Lectures sur un rocher

Narnia, tome 2 : Le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique

The Chronicles of Narnia 2 : The Lion, the Witch and the Wardrobe. C.S. Lewis (auteur). Anne-Marie Dalmais (traductrice). Pauline Bayes (illustratrice). 1950 (VO), 2005 (VF), 186 p. Folio (Junior). Fantasy – Jeunesse.

Pendant la seconde guerre mondiale, les raids aériens se succèdent sur Londres. Peter, Edmund, Susan et Lucy ont trouvé refuge chez un vieux professeur quelque peu excentrique. Au cours d’une partie de cache-cache, Lucy pénètre dans une armoire. Elle se dissimule parmi les vêtements qui deviennent les arbres d’une forêt enneigée. C’est ainsi qu’elle découvre l’extraordinaire pays de Narnia, où règne une sorcière aux pouvoirs maléfiques.

J’ai l’impression d’avoir perdu mon temps et ma voix. Oui, oui, ma voix. Je n’ai pas du tout aimé ce livre. Est-ce que je me fais vieille? Parce que l’univers imaginé, son originalité, m’est complètement passé par-dessus la tête pour plusieurs raisons.

J’ai détesté le côté bien-pensant religieux, les morales inhérentes à chaque chapitre ou presque. J’imagine que l’auteur voulait faire de son conte un roman d’initiation éducatif aussi, mais franchement ses morales de style ne pas mentir, ne pas être glouton, ça va cinq minutes, mais pas chaque chapitre.

Et puis cette différence entre filles et garçons. Certes c’est aussi propre à l’époque mais je déteste les récits où les filles sont présentées comme des petites choses fragiles qui ne peuvent se défendre et sont là pour être maternelles, chaleureuses, jolies. Des pots de fleur entourés d’une couverture chauffante. Zut.

J’ai déjà trouvé idiot la présence du Père Noël qui leur apporte des cadeaux, mais Peter qui récupère bouclier et épée, normal, Susan un arc dont elle n’est pas censé se servir parce que M. Noël ne veut pas qu’elle combatte (ben offre autre chose alors ! Un robot ménager, au moins ce sera bien clair), et Lucy un poignard mais uniquement pour se défendre hein (les armes d’attaque, c’pas pour les fillettes). « Les batailles sont très laides quand les femmes combattent ». Et quand les mecs s’en mêlent, c’est de toute beauté, c’est ça ?

Et tout est trop simple. Ce n’est pas parce que les enfants sont les premiers lecteurs qu’il faut réduire les obstacles à la portion congrue (Aslan arrive très vite, Edmund demande pardon et puis tout va bien).

Ce qui n’a rien arrangé, c’est que du moment où j’ai ouvert ce livre, il est tombé en morceaux, aucun cahier ne tenait en place. Inutile de vous dire qu’une fois ce billet terminé, il est désherbé, et je ne compte pas terminer la série.

Nombre de tomes parus : 7 (série finie).

Lectures sur un rocher

Feuilles de juillet

En juillet, je poursuis les lectures manga et je freine un peu sur l’imaginaire malgré de très belle lectures. Comme pour juin, quelques-unes sont prévues pour le challenge Destination Iran et elles resteront encore un secret jusqu’au 10 août, mais je ne pense pas que je lirai tous les livres prévus pour l’occasion, vu le temps pris pour un et une petite répétition dans les thèmes (et je n’ai pas non plus envie de vous poster dix billets d’un coup, ça fera trop). Je vous dirai juste qu’après un début passionnant, je suis mitigée sur les lectures choisies.

Dans ce petit mois d’imaginaire, je poursuis House of Night (bas droite) des Cast, avec beaucoup de plaisir. Les auteurs développent plusieurs thèmes qui m’ont passionnée, on ne piétine pas dans l’intrigue. J’ai aimé retrouver les personnages et deviner quelques évolutions se dessinent.

Toujours en fantastique, j’ai enfin tenté Au sortir de l’ombre avec pas mal d’hésitation (les autres livres que j’ai lus des Editions du Riez ne m’ont pas plu du tout), mais l’univers proposé par Syven, s’il est assez complexe à suivre et m’a souvent perdue, est vraiment original, sombre, prenant et plausible, et je vous conseille sans problème cette lecture dans laquelle je n’ai pas spécialement détecté de défauts, excepté un petit inconfort de lecture.

Mon horrible lecture du mois est de la fantasy avec Narnia. Je n’ai vraiment pas aimé du tout. Est-ce parce que je ne suis plus toute petite ? Ou parce que le motif catholique bien-pensant m’a insupportée ? Peut-être un peu des deux. Ajoutez à ça que les cahiers du livre tombaient limite en morceaux, oubliez totalement le confort de lecture pour ne laisser que l’agacement.

En matière de science-fiction, deux très bons ouvrages avec tout d’abord Sans parler du chien. J’aime Connie Willis, je vénère ses textes sur le voyage dans le temps, et je veux faire ça quand je serai grande. Pas écrire de la SF – enfin si seulement, hein – mais étudier le passé en m’y rendant *u* J’ai moins vu le temps passer que dans Le grand livre, celui-ci est un petit bonheur et je l’ai adoré. Le récit d’Un logique nommé Joe est moins intéressant, mais certains éléments décrits sont particulièrement captivants : il date de 1946 et dépeint un réseau qui ressemble curieusement à Internet. A vous faire dresser les cheveux sur la tête et à lire.

Beaucoup, beaucoup de lectures mangas ce mois-ci. Un grand regret avec Toe Shoes de Megumi Mizusawa, une adorable série shojo sur une ballerine, dans un style léger que j’adore, mais pas publiée en français. Kitchen Palette n’est pas publié non plus mais je suis moins dérangée pour cette petite série culinaire, puisque c’est le même auteur que H3 School, un peu vulgaire, mais surtout, l’héroïne et le héros sont pratiquement identiques physiquement entre les deux, ce qui m’agace beaucoup.

J’avais envie de lire Peach Girl depuis un certain temps, mais je m’attendais à un style plus punchy et force est de constater que c’est un peu plat. Momo est intéressante mais sans plus, je pense m’arrêter à ce premier tome. Paradise Kiss se distingue par le style fantaisiste et original d’Ai Yazawa sur des jeunes en école de design qui rencontrent une jeune fille dont ils veulent faire leur mannequin, et changer sa vie.

Real Clothes est très spécial, très réaliste, sur une jeune femme qui travaille dans un grand magasin au rayon des futons qu’elle dirige, un poste qu’elle adore et va quitter suite à une promotion vers un univers qu’elle ne maîtrise pas du tout. J’aime beaucoup ce type de série où le héros est en perpétuel apprentissage et nous fait part de ses découvertes et où son évolution est visible et plausible.

Otomen est une petite série légère sur un garçon qui a plutôt des goûts féminins (shojo, cuisine, couture) que j’ai du mal à apprécier parce que la genderisation des goûts m’agace facilement (oui, ça me gonfle un peu d’entendre qu’un garçon ne peut pas aimer les shojo ou une fille le foot).

J’ai testé le manga un peu plus mature avec Midnight Secretary, sur une jeune femme qui décide de devenir la parfaite secrétaire de son nouveau patron, le directeur d’une grande société, qui se révèle être un vampire. Mais à ses yeux, ça signifie seulement améliorer encore ses capacités de secrétaire. J’ai bien aimé le thème des clans, peu exploité à mon goût, avec une vision de la créature pas spécialement passionnante, plutôt intéressant pour la dévotion de l’héroïne qui se transforme en humour par moment, mais s’arrête un peu brutalement sur une révélation assez importante.

Captive Hearts est une suite intéressante (une jeune héritière que l’on croyait décédée avec ses parents en Chine des années auparavant revient au Japon pour le plus grand plaisir du majordome inquiet ; moins pour son fils, qui se révèle atteint de la malédiction de sa famille et vénère brutalement la jeune femme) qu’on poursuit pas uniquement sur le thème de la romance en restant très humoristique. L’auteur exploite le passé de l’héroïne dont je ne m’attendais pas à ce qu’il ait été aussi sombre et qui apporte une touche d’originalité à une série qui aurait pu être bien fade.

A.D. Angel’s Doubt me laisse plus dubitative avec le tome d’introduction auquel je ne vois pas trop d’intérêt. Le dessin n’est pas mal mais le récit me laisse vraiment de marbre, je ne comprends pas en quoi il est intéressant. Pour Kiss of Rose Princess, j’aime ce style de shojo esquissé dans ce premier volume avec une touche de fantastique, quelques mystères sur la famille de l’héroïne et de l’humour.

Et mon grand, grand favori de ce mois-ci que j’adore : Glass Mask de Suzue Miuchi, qui avait été traduit en français par Laura ou la passion du théâtre en anime, mais qui n’est pas édité en français. Pourquoi ? Est-ce parce qu’on atteint le cinquantième volume, et le premier paru en 1976 ? Mais il est trop super chouette. Une adolescente qui ne s’estime bonne à rien se découvre une passion et un talent incroyable pour le théâtre (à voir au sens large jouer un rôle, donc théâtre, cinéma, drama), on suit son évolution, son travail pour ses rôles, et on découvre d’ailleurs certaines pièces, parfois traditionnelles japonaises que je ne connaissais pas du tout. C’est extrêmement prenant, j’adore.

Quelques revues ce mois-ci aux couleurs des super héros. J’ai particulièrement aimé le numéro spécial d’Historia qui décortique les éléments contextuels aux sorties de différents personnages de comics, l’approche historique est intéressante. L’Écran Fantastique est plus orienté cinéma et séries avec un point important sur Les Gardiens de la Galaxie, qui sort prochainement, acteurs, réalisateur, mais aussi plus techniques, ce qui me passionne moins, et différentes adaptations comme Gotham, la nouvelle série prévue à la rentrée et qui me tente de plus en plus.

Avant de désherber ce petit jeunesse, je l’ai relu rapidement. Dans Dommage que ce soit un secret, un petit garçon, Basou, se rend en vacances d’été chez sa grand-mère où il retrouve une petite fille vue l’été précédent, mais leur fin de séjour s’était marquée par un vilain tour qu’il lui avait joué. A sa grande surprise, elle est très gentille avec lui et propose même de lui révéler un secret s’il fait tout ce qu’elle lui demande. Je garde le même sentiment que petite, lorsque je l’ai lu pour la première fois, j’ai l’impression : c’est intéressant, mais court (je devais lire La Petite maison dans la prairie, à la même période, pour vous donner une idée des longueurs de texte), et je ne comprends pas comment la gamine s’en sort sans remontrances à la fin.

La Vierge des glaces, un petit conte d’Andersen, ne m’a pas emportée non plus dans l’histoire de Rudy, un petit garçon qui échappe tout bébé au baiser de la reine des glaces éponyme qui veut le récupérer. Good Christian Bitches non plus, le matériel d’origine de la petite série que j’adore avec Kristin Chenoweth en est très loin. Je me suis ennuyée et en plus j’ai été choquée d’un personnage de huit ans obsédée par son poids et son alimentation, un message totalement malsain puisque si la mère ne l’encourage pas, elle laisse faire.

Envy est le troisième tome de la série The Luxe, romance située au début du XXème, après le mariage de Penelope et Henry, un peu contraint et forcé (merci les rappels subtils des premiers chapitres). J’en suis au début mais je me laisse porter. L’écriture de l’autrice a un charme tout particulier qui donne envie de prolonger l’atmosphère désuète et dictée par l’étiquette. Si vous hésitez encore, je vous parle du premier tome un peu plus en détail, et du deuxième.

Vous avez lu, vous comptez lire certains de ces livres ? Et qu’est-ce que vous avez dévoré en juillet ?