Au bord des mots, lectures sur un rocher

XXXHolic, tome 3

xxxHorikku. Clamp (autrices). Suzuka Asaoka, Alex Pilot (traduction). 2003 (VO), 2005 (VF), 180 p. Pika (Seinen). Manga – Fantastique. 8,05 €.

Lycéen, Kimihiro Watanuki est poussé malgré lui par une force étrange qui le fait entrer dans la maison d’une médium, Yûko Ichihara, qui attendait cette visite inéluctable. Face à ses déclarations, Kimihiro reste perplexe, et afin de parer à son scepticisme, la médium lui révèle des détails concernant son passé, notamment un lourd secret lié aux forces occultes. Pour se débarrasser des visions qui l’assaillent, Kimihiro accepte un petit boulot d’homme de ménage chez cette médium plutôt difficile à vivre…

Pourquoi faut-il que cette série soit si addictive ? Je ne peux lire qu’un volume à la fois T_T Certes, je savoure, mais zut, j’ai envie de la dévorer !

On commence par quelques jolies pages couleur, pour atterrir sur une partie de base-ball entre Watanuki et Yuko, et un pique-nique avec Dômeki, qui accompagne le duo dont la complicité commence à faire sourire, et Himawari, la jeune fille que Watanuki apprécie beaucoup. Shaolan refait une apparition, pour un passage dont je me souvenais dans Tsubasa Reservoir Chronicle.

C’est Himawari qui parle d’une autre affaire à Yuko : des lycéennes jouant avec les esprits. Heureusement que je n’ai pas lu cette histoire de nuit ou après un weekend chez une amie, j’aurais franchement flippé … Des points bonus pour l’air idiot de Watanuki avec l’accessoire que la sorcière lui refile. J’aime toujours le motif des volutes, même en noir et blanc. L’histoire est prenante et drôle à la fin.

Dans la suivante, on découvre la réserve d’objets magiques reçus en paiement des vœux exaucés par Yuko. Une jeune femme désire très fort un rouleau décoré, que la sorcière lui offre si elle promet de ne pas chercher à l’ouvrir, ce que bien entendu, elle ne fera pas (le vilain spoil, je sais). Encore une étude de la nature humaine dont j’ai aimé les conséquences chaotiques. Yukô porte un très joli yukata, aussi.

La dernière histoire, très jolie, nous fait découvrir un renard qui tient un stand de nourriture que peut voir Watanuki. Elle est toute petite, mais toute mimi, et j’espère recroiser ces personnages par la suite.

Zut, c’est trop court, vivement la suite !

Nombre de volumes parus : 19 (série finie).

Tome 1

Tome 2

Tome 4

Tome 5

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Côté Face, tome 2 : Noces de Lune

Anne Denier (autrice). Miesis (illustratrice). 2012, 545 p. Ed. Anne Denier. Fantastique – Romance. 19€.

Il n’était plus. Ainsi il y avait bien une fin à cette histoire. Trois cents ans de souvenirs se bousculèrent dans ma tête, des ruelles de Prague aux salons de Berlin, dans la douleur et les regrets.

Je l’ai tant aimé. 

Nous nous sommes tant déchirés.

J’avais vraiment, vraiment beaucoup aimé le premier tome de la série Côté Face. Dès que je l’ai pu, j’ai acheté le tome 2 (je ne le regrette pas, puisqu’en plus il est en rupture totale sur son site), et la réédition du premier aux Imaginales. Je pensais le lire avant ce tome 2, qui compte pour mon ABC Imaginaire, mais j’ai zappé cette étape lorsque Snow m’a demandé de lui prêter lors de sa visite estivale.

En fait, il aurait vraiment mieux valu que je reprenne Côté Face avant Noces de Lune. Je pensais avoir une bonne idée de ce qui s’y est passé, au final cette lecture a un peu perturbé les souvenirs que j’en avais, j’avais du mal à situer les époques par rapport au premier. On navigue entre quatre temps : le présent, 1735, 1745 et 1911 (ajoutez à ça les au moins trois époques de Côté Face dont j’essayais de me rappeler), et je me suis un peu perdue.

Cela dit, c’est une construction intelligente et intéressante : on découvre par bribes le début de la relation entre Clara et Côme, leur mariage, leur vie de couple, leurs « retrouvailles » houleuses au XXème siècle et l’état d’esprit de la jeune femme après sa mort à lui (fin du volume 1). Même si j’ai été plus intéressée par les prémisses de leur relation, j’ai aimé les voir évoluer à travers différentes périodes de leur vie.

Au début, Clara me plaisait beaucoup. Elle avait un côté espiègle, ne se laissait pas démonter, et avait un franc-parler qui m’a souvent fait pouffer de rire. Au fil du récit, sa froideur m’a de plus en plus frappée jusqu’à découvrir un élément qui m’en a franchement détachée (Te séduire, t’enlever, te violer et t’assassiner : ces « règles du jeu » de Côme, elles viennent de Clara), et puis le fait qu’elle aurait volontiers sacrifié Nebel.

Je me rappelle avoir beaucoup aimé les poèmes qui agrémentaient Côté Face, mais ici j’ai trouvé qu’ils alourdissaient un texte déjà compliqué à mes yeux. La langue est une fois encore très belle, même si certaines tournures m’ont frappées comme étant plutôt lourde (que j’en possédasse, par exemple). Mais la plupart du temps, j’ai aimé que Clara nous fasse partager ses sentiments, on ressent la force de ceux-ci, de sa douleur. Si on croit sans trop de problème à ses sentiments à elle, de Côme, ceux de Son Ange, j’y ai beaucoup moins cru (il passe assez rapidement de la fille du lapidaire à sa « cousine » …).

Néanmoins, malgré ces petits points plus mitigés, j’ai beaucoup aimé cette lecture, que j’ai finie très vite tout de même. Elle reste aussi très agréable du point de vue de la mise en page aérée et claire, un confort de lecture que j’ai beaucoup aimé retrouver.

Et encore une fois, mention spéciale à la très, très belle couverture de Miesis.

Nombre de tomes parus : 2 (série en cours)

Tome 1 : Côté Face.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

La compagnie des fées

A Midsummer’s Nightmare. Gary Kilworth (auteur). François Truchaud, Sébastien Guillot (traducteurs). Anne Rouvin (illustratrice). 1996 (VO), 2007 (VF), 403 p. Folio (SF). Fantasy. 8,20€.

Titania, Obéron, Puck et les autres fées du Songe d’une nuit d’été ne sont pas sortis de l’imagination de Shakespeare, mais existent bel et bien. Pour combien de temps encore ? La forêt de Sherwood, leur résidence ancestrale, est en train de disparaître, rongée par le développement urbain. Obéron, le roi des fées, décide de guider son peuple vers la Nouvelle Forêt, où leur magie restera intacte. Ils partent à bord d’un car hors d’âge, guidés par Sid, un jeune mécanicien qu’ils ont asservi. Mais l’ignoble sorcière Morgan le Fay fera tout pour les arrêter.

Ce roman m’a été offert par Littérature et français à l’occasion du Swap créatures de lumières de l’an dernier, je l’en remercie une fois encore, car c’est une très, très jolie lecture, pleine de charme.

On retrouve les elfes/ fées du Songe d’une nuit d’été, Titania, Obéron, et leur peuple (on hésite entre le terme, durant le roman, ce qui peut être un peu perturbant de nos jours où on étiquette et caractérise tout). L’auteur n’hésite pas à les dépeindre avec une pointe de cruauté et d’inconséquence, quitte à ce que le lecteur ne les apprécie pas trop, mais cela les rend plus vrais (Titania, entre autres, enlève un bébé, ce qu’elle trouve parfaitement normal. Le seul problème que cela pose à Obéron : il aurait voulu voir l’enfant avant pour faire la même chose).

Dès le premier chapitre, l’écriture m’a séduite, entre expressions soutenues et langage plus familier lorsque les elfes discutent avec des mortels. Je n’ai pas été choquée par le choix de certaines expressions, comme la plupart du temps dans le cas d’une traduction.

La présence de ces créatures magiques en contact avec des éléments plus modernes est évidemment source de fous rires. Ils ont décidé de quitter leur bien-aimée forêt de Sherwood qui a tant diminué qu’elle est presque réduite à un buisson, et avec elle diminuent leurs pouvoirs. Comment se rendre dans la nouvelle forêt ? En car, piloté par Titania. Titania qui conduit est déjà un monument loufoque qui vaut le coup d’œil. Sa découverte de la nourriture en conserve pour chat qui devient dans son esprit du chat est sympathique aussi !

On découvre sur le chemin nombre de créatures et lieux magiques du pays. C’est intéressant, je suis juste un peu déçue de ne pas avoir pu en situer davantage. L’auteur pallie à ce souci avec une petite bibliographie en fin d’ouvrage, détail toujours appréciable.

J’ai beaucoup aimé découvrir les origines de Puck. Je me suis aussi attachée à Earl, le traveller ancien Hell’s Angel, qu’Obéron va orienter vers un autre domaine. Et il y a le pauvre Sid, jeune mécanicien ensorcelé par les fées pour les aider à bricoler le van qui va les emmener vers la nouvelle forêt, qui doit supporter leurs caprices sans pouvoir s’échapper. Les fées, aussi, toujours drôles sans le vouloir.

On se laisse porter avec plaisir par les tribulations de la petite troupe jusqu’à leur arrivée dans la Nouvelle Forêt.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Rêve de Fer

The Iron Dream. Norman Spinrad (auteur). Jean-Michel Boissier (traducteur). Pierre Faucheux (illustrateur). 1972 (VO), 1977 (VF), 347 p. Le Livre de Poche. Science-Fiction. 8,20€.

Le meilleur roman d’Adolf Hitler : Le seigneur du Svastika.

Adolf Hitler est né en Autriche le 20 avril 1889. Emigré de fraîche date en Allemagne, il servit dans l’armée allemande pendant la Grande Guerre. La paix venue, il fit une brève incursion dans les milieux radicaux de Munich avant d’émigrer à New York en 1919. Il y mena de pair une existence précaire d’artiste de trottoir et de traducteur occasionnel à Greenwich Village.

En 1935, il jugea son anglais suffisant pour faire ses débuts d’écrivain. La Convention mondiale de Science-Fiction lui décerna en 1955 le prix Hugo International pour « Le Seigneur du Svastika ». Il est également l’auteur de « La Race des Maîtres » et de « L’Empire des Mille Ans ». Laissez-vous emporter par Adolf Hitler dans un lointain futur où Feric Jaggar et le Commandeur d’Acier se dressent seuls face aux hordes de dégénérés sans cervelle pour défendre la race pure …

J’avais envie de lire ce livre, qualifié d’uchronie, depuis un bon bout de temps. Je ne sais pas si j’avais réalisé que le récit qu’on lit est celui écrit et publié par Hitler. Mais je me souviens que j’avais très envie de le lire, et que j’étais contente de l’avoir trouvé d’occasion (même si la couverture ne m’inspire pas du tout).

Je l’ai lu vite. Très vite. Un peu moins de 24h. Mais, honnêtement, vu la lourdeur du texte, le racisme sous-jacent à chaque page, l’ennui incommensurable qu’il représente, la catastrophe finale de lecture, ça n’a pas été suffisamment rapide et a suffi à me plomber.

La première chose qu’on remarque, c’est ce vocabulaire lourd et répétitif, rien que le terme « viril » revient dans presque chaque paragraphe. Le thème de noblesse, aussi, bien sûr, et du physique et de la personnalité exceptionnels du héros, Feric, et n’oublions pas la pureté de ses gènes. On en bouffe, de la pureté des gènes de Feric, croyez-moi.

La structure des phrases, souvent très longues, n’arrange rien. Et les détails, jusque dans les couleurs des vêtements, la description des salles où il se rend … inintéressant au possible, au bout d’un moment, et plat, et pesant.

Je ne dis pas que ça aurait relevé le niveau, mais un détail marque : absence totale de présence féminine, si ce n’est pour quelques « dégénérées », simples objets de plaisir, à un moment du récit. C’est un univers purement masculin, détail qui est abordé dans la postface à la fin, plutôt intéressante celle-ci.

L’aspect génétique aurait peut-être pu me plaire s’il n’était pas matraqué de cette manière, mais rien n’est moins sûr.

Une chose au moins est très bien : on croit tout à fait qu’Hitler est l’auteur de ce texte. Ça n’empêche pas que c’est une lecture abominable.

Je pense que j’aurais de beaucoup préféré suivre l’uchronie proposée dans le résumé, où Hitler émigre aux États-Unis et devient auteur. Ça aurait été probablement moins lourd que le roman.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Angel Sanctuary Deluxe, tome 2

Tenshi Kinryouko Bunko. Kaori Yuki (autrice). Nina Olligschläger (traductrice). 2002 (VO), 2011 (VA), 404 p. Carlsen (Manga !). Shojo – Fantastique. 15, 40€.

Setsuna, jeune lycéen de Tokyo, est amoureux de sa petite sœur, Sara. Il sait que c’est un péché et essaie de l’oublier, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’elle partage ses sentiments. Lorsqu’ils sont, semble-t-il, définitivement séparés, Setsuna découvre qu’il est la réincarnation de l’ange organique Alexiel, et que les guerres angéliques vont reprendre.

Dans l’ensemble, j’ai tout autant aimé ce deuxième volume que le premier, même si j’ai eu davantage de mal à le comprendre. J’avoue qu’il m’est arrivé de ne plus me rappeler de ce que disent les personnages, de ne pas comprendre exactement ce que signifient les dialogues, et de me laisser porter par les images vers une autre section plus compréhensible. Au final, j’ai dévoré ce tome  en quelques heures, comparé aux plusieurs jours du premier tome, c’est un mieux.

Attention, spoilers dans ce passage, si vous ne voulez pas trop en apprendre, passez au suivant ! On achève l’arc terrestre de la série pour débuter la descente de Setsuna aux Enfers à la recherche de sa bien-aimée Sara. Après une brève période où il est heureux avec elle, ils retournent tous les deux à Tokyo, c’est le drame : une des anges de Rosiel, Kirie, tue la jeune fille et Setsuna s’éveille, menaçant de détruire la ville. J’ai beaucoup aimé ce qui apparaît comme un rêve du jeune homme, un univers sans magie où lui et Sara sont juste un couple, pas reliés par le sang … L’auteur alterne ensuite entre les dangers des Enfers et les rivalités entre anges, Rosiel surtout revenu, et Sevothtarte qui gère le « paradis ». Quelques pages proposent aussi une vie antérieure d’Alexiel, au destin toujours tragique, racontée par Kira qui révèle son rôle dans son existence, que j’ai beaucoup aimées, leurs personnages me plaisent énormément. Fin du spoiler.

Ces passages sur les anges, malgré un grand nombre de personnages, me plaisent tout particulièrement. L’auteur a fait de nombreuses recherches au niveau des noms et fonctions des anges, pour proposer un tout cohérent. J’ai hâte de poursuivre cette partie de l’intrigue et que Setsuna y arrive lui aussi. Un peu étrange de voir coexister deux noms pour le même personnage : Gabriel et Jibril (je croyais que ce dernier correspondait plutôt à la religion musulmane? Ils n’utilisent que Gabriel dans la version française du manga).

J’aime bien l’humour qui pointe de temps à autres malgré la dureté ou les horreurs des évènements. Comme Setsuna dans une usine de mannequins, qui se demande ce qu’il fait là et se gratte l’arrière de la tête avec un bras, et Sara qui le réprimande. J’aime sa légèreté et son ironie déployée au fil des pages, trop rarement, mais bon, ça se comprend ^^.

Les dessins sont toujours aussi impeccables et magnifiques. La qualité de l’édition est généralement au rendez-vous, excepté sur une page avec pas mal de traces, au papier abîmé avec presque un trou dans la page. J’espère que les volumes suivants ne seront pas dans cet état, il n’y avait pas de problèmes avec le premier ….

Mais à part ce petit souci, c’est toujours une superbe lecture, malgré quelques difficultés de compréhension.

Nombre de tomes parus : 10 (série finie)

Tome 1

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Apocalypsis, tome 1 : Cavalier blanc : Alice

Eli Esseriam (autrice). Aurélien Police (illustrateur). 2011, 238 p. Matagot (Nouvel Angle). Fantastique. 14,90 €.

La fin du monde est proche.

Ils sont quatre jeunes de 17 ans : Alice, Edo, Maximilian et Elias.

Ils sont les Cavaliers de l’Apocalypse.

Ils n’épargneront que 144 000 âmes. En ferez-vous partie?

« Cela doit être reposant, parfois, d’être une personne lambda, destituée de toute responsabilité, lovée dans l’ignorance de tout ce qui se joue dans des sphères plus élevées. Pour la première fois, je les regarde avec une sorte de jalousie contenue. La fin du monde, pour eux, se défniit par une mauvaise note en latin, déchirer son pantalon au niveau des fesses ou se faire larguer devant tout le monde dans la cour du lycée. » Alice Naulin, Cavalier Blanc

J’étais très tentée par cette lecture, en partie pour la superbe couverture d’Aurélien Police, mais aussi et surtout devant les chroniques dithyrambiques des copines, Snow en tête. Bien contente de tomber sur ce premier volume en occasion, j’ai aussi emprunté les suivants à la demoiselle blogueuse, qui m’a bien conseillé de prendre mon temps et de ne pas les lire à la suite, la structure se répétant dans les quatre volumes qui développe le parcours de chaque Cavalier de l’Apocalypse avant leur éveil.

Je suis parfois pressée de rendre les livres à qui je les ai empruntés, mais pour le coup, je vais suivre son conseil et patienter, car si la lecture d’Alice a été plaisante, je pense que je me lasserais du principe avant la fin et que je perdrais le plaisir de la série.

Si le roman a été plaisant, le personnage principal a été une autre paire de manches. Alice sait tout et vous décrit tout avec une froide logique qui tape vite sur le système. Ses expressions m’ont parfois fait rire, comme celle sur le bandeau de mon édition : »L’enfer est pavé de bonnes intentions. Tu viens de carreler toute une cuisine ». Mais sinon, elle comprend chaque situation, vous détaille son état d’esprit, celui des autres, et son langage n’est pas naturel pour une jeune de cet âge (sauf, bien sûr, quand on est suprêmement intelligent et parfait). Ici elle m’est presque devenue antipathique. Après, je comprends que ce soit important d’avoir un « cerveau » dans le groupe, mais il n’a pas besoin d’avoir, littéralement, pardon du jeu de mot, « la grosse tête ».

Son père m’a plu, tout comme son ami et éventuellement davantage au début, j’étais un peu déçue de la non-évolution de leur relation. Sa mère, en revanche, m’a un peu choquée par ce qu’elle lui sort et sa réaction finale … Le dialogue avec Aaron, le jeune atteint d’Asperger, m’a plu, malgré une fois encore un discours pas naturel. Ses camarades de classe ne sont pas spécialement intéressants, sinon, un clou qu’Alice enfonce soigneusement tout au long du récit. Mais je ne me suis pas sentie triste ou désolée de ce qui lui arrive, j’avoue que je n’étais pas vraiment étonnée. C’est un peu le sentiment général, pas trop étonnée.

J’ai aimé cette présence un peu étrange qui lui promet son pouvoir et de grandes aventures, ce groupe. Les « rêveries » de ses camarades, aussi, m’ont donné hâte de lire leur récit. Ne plus revoir l’héroïne avant le tome 5 est un plus indéniable 😛

J’ai tout de même adoré la référence à La Guerre de Troie n’aura pas lieu ^^ et plus tard au Meilleur des mondes.

Ce billet a l’air très négatif, mais le récit m’a assez plu, juste pas aussi surprise que je l’aurais cru, mais donné envie de poursuivre la série tout de même.

Nombre de tomes parus : 5 (série finie).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Les Eveilleurs, tome 1 : Salicande

Pauline Alphen (autrice). 2012, 521 p. Le Livre de Poche. Fantasy – Jeunesse. 6,90 €.

« Nous avions trois lunées, mon frère et moi, lorsque notre mère a disparu. S’il est vrai que la vie connaît des carrefours, celui-là en est un. Nous avons grandi sans elle mais entourés d’amour, dans notre vallée protégée de Salicande. Nous ne savions rien des Temps d’Avant, rien de la Grande Catastrophe ni des objets interdits. Rien de nos dons étranges. » 

Quand l’écriture est un voyage.

Quand le voyage est écriture.

Quand les frontières sont abolies.

Non pas pour faire naître le chaos.

Mais pour éveiller….

J’avais un peu entendu parler des Eveilleurs par Snow et Blackwolf, qui m’avaient dit que c’était une valeur sûre. J’ai mis du temps à tester, et au final j’ai eu un mal fou à me mettre à ce billet, parce que cette lecture était superbe, et que je ne suis pas sûre de parvenir à la décrire. Je l’ai fait durer longtemps, presque deux semaines pour un petit poche, j’ai adoré l’univers dans lequel Pauline Alphen nous immerge avec douceur.

Commencer par la liste des personnages m’a un peu perdue, je me suis sentie obligée de revenir en arrière parfois pour la consulter. Et puis on a un extraits des carnets de Sierra, la mère des protagonistes, sur le livre et le Vrai Lecteur, qui m’a définitivement fait partir sur de bonnes bases. Et arrive le premier chapitre du point de vue de Claris, l’héroïne, frustrée, agacée que les aventures n’arrivent jamais aux filles, qu’aux garçons, qu’elles ne sont pas faites pour faire de l’escrime, que les filles ne sont que des P.P. dans les aventures qu’elle lit. Des Princesses Passives. Exactement ce que je pensais quand j’étais plus jeune, je n’ai pas vraiment eu de mal à adorer ce personnage (ajoutez son sens de l’orientation plus que défaillant, et j’en étais encore plus proche ^^;  ).

Claris « fait » tellement vrai. C’est un petit personnage de chair et de sang, tout comme son frère Jad, ses parents, leurs amis, les adultes qui gravitent autour d’eux …  J’adore quand une histoire part sur d’aussi bonnes bases. J’ai pensé que ça s’arrêterai là, que l’histoire serait meh, l’écriture sympa, mais sans plus.

Pas du tout. Absolument pas. L’écriture est magnifique, elle a des accès de poésie qui transportent le lecteur à Salicande, dans la vallée verdoyante, une nature omniprésente qui m’a fait rêver.

Le contexte a aussi beaucoup joué dans cette appréciation. Je m’attendais au début à ce que l’univers se situe dans une époque médiévale, fantasy, à part de notre temps. Ce qui aurait été déjà bien, vu les atouts  du récit. Et en fait, c’est encore plus. Le temps de Jad et Claris est dans le futur du lecteur, ajoutant un côté contre utopique à écarquiller les yeux de surprise. J’avais hâte d’en apprendre davantage, sur ce qui est arrivé à ce monde. Et c’est extrêmement plausible (tellement que, franchement, ça ne m’étonne pas vraiment, cynique powa). La chronologie récapitulative en fin de volume est bien pratique aussi.

J’ai trouvé, aussi, les petites mises en garde contre les dangers de l’addiction aux réalités virtuelles, les conséquences qu’elle peuvent avoir, même avec un ajout d’élément fantastique, particulièrement d’actualité et bien posées.

Au début, j’ai trouvé que l’intrigue en elle-même n’était pas très poussée, qu’on se laissait justement porter par les personnages, leur quotidien, les petits changements qu’ils apportaient à leur vie, que le gros élément modificateur se faisait attendre presque jusqu’à la fin. Autant, j’aurais aimé bouleverser un peu davantage les choses plus tôt, autant je trouve ce début superbe tel qu’il est, à découvrir les Nomades de l’écriture (une trouvaille qui m’a fascinée également), entre autres, à être porté par la magnifique écriture de Pauline Alphen (je me répète, mais elle est vraiment superbe, j’ai particulièrement aimé, même s’il m’a un peu perturbée, le choix de termes tel que décades, lunées, lunaisons).

Les références littéraires ou cinématographiques sont aussi un très, très bon point, entre Harry Potter, la légende arthurienne, les mythes antiques … Le thème de la lecture, aussi, via les personnages des Nomades, les études dans ce domaine que Claris veut entreprendre, les textes de celle-ci ou de Sierra, est parfaitement amené.

Je ne m’attendais pas trop au thème de la prophétie, ou du jeu d’échecs, je ne voyais pas venir du tout ce qu’il allait amener (j’ai étonné que ça en reste à la toute fin, j’attends de voir ce qu’il arrive dans la suite).

Pour résumer tout ce bla-bla, c’est une lecture fantastique que je recommande chaudement.

Nombre de tomes parus : 4 (série en cours)

Tome 2 : Ailleurs.

Tome 3 : L’Alliance.

Tome 4 : Le Passage.