Lectures sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Nouvelles de notre planète

Christian Grenier, Pierre Bordage, Florence Thinard, Christophe Lambert, Christophe Léon (auteurs). 1999, 156 p. Hatier (Classiques & Cie Collège). Nouvelles, Science-fiction.

Cinq nouvelles très contemporaines, angoissantes ou drôles, qui nous confrontent aux grands défis environnementaux de notre époque : la pollution, les risques de l’énergie nucléaire, la réduction de la biodiversité, le dérèglement climatique …  

Pour ma deuxième lecture à l’internat, je voulais des récits courts en science-fiction, qui risquaient de plaire à mes collégiens, de la 5ème à la 4ème. Couper La fille de 3ème B a été à la fois long, enquiquinant et en prime un crève-coeur parce que j’adore cette histoire … un recueil de nouvelles en SF n’a pas été facile à trouver, du moins sur les étagères de mes deux CDIs. Quelque chose de court, jeunesse, et facile à comprendre, puisque déjà je ne suis pas une grande lectrice de nouvelles, et les recueils que je peux connaître sont plus destinés à un public habitué au genre …

Au final, je suis bien contente d’être tombée sur ce recueil. Si la première histoire ne m’a pas plu (plutôt que des personnages, on suit sur plusieurs chapitres différents éléments sur le plastique, sa conception, son lâcher dans la nature, etc.), les suivantes, entre action, humour et superbe écriture (toute manière je suis amoureuse de Christian Grenier épicétou ❤ ) m’ont donné pas mal de matière.

J’ai un peu adapté la langue, comme la première fois, enfin les temps, temps du présent pour être plus dans l’action et plus près des élèves. Même si pour l’une des nouvelles, la langue était justement un peu compliquée … on y revient.

Accessoirement, ce qui m’a fait un peu bizarre, c’est que j’ai eu deux séances lectures sur ce recueil, puisqu’il y a plus de gamins dans cet internat que celui des filles. J’ai du mal à me répéter, j’essaie de faire toujours à l’identique (en cours aussi en fait ^^, ce n’est pas plus mal si en général on a une classe par niveau ^^,). Surtout qu’en fait, quand mes 3èmes pro m’ont réclamée, je ne savais pas trop quoi leur lire alors je leur ai proposé ça, et ils étaient plutôt enthousiastes, donc on y retourne pour la 3ème fois, heureusement que j’ai apprécié la plupart des histoires !

Noir destin pour plastique blanc (Florence Thinard) est la nouvelle qui m’a le moins plu. Honnêtement, j’ai failli lâcher le livre avant d’avoir fini tellement j’étais persuadée que rien ne correspondrait à ce que je cherchais. Si j’ai apprécié la discussion de l’adolescent avec ses parents sur la consommation, notamment l’opposition avec le père qui travaille à l’usine de plastique, et qu’il y a ce dialogue entre les ados sur les emballages de chips, les autres extraits ne m’ont pas intéressée et ils sont trop court, formant un tout assez maladroit. Au moins maintenant je sais que Thierry Magnier a édité un recueil de nouvelles SF (Nouvelles vertes) dans lequel je pourrai aller piocher. Je n’ai d’ailleurs pas lu cette nouvelle, pas assez linéaire donc et ne pouvant même pas m’appuyer sur les personnages, je pense que j’aurais perdu mes gamins à coup sûr.

Césium 137 de Pierre Bordage a plus d’action et passe mieux en voix, notamment avec les personnages et les péripéties qu’ils rencontrent (mon hurlement à la vue de l’énorme rat a remporté pas mal de succès). C’est un peu long, je trouve, et un peu cliché par moment quand même (Andra qui a un faible pour Puc est bien appuyé, et le fait de vouloir plus de doigts pour y mettre du vernis … j’ai été à la limite de couper cette réplique plutôt cruche). Mais les révélations finales ont impressionné mes gamins et les ont fait réfléchir, ce qui n’est déjà pas si mal.

Homo jardinus (Christophe Lambert) est la nouvelle qui m’a décidée à me lancer. Elle est pleine d’humour, avec un colonel anglais, des mots VO, de la pelouse et des nains qui disparaissent ….  elle est courte, aussi, ce qui aide. Bon, il y avait un peu beaucoup de références anglo-saxonnes qui manquaient à mon auditoire et donc quelques blagues perdues, mais le dénouement contrebalance ça sans peine. Il est triste, choquant (plus de plantes 😥 ), inattendu, et ce qui arrive à la pelouse puis au colonel apporte une touche d’humour malgré les circonstances.

Je suis la vigie et je crie : je suis amoureuse de ce texte ❤ Forcément, c’est du Christian Grenier. J’ai dû bien changer les temps, apporter quelques explications et rappels au fil du texte parce qu’il est assez complexe. Mais il en vaut tellement le coup ! On a envoyé quelqu’un dans le futur, et il a choisi de s’intéresser à un observatoire nouvellement détruit. Il en a ramené une espèce de boîte noire avec le témoignage de la vigie, le responsable du phare, qui relate ce qu’il est advenu de la planète. C’est beau, c’est fort, c’est émouvant, mais c’est compliqué puisque c’est enchâssé dans une autre situation – hell, même moi j’ai dû relire pour tout comprendre, y compris le fait que contrairement à ce que disent les politiques c’est bien le futur qui les attends, dans ses catastrophes climatiques. Et cette métaphore du fil d’Ariane ❤ quand un de mes gamins l’a repérée j’étais teeeeellement happy ❤ Mais, oui, texte assez compliqué, mais des mots tellement beaux ❤

Pour mes 3èmes, comme on a pris du temps pour expliquer certaines choses dans les différents textes, on s’est arrêté à cette nouvelle. Ce qui n’est pas plus mal puisque je me suis rendue compte que la dernière était compliquée aussi.

Ella de Christophe Léon m’a beaucoup plu lorsque je l’ai découverte. Ella est une jeune fille un peu étrange qui vit en cité et propose de démarrer un potager dans une cité et démarre une petite utopie. Les petits ont plutôt accroché à l’idée, mais je crois que les mots les ont perdus. C’est du langage un peu familier, un peu cité, qui cohabite avec des sons comme Ella elle a … heu ouais ils n’auront pas la référence hein ^^, et la répétition du prénom donne une structure un peu lourde aussi à l’oral. Le langage familier de l’auteur n’est pas vraiment celui de mes gamins, et s’ils sont restés très calmes (dernière nouvelle, un peu de fatigue je pense) je crois qu’ils n’ont pas tout compris … Et je me voyais mal couper dans le texte, qui a une structure, un rythme très musical, ou changer le langage qui se tient on its own … j’hésite à reprendre cette nouvelle pour une nouvelle occasion. Même si j’avoue que certaines expressions comme « chiche pois chiche », j’ai trouvé ça vraiment fun.

Je n’ai pas prêté attention aux dossiers, je le ferai davantage lorsque je commanderai le recueil pour le boulot.

L’un dans l’autre, la lecture a été intéressante et m’a beaucoup plu pour ma part. Elle a rencontré un certain succès avec les élèves et pourrait vraiment donner lieu à des discussions intéressantes, à part le premier texte qui ne me convainc pas du tout (sauf éventuellement la petite partie sur le sac plastique jeté sur la plage comme il met en scène des ados, en plus de la discussion familiale).

Si vous recherchez de la SF à thématique écologique, des textes assez courts (pour l’étude en classe aussi) je pense que ça peut fonctionner.

Lectures sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

La fille de 3ème B

Christian Grenier (auteur). 1999, 156 p. Rageot (Cascade Pluriel). Jeunesse, Romance.

Pierre a deux passions, l’une avouée, la musique, l’autre cachée, Jeanne la fille de 3ème B. Plus à l’aise avec les arpèges qu’avec les mots du cœur, Pierre va cependant aider Jeanne à découvrir la musique. Pourra-t-il la conquérir sans trahir son incroyable secret ? 

En cherchant une belle lecture, un peu doudou, avec une jolie histoire d’amour pour ma première animation lecture à l’internat, je suis tombée sur ce livre. Je l’avais lu quand j’étais ado, vers treize, quatorze ans. J’avais tellement aimé cette histoire ! Peut-être plus que la version de Jeanne – un narrateur masculin change, je trouve, et puis cette passion pour la musique m’avait emportée.

Si j’ai dû couper pas mal de passages – pour une heure de lecture prévue ; et encore, j’ai débordé, ça a duré près de deux heures – j’ai tellement aimé retrouver cette histoire !

Pour la langue, surtout. Les mots de Christian Grenier coulent avec tellement de fluidité et de douceur.

J’ai adoré le fait qu’il sonne délicieusement vintage à mes yeux, maintenant. La rédaction date des années 90 et ça se sent tellement ! Pour la technologie, surtout, et un peu le vocabulaire. Le téléviseur ! Une belle nostalgie qui fait sourire.

(Diantre, je suis plus vieille que Pierre, maintenant ! Ça me perturbe ! J’étais plus jeune que Jeanne quand je l’ai découvert … dans les années 90 XD ).

Si dans Virus L.I.V.3, l’auteur avait évoqué le thème du handicap avec Allis, il récidive aussi avec une petite touche : la mère de Pierre est dans un fauteuil. C’est simplement esquissé, mais j’apprécie la mention (même si je ne comprends pas trop pourquoi elle n’aurait pas pu continuer sa carrière de cantatrice … pas assez d’installations ? c’est dommage !)

Et le sacre du Printemps à la fin ❤ sans parler des phrases tellement jolies accolées à ce moment !

Bon, je pense que j’ai goûté les références musicales bien davantage qu’à l’époque, même si je ne les connais pas toutes. Stravinsky, par exemple, je l’ai découvert plus tard avec un plaisir infini (et savoir qu’il était la base du jingle de la Trilogie du Samedi me paraissait tellement chouette !). Et elles sont toujours liées à cette écriture fantastique qui s’égrène comme des notes.

C’est amusant, en relisant certains passages j’ai eu l’impression de retrouver des formulations, des ombres, qui sont dans mon roman. Je n’aurais pas imaginé que cette petite histoire m’ait tant influencée ❤

Parmi les petites phrases que j’ai tellement aimées :

C’est tellement plus facile d’aimer les gens à distance.

Là, je me suis rendu compte qu’elle était vraiment jolie : on paraît toujours plus beau, je crois, quand on est heureux.

Je crois que le courage, c’est ça : faire ce qu’on sait vrai et juste, en se moquant du regard des autres et du qu’en-dira-t-on.

Je veux bien mourir d’amour, mais pas mourir de froid.

-En réalité, c’est l’auditeur et en premier lieu l’interprète qui recrée l’oeuvre dans son intégralité au moyen de sa propre sensibilité. S’il n’a rien dans le coeur ni dans la tête, la musique sera une belle boîte vide. Chaque morceau est une caisse de résonance, Pierre. N’oublie pas : ce qui est important, ce n’est pas l’oeuvre en soi mais l’écho qu’elle suscite chez celui qui la perçoit. Et l’écho suppose une distance. Celle de l’espace et du temps.

Puis, pendant trente-cinq minutes, le Sacre explosa sur scène. Mais le printemps était dans la salle, niché entre nos deux sièges, dans nos mains intensément soudées. Puis le printemps fut dans la nuit qui nous enveloppa au retour et qui murmurait les mots d’amour que nous n’osions pas nous dire. Le printemps était dans mon coeur qui battait à côté du sien quand il fallut se quitter, et quand nous nous sommes embrassés.

Le printemps, ça ne dure qu’un moment. Et j’avais oublié les orages.


Honnêtement, pour la lecture à voix haute, j’ai fait pas mal de choix, notamment au niveau des coupes. Beaucoup de passages ont sauté, notamment dans la préparation des concerts, les leçons avec Amado, etc. Le pauvre Florent, le petit frère de Jeanne, n’a eu droit qu’à une mention ! Les petites phrases en allemand ont disparu, aussi, dommage, moi qui aime lire cette langue aussi ! Le temps est d’un vil !

Et ce côté un peu vintage … le téléviseur, dans ma bouche, est redevenu télévision. J’avoue. Bon, les disques, j’ai laissé, même la platine, mais je pense que pour mes demoiselles ça allait bien avec la musique classique.

Ma plus grande trahison, je dirais, ça a été les temps. Instinctivement, j’ai mélangé passé et présent. Souvent, j’ai omis le passé simple pour le passé composé, plus propice à mon auditoire et plus vivant à l’oral. Et, heu, j’ai raccourci certaines choses … pardon M. Grenier ! Je me suis fait un peu l’effet du traducteur à l’italienne : traduttore, tradittore ! Une petite trahison !

Mais, promis, c’était pour faire découvrir cette petite merveille à mes élèves. La plupart de ses si jolies phrases au présent, j’ai essayé de toutes les conserver.

Je crois que mes élèves ont plutôt apprécié (certaines se sont endormies très vite, mais pas grave. Et une autre ne m’a pas quittée des yeux et a eu des larmes non loin à certains moments) . En tout cas, les garçons m’ont réclamée trois fois depuis, et j’y vais ce soir … avec un autre livre dont je vous parlerai aussi !

Apartés - This little life of mine and other stuff·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

A year in … me (2017)

Petit retour sur 2017 d’un point de vue plus personnel !


Je suis ravie de vous dire que cette jolie image va rester pour cette année encore 🙂 2017, si elle a été beaucoup moins « extraordinaire » que 2016 (voyages, concerts, etc.) n’en est pas moins une très chouette année et j’en suis satisfaite !


Vous avez sans doute remarqué que le blog a changé de tête cet été ! Je suis passée par une période de remise en question, j’ai pensé à l’arrêter, même si ça faisait juste dix ans que je bloguais … merci encore à Photobucket pour bloquer les images à moins de payer, sans prévenir, non vraiment, je revois les heures passées à tout remettre en place.

Après, pfiouh, six ou sept ans avec le design dans des tons bleus et verts, on passe au mauve et au rose. J’adore le feeling cocooning et doux de cette nouvelle Falaise. J’espère qu’elle vous plaît aussi ❤

En plus, avec ce thème, je peux jouer avec le bandeau de catégorie juste sous le titre 😛 ce qui m’a rappelé que certaines pages n’étaient pas à jour, normalement, c’est fait. J’en ai ajouté une pour les éditeurs (quels titres chroniqués par maisons d’édition, et en projet des articles de présentation des maisons que je préfère) et les illustrateurs. Pour les autrices et auteurs, il y a une très jolie interview de Mélissa Scanu qui a démarré cette catégorie 🙂 J’aimerais bien être moins timide et développer cet axe !

J’essaie surtout de moins hésiter et de moins me prendre la tête avec ce que je veux faire, sans pression. Pour l’instant, ça ne fonctionne pas trop mal. Je publie deux fois par semaine au lieu de tous les deux jours, et c’est beaucoup moins lourd d’un point de vue rythme.

Ce n’est peut-être pas remarquable, mais j’ai commencé à davantage m’amuser avec les possibilités offertes par les galeries d’images par WordPress, pour proposer différents types de présentation. Mais c’est toujours un travail en cours.

J’essaie aussi – pas ces derniers temps, en revanche ^^, – de m’approprier un peu plus les réseaux sociaux, notamment Instagram que j’ai découvert à l’automne dernier, surtout avec le challenge Boho Berry (je vous en reparle plus bas !). J’aimerais prendre davantage de clichés livresques, notamment des livres que je démarre, mais ma technique photo laisse encore à désirer … tout un travail en perspective !

Et oui, j’essaie de penser à partager sur Facebook et Twitter, et Pinterest (j’adore Pinterest, je pourrais y passer des heures !), mais ça n’arrive pas tout le temps ^^, J’essaie aussi de penser à laisser davantage de petits mots sur vos blogs, merci le nouveau Feedly, mais c’est encore du work in progress 🙂


Si j’ai parfois l’impression de délaisser le blog, c’est pour cette raison. Je vous en parlais déjà dans le bilan de 2016, j’ai repris la rédaction d’un roman qui me tient immensément à coeur. C’était un de mes objectifs 18 Before 2018, et je suis ravie de vous dire que la première partie – devenue roman à part entière – est terminée depuis le 16 décembre.

Enfin le premier jet, hein. Mais comme c’est mon premier premier jet, je suis tellement heureuse ❤

Je suis repartie dans la planification de la partie suivante, maintenant. Encore un saut dans l’inconnu … et j’adore ça ❤

J’ai quelques autres projets pour cette année, notamment l’appel à textes des éditions Voy’el … on verra tout ça !


Quelques mots sur le boulot, puisque c’était une bonne part de mon article de 2016. Je suis bien acclimatée dans mes deux écoles, même si c’est un peu plus difficile cette année dans celle où je passe peu de temps (je fais le shift du vendredi de fin d’après-midi, 14h à 17h, et c’est plus lourd).

En plus, à deux reprises, mon directeur a fait mon éloge – devant les parents d’élèves et une personne haut placée de l’administration, ce qui fait tellement plaisir.

J’ai encore pas mal de choses sur lesquelles je voudrais travailler, comme l’organisation de petits évènements sur la lecture -non mais quand les gamins ne sont ni demandeurs ni motivés, je trouve ça plus compliqué ^^,


Non, toujours pas de photo sur le blog 😛 vous aurez plus de chance sur Instagram ^^,

Début septembre, je vous avais proposé un article d’objectifs d’ici à la fin de l’année (18 Before 2018), et si je ne suis pas sûre de les avoir tous remplis, j’ai fait de mon mieux. Je pense que je vous ferai un billet à part pour voir chacun d’entre eux individuellement. Mais 18 étaient définitivement beaucoup !

L’un de mes objectifs, le suivi santé, a été plus chaotiques, notamment parce que juste avant les vacances de Toussaint mon coach fitness s’est blessé et qu’il n’est revenu que juste avant celles de Noël … je commençais juste à me faire à cette routine sportive et remarquer une amélioration au niveau de douleurs au dos. Manque de bol, il n’a pas pu être remplacé (mais la salle de sport n’a pas oublié de prélever l’abonnement …)

J’en suis donc restée sur le badminton, deux soirs par semaine. Alors, j’adore ça. Mais mon premier objectif était de reprendre le sport, de me faire plaisir avec une activité que j’adore. Et il a vite dévié en une amélioration basée sur l’esprit un peu compétitif du club, même si on ne fait que des petits matchs. Si je ne suis pas vraiment compétitive et déteste les matchs officiels, j’aime bien jouer, pas seulement être une décoration sur un court. Je crois que je me suis mis un peu de pression toute seule dans ce domaine …

Et chaque soir, j’essayais de bosser sur le roman, pendant une à deux heures, voire plus les soirs de week-end. Je me souviens de quelques textos désespérés à Zatoun un vendredi soir, claquée par la journée de boulot (qui commence plus tôt … vous explique ensuite) et angoissée parce que je ne suis pas sûre de pouvoir écrire.

Non, je ne me mettais pas du tout la pression à essayer de finir ce texte d’ici à la fin de l’année XD

Rajoutez à ça de fichus travaux sur la route pour aller bosser et un temps de transport doublé dans le pire des cas, qui m’a décidée à partir une heure plus tôt histoire d’avoir un peu moins de monde devant (ce qui n’empêche pas de poireauter …) et donc beaucoup plus de temps dans la voiture, et toujours une chaise bien chiante au boulot XD

Deux semaines avant Noël ma doc m’annonce que je fais une cervicalgie ^^, mal dans la nuque et dans l’épaule. Maintenant, si ça va un peu mieux, je sens que ça va reprendre dès lundi puisque c’est reprise de voiture pour le boulot et donc du stress lié.

(Je me suis aussi peut-être mise une toute petite pression au boulot aussi en essayant de tout faire parfaitement. Mais toute petite).

Là, je vais essayer de bosser le plus possible au travail et moins en ramener à la maison (c’est marrant, quand j’étais étudiante je trouvais ça assez fainéante comme manière de faire ^^,). D’essayer de moins être parfaite dans ce que je fais, de moins viser une efficacité impeccable (c’est le revers de l’organisation, j’ai l’impression. De vouloir bien, on se retrouve à surchauffer pour être impeccable).

Pareil pour le badminton. Et ne pas me vexer lorsque le responsable parle de mettre en place des « matchs pour filles » où seules les filles peuvent marquer le point … Bon, après ça, j’avais mal à l’épaule et ai préféré ne pas y aller pour les dernières séances, mais elle a fait mal, cette sortie. Je déteste les différences garçons et filles et je me bats contre ça depuis mon enfance.

Au moins, ça m’a fait comprendre que ça prenait trop d’importance pour ce que c’était. Et c’est déjà ça.

Oui, les deux derniers mois ont été plus compliqués. Rajoutez à ça mon agacement de lecture (manga … bilan de décembre), il n’y avait guère que le roman qui marchait bien.

Et encore. J’ai pas eu le retour de ma bêta, donc j’ai peur ^^,

Ah, et j’ai aussi appris qu’il y a des moments et des lieux à privilégier pour laisser parler ses convictions. Aka féministes. Aka le #metoo movement. Et que la cantine du boulot n’en est pas un. Et que pour quelques semaines j’en ai été un peu malade, ainsi que des réseaux sociaux, et que j’ai failli tout arrêter … bon ça allait de paire avec un groupe FB pour le boulot dans lequel je me suis sentie bien jugée sur mes pratiques. Au final, j’ai fait un grand ménage et utilise beaucoup moins ce réseau, sauf pour le groupe des Perles de la librairie. Les crises de rire font du bien.


C’est tout pour 2017 🙂

Et vous, votre année 2017 vous laisse-t-elle un souvenir positif ? N’hésitez pas à en partager un fragment dans les commentaires ^^

Apartés - This little life of mine and other stuff·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

A year in … me (2016)

Après tous ces petits bilans culturels (livres, musique, films/séries), je vous propose un petit retour sur ce qui m’est arrivé en 2016.

C’est une année particulière pour moi. Particulièrement chouette. Entre autres, parce qu’un beau jour, en revenant de faire mes courses, en traversant le pont, près de ma librairie, je me suis rendue compte que j’étais heureuse. Juste heureuse. Ca ne m’était jamais arrivé.

Ceux qui me connaissent IRL le savent, j’ai un peu galéré après la fac. J’ai cherché du travail comme bibliothécaire sans avoir la moindre réponse positive, tout en vivant chez mes parents, ce qui n’était pas la meilleure des idées. Et un beau jour, je suis devenue professeur documentaliste contractuelle.

Ce premier boulot a été plutôt rock’n roll (présenté comme un poste d’assistante, je me suis retrouvée toute seule dans un CDI alors que je n’avais aucune idée de ce qu’un doc pouvait/devait faire, considérée comme une surveillante améliorée) mais j’ai vraiment aimé ça. Je me suis donc relancée dans un master de documentation (après mes études d’anglais, puis de bibliothèque) pour pouvoir passer le concours …

Ce qu’on ne sait pas, c’est qu’après ce fichu concours il y encore une année bien fun pour être titularisé et donc être définitivement enseignant. Ayant déjà fait une formation dans le genre lorsque je validais mon master, je pensais que je serais « tranquille ». Oui mais je travaille dans le privé, et j’ai donc eu l’immense joie, en 2015-2016, d’avoir à la fois des formations avec mes camarades de différentes matières deux jours par semaine, et trois fois durant l’année avec d’autres professeurs documentalistes stagiaires sur Lyon.

Cette année 2016 a donc été celle de mon année de stage. Je crois que la seule raison pour laquelle je ne suis pas devenue folle, c’est que la plus grande partie de ma sanité a été emportée pendant mes années de master, qui ont été rocambolesques à souhait également. J’ai eu de la chance d’être dans une école beaucoup plus accueillante, dans une ville que j’ai été surprise d’aimer autant, avec des collègues adorables et des élèves tellement choupis que je les appelais mes elfes (après mes trolls … bref).

J’ai eu un peu moins de chance avec la partie enseignement de mon boulot (si je peux gérer sans trop de problèmes la gestion du fonds et l’accueil des jeunes), puisque je n’avais jamais assisté à un cours donné par un prof doc auparavant, et que la personne qui me conseillait n’a pas vraiment choisi la meilleure méthode pour m’apprendre comment en réaliser. Entre autres, en prenant plus d’une heure pour me dire à quel point tout ce que je faisais était mal, excepté éventuellement accueillir mes elfes à la récréation. Dans ma tête, de décembre 2015 à mars 2016, j’avais totalement loupé mon année, voire ma carrière, et j’ai passé des soirées hébétée, voire à pleurer, complètement déprimée.

Parce que j’adore mon boulot. J’adore me lever le matin (bon sauf la partie lever, hein, ça reste dur), retrouver le CDI et mes élèves, mes collègues, parler livres à longueur de temps, encourager mes gamins à se poser et bouquiner, découvrir plein de choses, même leur apprendre comment faire des recherches ou se repérer dans le lieu physique ou plus virtuel du net … je me voyais mal tout arrêter et trouver autre chose.

Je vous passe mes larmes, ma cousine qui a vainement essayé de me remonter le moral lorsqu’elle me voyait aux vacances (et mon adorable cousin, qui, lui, m’a empêchée d’arrêter la fac l’année précédente et faire une croix sur le concours lorsque je voulais tout arrêter ❤ ), mes hésitations à en parler à ma meilleure amie.

Sachez juste qu’au final, tout s’est bien passé, et qu’après moult moult aventures je me suis retrouvée dans deux autres établissements pour de nouvelles aventures (les bizarreries de découpe des postes). J’ai une tonne de boulot, mais j’adore, notamment le premier, celui où je travaille quatre jours sur cinq. Je n’ai peut-être plus des elfes en cours, mais ça ne m’empêche pas d’adorer les retrouver.

Durant cette année, j’ai aussi appris que ce que je redoutais tout en ayant hâte de l’essayer, aka vivre seule, loiin de chez mes parents, était totalement dans mes cordes. J’adore vivre toute seule et profiter de cette satanée indépendance que j’attendais depuis mon adolescence ! Aha !

En parlant de ma nouvelle Falaise, je l’adore. Elle est toute biscornue, en haut d’un escalier en colimaçon, avec des poutres partout et des trucs bizarres. Elle est tout aussi étrange que moi xD.

Par contre, elle n’a toujours pas de bibliothèques et mes livres sont soit le long du mur soit empilés par lettre de nom de famille d’auteur. J’y travaille. Et vous n’aurez pas de photos, parce qu’il n’y a guère que la cuisine qui soit plus ou moins terminée. Que ce soit le salon, la chambre ou le bureau (j’ai un bureau ❤ une pièce pour mes bouquins de boulot et mon bureau – meuble professionnel gigantesque dont je suis dingue ❤  ) j’ai très peu de meubles et donc des tonnes de trucs par-ci par-là et forcément un décor pas du tout montrable xD

Je dois toujours être en mode étudiante parce que ça ne me phase pas plus que ça. Ca prend le temps que ça prends, je choisis avec soin mes petits trucs (comme ce téléphone fixe vintage style 60s que je viens de dénicher ^^) et je construis ma Falaise au fil des jours 🙂

J’ai eu la chance de rencontrer des personnes adorables cette année, notamment mes camarades de formations dans d’autres matières (je travaille avec l’un d’entre eux cette année d’ailleurs et c’est trop chouette), mes collègues prof doc à Lyon également.

Ça ne me rend pas moins triste d’avoir perdue une amie très chère sans comprendre pourquoi. Je pense que c’est en grande partie le manque de temps que j’ai eu à lui consacrer cette année. Mais je n’en sais rien au final, et je sais que les choses en resteront là.

Heureusement, j’ai mon projet personnel et ma meilleure amie, avec qui j’ai organisé ce projet qui semblerait si évident à certains mais qui l’était beaucoup moins pour moi.

Aux vacances, elle me disait qu’elle aimerait qu’on parte toutes les deux en voyage, puisque finalement notre idée de road trip européen n’avait pas pu avoir lieu il y a quelques années. Et parce que pour moi c’est toujours évident, j’ai suggéré l’Irlande, ce qui l’a enthousiasmée puisqu’elle n’y avait pas encore été.

Et là, j’ai eu peur. Parce que la dernière fois que j’ai parlé voyage avec quelqu’un, j’ai fini par ne plus avoir de ses nouvelles, à croire que je suis maudite (deux fois. Notamment la personne dont je vous parlais un peu plus tôt).

Bon, elle m’a rassurée, et puis on a organisé tout ça (et finalement je ne gère pas trop mal l’organisation xD enfin pour Dublin ce n’était pas trop compliqué, j’en avais encore de bons souvenirs), et vous découvrirez tout ça dans un prochain article, si j’arrive à vous le rédiger.

Passer du temps avec ma meilleure amie, partager ce pays que j’aime tellement et dans lequel je voudrais tellement retourner vivre et puis retrouver cette sensation de bonheur et de liberté irlandaises … une fin d’année parfaite pour compenser des débuts plus difficiles.

Et puis … mon petit projet personnel. Je me suis remise à l’écriture. Timidement, d’abord, une fois mon inspection passée (fichus personnages pas capables de me laisser tranquille >< ^^,), à relire les documents que j’ai rédigés il y a des années pour un récit qui me tient tellement à coeur. Puis plus posément, à écrire quelques notes, remettre des choses au goût du jour, à mon goût.

Et puis au moment des Imaginales. Fiévreusement. A rédiger à nouveau. Je retrouve depuis chaque soir ou presque, mon carnet Filofax et McFly, mes deux acolytes préférés, pour planifier étapes, traits, univers ou affûter mes mots. Et j’adore cette sensation ❤

Je ne sais pas si je vous en ferai davantage part. C’est un élément de ma vie que je partage très peu, excepté avec ma meilleure amie (à qui j’en rebats les oreilles depuis des années, et qui a la grâce de me bêta lire depuis ma reprise ❤ ), et quelques personnes que je connais IRL. Et je ne me sens pas capable d’affronter des questions ou des réflexions comme ça a pu être le cas au lycée. Je ne suis pas prête. Je ne suis prête qu’à écrire.

Et sans entrer dans les détails, j’ai fait une autre découverte sur moi-même cette année. Je me sens tellement plus sereine depuis que j’en suis arrivée à cette conclusion ! Mais c’est peut-être aussi la somme de tous ces chouettes évènements qui me rendent plus calme et plus épanouie, aussi 🙂

**

Wow. En voilà un pâté. Je vais m’arrêter là.

Et vous, votre année 2016 vous laisse-t-elle un souvenir positif ? N’hésitez pas à en partager un fragment dans les commentaires ^^