Au bord des mots, lectures sur un rocher

La Colonie

Marivaux (auteur). 1750 (VF), 2015 (VF), 103 p. Hachette (Biblio Lycée). Classique – Théâtre. 3€ .

Une île déserte est le théâtre d’une prise de bec mémorable : les femmes se révoltent et réclament les mêmes droits que les hommes. Femmes du peuple et femmes nobles veulent pouvoir exercer les mêmes métiers que ces messieurs, faire les lois, ne plus être soumises… Tout finira par s’arranger, mais les hommes ne perdent rien pour attendre, comme le dit Arthénice : « Et quand même nous ne réussirions pas, nos petites-filles réussiront. « 

Suite à ma lecture de 365 personnages littéraires expliqués, j’ai eu très envie de relire un peu de théâtre, depuis le temps que ça n’était plus arrivé … j’ai donc fait une razzia dans l’étagère consacrée à mon boulot, qui mérite d’ailleurs qu’on s’y penche, mais c’est un autre problème.

Dans la pile que j’ai ramenée pour mes vacances, il s’est trouvé ce très court texte. Je garde un excellent souvenir de Marivaux, que j’ai découvert via le challenge sur la littérature française que je faisais il y a quelques années, évoquant les sentiments de manière plutôt légère.

Ce petit ouvrage, s’il est assez attrayant – même si franchement la couverture n’a strictement rien à voir avec le texte, démarre par une présentation simple et claire de l’auteur, et une biographie sous forme de bande dessiné. Quelques indications sur le contexte ferment cette présentation, que je trouve assez simple en allant à l’essentiel. Le dossier final aborde l’utopie et les droits des femmes, avec des extraits et groupements de textes qui alourdissent peut-être un peu le propos.

En ce qui concerne la pièce, je n’ai pas vraiment ri. Les personnages sont sur une île qui semble déserte, arrivés là on ne sait trop comment (et vous savez que j’aime bien connaître ce genre de raison) et ils se disputent entre eux au moment de fonder leur société, que les femmes souhaiteraient égalitaire, et les hommes pas vraiment. (L’ennui c’est que pour certaines des femmes l’égalité ne passerait pas par le changement des classes … un des problèmes soulevés très rapidement).

J’apprécie les prémisses, sans problème, les disputes, les revendications. Je suis surtout déçue du fait que ça n’aille nulle part et que le résumé sort carrément « tout finit par s’arranger » parce que la situation ne change pas. Enfin apparemment y a un vague « souci des droits » à la toute fin parce que la colonie est attaquée donc chacun retourne à sa cuisine (c’est pas comme si Arthénice, la noble, disait au début qu’elles voulaient être associées aux questions militaires aussi) … Et elle se dissocie de sa camarade bourgeoise parce qu’il ne faudrait pas perdre de vue les choses importantes : femme certes, mais au-dessus des autres … moui, moui, moui …

Donc voilà, les femmes retournent à la cuisine et tout s’arrange.

Bon, j’ai fait mes petites recherches. La première version du texte a fait un flop total en représentation et Marivaux a changé le texte pour avoir quelque chose de bien politiquement correct, donc bien décevant. C’est choupi d’essayer, mais ça donne juste une vague impression de ne servir à rien.

Ah, et quand Mme Sorbin, la dame non noble, fait une grande déclaration selon laquelle l’homme ne devrait pas être déshonoré pour son infidélité comme une femme le serait, parce qu’il n’a pas de force, qu’elle compatit à sa faiblesse, qu’elle lui laisse la bride sur le cou (heu traduction tu es en train de dire qu’il peut aller voir ailleurs no soucy Lucy ?), que plus il est faible plus les femmes sont grandes ?

Non seulement c’est tordu mais question égalité c’est complètement à côté de la plaque. C’est une femme, Arthénice, qui souhaite ce principe d’égalité, et une autre qui lui dit que ce qu’elle sort ne vaut rien … je savais que ce texte allait m’énerver, en fin de compte … quand un des hommes trouve que cette idée égalitaire n’est pas mauvaise, Mme Sorbin renchérit avec la tirade mentionnée au-dessus. Okay …

Bref. Si c’est une tentative de dépeindre une société utopiste égalitaire, c’est très clairement manqué, et très mal fait au passage. Et franchement, c’est tellement court (un acte, mais dix-huit scènes) … en fait non, je trouve ça mal construit. Pour moi un acte, surtout pour une pièce classique, a moins de scènes, pour effectuer une coupure (déjà que dans une édition scolaire entre les scènes vous trouvez des études de texte). Dans ce cas présent, j’ai trouvé la pièce courte, même si les différentes scènes qui s’ajoutaient se tiraient en longueur, mais vraiment il s’y passe peu de choses. Beaucoup de bruit pour rien, en somme.

C’était bien d’essayer, Marivaux. Ou pas ^^,

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Angélique, tome 6 : Angélique et son amour

Anne Golon (autrice). Lage (illustration). 1961, 1978, 352 p. France Loisirs. Histoire – Romance.

Angélique, la Marquise des Anges, quitte La Rochelle où elle a tant souffert pour les îles d’Amérique. Elle fuit un passé trop douloureux, un présent trop dangereux, un avenir trop incertain. Elle a refusé le pardon dédaigneux offert par Louis XIV. Elle a dit adieu au souvenir de ses fils.

Le bateau, conduit par un mystérieux pirate masqué, le Rescator, l’emmène avec ces Huguenots qu’elle a décidé de sauver et la petite Honorine, l’enfant du cauchemar et de la honte.

Angélique quitte donc La Rochelle pour rejoindre les Amériques. On a donc encore une fois un voyage par bateau, ce que je n’aime pas du tout, comme je l’ai dit pour Indomptable Angélique. Mais ce volume passe beaucoup, beaucoup mieux, pour une raison toute simple : le Rescator.

Le Rescator, qui avait payé Angélique très cher lorsqu’elle avait été vendue sur un marché (Indomptable Angélique), et qui a accepté son marché de sauver les marchands protestants avec elle à la fin d’Angélique se révolte, et qui m’intriguait beaucoup lors de la première lecture, même si je ne pense pas avoir deviné qu’il s’agit de Joffrey. J’ai beau être familière de Sangoku et ses multiples retours, avoir revu Nicolas qu’on pensait mort et savoir qu’il devait être en vie quelque part … enfin, peut-être à la fin du tome 4 …

Mais là, j’étais ravie de le revoir enfin, surtout que lui et Angélique ne partent pas sur de très bonnes bases. Si elle se sent attirée par lui, elle ne connaît pas la vérité tout de suite, et elle est choquée de son attitude à son égard lorsque c’est le cas. C’est le début d’une relation nouvelle entre eux qui commence, plus égalitaire, avec la jeune femme qui a mûri, et Joffrey qui a bien changé également. J’adore les différents passages qui les réunissent.

La mutinerie m’a profondément agacée. Sérieusement, les gens? Il vient de vous sauver et c’est comme ça que vous le remerciez? J’ai beaucoup ri de la riposte de Joffrey. Toujours aussi parfait, toujours aussi intelligent.

La surprise qu’il réserve à Angélique à la fin est merveilleuse et touchante, et m’a émue encore une fois alors que je me souvenais plutôt bien de ce qui allait arriver, ainsi que sa déclaration à Honorine. J’aime ce nouveau départ, même si à la base je ne suis pas passionnée par les récits se déroulant dans le Nouveau Monde (ça, on verra dans le volume suivant …).

Par contre, je me serais passée de l’âme charitable qui m’a vendu les livres, ou la personne avant, qui a trouvé ultra important d’écrire Tome … et le chiffre, sur la couverture. On ne voit pas la couleur, mais on peut lire parce que c’est légèrement « gravé » dans la jaquette. Je suis greuh.

Nombre de tomes parus : 14.

Tome 1 : Angélique.

Tome 2 : Le chemin de Versailles.

Tome 3 : Angélique et le Roy.

Tome 4 : Indomptable Angélique.

Tome 5 : Angélique se révolte.

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Angélique, tome 5 : Angélique se révolte

Anne Golon (autrice). Lage (illustration). 1961, 1976, 339 p. France Loisirs. Histoire – Romance.

Angélique a échappé aux Barbaresques et retrouvé la terre de France. Mais le roi Louis XIV ne pardonne pas aisément la désobéissance de sa sujette. Bien que la sachant à bout après ses terribles épreuves, il lui fait porter un message : elle ne rentrera à la Cour que si elle s’incline enfin et fait amende honorable.

Angélique alors se révolte. Elle décide de tenir tête à ce roi tout puissant. Elle s’allie aux Protestants persécutés, elle enflamme la rébellion des paysans et des bourgeois de la province. Le Poitou explose. Angélique triomphera-t-elle?

Durant la quinzaine Angélique organisée avec Miss Bunny, j’ai eu une envie folle de reprendre cette série. Ou plutôt d’en faire la première relecture totale, puisque si j’ai lu les tomes 1 à 3 deux fois déjà avant cette « édition », pour les tomes 4 à 14, je ne m’étais lancée qu’une seule fois. Et pour bien voir la différence avec la nouvelle édition, vous en parler sur le blog aussi, je voulais reprendre la lecture à l’occasion.

Comme dit durant la quinzaine, mes souvenirs de la série à partir de la fin du volume 4 sont plutôt flous parce que pas appuyés par les films. Je me rappelais avoir été étonnée par ce tome, mais l’avoir plutôt aimé.

J’ai été frappée de l’abandon de son frère prêtre, qui refuse de l’aider à revoir son fils. Peut-être a-t-il peur d’être lu par l’officier qui garde Angélique, mais sa lettre est vraiment froide, et j’ai eu cette désagréable impression qu’à part « ses gens », elle était désormais toute seule.

Ça n’est qu’un avant-goût, au fil du roman, on plonge dans la tristesse, la violence. Lors de ma première lecture, je crois bien que je n’ai pas pu en croire mes yeux. C’est comme si un premier arc de la vie d’Angélique s’achevait ici, dans le sang, l’horreur et la boue … Et elle s’en relève, encore et toujours. Définitivement une ode au courage et à la passion de l’héroïne.

La partie sur La Rochelle, avec les protestants, aurait peut-être pu être décrite un peu davantage, rien que pour offrir un cadre familier et plus doux à l’héroïne et sa fille, Honorine (qui, oui, ne passe toujours pas, je ne sais pas pourquoi). On a un aperçu des pratiques de harcèlement contre les Protestants, avant la révocation de l’édit de Nantes qui les autorise à pratiquer leur religion, ils ne sont donc pas encore hors-la-loi, mais déjà persécutés.

J’ai surtout aimé la rencontre finale et ce qu’elle annonce ^^

Nombre de tomes parus : 14 (série finie).

Tome 1 : Angélique.

Tome 2 : Le chemin de Versailles.

Tome 3 : Angélique et le Roy.

Tome 4 : Indomptable Angélique.

Tome 6 : Angélique et son amour

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Angélique, tome 4 : Indomptable Angélique

Anne Golon (autrice). Lage (illustration). 1960, 1978, 430 p. France Loisirs. Histoire – Romance.

Ce nouveau tome des Aventures d’Angélique a pour cadre la Méditerranée et l’Afrique du Nord à l’époque de Moulay Ismaël, « l’Epée de l’Islam », contemporain de Louis XIV. Au milieu de cette Méditerranée, où corsaires chrétiens et barbaresques se livrent à une concurrence acharnée de chair humaine à revendre, puis sur la terre même d’Afrique.

Angélique recherchera avec passion son premier mari, le comte Joffrey de Peyrac, échappé du supplice auquel l’a condamné Louis XIV. Prisonnière de Moulay Ismaël, enfermée dans un harem et promise au plaisir du roi, la belle Marquise des Anges vivra des heures passionnées et tragiques.

Il s’agit d’un des volumes que j’aime le moins, pour la première partie qui se déroule sur la mer, je dirais. J’ai de beaucoup préféré la seconde et la vie d’Angélique à l’étranger en tant qu’esclave, membre du harem. Aux embruns de la Méditerranée et au soleil implacable d’Alger, je préfère les fastes de Versailles et la sophistication de Toulouse …

L’élément qui m’a le plus marqué est un détail, mais je n’aime pas voir Angélique renier Philippe. J’adore Joffrey aussi, mais ce n’est pas une raison…

Je crois vous avoir déjà dit que je n’aime pas les histoires de pirates ? Ce livre fait une toute petite exception à la règle avec un personnage mystérieux et charismatique, le Rescator. J’aurais aimé le voir davantage, et pas uniquement lorsqu’on sait de qui il s’agit^^J’avoue, j’ai été très frustrée lorsqu’Angélique lui échappe, alors qu’il la fascinait et qu’elle serait bien restée.

Les détails sur la vie au harem sont très intéressants. La fuite est un passage à la fois très courageux et très triste, même si je me suis peu attachée au personnage qui lui apporte son aide. En revanche, le pauvre Savary, qu’on apprend à beaucoup aimer avec sa fidélité et ses petites excentricités, me manquera beaucoup. Il se rend ici indispensable grâce à son intelligence et sa finesse d’esprit … qui le perdront.

Difficile d’apprécier Moulay Ismaël dans sa cruauté, même si Osman Ferradji dit cela normal dans le monde musulman. On s’attache davantage à ce personnage, raffiné, cultivé, qui fait tout pour aider Angélique.

Une lecture plutôt plaisante, mais loin des premiers volumes.

Nombre de tomes parus : 14 (série finie).

Tome 1 : Angélique.

Tome 2 : Le chemin de Versailles.

Tome 3 : Angélique et le Roy.

Tome 5 : Angélique se révolte

Tome 6 : Angélique et son amour

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Angélique, tome 3 : Angélique et le Roy

Anne Golon (autrice). Lage (illustration). 1959, 1978, 431 p. France Loisirs. Histoire – Romance.

Angélique a réussi à épouser Philippe pour reprendre son rang à la Cour. Mais la vie à ses côtés n’est pas des plus faciles, surtout lorsqu’il devient évident que le Roi la convoite et que sa favorite ne reculerait devant rien pour conserver sa place, pas même à défier la religion en participant à des messes noires ou attenter purement et simplement à la vie d’Angélique.

Un volume que j’adore, qui réussit presque à faire oublier l’absence de Joffrey.

La vie à la cour de Louis XIV, tel est le thème, l’environnement de ce roman, avec ses règles, comme l’impossibilité de s’asseoir en présence du Roi, sauf exception, à moins de recevoir directement un tabouret, et l’importance du Pour sur les étiquettes des portes des chambres. La vie à la Cour est pétillante, entre démarches pour obtenir une charge, tentatives pour être remarqué du Roi, et toutes les affaires d’empoisonnement.

L’empoisonnement est un thème central de la 2e partie. On tente d’empoisonner le roi, à ce que croit Florimond, l’aîné d’Angélique, qui n’est pas loin de la réalité. On pourrait penser la vie à Versailles plus tranquille qu’à la Cour des Miracles ? Que nenni, on s’y bat juste différemment.

Angélique se montre encore pleine de ressources, surtout lorsqu’elle découvre les projets et les agissements de la Montespan, même si elle pense faire des erreurs comme s’adresser à la police.

J’aime beaucoup l’évolution de la relation entre Angélique et Philippe, qui malgré son caractère de brute, n’hésite pas à traverser une bonne partie de la France lorsqu’elle perd Cantor, son fils cadet. J’aime les passages avec le Roi, mais je trouve que Philippe est un personnage fascinant.

Par contre, Monsieur ne me manquait pas du tout. A chaque fois, il provoque une tragédie (manque d’empoisonner et discrédite Angélique, torture et tue Maître Bourjeois et Linot, et ici est présenté comme jouant un certain rôle dans l’empoisonnement de Madame, son épouse). Son côté efféminé et niais m’agace aussi terriblement.

On retrouve cette écriture riche et fluide de l’auteure, dont je ne me lasse pas. J’espère beaucoup de la nouvelle édition de ce tome que j’adore, rien que pour davantage de Philippe !

Une lecture passionnante, qui conclut les aventures royales d’Angélique et annonce d’autres horizons de par sa rencontre avec l’émissaire Perse et donne vraiment envie de se jeter sur la suite après la révélation du Roi !

Nombre de tomes parus : 14 (série finie).

Tome 1 : Angélique.

Tome 2 : Le chemin de Versailles.

Tome 4 : Indomptable Angélique.

Tome 5 : Angélique se révolte.

Tome 6 : Angélique et son amour.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Angélique, tome 2 : Le chemin de Versailles

Anne Golon (autrice). Lage (illustration). 1958, 1978, 405 p. France Loisirs. Histoire – Romance.

Après la mort de Joffrey de Peyrac, Angélique est réduite à une pauvreté extrême. Elle ne cherche qu’à se venger de ceux qui l’ont condamné. Ce faisant, elle se retrouve parmi les gueux de Paris, à la Cour des Miracles, où elle est affiliée à la bande de Calembredaine, qui se révèle être un vieil ami. Mais elle veut davantage pour elle et ses fils. Angélique se fera bouquetière, rôtisseuse et marchande de chocolat pour reconquérir son rang à Versailles.

Découvrir les bas-fonds de Paris est une partie intéressante, qui amène une fois encore son lot de personnages. Encore une société avec ses règles particulières, celles de la « matterie » que l’auteure nous fait découvrir. Mais j’avoue que j’avais assez hâte qu’elle s’élève à nouveau dans la société. Le passage entre n’est pas inintéressant, il est marqué par la tragédie, l’assassinat de Maître Bourgeois et Lino et l’incendie de la rôtisserie. Je trouve déjà ce qui se passe horrible, j’ai bien peur que la version non censurée de la nouvelle édition le soit bien davantage.

On pense qu’Angélique restera gueuse. C’est mal connaître sa détermination et son intelligence qui lui permettent de créer deux commerces à succès, malgré la tragédie du premier. Elle révèle une importante force de caractère, après le désespoir initial et du premier volume, récupère puis sauve ses enfants enlevés.

Nicolas n’est pas inintéressant, mais je lui préfère Philippe, tout en contrastes et incertitudes malgré une façade assurée et insolente. Il est celui qui permet à Angélique, bien malgré lui, de retourner à Versailles (même si elle fait un peu enfant capricieuse lorsqu’elle lui dit ne pas vouloir qu’il en épouse une autre).

J’aime vraiment beaucoup ce début de Versailles, en fin de volume, prélude au 3e qui s’y déroule presque entièrement.

Un volume auquel j’accroche un peu moins que le 1e et le 3e (même pas uniquement parce que Joffrey n’est pas là, d’abord, mauvaises langues !), mais qui reste une belle lecture détente.

Nombre de tomes parus : 14.

Tome 1 : Angélique

Tome 3 : Angélique et le Roy

Tome 4 : Indomptable Angélique

Tome 5 : Angélique se révolte

Tome 6 : Angélique et son amour

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Claudine à l’école

Colett (autrice). 1901, 2012 (VF), 300 p. Magnard (Classiques & Contemporains). Classique – Jeunesse. 5,20€.

Claudine a quinze ans et un esprit critique aiguisé. Elle prépare son brevet supérieur à l’école de Saint-Sauveur-en-Puisaye ; l’examen en poche, elle quittera ce village bourguignon cher à ses vagabondages d’adolescente. En attendant, elle écrit, selon ses mots, « un journal, ou presque », où elle raconte sans concession son quotidien d’écolière, de ses camaraderies aux compositions françaises improbables.

Il y a quelques années, j’avais découvert Colette avec Le blé en herbe. Je m’étais vraiment ennuyée, mais j’avais mis ça principalement sur le compte du contexte de lecture : scolaire, pour le cours de contemporaine que j’ai détestée … En voyant ce titre, j’ai pensé qu’il me permettrait de découvrir cet auteur avec un thème qui me plairait, l’école du début du siècle. Pas tant que ça, en fait.

Le problème vient principalement de Claudine, qui n’est absolument pas un personnage agréable. Mais elle n’est vraiment pas la seule. Ses camarades de classe (à part la pauvre Marie, harcelée par ses camarades), son institutrice, les autres professeurs, son père (démissionnaire comme pas possible), l’administration (le docteur peloteur) … tous avaient un élément qui m’a déplu.

J’ai bien aimé la retranscription du passage du brevet de Claudine, la découverte de leur travail (et my god que c’est compliqué ! imaginez un problème de piquets de palissade à planter, on vous donne la hauteur à tremper dans le goudron, le temps pris pour vider le pot avec ses dimensions, le nombre de piquets par heure, le temps de repos, donnez le nombre de piquets et la surface du terrain, puis le nombre de piquets avec plus de distance et le prix de revient étant donné le prix des piquets et le salaire de l’ouvrier. La fenêtre est par là).

Je n’ai pas trop accroché à cet élément, mais on se figure très bien la petit école de campagne, surtout le côté local, avec les expressions du coin. Mais j’avoue que je n’en pouvais plus des notes de bas de page (volume scolaire), pas pour ces expressions, mais pour des mots beaucoup plus simples, ce qui n’a pas arrangé mon sentiment général.

Pour être honnête, dès le début, je n’ai pas aimé à la fois Claudine, mais aussi sa relation avec l’institutrice des petites, dont elle se dit amoureuse, enfin en des termes plus légers, d’attirance, et agit sur cette attirance en la faisant venir chez elle, et celle-ci ne proteste pas trop. Oui, non relation adulte-enfant, je n’approuve pas, avec le côté baisers, caresse, etc.

Finalement, je me suis ennuyée, avec quelques pointes d’agacement.