’est pour la biodiversité mais pour moi c’est raté.

Je termine ce recueil pour le prochain article.

Vous avez déjà lu certains de ces documents, il vous tentent ?

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Lectures de doc’

Je vous disais dans mon bilan lecture de 2020 vouloir séparer mes lectures professionnelles et personnelles, on va tenter ça avec ce premier article. Je ne sais pas encore à quelle fréquence je vais vous proposer ce nouveau rendez-vous, ça dépendra probablement des occasions, en cas de commande par exemple.

Le titre n’est pas du tout forcément appelé à rester, je n’ai pas trop d’inspiration, si vous avez des idées ?

Pour ce premier article, quelques revues, une première commande 2021 et un magazine de prépublication.


On démarre avec un Point Presse.

Pour l’Eco, janvier 2020.

Découvert lorsqu’il est sorti, ce magazine qui n’aurait pas du tout dû me plaire (économie, pas du tout mon rayon), s’est révélé passionnant.

Je suis moins fan du changement de maquette depuis la rentrée 2020.

Dans le cadre de ce numéro en particulier, l’article sur Amazon a attiré mon attention.

J’adore la revue suivante. J’adore les rubriques comme Ma vie en droit où on suit une jeune femme depuis ses études, dans les différentes étapes de sa vie, sous le prisme de la loi ; le débat, qui démarre par une présentation du sujet ; la photo décryptée, etc.

Kezako Mundi, décembre 2020.

Ce numéro de Ma vie en droit, sur la maladie d’Alzheimer et les notions de tutelle, m’a moins plu. En revanche, le débat sur la 5G ou surtout les informations m’ont intéressé. L’article féministe sur les métiers interdits aux femmes dans le monde est très léger.

Quelle déception … Premier numéro reçu au boulot, il est bien plus décevant que ceux que j’ai lus avant et qui m’ont donné envie d’abonner le CDI. Le dossier jeux vidéo est pauvre, et une catégorie pour les parents se balade. Ce qu’elle fiche là, je n’en sais rien. Ils ont carrément des psychologues pour parler aux parents … dans une revue à destination des 12-15 ans.

J’espère que le numéro de janvier sera plus intéressant, sinon on termine l’abonnement et ça s’arrête là.


J’ai aussi reçu ma première commande de l’année, dont j’ai lu environ la moitié.

On va démarrer avec le livre qui a lancé la commande, suite à la demande d’un de mes collègues de lettres au lycée.

La narratrice, une jeune femme africaine en France, mène une vie rythmée entre travaux domestiques dans sa vie professionnelle et appels à répétitions de son jeune frère resté en Afrique. Il est obsédé par le football, par un joueur italien, et elle doit très souvent lui envoyer des revues ou des accessoires. Il finit par lui demander de l’aider à venir et France aka lui payer billet et logement lorsqu’elle joint difficilement les deux bouts.

J’en suis à près de 65%. Pas très enthousiaste. On détaille plein de personnages de l’entourage africain et le taux de sexisme est über élevé.

Si j’apprécie le fait qu’il présente le monde de la BD avec trois grands univers : français, américain et japonais pour la BD franco-belge, les comics et mangas, le fonctionnement de la collection Tothème me fait un peu tiquer (même si je le connaissais un peu) : pas de classement chronologique mais un mélange de thématiques : une page sur des personnages peut succéder à un point auteur, ou genre, ou univers, voire repères (histoire de la BD) ou étapes (dans sa création). L’aspect fait un peu fouillis et quand on est pas lecteur assez habitué, ça risque très fortement de le perdre.

Autre point négatif : sur 24 portraits d’auteurs, juste une autrice : Marjane Satrapi … Cool, cool, cool. Au moins ya une page sur le thème des héroïnes, hein.

J’ai aussi trouvé étrange que sur une page consacrée à un auteur, ce soit un de ses personnages qui en fasse la description. La manière de parler de certains n’est pas du tout naturelle (Snoopy, par exemple).

Petit recueil de nouvelles sur le thème de la société de consommation.

Clic clac Kodak : je suis fan de ce titre. J’aime beaucoup la maman qui n’a que des robes dont la marque commence par Z ! Et puis il mentionne un appareil Kodak Instamatic … et je crois que c’est un garçon qui se maquille et essaie de s’habiller comme une star au féminin ! La description des marques est déstabilisante, mais on sent que l’auteur veut arriver quelque part avec. Enfin, à part prouver le monde de consommation dans lequel on vit, je n’en ai pas l’impression. Le début est très prometteur, mais rien n’est lancé, rien n’est résolu, c’est un peu décevant.

Black Friday : ahahah bien vu le PineApple Store. Mais les gens sont complètement cinglés ma parole, en mode troupeau je vais tout déquiller. Je n’ai pas arrêté de me bidonner avec toutes les expressions utilisées. Et cette chute XD

Obsolescence : cette idée appliquée aux gens, aux parents en particulier … c’est culotté. Mais sans conséquences, juste balancé comme ça … bof.

Jusqu’ici tout va bien : heu, je ne vois pas. On est sensé suivre un gamin en mode passeur de drogue, qui ramène le fric d’un côté puis le paquet de l’autre ? Je n’accroche pas.

RDC : bon, un perso s’appelle Hector. Ça commence bien, après un titre un peu nébuleux. Et en fait c’est un renne du père Noël qui est mort. Okay. Bon, évoquer le cobalt, ressource principale pour fabriquer de la high tech, oui. Mais là on est limite pathos tire larme, je ne suis pas fan. Surtout pour une chute pareille. Autant le fait que la douane connaisse le père Noël ça aurait pu être fun, mais là je ne trouve pas ça drôle, et l’humour noir devrait avoir une dimension un minimum drôle ou ironique.

Naissance et vie de Laurent : okay, l’appareil photo qui fait micro ondes pour les petits encas dans les pubs, j’avoue, j’ai ri. La description du gamin qui s’arrondit de plus en plus pour grignoter tout et n’importe quoi … pas tant que ça. L’acceptation collective, encore moins (bon le père a l’air de se réveiller). Okay, heum, c’est peut-être parce que je suis en surpoids, mais c’est une nouvelle qui me fait encore moins rire, surtout la fin. Encore une fois, je ne comprends pas cet humour.

Je suis déçu. J’espérais vraiment pas mal de ce recueil, notamment pour ma collègue en 3ème pro qui aurait pu le faire étudier, mais aussi comme base d’une séquence sur la consommation avec mes 2nde. Je ne suis vraiment pas convaincu de pouvoir concrétiser cet ajout, à moins de leur proposer, en mode écriture créative, de garder certains éléments pour chaque nouvelle et d’en réimaginer d’autres. Ça, ça peut le faire. (Non, j’ai pas honte).

Je me faisais une joie de lire de nouveaux textes sur le thème de l’écologie de manière vaste. J’ai très vite déchanté. Sur les neufs nouvelles de ce recueil, trois font partie de Nouvelles de votre planète, un ouvrage de chez Hatier que je connais bien : c’est un des premiers que j’ai mis en voix à l’internat … Avant même la lecture, je suis agacé. (Bon ce n’est pas vraiment leur faute, la version Hatier est de 2018 et celle-ci de 2005). Je n’ai pas encore lu les autres textes.

Je suis aussi tombé sur le dernier tome de la prépublication Ki-Oon Mag. Je me disais justement cette semaine que j’avais loupé celui de 2020 ! En effet, c’est un annuel. Le principe : à la manière de l’édition japonaise, Ki-Oon sort un magazine de prépublication où il tease ses futures sorties. C’est gratuit, c’est une superbe patate (entendez : c’est épais ^^,) et le choix des première et quatrième de couverture sont toujours top.

L’Eden des sorcières : top ! Un univers fantasy végétal où l’homme a fait disparaître faune et flore. Seules les sorcières peuvent entendre la voix des plantes et s’en occuper, elles vivent dans des oasis de verdure et se cachent des humains. L’héroïne, Pilly, essaie de partir à la recherche de médicaments ou d’un médecin pour sauver Toura, qui l’a recueillie et lui enseigne son art – pour lequel elle n’est pas bien douée, mais va causer sa propre perte. J’adore les dessins réalistes, détaillés, l’importance de la nature.

Léviathan : on part en SF dans l’espace. La colorisation des premières planches est très spéciale, ça me rappelle des tableaux, dans des tons gris, bleu gris, quelques touches de rouge. Des astronautes découvrent, sur un vaisseau abandonné, un carnet appartenant au passager du voyage lorsque le vaisseau a disparu. Il s’agissait d’élèves en voyage scolaire. Je suis moins fan des dessins des personnages que des extérieurs du vaisseau qui sont saisissants en couleur. Le suspense est plutôt bien mené (pas sur les causes de la destruction du vaisseau mais ce qui est arrivé ensuite) et je suis curieux de savoir, mais ça me plaît moins que le premier extrait.

Outsiders : récit de vampires qui ajoute une touche de loup-garou en mode peuples qui se battent depuis toujours à la sauce shojo. Une lycéenne décide d’aider le loup-garou à en finir avec le vampire qui a hypnotisé sa grande soeur après avoir bu son sang et se met donc dans un pataquès pas possible. J’aime bien le dessin, qui est classique sans être trop cliché. L’héroïne est un peu idiote (elle essaie quand même de s’attaquer toute seule au vampire). L’extrait n’est pas trop mal, c’est sans plus pour la suite.

Coco – l’île magique : le dessin m’a tellement donné envie de dormir … Certes, c’est en couleur, c’est pour les plus jeunes, mais c’est très plat. Récit de magie comme le premier, il n’a aucun dynamisme. Coco est une sorcière maladroite mais qui en fait a un pouvoir immense. On n’est pas dans l’originalité absolue, alors ajouter un côté tellement statique et endormi, meh.

Je pense qu’on va s’arrêter ici pour ce premier numéro (j’ai deux revues qui sont arrivées plus l’autre moitié de la commande mais c’est déjà long ^^,). Vous connaissez certains de ces documents, ils vous tentent ?

J’espère que ce nouveau logo vous plaît 🙂 Je cherche une nouvelle idée pour un nom de catégorie mais l’image devrait rester.

Lecture sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Lectures obligatoires à l’université, deuxième semestre

Dernier (à moins que mes lectures de profdoc vous intéressent ^^, ou mes étagères de doc hein parce que si on doit parler des lectures vraiment faites il va être court ce billet XD) rendez-vous bilan de cycle avec ce deuxième semestre où il sera question de mes deux derniers cycles universitaires : mon année spéciale en Métiers du Livre et mon Master de Documentation.

Et on ne peut PAS dire que les lectures corvées aient été fun. Enfin, ironiquement parlant, surtout durant mon année de Métiers du livre aka pour devenir bibliothécaire.

On commence par le côté technique et je dois avouer que j’ai un peu honte de dire que c’est tout ce que j’ai « lu » en la matière cette année-là. Certes le rythme était franchement soutenu avec les cours et les révisions ordinaires mais quand même …

Oui, « lu », parce que vous êtes bien mignons mais le livre de catalogage, non, pas lu. Feuilleté en examen et au concours (petite anecdote : le code à noter quand j’ai passé le concours de bibliothécaire était F.E.E. J’ai donc passé le concours pour être fée – et je me suis loupé·e XD), jamais lu en entier parce que bon des listes de normes c’pas le plus passionnant non plus.

Sachant que le reste des lectures de l’année a été tout aussi enquiquinant. Mais je m’avance.

Je n’ai honnêtement aucun souvenir du livre du milieu. Heureusement que j’utilisais déjà Goodreads à l’époque parce je ne dois pas en avoir retiré grand-chose. Le métier de bibliothécaire était mon exemplaire personnel et je me souviens avoir passé des mois dessus … C’est un phénomène qui s’est déclenché durant cette année d’études : j’étais et suis encore now incapable de lire un livre théorique / professionnel sans y passer trois plombes. Je m’endors littéralement dessus, je relis trente-six fois les mêmes phrases … Même pas convaincu·e d’avoir encore des souvenirs de ce livre, en fait.

J’ai apprécié Mémoires d’une jeune fille rangée pour l’aspect historique, vie quotidienne. Le reste est allée du meh (L’écume des jours) à l’exécrable moment (tout le reste).

Après ce petit retour, je peux vous dire que c’est ce cycle de littérature qui me laisse le goût le plus amer. Déjà parce que la contemporaine est loin d’être mon genre favori. Ensuite pour la manière dont ces cours ont été menés.

Une liste nous avait été balancée à l’inscription, le cours était au 2e semestre. Une fois arrivé à ladite classe, j’ai appris qu’on n’étudierait pas ces ouvrages. Qu’on n’en parlerait même pas. Je suis donc resté·e sur mon dégoût, sur mon indignation, sur mon déplaisir général sans même pouvoir les partager ou comprendre pourquoi j’avais tort. Certains ont été vaguement mentionnés. Mais pour la plupart strictement rien. Honnêtement, pour ce type de classe en amphithéâtre, il aurait mieux valu ne rien nous demander de lire en amont vu l’utilité. Je n’ai pas tout lu de ladite liste, loin de là ; ça ne m’a absolument pas manqué. J’en ai lu quelques-uns, le résultat a été le même.

I.N.U.T.I.L.E. Et ça me fait mal au coeur de le réaliser encore maintenant.


On en arrive à mon dernier passage en date à l’université, mon master en documentation. Là, en revanche, en deux ans, j’en ai lu … Je vous propose de les séparer par genre / cours pour que ce soit un chouïa plus digérable.

A part Le métier de documentaliste que j’avais acheté sans me rendre compte, avant de commencer ma formation, qu’il ne correspondait pas à ce métier (doc d’entreprise), j’ai adoré ces livres que j’ai trouvés tellement utiles et passionnants. Je regrette que les deux derniers soient seulement des emprunts au CANOPE d’Epinal, ils sont tellement vivants – et lorsque je me galérais au boulot, j’avoue qu’ils me faisaient rêver en me montrant justement que c’était possible, d’avoir un CDI vivant.

(Ça, of course, c’était avant les cache-cache dans le noir au CDI avec les Première hein … I miss them T_T )

Alors j’ai toujours le lexique d’infocom dont je me sers encore au boulot lorsque j’ai besoin de définitions – elles ne sont vraiment pas spécialement compliquées. Je vous ai parlé de Lire dans un monde numérique ici. Et, hum, je n’ai pas grand souvenir des autres ^^,

On va séparer la télé / les médias des livres sur les séries en particulier parce qu’on va se perdre, sinon ^^,

Pour être honnête, j’ai surtout lu ces livres parce que je pensais y être un peu obligé·e. Comme mon sujet de mémoire était les séries télé, j’avais dans l’idée que pour parler de la présence / l’utilisation de séries télé au CDI bah il fallait voir de la théorie sur la télévision, la culture populaire, la culture adolescente en même temps que l’utilisation de la télévision par l’école.

Au final, j’ai le regret d’avoir fait ce travail avant qu’il y ait beaucoup de recul sur le streaming, sur Youtube, d’un point de vue éducatif. Il y aurait tellement, tellement de choses à dire sur le sujet. Les trucs un peu socio comme Bourdieu m’ont enquiquiné·e à l’extrême, les livres la télévision sont über anciens (ça se voit déjà tellement aux couvertures !) mais ceux sur la culture adolescente / lycéenne, j’avais adoré. Et oui, on parle bien d’Hélène et les garçons et d’autres sitcoms bieeen datées dans La culture des sentiments XD je m’étais bidonné·e tout du long.

A par le bleu vert, l’avant-dernier, j’ai vraiment aimé toutes ces lectures. Je regrette en prime que  les 50 ans de sitcoms américaines décryptées n’ait pas vraiment été dans mon sujet, je ne me suis autorisé·e que deux chapitres plaisir à lire, il était vraiment intéressant et l’écriture prenante.

J’en ai encore une bonne partie dans mes bibliothèques, excepté Sociologie d’un attachement culturel, De quoi les séries américaines sont-elles le symptôme ?, Les séries télévisées : l’avenir du cinéma (qui m’a tellement marqué·e que j’ai gardé une partie du titre comme titre de mon mémoire) et Séries : une addiction planétaire (désherbé parce que s’il était beau il n’apportait vraiment pas beaucoup de choses, d’un point de vue universitaire ou même juste lecture) et le Librio (au boulot).

Les Séries télé pour les Nuls et Sériescopie sont pas mal du tout lorsque vous vous intéressez aux séries de manière plutôt mainstream mais que vous voulez faire des découvertes. Séries cultes et culte de la série et Décoder les séries télé sont plus poussés. Je me rappelle que le premier était fascinant dans sa manière de parler de ce qu’on « retirait » d’une série, que ce soit les fanfictions ou fanarts, ou encore comment elle pouvait vous accompagner, et j’avais senti cette lecture vraiment très proche de moi personnellement. C’est drôle parce que c’était aussi assez éloigné de ma culture puisque livre canadien et que je ne connaissais pas trop les séries évoquées à part Angela, 15 ans de nom, il faudrait que je m’y repenche now que j’ai dévoré un certain nombre de saisons de Degrassi (qui apparemment est vraiment une série canadienne phare).

Et puis c’est difficile de ne pas mentionner Martin Winckler. C’est juste un des auteurs qui a été le plus importants durant cette période et m’a donné envie de parler de séries télé, insistant sur le fait que ce n’était pas ridicule, que ça avait tout autant de valeur que d’autres médias.

Le cours de littérature jeunesse était plutôt chouette. Je cherche un livre pour un enfant, sur les deux niveaux (naissance à 7 ans et de 8 à 16 ans) étaient mes petits compléments. Les albums étaient mignons, sans plus, ce n’est pas ce que je préfère.

Je crois qu’on a eu un cours sur la BD et le manga, mais j’avoue qu’il ne m’a laissé aucun souvenir (enfin il était déjà mieux que celui de l’iut où l’intervenant extérieur nous a dit que les mangas n’étaient pas uniquement du sexe et de la violence mais nous a fait passer une prépublication japonaise avec ces seuls types de mangas et en guise de cours a fait un tour de table pour nous demander ce qu’on savait. J’ai l’impression qu’au final, une fille de la classe dont le frère dessinait des mangas et moi avons fait cours …).

Mention spéciale à tous ces livres que j’ai achetés pour le concours et finalement jamais lus XD Merci à la bouquinerie du centre de Metz d’avoir eu tout ça à disposition et m’avoir permis d’enrichir ma petite collection de futur prof doc à l’époque XD

Et vous, à l’université ? Vous avez dû lire des choses chouettes ou pas du tout ?

C’est la fin de cette série sur mes lectures obligatoires, du collège à l’université. J’espère qu’elle vous a plu, peut-être qu’elle vous a donné des idées de lecture ou rappelé de (bons) souvenirs !

Lecture sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Ne vous disputez jamais avec un spectre

Gudule (autrice). Corbeau (illustrateur). 2018, 155 p. Le Livre de Poche Jeunesse. Fantastique .

Et si un jour, subitement, votre petite soeur se transformait en créature de cauchemar ? Si, au cours d’une banale dispute, elle cherchait à vous assassiner ? Et si, comble de l’horreur, vous étiez le seul au courant de sa métamorphose et que tout le monde vous croit fou ? Cyril échappera-t-il à l’esprit vengeur qui a pris possession de sa petite sœur ?

Ce livre, je l’ai repéré il y a près de deux ans, en avril. Je cherchais des idées d’achats et surtout de lecture d’Halloween – mes cyclones m’enquiquinant toujours pour une soirée Chair de Poule, j’étais parti·e en quête d’horreur soft jeunesse mais intrigante et originale.

Je suis tombé·e sur cette couverture qui m’a tout de suite parlé. J’ai lu les premières lignes. Bam. J’étais scotché·e.

J’ai dû un peu batailler et carrément téléphoner à une librairie pour savoir s’il était encore dispo puisque marqué du contraire sur Decitre et pas possible à ladite librairie de me le trouver. Sans honte, je suis passé·e par Amazon. Il me le FALLAIT, juste, pour la rentrée.

Le début est génial. Ca me rappelle l’histoire que j’avais commencée à écrire avec mon cousin quand j’étais enfant. Un peu clichée avec pas mal d’éléments typiques de fantastique mais qui parle tellement aux plus jeunes. Gudule monte son atmosphère étrange et angoissante à la perfection, avec les circonstances d’acquisition de la maison, son environnement immédiat, l’intérieur, les changements qui s’opèrent avec la petite sœur.

A mon sens, ça tombe à plat lorsque le héros va à l’école et rencontre la demoiselle rouquine dont je n’avais rien à casquer – et ce n’est pas que moi, mon pré assistant qui l’a lu après la soirée Halloween est d’accord. Je crois qu’elle a voulu introduire des éléments amoureux qui n’ont rien à voir avec le récit et c’est dommage.

Mais on en reparle dans la partie consacrée à la soirée en elle-même.

Donc, effectivement, jusqu’aux 3/4, je trouve ça vraiment excellent, montée dans l’angoisse et le suspense jusqu’à ce que la rouquine arrive (avec des jeux de mots bien idiots, et terriblement ancré dans les années 90, j’ai l’impression. C’est difficile de rester actuel avec des réflexions adolescentes mais là j’ai trouvé ça daté. Enfin ce n’est pas pire que Crime city de la même autrice dont la narration en général souffre de ce manque de naturel puisque le point de vue est celui d’un adolescent aussi et qu’il parle de manière bien trop soutenue …)

Et la fin est vraiment, vraiment très plate, à l’image de l’introduction forcée de cette relation amoureuse naissante. Mais je crois que dès l’école, je n’ai plus aimé ces passages. Ils détournent l’attention de la maison et de la petite soeur. Il aurait mieux valu qu’on soit pendant les vacances d’été, je pense. Pour ajouter un petit côté étouffant. D’autant qu’à part des réflexions vaseuses sur le nom du héros et le fait qu’il ait peu d’amis, ça n’apporte rien, ou un vague vernis quotidien qui retire à l’angoisse censée être au cœur du récit.

J’ai attendu jusqu’au bout un petit twist que le début et l’intrigue en général méritaient. Peut-être aussi à cause de ces fameux Chair de Poule qui ont toujours un retournement final qui peut vous tordre l’estomac – croyez-moi, je m’éclate toujours avec cette partie au moment de la mise en voix ! Mais ça l’aurait tellement plus servie que cette bouillabaisse de bons sentiments !

Et le spectre est trop gentil. J’aurais préféré qu’elle cherche à se venger pour de vrai, zut quoi.

En bref, une lecture prenante mais qui retombe comme un soufflé vers les trois quart pour se loger au ras des pâquerettes aux dernières pages. Snif.


Donc, ce livre, à la base, je l’avais choisi dans le but spécifique de le mettre en voix pour une soirée lecture. J’avais même commencé par lire l’extrait dispo sur Amazon à voix haute et frémi. Si, si. Potentiel, je vous dit.

Et bon comme c’était la lecture d’Halloween, je suis peut-être parti·e sur une tenue adaptée. Non, je ne montrerai pas de photo, disons juste que j’avais l’impression d’être ridicule, mais un de mes grands m’a dit que sur une échelle de 1 à 10, j’étais seulement à 8, donc ça aurait pu être pire 😛

Ma première impression de la soirée a été franchement négative. J’ai mis vingt minutes à les poser (ils étaient une douzaine, de la 6ème à la 4ème). C’est la première fois qu’ils étaient aussi enquiquinants. Et mes pauvres bébés 6ème dont c’était la première lecture étaient tout déprimés. J’ai fini par en renvoyer un pour enfin pouvoir commencer.

Plutôt que de m’installer sur une table pour lire, comme d’habitude (oui oui je m’asseois sur les tables, c’est mieux que les chaises – surtout quand elles sont juste devant les graaaands miroirs et qu’on lit le Chair de Poule sur le sujet XD) je me suis posé·e sur le rebord de fenêtre. J’ai trouvé ça plus approprié.

Surtout au moment bien climactique, bien frissonnant …

Où la lumière a été coupée.

Je vous jure. Les gamins ont paniqué de suite. Encore plus dans l’ambiance.

J’ai adoré. J’aurais vraiment voulu organiser ça, mais je ne pensais pas que ma collègue aurait laissé passer. En fait ce sont les grands, les lycéens surveillants, qui ont cru que j’étais déjà parti·e et ont coupé les feux.

Les petits, morts de trouille, ont voulu courir remettre la lumière, mais j’ai proposé de continuer.

A la lumière du lampadaire de la rue derrière.

Si ça franchement c’est pas la classe de la lecture d’Halloween 😀

Et j’ai changé la fin. Comme le livre est assez long déjà j’ai coupé la plupart des passages à l’école, j’envisage de zapper ça entièrement si je relis, pour minimiser l’importance de la copine guimauve, et appuyer le côté inquiétant du spectre. La fin guimauve originale propose d’envoyer la petite soeur toute seule dans le caveau de la demoiselle qui la hante et revenir bien vite guérie youpla on est contents.

Eh bah, non. Elle ne revient pas et le grand frère doit partir derrière, dans le caveau bien sombre. Je crois que je me suis arrêté·e à la première lecture sur la description dudit caveau, d’un grand craquement et des yeux luisants et annoncé la fin.

Ils ont eu un peu peur.

Enfin pas autant dans le deuxième groupe du lendemain – j’ai rapatrié mes bébés 6ème, franchement, ils n’avaient pas fait le bazar, s’ils voulaient rester ils étaient très calmes et ravis. Un des 4ème était limite à claquer des dents, et ses camarades m’ont rassuré·e, il était toujours comme ça, donc on continue. J’ai un peu appuyé sur la fin, le côté glaçant dans le caveau et le fait que quelque chose agrippe le héros. Clap de fin sur l’échine qui se hérisse. Ils sont morts de trouille.

Je suis toujours pas satisfait·e XD j’aurais bien voulu tester avec mes anciens bébés 3ème devenus des secondes, pour encore remodeler la fin. En tout cas, beaucoup de potentiel pour deux soirées d’Halloween, qui ont été vraiment intéressantes malgré le fait que les gamins avaient vraiment la bougeotte !

J’aimerais bien relire cette histoire à l’occasion – enfin avec mes modifications 😀 ❤


J’étais persuadée de vous avoir déjà posté ce billet ^^, comme je ne le fais que maintenant je peux vous parler de ce que ça a donné cette année !

J’ai donc repris ce spectre pour mon cycle d’épouvante, encore une fois. J’étais un peu embêté·e pour ceux qui l’avaient déjà entendu mais ils m’ont TOUS assuré qu’ils voulaient cette histoire. Enfin, j’ai pris un Chair de Poule pour les 6ème, je trouvais certains passages un peu sombres (et mes 6ème cette année font bien plus bébés 6ème que ceux de l’an passé).

Et j’ai complètement changé la fin et modifié le milieu. Virée, la rouquine surnommée Dico à cause du Larousse … virés, les éléments sur l’école. C’est l’été, c’est la canicule, le gamin est coincé avec sa soeur à la maison et obligé de veiller sur elle.

Et au moment de retourner dans le caveau … et ben il n’y a plus de spectre tout mignon.

Je trouve ces changements beaucoup plus a propos et qu’ils donnent lieu à une histoire plus intéressante. Seul problème ? Ça reste du roman. Donc, long. Et lorsque j’essaie de bien mettre le ton j’y mets le temps aussi. Cette gestion du temps a été compliquée cette année puisqu’elle a été de pair avec des changements à l’internat. On m’a bien demandé de finir en une heure (voire moins) et caser une pause snack …

Si j’aime toujours autant cette histoire, cela ne s’est pas si bien passé. J’ai dû virer bien deux 5ème rien que pour commencer, les 3ème ont bavardé, les 3ème pro m’ont carrément posé un lapin (suite au sondage de début d’année une douzaine était intéressé. J’arrive, plus personne. Plus de soirée lecture 3ème pro cette année au final).

Les quelques collégiens de l’internat des lycéens avec un de mes anciens 3ème ont été beaucoup plus réceptifs et calmes (malgré leur comportement d’habitude remuant).

Le pire a été l’internat des filles. C’est la première fois que je pars sans avoir terminé une lecture. Lorsqu’une élève (qui m’interromps régulièrement et me contredis) m’a arrêtée pour me dire qu’il ne se passait pas ça / que ça ne se passait pas comme ça dans le livre … je me suis juste levé·e et je suis parti·e. (Déjà il avait déjà fallu près d’une demi-heure pour démarrer parce que beaucoup de mauvaise volonté, des bavardages, etc.). Le contraste était juste total avec leur première soirée lecture où elles étaient deux fois plus nombreuses sur un autre thème et juste impeccables.

Donc voilà. Je ne sais pas si je reprendrai le cycle d’épouvante avec Ne vous disputez jamais avec un spectre au prochain Halloween. La longueur du texte en fait toujours une lecture difficile à proposer et ça fera la troisième fois pour certains élèves. On verra bien !

Lecture sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Textes et Document pour la Classe, n°1104 : Les discours médiatiques

tdc-discours-mediatiques1er juin 2016, 65 p. Canopé. Information – Communication.

Après Les combats féministes, je me suis lancé dans cet autre numéro de la revue TDC, plus pour le boulot que par curiosité personnelle.

Ici, on s’intéresse plus particulièrement à la presse de nos jours, soit avec la montée en puissance d’Internet et des appareils connectés.

La revue démarre par des repères temporels, une liste de vocabulaire, puis une liste d’articles sur les thèmes de la transparence chez les journalistes (qui aborde le fait que tout le monde puisse prétendre au travail de journaliste avec le web et les réseaux sociaux), la métamorphose de la manière dont l’actualité est retransmise (avec une historique bienvenue), les réactions du public suite à l’information et comment une information peut être répétée à outrance voire déformée, la manière de raconter un récit via un média, l’écriture journalistique, le fait divers, l’analyse des images dans les médias, l’irruption de nouveaux outils numériques utilisés pour retranscrire l’information (comme le smartphone), l’utilisation des chiffres et sondages dans les médias, la vulgarisation scientifique, le rôle joué par la radio dans le génocide des Tutsi, la place de l’école dans cet apprentissage des médias (<3 éducation aux médias et à l’information here we come), les quatre langages nécessaires à sa compréhension.

Pfiouh.

Je vous avoue que cette lecture a quelques années et que j’ai bien envie de m’y replonger à l’occasion pour éventuellement piocher des idées de cours avec mes cyclones ou pour ma gestion du CDI dans les activités quotidiennes ou animations ponctuelles.

La revue s’achève par une affiche qui ressemble joliment à du Mucha (mais je ne vois pas le nom de l’auteur noté, ce qui est dommage ; la seule référence est celle du copyright Réseau Canopé, Musée national de l’éducation 2016 et le fait que le visuel provienne de la BNF, mais qui est l’auteur ?).

La liste des ressources en toute fin est une mine d’informations pour quiconque travaille dans le milieu et fait remonter pas mal de souvenirs de master (coucou McLuhan). Classés par thèmes : histoire des médias, fabrique de l’information, médias et société, journalisme et littérature, sciences et médias, médias et images, à l’heure du numérique, éducation aux médias, catalogue Canopé et références TDC. TDC, je vous aime, c’est officiel. (Pourquoi je vous ai pas connus en préparant mon concours ? On aurait pu avoir une histoire tellement forte T_T)

Bref, vous l’aurez compris, c’est un excellent outil pour les professionnels de l’information, encore une fois pour bien comprendre le phénomène, les différents tenants et aboutissants et éventuellement préparer des séquences.

(Et oui j’ai encore eu du mal à le lire, je n’ai plus l’habitude des textes un peu universitaires, spécialement en science de l’information et de la communication. Un jour j’arriverai à lire tout un livre ou une revue sur le sujet sans somnoler mais je suis bien incapable de vous dire quand ça arrivera).


Ça faisait longtemps, un article lecture ! Et très porté boulot en prime ^^, Blague à part, je vais continuer à vous proposer les billets déjà rédigés mais je doute d’en préparer de nouveaux dans les jours à venir. Les bilans mensuels seront toujours là et si vous voulez un avis ponctuel j’en laisse de plus en plus sur Goodreads, vous pouvez le voir sur le widget à droite. Mais c’est en anglais. J’adore rédiger en anglais 😀 J’espère que ça ne vous rebute pas trop !

Bibliothèques Lynnaennes·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Moisson ! [Septembre]

En septembre, j’ai flâné dans un salon littéraire, et j’en suis revenue avec un livre de boulot.

C’est ma collègue qui a attiré mon attention dessus. Je ne sais pas si elle avait lu la quatrième mais le petit pitch sur l’autrice est effectivement très à propos : Bérengère Stassin est prof à l’IUT où j’ai étudié un an et forme des professeurs documentalistes.

(cyber) harcèlement classifie les différents types de harcèlement, ce qu’on peut mettre en place pour y mettre fin (notamment dans l’éducation à l’empathie, aux médias et à l’information et à l’esprit critique). Je crois qu’elle évoque aussi des adolescents en particuliers, ce qui risque d’être douloureux à lecture.

Et la même collègue, cette adorable !

Petit cadeau surprise, juste totalement parfait ❤ Ça faisait longtemps que je n’avais pas reçu de livre en cadeau inattendu et ce choix tombe de manière impeccable. J’avais le guide de Mari Kondo en anglais, le manga, je suis ravie de ce petit ouvrage qui approfondit la méthode (et remontre comment on plie les vêtements. C’est toujours utile).

Enfin, j’ai reçu un mail très choupi des éditions du Petit Caveau qui proposaient en service presse le tome 3 des aventures des vampires de la non moins choupi Lia Vilorë (j’avais adoré le premier ici et savouré le second juste là). La couverture de ce troisième est juste superbe, bravo à Catherine Nodet !

Et vous ? Vous avez acheté des livres, vous en avez reçu dernièrement ? A bientôt pour le bilan lecture !

Ce mois-ci, pas de bilan visionnage en perspective puisque je n’ai vu qu’une ou deux séries.

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Mieux vaut en rire

Roald Dahl (auteur). Grégoire Solotareff (illustrateur). 2005 (VF), 261p. Gallimard (Jeunesse). Humour.

Pourquoi vous méfieriez-vous de cette charmante hôtesse qui vous offre le plus confortable des logements et le plus chaleureux des accueils ? Demandez-le à l’un de ses locataires, si toutefois vous parvenez à les retrouver – vivants. Chacun de ces personnages, si inoffensifs en apparence, n’a-t-il pas quelque chose d’inquiétant ?

Pour préparer ma dernière lecture avec les internes de 3ème il y a deux ans, j’étais partie sur l’humour noir de Roald Dahl que j’avais découvert avec Coup de gigotJ’étais bien décidée par la nouvelle éponyme mais comme j’hésitais encore sur la suite, j’ai fouiné dans ce recueil, heureusement aussi présent sur les étagères de mon CDI secondaire.

Et je dois dire que c’est une petite déception dans cette optique. Aucune nouvelle à part la première n’a happé mon attention pour une lecture à voix haute. Si elles sont souvent drôles, ce n’est pas un humour que j’aurais pu transmettre à mes élèves ou alors il y a trop de références culturelles (notamment celle sur les meubles ou la machine à créer des auteurs et des livres à succès – quand ils ne s’intéressent déjà pas à la lecture :/).

J’ai retrouvé aussi le même « problème » que Coup de gigot : un vocabulaire bien soutenu et des textes plus longs aussi. Alors oui, je sais bien, Roald Dahl. Mais les textes jeunesse imaginaire de l’auteur se prêtent bien à la lecture à voix haute et ici, je ne trouve pas du tout. Tant pis, je me suis adaptée avec Coup de gigot.

En tant que lectrice, La Grande Grammatisatrice automatique m’a séduite sur la création d’une machine capable à partir d’algorithmes de « pondre » des récits qui vont se vendre. Madame Bixby et le manteau du Colonel ne m’a pas tellement plu parce qu’elle met plutôt bien en lumière la vision assez négative des femmes que l’auteur peut avoir et des relations (la dame Bixby qui trompe son mari avec le colonel et monte un bateau pour garder ledit manteau et on est sensés trouver que son mari lui joue un bon tour et le soutenir quand il la trompe lui-même).

Le Maître d’Hôtel ne m’a pas paru drôle, peut-être pour sa focalisation sur le vin, un sujet qui ne m’intéresse pas. Pareil pour Un homme du Sud, sur un pari qui manque de tourner mal (se couper le petit doigt pour gagner une voiture, heu) même si la chute est assez fun. La Logeuse est commune à d’autres recueils comme Tous les chemins mènent au ciel.

L’entourloupe d’Un beau dimanche m’a plu (un homme se fait passer pour un révérend afin de repérer de beaux meubles anciens chez des gens de la campagne) mais le texte se tire un peu en longueur – ou est-ce la police, le grand format ?

L’homme au parapluie m’a ennuyée aussi. Une mère et sa fille se voient proposer un très beau parapluie en échange d’un billet d’une livre par un monsieur fatigué pour prendre un taxi. La mère, méfiante, le suit dans un bar où elle le voit boire l’argent et voler un parapluie pour poursuivre le manège. Bof.

Gelée royale a un côté un peu fascinant sur cette petit fille souffrante, la mère inquiète, le père qui la soigne à sa façon. Le texte est très étrange mais plaisant dans sa bizarrerie.

A moi la vengeance SARL m’a plutôt bien parlé au début. Deux hommes se lancent dans une entreprise de vengeance : proposant à ceux qui le veulent de se charger de leur sale boulot pour eux. Un coup de poing, 500$, un oeil au beurre noir un peu plus etc. Problème, j’ai attendu la chute qui n’en est pas vraiment une et le récit ne va donc pas bien loin.

Le Connaisseur repart sur le sujet du vin, m’ennuyant un peu, surtout que là c’est un père qui essaie de faire deviner un cru à un autre homme qui demande comme récompense la main de la fille. Heu mon gars c’est pas une statue ou un sac de patates qu’on reçoit en cadeau, hein. Cou ne m’a pas laissé de grands souvenirs mais évoque encore une femme adultère et une relation de couple décevante.

Un recueil un peu décevant, à la fois en tant que lectrice mais aussi prof doc.

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Coup de gigot et autres histoires à faire peur

Lamb to the Slaughter. Roald Dahl (auteur). Quentin Blake (illustrateur). Elisabeth Gaspar, Hilda Barberis (traductrices). 1954 (VO), 2007 (VF), 123 p. Folio (Junior). Jeunesse.

Qui pourrait croire que derrière cette paisible ménagère, si tendre et si attentionnée avec son mari, se cache une terrible meurtrière ? Et cette logeuse débordante d’amabilité et de gentillesse, comment ne pas lui faire confiance ? Mais attention ! Les apparences sont parfois trompeuses.

Dans le cadre du défi britannique d’Evy, je me suis lancée dans une redécouverte de Roald Dahl au mois de septembre dernier. J’en ai profité pour découvrir deux petits ouvrages chipés au boulot mais j’ai manqué de temps et de motivation pour me lancer dans le recueil « adulte » Kiss Kiss. Dommage mais Coup de gigot à lui seul vaut le déplacement.

C’est amusant, il est paru dans la collection Junior de Folio mais il a un côté délicieusement noir qui semble loin de la littérature enfantine et qui m’a passionnée – enfin surtout pour la première nouvelle. Qui a d’ailleurs été adaptée par Hitchcock. J’avoue que j’ai eu un peu pitié de cette brave Mary, l’héroïne du texte qui donne son nom au recueil et j’ai adoré suivre son cheminement de pensée. Et quelle fin ! Délicieuse 😛 (enfin pas pour moi, je ne mange pas de viande xD) ça m’a rappelé Mise en bouche.

Les autres nouvelles (Tous les chemins mènent au ciel, La logeuse, William et Mary – un autre prénom d’héroïne aurait été pratique pour ne pas les confondre) gardent un humour très mordant même si c’est surtout Coup de gigot qui a retenu mon attention. Mais c’est typiquement ce qui me fait rire.

Pas pu m’empêcher de me dire que la brave Mme Foster de Tous les chemins mènent au ciel a eu bien raison, accessoirement, vu comment son mari la traite. Et cette élégance du langage aussi, dans la description de ses actions, avec ce côté délicieusement daté de la période. La logeuse, en plus d’humour noir, a pour moi une touche de fantastique et d’étrange (m’en fiche si c’est pas le cas, je la lis comme ça).

J’ai eu une petite impression de déjà vu avec le thème de William et Mary, peut-être en science-fiction mais plutôt du côté du phénomène scientifique, pas du point de vue de l’épouse. Et que c’est efficace. Une fois encore, une impression de juste punition et de satisfaction puisqu’on estime que les choses sont rentrées dans l’ordre. Et, effectivement, d’une manière bien grinçante et satisfaisante.

Ou c’est juste moi et mon côté glauque? 😀

Une petite lecture de laquelle je n’attendais vraiment pas grand-chose, et qui s’est révélée particulièrement chouette, et satisfaisante.


Quand mes 3èmes m’ont demandé de revenir pour une nouvelle soirée lecture, j’étais un peu perdue, aucune idée de quoi leur proposer. Et puis je me suis dit pourquoi pas un peu de cet humour un peu grinçant.

J’ai jeté un œil à Mieux vaut en rire, autre recueil de l’auteur, je vous en parle dans un billet futur. Mais je me suis focalisée sur deux nouvelles issues de Coup de gigot, finalement : le texte éponyme et William et Mary, sur la demande des jeunes (nan mais y a un côté un peu scientifique, un peu dégoûtant. Vous êtes sûrs ? okay ^^,)

La séance lecture a été un peu différente de la première fois. Comme il y a eu des changements et des ajouts dans l’internat, j’avais proposé au collègue surveillant de les emmener au CDI, ce sont des grands, ça va aller. Ça a un peu bougé, papoté, ri, mais en lien avec la lecture donc je ne me plains pas trop.

J’ai aussi essayé d’instaurer un dialogue pendant le texte pour ne pas les ennuyer, parce que je ne veux pas dire mais Dahl date un chouia, donc pour garder le rythme et l’humour, je les ai fait participer un peu. (J’étais un peu fatiguée, remarque, alors quand un des gamins a sorti que le M. de la première histoire trompait sa femme avec un gigot … j’ai ri.).

La deuxième nouvelle, William et Mary, a été un petit défi puisque longue et bourrée de vocabulaire scientifique et soutenu. J’ai essayé de simplifier tout ça et carrément taillé dans le vif du sujet en résumant avec des mots plus familier l’opération. Ça a aussi été l’occasion de mettre le ton, entre le côté froid et détaché de M. qui se fiche quand même un chouïa de sa femme (comme dans le premier texte), Mme qui est tout de même un peu perchée, et le scientifique entre tout ça.

Au final, je crois que mes loulous ont passé un bon moment et je me suis également bien amusée ^^ Et je crois qu’ils ont remarqué mon petit côté glauque en prime XD