Challenges 2016 – Bilan

Cette année, je me suis intéressée à plusieurs challenges, bien moins que les années précédentes, et ça me convient plutôt bien : un demi-ABC (j’aime tellement cette formule !), le défi SFFF et Diversité (pour lequel il faudrait vraiment que je me dépêche d’envoyer mes liens, et j’ai adoré la liste de base même si pas le temps de tout lire) et Femmes de Lettres (je vais regretter son arrêt puisque j’ai surtout passé du temps à faire des recherches, temps que j’ai vraiment apprécié aussi).

Après de l’Histoire et de la science-fiction en 2015, je me suis orientée vers un nouveau challenge ABC, demi une fois encore (13 lettres au lieu de 26) sur le fantastique cette fois, avec une option vampire. J’ai terminé, une fois encore, sur le fil, juste avant Noël.

Malheureusement je retiens pas mal de déceptions, plus je pense que de belles lectures. The Historian reste abandonné une fois encore ; la danseuse de flamenco vampire ne m’a pas séduite ; Crossfire n’était pas à la hauteur de mes attentes  ; Anno Dracula trop touffu ; Skal est parti dans tous les sens dans son mix de fiction et documentaire, et La lignée n’avait qu’une touche de fantastique.

Deux surprises : Les soupirs de Londres et Le livre perdu des sortilèges. Le premier ne me tentait pas trop parce que je n’avais pas trop aimé d’autres livres de l’auteur ; le second est tout bonnement superbe ❤

En SFFF, j’ai aimé les découvertes que j’ai faites, et les recherches qui y ont mené. J’aimerais bien qu’il soit illimité … Cette question de la diversité m’interpelle de plus en plus, et je pense que j’orienterai mes lectures dans cette direction à l’avenir.

Ca, et des origines variées comme avec Fille de l’eau d’Emmi Itaranta, un récit finlandais plein de charme. Les Outrepasseurs s’est révélé une merveille que je n’ai pas pu lâcher au cours de mon premier Week-end à mille. Et Axiomatique m’a complètement emportée, moi qui pensais que la hard SF ne me passionnerait pas du tout.

Les déceptions, malheureusement, ont aussi été au rendez-vous. Chromoville m’a larguée dès le début. J’en attendais beaucoup, je suppose.

En matière de Femmes de Lettres, peu de découvertes pour l’instant à part Benoîte Groult et beaucoup d’idées, tant classiques que contemporaines. Encore une autre orientation que je souhaite adopter dans mes lectures futures, et peut-être même un tag sur le blog pour signaler que l’auteur est féminin. A voir.

En ce qui concerne les challenges perpétuels : j’y pense peu, malheureusement.

Agatha Christie, Au coeur de la Rome antique, Fant’classique, Histoire et The Thursday Next Challenge : complètement oubliés, je l’avoue, même si je risque d’y revenir. Pour Thursday, je crois que je suis un peu déprimée par le manque de suite pour les autres séries de l’auteur même si je n’ai pas fini celle-ci, je n’ai pas envie d’arriver au dernier tome paru et plus rien 😦

Austenien : j’attends de trouver des éditions qui me conviennent. Et j’ai vu quelques adaptations cinéma et série que j’ai beaucoup appréciées et dont j’aimerais vous parler !

Livres à Relire : un challenge qui n’est absolument pas une priorité, juste pour vous indiquer une relecture.

Et vous ? Vous participiez à beaucoup de challenges en 2016 ?

L’Opéra macabre

opera-macabreAuteur : Jeanne Faivre d’Arcier.

Illustratrice : Anne-Claire Payet.

Nombre de pages : 524.

Parution : 2013.

Éditeur : Bragelonne.

Genre : Fantastique.

Prix : 25€.

Résumé éditeur : On a beau être vampire, on n’en est pas moins femme…

Des maisons closes d’Alger aux dédales de Bombay, des ruelles sombres de Séville aux bûchers funéraires de Bénarès, les créatures de la nuit ne cessent d’envoûter les humains qui croisent leur route. Mais aujourd’hui comme hier, Carmilla, la sublime danseuse de flamenco vampire, ou Mâra, la Déesse écarlate, qui fut l’amante du Prince des Démons avant de devenir la favorite de nombreux maharadjahs, restent femmes jusqu’au bout des ongles : leurs passions et leurs vengeances sont implacables, surtout lorsqu’elles se piquent d’aimer des tueurs de vampires ou d’exterminer les buveurs de sang assez fous pour les combattre.

Entre l’or rouge et la magie noire, la crasse des théâtres et les sortilèges des palais indiens, la guerre du sang s’annonce plus funeste que jamais…

J’avoue que la première phrase du résumé me laisse un peu pantoise, je ne vois pas trop comment elle s’applique … Bref.

L’Opéra macabre regroupe Rouge Flamenco et La Déesse écarlate. Je m’attendais à ce qu’ils aient une certaine continuité, ce n’est pas le cas. Mâra est un personnage croisé dans la première partie, dont on détaille un peu plus les origines dans la seconde, mais après un grand nombre de pages qui m’ont bien perdue.

Rouge Flamenco met en valeur Carmilla, une danseuse de flamenco vampire, qui raconte son histoire à Johannès et se trouve pourchassée par celui qui l’a transformée. Je n’ai déjà pas compris pourquoi il a fait ça, cet abruti, il ne l’appréciait pas et l’a abandonnée dès le début (ce qui ne se fait pas dans cet univers).

La Déesse écarlate plonge dans la magie noire et le folklore hindou et indien. Mais vraiment, avec une histoire de secte, de vampires, et une origine qui remonte à la mythologie de cette partie du monde.

Les deux parties ont en commun l’ennui qu’elles ont éveillé en moi, malheureusement. Je n’ai apprécié aucun personnage. L’écriture a un côté nerveux, qui ne se pose jamais, un peu froid, je ne m’y suis pas faite.

J’ai apprécié un élément des vampires, qui ne m’ont pas spécialement marquée par leur originalité : le signe noir. Ne sont transformés que des humains qui se distinguent par leurs penchants sombres et leur état désespéré, sinon ils ne supportent pas leur métamorphose et deviennent fous.

De l’épopée hindou je ne retiens que l’aspect des vies antérieures et des amoureux qui se réincarnent – et encore, Jonathan avait douze ans lors de cette première vie, ce qui rend les choses chouïa glauque. Je ne m’attendais pas du tout à ce contexte et j’ai eu cette impression de trop de choses, tant de personnages, toujours présentés avec cette écriture froide au présent qui m’a totalement laissée hors du récit.

Je me suis forcée à poursuivre ma lecture, parce que j’avoue qu’au bout de cinquante pages je me doutais bien que ça ne passerait pas … j’en aurais été déçue si j’avais eu des attentes particulières (peut-être que cette fameuse phrase d’accroche m’a déjà laissée en retrait sur cette vision de la « femme », puisque ça passe par le sexe et son exploitation, qui sont des thèmes qui m’intéressent moyennement).

Une récit vampirique qui se veut fresque épique, mais décousu à mes yeux, et qui m’a pesée et ennuyée.

Vampires

vampiresAuteurs :  Estelle Valls de Gomis, Jean Marigny, James Malcolm Rymer, Thomas Preskett Prest, Charlotte Bousquet, Meddy Ligner, Tonie Paul, Denis Labbé, Géraldine Blondel, Sire Cédric, Lucie Chenu, Nicolas F.J. Bally, Olivier Gay, Maupassant, Patrick Duclos, Sophie Dabat, Héloïse Jacob, Franck Ferric, Frédéric Mistral, Caroline Gaillard, Léonor Lara.

Illustrateur : Sébastien Bermès.

Nombre de pages : 266.

Parution : 2008.

Éditeur : Glyphe.

Genre : Fantastique.

Prix : 20€.

Résumé éditeur Vampires, c’est l’alliance des Grands Anciens et des écrivains les plus modernes, de Guy de Maupassant à Sire Cédric et Denis Labbé, de Frédéric Mistral à Jean Marigny et Charlotte Bousquet. Vampires, c’est aussi le mythe le plus célèbre, redessiné dans ses facettes les plus originales, de la créature de chair à la créature de sang, du cristal au psychisme, de l’amour à la peur.

J’ai entamé cette lecture un peu à reculons. J’avais encore en tête d’autres recueils qui n’étaient pas franchement bien passés, même pour les nouvelles plus anciennes, et donc déjà connues. Au final, la découverte est appréciée, même si avec toutes les anthologies que j’ai lues cette année j’ai un peu l’impression de tourner en rond, notamment pour des classiques comme Varney le Vampire, qui n’est pas mon préféré.

Mais Jean Marigny préface celle-ci et une de ses nouvelles trône à la table des matières alors je ne râle pas trop. Celle-ci est une surprise. J’ai lu peu de textes qui assemblent le thème des vampires et de la Seconde Guerre mondiale, et la surprise est agréable.

Chaque nouvelle, au final, propose des éléments sur cette créature fantastique qui m’ont interpellée et que j’ai trouvés intéressants – ce qui est ce que j’attends en premier d’un recueil. Le fait que j’apprécie ou pas les intrigues passe un peu au second plan, même si l’une d’entre elle s’est définitivement distinguée : celle de Sire Cédric, Morte. J’ai adoré son côté mystérieux, où le narrateur, gardien de nuit, relate différents évènements sans faire intervenir directement la créature du titre.

J’avoue que j’ai été un peu déçue du thème des bijoux vampiriques, qui pompent l’énergie/la vie des personnages, il y a bien trois nouvelles qui l’illustrent, c’est trop pour moi. J’aurais tendance à proposer une anthologie qui se focalise là-dessus dans ce cas … d’autant qu’aucune d’entre elle ne m’a particulièrement marquée.

Le texte de Lucie Chenu m’a au contraire fortement interpellée. Dans Le Sang du temps, Elisabeth d’Autriche, Sissi, est un vampire. Je lirais volontiers tout un roman sur cet univers. L’expression « un éclat de miroir maléfique » m’a beaucoup parlé (il a un côté La Reine des Neiges – et je parle du conte originale, pas de la bluette Disneyienne).

Au final, un recueil plutôt intéressant, même si j’ai vraiment apprécié peu de nouvelles.

Dans les veines

dans-les-veinesAuteur : Morgane Caussarieu.

Illustrateur : Bastien Lecouffe-Deharme.

Nombre de pages : 312.

Parution : 2012.

Éditeur : Mnémos (Collection : Dédale).

Genre : Fantastique – Horreur.

Prix : 19,50€.

Résumé éditeur : La canicule enflamme les nuits bordelaises. Une bande de camés dévaste un supermarché. Et tandis que l’on repêche des cadavres exsangues dans la Garonne, des filles perdues poussent leur dernier soupir sur le son du Bathory, nouveau repaire de la faune nocturne. Chargé d’enquêter sur ces événements, le lieutenant Baron suit la trace de tueurs dégénérés avides de sexe, de drogue et de rock’n’roll, bien décidés à saigner la cité girondine.

Vampires… Le mot, absurde, échauffe les esprits, sans que personne n’ose encore le prononcer. Et alors que l’investigation piétine, Lily, la propre fille de Baron, s’entiche de l’inquiétant Damian, pensant trouver dans cette passion toxique un remède à son mal-être.

J’ai découvert l’écriture de Morgane Caussarieu avec son essai Vampires et bayous, qui m’avait vraiment plu par sa recherche et son écriture très fluide. Très peu portée horreur, j’ai quand même acheté son roman, la même année je crois, et j’en ai longtemps repoussé la lecture. (Oui parce que je lis avant de dormir, et merci Sire Cédric j’ai déjà eu des terreurs nocturnes ><). ABC vampires, cette année, je me lance !

Aucun regret. L’écriture est fluide, passionnante, (oserais-je le dire? :P) fascinante. J’ai eu beaucoup de mal à détacher mes yeux des mots choisis, parce qu’ils le sont à la perfection. Il y a presque une poésie dans le glauque, dans la gradation de l’horreur, de la violence. Je n’ai pas réussi à adorer, comme les termes trop crus restent loin de ma sphère, et il y a un côté un peu sexiste que je ne peux ignorer.

Les personnages, c’est le cas de le dire, sont hauts en couleur. J’y ai cru, j’ai adoré les suivre, même dans cette succession d’horreurs. Caussarieu construit ses vampires à la punk, dans le stupre et la fange, et ça fonctionne. Damian, JC, Seiko … et proposer de les suivre dans leurs débuts vampiriques est la touche que j’ai adorée, puisqu’on exploite différents lieux, différentes époques. J’avoue que le Londres punk des 80s est une destination qui me tenterait bien (et vu la fin ouverte, je continuerais bien à suivre JC!).

Ironiquement, c’est le personnage de Barron que j’ai détesté. Représentant de l’autorité, d’une certaine forme de justice, qui tombe totalement à plat lorsqu’il est question de sa fille et qu’il devient le monstre. Superbe retournement.

Attention, par contre, vraiment, âmes sensibles, je ne vous recommande pas ces vampires. Pour les autres, savourez : effectivement, ils ne brillent pas au soleil, et c’est un régal.

The Historian

historianAuteur : Elizabeth Kostova.

Langue : anglaise.

Nombre de pages : 605.

Parution : 2006.

Éditeur : Sphere.

Genre : Fantastique.

Prix : 9,50€.

Résumé éditeur Dans la bibliothèque de son père, une jeune fille découvre par hasard un étrange ouvrage : une couverture ancienne de cuir fané, un livre vierge de toute écriture à l’exception d’une unique image centrale sur laquelle un dragon aux ailes déployées protège entre ses griffes un unique mot, DRAKULA. Le livre s’accompagne de quelques lettres qui commencent par ces mots : « Cher et infortuné successeur, … ».

Commence alors une quête palpitante où Histoire et légendes se confondent sur les traces de Vlad Tepes, plus connu en tant que Drakula. Mais que cache ce mystérieux ouvrage et quelles épreuves attendent les infortunés possesseurs de ce livre ?

Lors de mon premier ABC, il y a bien trois ans de ça, j’avais sélectionné ce livre que j’avais déniché en Irlande (comme le Skal). Je ne sais pas pourquoi, alors que le thème me parlait vraiment bien, il m’est littéralement tombé des mains au bout d’une page. Bon. Je n’ai donc pas achevé mon challenge cette année-là mais j’avais bien l’intention de le reprendre.

Arrive donc 2016 et mon challenge spécial vampires. L’occasion, donc, de découvrir cette historienne et cette version de Dracula – d’autant que le livre, s’il fait un peu pavé, a une couverture très jolie, dans ces tons de rouge sombre, noir, les gouttes de sang en surbrillance. La police interne est agréable, aérée. Il vaut mieux, parce que le temps paraît très long.

J’ai abandonné cette lecture, elle m’est tombée des mains au bout d’un peu plus longtemps que la première fois. Autant l’écriture peut être vraiment belle dans sa description des voyages, de l’école, autant elle m’a également perdue. L’auteur mélange trois temporalités : celle de l’héroïne sans nom, l’historienne, qui parle de son adolescence ; celle de son père, qui raconte ses souvenirs d’étudiant, toujours relatifs à d’étranges événements ; enfin, celle du professeur de son père, M. Rossi, qui livre sa version de l’étrange. Si cette dernière est plutôt claire (présentée sous forme de lettre et en italique), j’ai souvent confondu le narrateur, entre le père et la fille. Il n’y a pas de différence visuelle, en anglais les pronoms ou les termes féminins sont plus rares et il n’y a pas de précision de date ou de point de vue en début de chapitre ou de partie. J’ai eu du mal à comprendre de qui il s’agissait, et situer les différents extraits.

Si l’écriture est belle, elle fait aussi parfois contemplative, un peu longuette, rejoignant un autre problème : le manque d’action. Et de vampires T_T J’ai passé la page 150, je ne suis pas convaincue d’en avoir croisé. Et c’est dommage. On voyage. On raconte des souvenirs. On vole un cahier, attention. Et on voyage, et on discute. Que de longueurs malgré une belle écriture qui ne meuble pas, je trouve …

Le cadre avait tout pour séduire, pourtant, avec la période historique (années trente, cinquante, je dirais), l’Angleterre, l’Europe, le père enseignant, la jeune fille perdue dans ses études à laquelle je pouvais m’identifier sans peine. La rencontre, pour l’instant, est manquée, mais je n’abandonne pas, je le reprends dans trois ans ^^,

Vampires: Encounters with the Undead

Auteur : David J. Skal.

Langue : anglaise.

Nombre de pages : 605.

Parution : 2010.

Éditeur : Black Dog & Leventhal.

Genre : Fantastique.

Prix : 9,20 €.

Résumé éditeur According to legend, vampires live forever – and our fascination with them seems equally enduring. In this towering collection, featuring two centuries of spine-tingling literature, lore, ephemera, and history, noted vampire authority David J. Skal takes us on an unprecedented tour through this most captivating of subjects. From classics of the world’s literature to pulp magazine serials to actual historical accounts, Skal has packed this volume with great, bloodcurdling writing, including :

-The Book of Vampires, Dudley Wright
-Vampires of Roumania, Agnes Murgoci
-The Vampyre : A Tale, John Polidori
-Loving Lady Death, Theophile Gautier
-The Family of the Vourdalak, Alexis Tolstoy
-Carmilla, J. Sheridan LeFanu
-The True Story of a Vampire, Eric, Count Stenbock
-The Adventure of the Sussex Vampire, Sir Arthur Conan Doyle
-Bewitched, Edith Wharton
-I, The Vampire, Henry Kuttner
-The Bat is My Brother, Robert Bloch
-The Girl with Hungry Eyes, Fritz Leiber
-I Am Legend, Richard Matheson
-An Interview with a « Vampire », David J.Skal

Every page of Vampires also features a column of commentary by Skal, expanding and reflecting upon the stories and exploring the evolution of the vampire mystique in folklore, literature, and popular culture. Some 200 beautifully rendered black-and-white images, ranging from vintage engravings to film stills and posters to pop-cultural artifacts, make this book a true Vampire’s Feast.

J’avais déniché ce pavé lorsque j’étais en Irlande, dans une vie antérieure, et n’avais jamais osé l’ouvrir. Mon demi ABC annuel est tombé à point nommé pour essayer de le faire sortir de la PAL.

Le début m’a rendue très enthousiaste, avec son aspect folklorique, les commentaires de l’auteur dans la marge, dans une autre police d’écriture. L’auteur, dans ces notes, a un style intéressant, et elles m’ont plu. Au début.

Et il s’est avéré que ces marges proposaient aussi un récit de fiction. C’est déjà compliqué, surtout avec un pavé pareil, de lire des récits anglais souvent anciens, mais quand juste en parallèle, dans une autre police, vous avez une autre histoire de fiction qui se déroule, ou carrément un extrait de documentaire, c’est à vous larguer en quelques minutes.

Ajoutez à ça que sur plusieurs récits du début je me suis demandée où étaient les vampires … Certains, je venais de les lire ou les relire, d’autres ne m’ont pas du tout intéressée. Et c’était long, et confus … Sans parler du fait que certains récits sont français, et les lire en anglais, pour moi, c’est plus que bizarre.

Au final, j’ai arrêté les frais et abandonné cette lecture. Je ne l’ai pas refermée d’un coup, mais j’ai tourné les pages pour admirer les marges de notes de l’auteur. Parce qu’en plus des infos biographiques et documentaires, il y met des images, parfois : couvertures de livres, affiches de films, etc. C’est beau. Mais c’est lourd.

Dommage. Je pense que j’aurais plus apprécié un choix clair de l’auteur : anthologie ou documentaire. Je me serais orientée vers le second, mais le mélange actuel offre un résultat laborieux et confus, malgré une écriture intéressante de Skal.

Anno Dracula, tome 1

Auteur :  Kim Newman.

Traducteur : Thierry Arson.

Illustratrice : Noëmie Chevalier.

Nombre de pages : 473.

Parution VO : 1992. Cette édition VF : 2013.

Éditeur : Bragelonne.

Genre : Fantastique, Horreur.

Prix : 23€.

Résumé éditeur : Londres, 1888. La reine Victoria s’est remariée avec le comte Dracula, qui entend répandre le vampirisme dans tout le royaume. Chaque soir, au crépuscule, les non-morts poursuivent les sang-chauds pour leur donner  » le baiser des Ténèbres  » et boire le sang qui leur assure l’immortalité. La terreur règne, toute révolte est impitoyablement réprimée, mais un mystérieux tueur au scalpel d’argent, en s’attaquant aux prostituées vampires, menace la stabilité du nouveau régime. 

Vous savez que je suis en mode vampires avec le challenge ABC ^^ à cette occasion, j’ai ressorti des livres qui pour certains dormaient depuis des années dans ma PAL. Celui-ci est un peu plus récent. Je l’avais découvert il y a quelques années, avec la belle couverture J’ai Lu violette et noire, et je me suis lancée en rencontrant l’auteur aux Imaginales … j’ai d’ailleurs un dessin très choupi de Dracula (rien à voir avec le contenu bien plus sombre du livre !).

Je dois admettre que ce petit dessin charmant est un des rares éléments que j’aime vraiment bien ici. Si la lecture est plutôt dynamique, que je n’ai pas mis longtemps à le lire (sans le déménagement le temps aurait encore été réduit), et que je lui reconnais très volontiers plusieurs points positifs, je dois dire qu’il ne m’a pas plu.

Ce livre peut être vu comme une variante de l’oeuvre de Stoker puisqu’il en reprend directement certains personnages, comme Jack Seward, ce qui m’a étonnée. Il en propose une fin alternative (spoiler, juste un peu) où Dracula a « gagné », rencontré la reine, est devenu son consort et a entrepris de façonner l’Angleterre à son image. Je pensais que ça lui avait bien pris plus de dix ans, pour bien établir les choses, et j’ai été déjà un peu dubitative en voyant que non, juste trois ans avaient été nécessaires pour cette révolution. Je n’y ai pas trop cru. Mais ce contexte est intéressant et bien posé. Avec des bémols.

Dans les éléments résolument positifs, je suis séduite par l’expression « passer aux ténèbres ». Elle est magnifique, expressive et résume très bien cette métamorphose dont j’ai aimé suivre de près une illustration, dans sa douleur et ses conséquences. Geneviève, la protagoniste vampire, est passionnante. Elle vit depuis bien longtemps, presque plus que Dracula, a traversé bien des événements historiques, et se distingue par sa compassion, tant à destination des humains que des vampires nouvellement passés aux ténèbres (<3) qui bien souvent ne survivent pas et sont transformés par jeu (comme cette fillette de dix ans qui tente de se métamorphoser en chauve-souris, y brise ses os et souffre atrocement), souvent déconsidérés par leur statut (pauvres, prostituées, ou même cette jeune femme de bonne famille qu’elle sauve d’un médecin largement incompétent). Elle est géniale à suivre dans ce récit.

En revanche, il y a définitivement des éléments qui m’ont déplu ici. J’ai eu ce sentiment de trop. Trop de personnages, trop de références (les deux étant bien souvent liés, entre des noms que j’ai reconnus de récits vampiriques ou anglo-saxons – d’où une lecture en fac d’anglais qui aurait été plus profitable, je suppose), trop de monstres avec Jack l’Eventreur (je sais pas, je pensais que les vampires et Dracula suffiraient à nourrir leur homme … je suis vieux jeu et j’aime trop cette créature, je suppose), trop rapide, trop agacée par les ajouts en fin d’ouvrage …

Oui, parce que comme il s’agit d’une réédition, on a droit à toute une série d’ajouts. De changement de fin, carrément. Alors, je comprends. Je comprends qu’on puisse avoir des interrogations sur la manière de clore son récit lorsqu’on en est l’auteur (même moi qui vous parle … une autre histoire pour un autre temps), et que cela puisse passionner un lecteur assidu qui a découvert ce roman auparavant, je pense. Pour moi qui venais de me lancer, déjà échaudée par des longueurs et les soucis dont je vous ai parlé, ça n’est pas du tout passé.

Au final, je reste très mitigée. Je ne nie pas le talent de l’auteur pour la création de l’intrigue, les personnages, les inspirations, les références – j’ai limite plus envie de lire un essai sur ce roman – son écriture, mais ce n’est définitivement pas pour moi. Je reste tout de même contente d’y avoir jeté un oeil.

Nombre de tomes parus : 3 (série en cours).