Lecture sur un rocher

Lectures obligatoires au collège

Je vous propose aujourd’hui de ressortir des souvenirs des cartons avec les lectures obligatoires que j’ai dû (subir) faire au collège.

Dommage, j’avais entamé un carnet de lecteur au collège en classe de français et l’avais développé pour mes lectures loisirs, je l’ai désherbé il y a quelques étés.

Il est possible que parfois un livre ne corresponde pas tout à fait à la bonne année. Et il est aussi probable que j’en oublie puisque certains de ces titres me disent définitivement quelque chose mais que j’ai pu le lire de moi-même ou qu’il vient du manuel.

Ah et je me perds franchement dans les pièces de Molière ^^, je sais que j’en ai lues mais j’ai vraiment tendance à les confondre. J’aurais fait de mon mieux et j’espère que le petit exercice vous amusera !

6ème

En 6ème, j’aimais déjà beaucoup lire, surtout la mythologie. J’étais donc ravie qu’on parle de L’Odyssée, de ses monstres, de ses héros. Et puis les récits animaliers passaient toujours bien. Je garde un très bon souvenir du Castor Grogh que j’avais trouvé adorable. Enfin, même si j’étais très timide, j’adorais le théâtre – enfin en faire en classe, je n’aurais jamais osé me lancer autrement (et quand j’ai essayé, la prof m’a « viré » du club avec pertes et fracas – réservé aux lycéens, sans aucune subtilité, sans même me permettre de rester regarder puisque hum c’était un peu un mercredi après-midi donc j’étais coincée à l’école …).

5ème

En fait, j’ai eu de la chance au collège. La plupart des objets d’étude en français et en histoire correspondaient totalement à ce que j’aimais. Après la mythologie, le Moyen Age. Je raffolais des histoires de chevaliers, l’aventure, le beau langage, le merveilleux … Renart, forcément après ce « sacripan », je l’ai trouvé très drôle.

Mon bel oranger est dans le goût du Castor Grogh. Une histoire pleine de sensibilité qui m’avait beaucoup touchée sur un petit garçon d’Amérique du Sud, sa vie quotidienne, son ami chauffeur de taxi, son pied d’oranger, dans une famille nombreuse et pauvre.

4ème

Les choses se gâtent un peu en 4ème. Je ne sais pas si c’est parce que ma prof est beaucoup plus … je ne sais pas. Rigoureuse ? Hm, pas le bon terme. De la vieille école ? Je crois qu’on utilisait essentiellement le manuel, suivi presque à la baguette. Enfin, je n’ai pas du tout apprécié cette année de lecture. Les Misérables, déjà, je connaissais bien le film (la version avec Gabin, qui est plutôt fidèle je crois) et le lire m’a ennuyée.

Et j’ai détesté avec une violence inouïe Pourquoi j’ai mangé mon père. Tellement que, bizarrement, j’avais complètement occulté ce livre de ma mémoire. C’est sur les Australopithèques, le héros invente des choses et son père n’apprécie pas … je ne sais pas trop (je crois que le film sorti il y a quelques années a changé beaucoup d’éléments). Ne me demandez pas, mais c’est peut-être l’aspect humoristique qu’on essayait de faire sortir d’un récit historique, le manque de sérieux, je n’en ai aucune idée mais j’ai juste bloqué ce livre.

3ème

En 3ème, c’est très différent, déjà parce que j’adore la prof qu’on a cette année ^^ C’est un détail mais bon XD.

Je suis quand même assez estomaquée de voir tout ce qu’on a lu cette année (et j’ai pu en oublier !) même si ça représente à la fois des lectures intégrales et cursives aka on étudie le livre tout ou partie en classe ou alors on a le choix dans une liste de livres et on le présentera d’une manière ou d’une autre sans y passer autant de temps.

Je lisais beaucoup de livres sur la guerre, jusqu’à cette année-là, jusque l’été après le brevet – après j’avais atteint le too much. Paroles de Poilus m’a beaucoup touché (et permis de découvrir l’édition Librio, qui m’ont donné accès à plein de livres à un tout petit prix et j’ai pu commencer à me constituer une bibliothèque assez variée), comme Un sac de billes, même si je l’ai trouvé dur à lire, tant dans les mots parfois que ce qui arrive au héros.

Pour l’anecdote, j’ai vraiment défendu un de mes cyclones lors d’une de ses fiches lectures il y a quelques années lorsqu’il a prétendu l’avoir lu mais avoir eu du mal – je pense honnêtement que mon souvenir a influencé ma perception de son travail puisque Super Collègue est plus fine mouche que moi et avait bien compris qu’il n’avait rien fichu. (Mais en plus c’est écrit petit XD).

Anne Frank  … je crois que je me suis forcée à le lire. Parce que c’était important. Mais au final, j’en ai été très mal à l’aise. Je n’avais pas tellement l’habitude des journaux intimes, je crois, et certains des éléments qu’elle livrait (notamment sur son corps) m’avait laissé franchement dubitative. Et puis c’est dur aussi … Enfin, puisqu’il fallait le lire.

En revanche, j’avais beaucoup apprécié Enfance, de Maxime Gorki, dans le registre de l’autobiographie. Être plongée dans une autre époque, en Russie, pleine de choses tellement différentes, j’avais aimé. Enfin je n’en ai pratiquement plus souvenir aujourd’hui XD si ce n’est justement ce sentiment d’émerveillement et de dépaysement, et ça n’est déjà pas si mal !

Retour avec plaisir au théâtre avec Hamlet, d’autant qu’on avait été le voir au théâtre ❤ J’avais adoré la solemnité du langage, le côté très inéluctable de l’histoire, etc.

Vous l’attendiez ? Le seigneur des anneaux est mon bémol de l’année. C’est pourtant le livre dont je me souviens avec le plus de détails frappants de ma lecture. Je me revois totalement un vendredi matin, me forcer, désespéré, à le lire parce que je n’avais que jusque 14h, et je n’arrivais pas, et je n’aimais tellement pas, et puis merci les détails sur la nourriture j’en ai marre, et c’est écrit tellement petit, et je m’en fiche de ces hobbits !

Point positif : on a été voir le film en avant-première. C’est mieux passé. Probablement pour Legolas. (Non, on en reparlera pas XD).

Et mon pire, pire souvenir : Fahrenheit 451. Qui m’a bousillé la SF jusqu’à l’université …

Bon. Ma prof, très sage, nous avait déconseillé Le meilleur des mondes en jugeant qu’on était trop jeunes (et je l’en remercie tellement pour ça, je ne suis pas sûre que j’aurais tant adoré à l’univ si je m’y étais cassé les dents à ce moment, surtout qu’on baignait moins dans la dystopie SF à cette période) et nous avait laissé le choix dans une liste.

Sauf qu’à l’époque, moi la SF je ne voulais pas en entendre parler. Mon cousin m’avait bassinée pendant des années avec Star Wars et d’autres références du même acabit, les films sur le voyage dans l’espace et les extraterrestres me gonflaient franchement et je ne suis pas sûre que ma prof nous ai vraiment bien expliqué en quoi consistait ce genre.

Vous saisissez l’ironie ? XD

Retour vers le futur, Code Quantum, Yoko Tsuno pouvaient aller se rhabiller XD

Bref. J’ai attendu la dernière minute pour choisir aka le lundi matin. On devait finir, comme pour le SDA le vendredi après-midi. Et j’ai voulu tenter Malevil de Robert Merle, ce récit de fin du monde où 6 personnes sont dans la cave d’un château quand boum explosion atomique et on fait quoi ensuite.

Une patate de bien 600 pages. Mind you, pas sûre que j’en ai eu conscience à ce moment.

Je vais donc à la librairie. Pas de Malevil en vue. Rien. Je ne sais pas s’il était dispo à la Médiathèque, mais ne soyez pas idiots, pour une fois que je peux avoir un livre XD (oui mon père ne voulait pas m’acheter 36 000 livres non plus, s’il m’écoutait on s’arrêtait tous les jours XD).

Un peu dépitée (et franchement angoissée), j’ai emprunté celui de ma meilleure amie. Fahrenheit. Sur ce pompier qui brûle les livres.

Je crois que je n’ai vu que ce côté et détesté. Pour la défense de l’ado que j’étais, j’ai réessayé un Bradbury passé 20 ans, Chroniques martiennes. Il a volé dans la pièce en moins de dix minutes. Je crois que j’ai un problème avec l’écriture de l’auteur.

Donc voilà, je me suis forcée à lire Fahrenheit 451 en 3 jours 1/2 et détesté tout le genre de la SF jusqu’à la première, vaguement, avec l’extrait de 1984, puis l’université. Je trouve ça tellement dommage, mais bon, tant pis XD

Voilà pour ma petite rétrospective de lectures scolaires pour le collège. J’espère vous avoir bien fait rire avec mes bêtises et peut-être rappelé des souvenirs !

Et vous, ils y a des livres qui vous sont restés en tête pour cette période ?

Lecture sur un rocher

Feuilles de février

En février, la liste de lecture fonctionne toujours bien.

J’ai beaucoup aimé l’histoire de Brittany Gibbons et bien ri à certaines de ses anecdotes. Sa manière de changer sa vision d’elle-même et de son poids par rapport à sa fille m’a beaucoup plu aussi.

Un très bon numéro de Causette qui m’a fait découvrir ou redécouvrir différentes personnalités comme Yael Naim (dont j’avais entendu parler il y a loongtemps).

Ce joli pavé (plus de 800 pages) présente quatre aventures de Blanche, trois romans et une petite nouvelle. J’ai beaucoup aimé l’immersion dans le Paris du Second Empire (durant le siège prussien), l’aspect policier et aussi le fait de m’interroger souvent si les évènements étaient surnaturels ou pas dans la première histoire, les meurtres de tatoués. J’ai un peu moins aimé les suivantes puisque le contexte était moins appuyé, à mon avis, mais la balade a été très plaisante.

J’avais entendu parler de cette non fiction à sa sortie, éléments de vie et réflexion de l’autrice et son sujet, l’asexualité, m’a beaucoup intéressé·e. Ce n’est absolument pas quelque chose dont on parle énormément dans les médias (excepté pour évoquer leur invisibilité, comme pour l’adaptation série Riverdale qui a conservé un personnage sans cet élément de sa personnalité). J’ai aimé suivre le cheminement de Mélanie Fazi et découvrir cette partie d’elle.

Une très belle surprise que cette romance via Twitter avec certains passages rédigés de manière plus ordinaire. L’humour est omniprésent et passe énormément par les références culturelles, notamment aux séries télé. J’ai juste un petit regret pour la fin abrupte.

Un de mes cyclones m’a donné la série complète pour le boulot. La structure est typique (un héros d’une race différente, une demoiselle et un autre personnage sont mis en contact et partent en quête de quelque chose / quelqu’un) mais l’univers est sympathique, la magie m’a bien parlé, l’humour est léger, bref, je suis curieux·se de poursuivre.

Pfiouh … reprendre des classiques avec cette histoire était la pire de mes idées du moment. Je me rappelle à quel point j’avais du mal avec Emma, que j’avais aussi découvert avec le roman (excepté l’adaptation Clueless mais ça ne compte pas). Je ne connaissais que très vaguement de nom et je sais qu’il y a une adaptation avec Billie Piper. Je tenterai probablement puisque je sais que les adaptations me parlent toujours bien, mais le livre m’ennuie profondément. Je suis dessus depuis des semaines et ce n’est pas une question de vocabulaire. C’est ennuyeux. Fanny est une souris, trop discrète, je me suis perdu·e régulièrement dans les autres personnages, Mrs Norris sa tante est juste horrible et j’ai vraiment l’impression qu’il ne se passe rien. Ça et les réflexions continuelles à l’héroïne m’horripilent.

Une classe de 3ème composée d’éléments difficiles (et très mal traités par le reste de l’école d’ailleurs) se retrouve avec pour professeur principal un alien qui a décidé de détruire la terre d’ici un an si personne n’arrive à le tuer d’ici là. C’est extrêmement barré mais ce prof a effectivement un côté très pédagogue et drôle. Et j’apprécie de le voir s’intéresser à ces jeunes totalement laissés de côté par les autres adultes de l’histoire.

J’ai été très surpris·e par cette lecture. Un petit soldat évoque son quotidien sur une île paradisiaque qu’il doit défendre contre les Américains durant la Seconde Guerre mondiale. C’est loin du côté souvent grandiloquent de ce type de récit, glorifiant l’action, la patrie, etc. C’est juste un petit bonhomme qui veut devenir mangaka et est terrifié … à raison. Le dessin très enfantin accentue encore cette impression. Les réflexions sont intéressantes et j’ai beaucoup aimé qu’il plaise à un de mes cyclones dont c’était le premier manga.

Si certains conseils sont plutôt intéressants (notamment dans la manière de parler aux ados parfois) et que la présentation est agréable, le fait que le livre s’adresse à la fois aux parents et jeune peut être lourd par moment. Et puis j’ai eu un peu l’impression d’être exclu·e aussi puisque je ne rentre pas dans ces cases, c’est agaçant. Enfin, le côté « j’essaie de trouver des expressions un peu djeun pour faire genre » ça ne passe toujours pas.

Long … ça me rappelle mes années universitaires quand je m’endormais littéralement sur tout texte d’info comm. Je ne m’attendais pas à une historique du genre mais quelque chose de plus utilisable en classe, pas uniquement comme source d’information personnelle.

Plutôt long à lire mais avec des choses intéressantes, ce livre présente différents réseaux sociaux et comment les utiliser d’un point de vue professionnel. C’est intéressant de voir que Snapchat par exemple n’est pas uniquement destiné à une communication personnelle.

Parce que je n’avais aucune envie de sortir Mansfield Park avant d’aller dormir, je me suis replongée dans XXXHolic que j’hésite à continuer, comme d’autres séries des Clamp que je n’ai pas conservées. Les dessins sont toujours beaux et l’histoire intrigante mais je ne me sens plus pris·e dedans comme avant, je ne pense pas que cette série me manquerait.

C’est un tout petit démarrage avec ma lecture historique mensuelle, déjà parce qu’elle est très universitaire – on est loin de l’écriture passionnante de Jean des Cars – et propose plein de chiffres en plus d’être générale. Mais c’est une source d’information que je ne regrette pas sur la période.

Petite surprise inattendue. Une graphiste parisienne apprend le décès de son père qui lui lègue sa boulangerie en Bretagne. Elle se rend sur place pour rencontrer le notaire et revendre mais décide finalement de tester et en apprend davantage sur ce père qui les avaient chassées avec sa mère. Le dessin est très doux, l’histoire adorable et j’ai passé un excellent moment.

J’avais noté ce manga autobiographique pour le travail et suis ravi·e d’être tombé·e dessus. Alors c’est dur à lire, j’ai vraiment été touché·e par le témoignage de Yuki Okada qui découvre qu’elle a un cancer du col de l’utérus et comment elle est soignée. J’espère que la suite, parue l’an dernier, sur sa vie quotidienne après son opération va être publiée aussi.

Je suis tombée sur les dix premiers de Hot Gimmick de Miki Aihara. D’abord, j’étais ravi·e, persuadé·e qu’il s’agissait d’un manga que j’avais démarré il y a quelques années sans pouvoir le terminer. J’ai trèès vite déchanté en le relisant. C’est du shojo glauque, bien toxique. L’héroïne vit dans une résidence où il y a toute une hiérarchie de familles et la plus haut placée leur fait réflexion sur réflexion et ils ne peuvent rien faire sous peine d’être expulsés. Le fils de ladite famille l’a déjà poussée dans un escalier lorsqu’elle était gosse …. et là il se permet de fouiller dans son sac pour en sortir un test de grossesse (pour la petite sœur au collège, déjà une gestion bien fun lorsqu’elle est là, ah bah non je sais pas qui est le père yen a trop …) et exige qu’elle devienne son esclave pour qu’il garde le silence. En lisant les résumés sur Manga news, bien sûr qu’elle va tomber amoureuse de lui et l’épouser lorsqu’il l’exigera … Non, sans moi pour ce ramassis toxique.

En fait c’était Honey Hunt de la mangaka que j’aimais bien, sur le milieu du spectacle (une jeune fille dont la mère est actrice très connue et le père un musicien célèbre aussi se retrouve abandonnée par tous les deux qui ne se soucient absolument pas d’elle). Je vais plutôt terminer cette série, qui pour l’instant est plus dans le côté un peu classique de l’héroïne souris très timoré mais n’a pas cet aspect glauque.

Et vous, vos lectures de février ?

Lecture sur un rocher

Quid des lectures en 2020 ?

Je vous ai parlé de mes lectures de 2019 puis de celles des années 2010s et enfin de celles que je planifie pour janvier. Parce qu’on risque de moins parler livres sur le blog (enfin, moins en détail) et juste parce que j’ai envie d’évoquer le sujet, j’ai eu envie de me pencher sur mes envies lectures en général pour l’année.

Comme je l’ai dit dans mes articles bilans de décennie (lecture et bibliothèques), j’ai vu ces derniers temps un grand changement dans mes envies mais il y a un élément que je retrouve même dix ans après : mon besoin de diversité. J’ai besoin de varier ce que je lis, de passer d’un manga à de la fantasy, de contemporaine à documentaire.

J’aimerais poursuivre sur cette lancée en retrouvant quelques genres que j’avais perdus en cours de route : classique, contemporaine. Peut-être de l’Histoire en fiction – mais j’aime tellement le versant documentaire.

J’aimerais aussi étendre cette notion de diversité du côté des origines des auteurs : ethnique, de genre, de minorités variées.

Peut-être aussi axer sur des récits féministes, des écrits faits par des femmes.

Mais ces deux éléments sont plus des objectifs de lecture sur la décennie que simplement cette année.

Et vous, des objectifs de lecture un minimum définis pour l’année ou de nouvelles perspectives littéraires en général à l’horizon ?

Lecture sur un rocher

2009-2019 : éventail de lectures

Après un petit retour sur les livres qui ont peuplé mes bibliothèques durant les années 2010s, je vous propose de revenir sur le contenu de mes lectures.

On démarre cette « rétrospective » avec 2009.

En 2009, je termine mon premier cycle universitaire (à ce jour, j’en totalise trois et ça me démange un chouia d’y retourner). En matière de lecture plaisir, il s’est distingué principalement par des relectures (comme le Panorama des ombres) et presque exclusivement des mangas. Peut-être pour combattre / alléger la « pression » – c’est aujourd’hui que je le suppose, je n’en avais pas vraiment conscience à l’époque.

Bon en revanche, les lectures de cours sont moins fun ^^, entre Women in Love de D.H. Lawrence (atroce), Roméo et Juliette (jamais plus) (pourquoi pourquoi il n’y avait pas de thématique féministe ?? mes profs auraient été géniaux/iales là-dedans !). Seuls, étrangement, sont ressortis du lot les documentaires : le Yule sur l’étude de la linguistique (The Study of Language, que j’ai encore conservé et pense relire) et un autre ouvrage sur la formation des mots (Précis de lexicologie anglaise).

Septembre 2009, le lendemain de mon anniversaire, je m’envole pour l’Irlande. C’est une année scolaire assez compliquée qui va suivre (avec notamment accident et rapatriement d’urgence vers la France le 12 novembre) et pas du tout propice à la lecture même si je découvre une librairie que j’adore et dans laquelle je suis retourné il y a quelques années avec Bestie Mely.

Sur mes photos d’appartement (parce que n’arrive pas à retrouver des listes de lecture) apparaissent des tomes en VO d’In Death, série découverte en VO à ce moment et beaucoup appréciée. Ce n’est qu’à ce moment que j’ai commencé à me tourner vers des ressources en ligne pour comptabiliser mes lectures et en parler, comme Livraddict (site que je n’utilise plus à présent).


2010 marque la fin de ma parenthèse irlandaise et le début de mon second cycle universitaire (celui qui m’a le moins plu). Si la charge de travail est plus soutenue et resserrée qu’à la fac (début des examens fin octobre et plus régulièrement), je continue à essayer de lire de la fiction, manga et quelques documentaires (selon de rares notes dans mon agenda, oui oui je l’ai encore c’est un Vampire Knight 😀 ) sur des genres littéraires (le roman historique, fantastique).

En revanche, comme je commence à utiliser le blog de manière plus régulière (diantre qu’il était moche à l’époque XD enfin j’adorais les couleurs mais mixez du violet sombre, noir et vert et heuu ce n’était juste absolument pas lisible), je peux tout de même vous présenter cinq livres qui m’ont durablement marqué.

Lili Terrier est un des premiers partenariats que j’ai eus via Livraddict. J’étais très loin d’apprécier la contemporaine à l’époque (ça n’a pas tellement changé) mais il y a eu cette touche de poésie, de douceur, qui m’a happée de suite. Avec des personnages plus vrais que nature. Un livre toujours sur mes étagères.

Après Personnages et points de vue, j’ai découvert une fiction d’Orson Scott Card : EnchantementJe me suis juste laissé emporter par cette belle histoire qui mêle avec brio La Belle au Bois dormant et les mythes slaves. La Baba Yaga passe par là avec pertes et fracas pour mon plus grand plaisir.

Le Comte de Monte-Cristo n’est pas exactement une découverte. L’adaptation en film avec les acteurs de couverture, j’en étais fan depuis mon enfance. Mais je n’avais encore jamais osé m’attaquer au roman, plutôt épais et exigeant. J’ai sûrement passé des passages politiques, but well, I don’t care. Un moment de lecture merveilleux.

Percy Jackson et V-Virus sont très proches. De l’imaginaire avec un humour décapant. Mythologie grecque et vampire. Des éclats de rire fournis.


2011 marque le début de mon utilisation de Goodreads. C’est aussi le moment de mon stage en Médiathèque à l’issue de mon DUT et le début de ma période de chômage (où j’ai essentiellement lu pour ne pas déprimer).

Je découvre aussi l’uchronie avec Pavane.

Je renoue (un peu) avec le policier que j’appréciais beaucoup ado (fan d’Agatha Christie, j’avais aimé l’énergie de Jana Matinova), découvre un auteur fascinant (Poppy Z. Brite, dans ses nouvelles imaginaires des Contes de la fée verte glauques à souhaits et sa série culinaire LGBTQIA+ à la Nouvelle-Orléans).

Il y a beaucoup d’Histoire, notamment avec ce qui n’est pas une découverte mais juste deux récits qui m’ont fait rêver ou brisé mon coeur de pierre, de la collection Mon Histoire. A l’aube du XXème siècle, période Belle Epoque, et Pendant la famine, en Irlande, récit très touchant sur la famine des pommes de terre qui a coûté la vie à tant de personnes dans ce pays.

Petites et grandes histoires des animaux disparus m’a aussi énormément marqué par son message sur les espèces animales en voie de disparition. Le graphisme est très plaisant et je regrette presque de l’avoir emprunté et non acquis.


2012, pour la plus grande partie, est mon année chômage. Enfin, en 2012, je découvre aussi mon boulot de rêve – qui n’est pas exactement celui de mes études mais juste mieux.

C’est aussi l’année où je me décide à tenter la fantasy urbaine avec le baby challenge Livraddict, ce qui deviendra un de mes genres de prédilections. Sans oublier des récits sur les fées avec Les Royaumes invisibles de Juliet Kagawa (still shame on you Mosaic pour n’avoir JAMAIS répondu à ma question pour la publication du dernier tome) et Les enchantements d’Ambremer de Pierre Pevel.

En fantasy plus traditionnelle, Wildwood Dancing est juste un enchantement. Je découvre aussi deux genres croisés qui vont devenir une combinaison que j’adore : fantasy urbaine et steampunk avec Le protectorat de l’ombrelle de Gail Carriger.


2013 marque la fin de ma première année scolaire en tant que prof doc et le début de mon dernier (à ce jour !) cycle universitaire, pour pouvoir passer le concours et rester doc.

Je suis assez surprise de ma sélection pour vous. A part Rien n’est trop beau (vintage historique <3) il s’agit d’imaginaire (même si la relecture du Monde, tous droits réservés n’a pas du tout été heureuse). Enfin surprise parce qu’elle est toute petite.

Claques SF avec le voyage dans le temps pour Le grand livre et univers féministe avec Chroniques du pays des mères. Juste à lire.


2014 est le début de mon année de concours plus mémoire plus boulot.

Pas stressant du tout.

Et la liste retenue s’amenuise encore avec étonnamment une romance (Les dames à la licorne), du vintage (Miss Buncle’s Book), une relecture manga (Mars, pas du tout aimé lorsque Bestie Mely m’en avait parlé), de la jolie fantasy (Le secret du quai 13) et un documentaire historique (Femmes de dictateur).

Si le deuxième tome de cette « série » m’a déplu, c’est un genre que je vais ensuite prendre plaisir à savourer chaque année mais mon auteur préféré dans ledit genre est encore à venir.


En 2015, j’obtiens mon concours, finalise mon master puis à la rentrée déménage pour mon année de stage.

Spoilers : c’est stressant.

Alors, pour relaxer, je lis de la science-fiction et de l’Histoire. Je n’aurais jamais pensé que lire des documentaires historiques me parlerait tellement. Enfin c’est sûr que lorsqu’on mixe cet élément avec une touche de féminisme (200 femmes de l’Histoire), ça passe toujours crème.

Je ne sais pas si c’est à ce moment que je décide d’orienter un de mes projets d’écriture sur la Belle Epoque grâce à ce dictionnaire de curiosités mais c’est là que je « rencontre » Jean des Cars avec cette biographie de Sissi : c’est tellement réel que j’ai l’impression de voir l’Histoire se dérouler sous mes yeux. Et ça se reproduira à chaque lecture de l’auteur ❤

En matière de science-fiction, je plonge tête la première dans le steampunk, déjà découvert dans des séries (Sans âme) avec la merveilleuse Bible de Jeff Vandermeer. Mais il y a aussi du documentaire (Science-fiction : A la frontière de la modernité, j’aime toujours autant les docus littéraires), un peu de jeunesse (Virus LIV3 ❤ Christian Grenier, mon amour d’adolescence explose à nouveau), du complètement déjanté (Jasper Fforde, what else) et d’autres textes un peu plus sérieux (L’unité, Des milliards de tapis de cheveux, une de mes premières lectures en numérique et La fille automate.

Mon précieux, c’est comme ça que je l’ai baptisé aux Imaginales : Hercule Poirot, une vie. Juste magnifique. Bizarrement, je garde aussi un excellent souvenir d’un roman de contemporaine, Les filles d’Estoril, sur le Portugal.

Je découvre aussi une série de fantasy urbaine que j’ai fini par adorer : Psi-Changeling.


2016, enfin : je termine mon année de stage et découvre à la rentrée ce qui est mon établissement principal actuel. Il y a plein de choses que je ne connais pas sur les étagères, notamment des séries manga qui donneront lieux à de très belles découvertes.

Il y a aussi beaucoup de science-fiction, de la fantasy urbaine, des récits à forte tendance féministe.

Fille de l’eau a une douceur, une nostalgie très frappante (futur où l’eau manque mais l’héroïne est fille de maître de l’eau, une sérénité toute asiatique qui se dévoile avec beaucoup de douceur).

Toujours en SF, une claque sur un autre futur où le clonage a pris ses quartiers dans le pays (Reproduction interdite). Le traitement de ces humains, pas vraiment considérés comme tels, est saisissant d’autant que l’histoire a un côté local qui m’a bien fichu la frousse XD

(C’est quand même marrant que les livres qui me marquent le plus soient en SF).


J’ai pris mes marques au travail et poursuivi sur ma lancée de lecture avec un peu de bande dessinée, des mangas, une touche d’imaginaire.

Les documentaires font (refont ?) leur apparition dans le domaine de la littérature et de la linguistique (avec le si drôle Jean-Loup Chiflet), proposant une pointe de féminisme en prime.

Et une très belle découverte qui m’a orientée vers des envies plus simples : la méthode Marie Kondo pour s’interroger sur les choses qui vous apportent de la joie dans votre vie.


En 2018, la fantasy urbaine est encore une fois très forte avec le milieu du livre comme décor (Le bibliomancien) et le steampunk (The Custard Protocol, la dernière série de Gail Carriger).

Il y a quelques retrouvailles avec des lectures d’enfance et d’adolescence pour les partager avec mes élèves et d’autres chocs dans cette tranche d’âge (Le mot d’Abel et Ne vous disputez jamais avec un spectre).

La contemporaine / romance fait une entrée fracassante avec L’amour est à la lettre A. Une fois la dernière page tournée, j’avais juste envie de recommencer et en VO italienne, j’étais tellement mordu.

L’Histoire m’a à nouveau fait voyager avec les familles royales (Le Siècle des Sacres, un de mes plus beaux cadeaux d’anniversaire de moi à moi XD) et les châteaux du monde (Milan, rééditez-le !) et étrangement, l’histoire de la mode. J’ai découvert que j’adorais ça avec Très tendance qui m’a fait rêver devant l’évolution des tenues.


Dernière année de cette rétrospective, 2019 vous est déjà un peu familière avec mon bilan annuel.

Je suis en plein dans Dix histoires de futur dans le cycle de lecture à voix haute de l’internat en ce moment, ces nouvelles font un carton 😉


N’hésitez pas à me dire si vous voulez plus de précision, je ne voulais pas faire un article trop long / trop catalogue.

J’espère que ce petit bilan vous a plu ! Et vos lectures de la décennie présente, ont-elles représenté de belles découvertes ou des genres / auteurs déjà connus ?

Lecture sur un rocher

La Colonie

Marivaux (auteur). 1750 (VF), 2015 (VF), 103 p. Hachette (Biblio Lycée). Classique – Théâtre.

Une île déserte est le théâtre d’une prise de bec mémorable : les femmes se révoltent et réclament les mêmes droits que les hommes. Femmes du peuple et femmes nobles veulent pouvoir exercer les mêmes métiers que ces messieurs, faire les lois, ne plus être soumises. Tout finira par s’arranger mais les hommes ne perdent rien pour attendre, comme le dit Arthénice : « Et quand même nous ne réussirions pas, nos petites-filles réussiront. « 

Suite à ma lecture de 365 personnages littéraires expliqués, j’ai eu très envie de relire un peu de théâtre, depuis le temps que ça n’était plus arrivé. J’ai donc fait une razzia dans l’étagère consacrée à mon boulot, qui mérite d’ailleurs qu’on s’y penche mais c’est un autre problème.

Dans la pile que j’ai ramenée pour mes vacances, il s’est trouvé ce très court texte. Je garde un excellent souvenir de Marivaux que j’ai découvert via le challenge sur la littérature française que je faisais il y a quelques années, évoquant les sentiments de manière plutôt légère.

Ce petit ouvrage, s’il est assez attrayant – même si franchement la couverture n’a strictement rien à voir avec le texte, démarre par une présentation simple et claire de l’auteur et une biographie sous forme de bande dessiné. Quelques indications sur le contexte ferment cette présentation que je trouve assez simple en allant à l’essentiel. Le dossier final aborde l’utopie et les droits des femmes avec des extraits et groupements de textes qui alourdissent peut-être un peu le propos.

En ce qui concerne la pièce, je n’ai pas vraiment ri. Les personnages sont sur une île qui semble déserte, arrivés là on ne sait trop comment (et vous savez que j’aime bien connaître ce genre de raison) et ils se disputent entre eux au moment de fonder leur société que les femmes souhaiteraient égalitaire et les hommes pas vraiment. (L’ennui c’est que pour certaines des femmes l’égalité ne passerait pas par le changement des classes, un des problèmes soulevés très rapidement).

J’apprécie les prémisses sans problème, les disputes, les revendications. Je suis surtout déçue du fait que ça n’aille nulle part et que le résumé sort carrément « tout finit par s’arranger » parce que la situation ne change pas. Enfin apparemment y a un vague « souci des droits » à la toute fin parce que la colonie est attaquée donc chacun retourne à sa cuisine (c’est pas comme si Arthénice, la noble, disait au début qu’elles voulaient être associées aux questions militaires aussi). Et elle se dissocie de sa camarade bourgeoise parce qu’il ne faudrait pas perdre de vue les choses importantes : femme certes, mais au-dessus des autres. Moui, moui, moui …

Donc voilà, les femmes retournent à la cuisine et tout s’arrange.

Bon, j’ai fait mes petites recherches. La première version du texte a fait un flop total en représentation et Marivaux a changé le texte pour avoir quelque chose de bien politiquement correct donc bien décevant. C’est choupi d’essayer mais ça donne juste une vague impression de ne servir à rien.

Ah, et quand Mme Sorbin, la dame non noble, fait une grande déclaration selon laquelle l’homme ne devrait pas être déshonoré pour son infidélité comme une femme le serait parce qu’il n’a pas de force, qu’elle compatit à sa faiblesse, qu’elle lui laisse la bride sur le cou (heu traduction tu es en train de dire qu’il peut aller voir ailleurs no soucy Lucy ?), que plus il est faible plus les femmes sont grandes ?

Non seulement c’est tordu mais question égalité c’est complètement à côté de la plaque. C’est une femme, Arthénice, qui souhaite ce principe d’égalité et une autre qui lui dit que ce qu’elle sort ne vaut rien. Je savais que ce texte allait m’énerver, en fin de compte. Quand un des hommes trouve que cette idée égalitaire n’est pas mauvaise, Mme Sorbin renchérit avec la tirade mentionnée au-dessus. Okay.

Bref. Si c’est une tentative de dépeindre une société utopiste égalitaire, c’est très clairement manqué, et très mal fait au passage. Et franchement, c’est tellement court (un acte, mais dix-huit scènes). En fait non, je trouve ça mal construit. Pour moi un acte, surtout pour une pièce classique, a moins de scènes, pour effectuer une coupure (déjà que dans une édition scolaire entre les scènes vous trouvez des études de texte). Dans ce cas présent, j’ai trouvé la pièce courte même si les différentes scènes qui s’ajoutaient se tiraient en longueur mais vraiment il s’y passe peu de choses. Beaucoup de bruit pour rien, en somme.

C’était bien d’essayer, Marivaux. Ou pas ^^,

Lecture sur un rocher

Angélique, tome 6 : Angélique et son amour

Anne Golon (autrice). Lage (illustration). 1961, 1978, 352 p. France Loisirs. Histoire – Romance.

Angélique, la Marquise des Anges, quitte La Rochelle où elle a tant souffert pour les îles d’Amérique. Elle fuit un passé trop douloureux, un présent trop dangereux, un avenir trop incertain. Elle a refusé le pardon dédaigneux offert par Louis XIV. Elle a dit adieu au souvenir de ses fils.

Le bateau, conduit par un mystérieux pirate masqué, le Rescator, l’emmène avec ces Huguenots qu’elle a décidé de sauver et la petite Honorine, l’enfant du cauchemar et de la honte.

Angélique quitte donc La Rochelle pour rejoindre les Amériques. On a donc encore une fois un voyage par bateau, ce que je n’aime pas du tout, comme je l’ai dit pour Indomptable Angélique. Mais ce volume passe beaucoup, beaucoup mieux pour une raison toute simple : le Rescator.

Le Rescator, qui avait payé Angélique très cher lorsqu’elle avait été vendue sur un marché (Indomptable Angélique) et qui a accepté son marché de sauver les marchands protestants avec elle à la fin d’Angélique se révolte,et qui m’intriguait beaucoup lors de la première lecture, même si je ne pense pas avoir deviné qu’il s’agit de Joffrey. J’ai beau être familière de Sangoku et ses multiples retours, avoir revu Nicolas qu’on pensait mort et savoir qu’il devait être en vie quelque part …

Mais là, j’étais ravie de le revoir enfin, surtout que lui et Angélique ne partent pas sur de très bonnes bases. Si elle se sent attirée par lui, elle ne connaît pas la vérité tout de suite et elle est choquée de son attitude à son égard lorsque c’est le cas. C’est le début d’une relation nouvelle entre eux qui commence, plus égalitaire, avec la jeune femme qui a mûri et Joffrey qui a bien changé également. J’adore les différents passages qui les réunissent.

La mutinerie m’a profondément agacée. Sérieusement, les gens ? Il vient de vous sauver et c’est comme ça que vous le remerciez ? J’ai beaucoup ri de la riposte de Joffrey. Toujours aussi parfait, toujours aussi intelligent.

La surprise qu’il réserve à Angélique à la fin est merveilleuse et touchante et m’a émue encore une fois alors que je me souvenais plutôt bien de ce qui allait arriver, ainsi que sa déclaration à Honorine. J’aime ce nouveau départ même si à la base je ne suis pas passionnée par les récits se déroulant dans le Nouveau Monde.

Par contre, je me serais passée de l’âme charitable qui m’a vendu les livres et qui a trouvé ultra important d’écrire Tome … et le chiffre sur la couverture. On ne voit pas la couleur mais on peut lire parce que c’est légèrement « gravé » dans la jaquette. Je suis greuh.

Nombre de tomes parus : 14.

Angélique / Le chemin de Versailles / Angélique et le Roy

Indomptable Angélique Angélique se révolte.

Lecture sur un rocher

Angélique, tome 5 : Angélique se révolte

Anne Golon (autrice). Lage (illustration). 1961, 1976, 339 p. France Loisirs. Histoire – Romance.

Angélique a échappé aux Barbaresques et retrouvé la terre de France. Mais le roi Louis XIV ne pardonne pas aisément la désobéissance de sa sujette. Bien que la sachant à bout après ses terribles épreuves, il lui fait porter un message : elle ne rentrera à la Cour que si elle s’incline enfin et fait amende honorable.

Angélique alors se révolte. Elle décide de tenir tête à ce roi tout puissant. Elle s’allie aux Protestants persécutés, elle enflamme la rébellion des paysans et des bourgeois de la province. Le Poitou explose. Angélique triomphera-t-elle?

Je me rappelle avoir été étonnée par ce tome mais l’avoir plutôt aimé.

J’ai été frappée de l’abandon de son frère prêtre qui refuse de l’aider à revoir son fils. Peut-être a-t-il peur d’être lu par l’officier qui garde Angélique mais sa lettre est vraiment froide et j’ai eu cette désagréable impression qu’à part « ses gens », elle était désormais toute seule.

Ça n’est qu’un avant-goût, au fil du roman on plonge dans la tristesse, la violence. Lors de ma première lecture, je crois bien que je n’ai pas pu en croire mes yeux. C’est comme si un premier arc de la vie d’Angélique s’achevait ici, dans le sang, l’horreur et la boue. Et elle s’en relève, encore et toujours. Définitivement une ode au courage et à la passion de l’héroïne.

La partie sur La Rochelle avec les protestants aurait peut-être pu être décrite un peu davantage, rien que pour offrir un cadre familier et plus doux à l’héroïne et sa fille, Honorine (qui ne passe toujours pas, je ne sais pas pourquoi). On a un aperçu des pratiques de harcèlement contre les Protestants avant la révocation de l’édit de Nantes qui les autorise à pratiquer leur religion, ils ne sont donc pas encore hors-la-loi mais déjà persécutés.

J’ai surtout aimé la rencontre finale et ce qu’elle annonce.

Nombre de tomes parus : 14 (série finie).

Angélique / Le chemin de Versailles / Angélique et le Roy

Indomptable Angélique Angélique et son amour

Lecture sur un rocher

Angélique, tome 4 : Indomptable Angélique

Anne Golon (autrice). Lage (illustration). 1960, 1978, 430 p. France Loisirs. Histoire – Romance.

Ce nouveau tome des Aventures d’Angélique a pour cadre la Méditerranée et l’Afrique du Nord à l’époque de Moulay Ismaël, « l’Epée de l’Islam », contemporain de Louis XIV. Au milieu de cette Méditerranée, où corsaires chrétiens et barbaresques se livrent à une concurrence acharnée de chair humaine à revendre, puis sur la terre même d’Afrique.

Angélique recherchera avec passion son premier mari, le comte Joffrey de Peyrac, échappé du supplice auquel l’a condamné Louis XIV. Prisonnière de Moulay Ismaël, enfermée dans un harem et promise au plaisir du roi, la belle Marquise des Anges vivra des heures passionnées et tragiques.

Il s’agit d’un des volumes que j’aime le moins pour la première partie qui se déroule sur la mer. J’ai de beaucoup préféré la seconde et la vie d’Angélique à l’étranger en tant qu’esclave, membre du harem. Aux embruns de la Méditerranée et au soleil implacable d’Alger, je préfère les fastes de Versailles et la sophistication de Toulouse.

L’élément qui m’a le plus marqué est un détail mais je n’aime pas voir Angélique renier Philippe. J’adore Joffrey aussi, mais ce n’est pas une raison.

Je crois vous avoir déjà dit que je n’aime pas les histoires de pirates ? Ce livre fait une toute petite exception à la règle avec un personnage mystérieux et charismatique, le Rescator. J’aurais aimé le voir davantage et pas uniquement lorsqu’on sait de qui il s’agit. J’avoue, j’ai été très frustrée lorsqu’Angélique lui échappe alors qu’il la fascinait et qu’elle serait bien restée.

Les détails sur la vie au harem sont très intéressants. La fuite est un passage à la fois très courageux et très triste,même si je me suis peu attachée au personnage qui lui apporte son aide. En revanche, le pauvre Savary qu’on apprend à beaucoup aimer avec sa fidélité et ses petites excentricités me manquera beaucoup. Il se rend ici indispensable grâce à son intelligence et sa finesse d’esprit qui le perdront.

Difficile d’apprécier Moulay Ismaël dans sa cruauté, même si Osman Ferradji dit cela normal dans le monde musulman. On s’attache davantage à ce personnage, raffiné, cultivé, qui fait tout pour aider Angélique.

Une lecture plutôt plaisante, mais loin des premiers volumes.

Nombre de tomes parus : 14 (série finie).

Angélique / Le chemin de Versailles / Angélique et le Roy.

Angélique se révolte Angélique et son amour

Lecture sur un rocher

Angélique, tome 3 : Angélique et le Roy

Anne Golon (autrice). Lage (illustration). 1959, 1978, 431 p. France Loisirs. Histoire – Romance.

Angélique a réussi à épouser Philippe pour reprendre son rang à la Cour. Mais la vie à ses côtés n’est pas des plus faciles, surtout lorsqu’il devient évident que le Roi la convoite et que sa favorite ne reculerait devant rien pour conserver sa place, pas même à défier la religion en participant à des messes noires ou attenter purement et simplement à la vie d’Angélique.

Un volume que j’adore, qui réussit presque à faire oublier l’absence de Joffrey.

La vie à la cour de Louis XIV, tel est le thème, l’environnement de ce roman, avec ses règles, comme l’impossibilité de s’asseoir en présence du Roi sauf exception, à moins de recevoir directement un tabouret et l’importance du Pour sur les étiquettes des portes des chambres. La vie à la Cour est pétillante, entre démarches pour obtenir une charge, tentatives pour être remarqué du Roi et toutes les affaires d’empoisonnement.

L’empoisonnement est un thème central de la 2ème partie. On tente d’empoisonner le roi, à ce que croit Florimond, l’aîné d’Angélique qui n’est pas loin de la réalité. On pourrait penser la vie à Versailles plus tranquille qu’à la Cour des Miracles ? Que nenni, on s’y bat juste différemment.

Angélique se montre encore pleine de ressources surtout lorsqu’elle découvre les projets et les agissements de la Montespan même si elle pense faire des erreurs comme s’adresser à la police.

J’aime beaucoup l’évolution de la relation entre Angélique et Philippe, qui malgré son caractère de brute n’hésite pas à traverser une bonne partie de la France lorsqu’elle perd Cantor, son fils cadet. J’aime les passages avec le Roi mais je trouve que Philippe est un personnage fascinant.

Par contre, Monsieur ne me manquait pas du tout. A chaque fois, il provoque une tragédie (manque d’empoisonner et discrédite Angélique, torture et tue Maître Bourjeois et Lino, et ici est présenté comme jouant un certain rôle dans l’empoisonnement de Madame, son épouse). Son côté efféminé et niais m’agace aussi terriblement.

On retrouve cette écriture riche et fluide de l’autrice, dont je ne me lasse pas. J’espère beaucoup de la nouvelle édition de ce tome que j’adore, rien que pour davantage de Philippe.

Une lecture passionnante qui conclut les aventures royales d’Angélique et annonce d’autres horizons de par sa rencontre avec l’émissaire Perse et donne vraiment envie de se jeter sur la suite après la révélation du Roi.

Nombre de tomes parus : 14 (série finie).

Angélique / Le chemin de Versailles / Indomptable Angélique

Angélique se révolte Angélique et son amour

Lecture sur un rocher

Angélique, tome 2 : Le chemin de Versailles

Anne Golon (autrice). Lage (illustration). 1958, 1978, 405 p. France Loisirs. Histoire – Romance.

Après la mort de Joffrey de Peyrac, Angélique est réduite à une pauvreté extrême. Elle ne cherche qu’à se venger de ceux qui l’ont condamné. Ce faisant, elle se retrouve parmi les gueux de Paris, à la Cour des Miracles, où elle est affiliée à la bande de Calembredaine, qui se révèle être un vieil ami. Mais elle veut davantage pour elle et ses fils. Angélique se fera bouquetière, rôtisseuse et marchande de chocolat pour reconquérir son rang à Versailles.

Découvrir les bas-fonds de Paris est une partie intéressante qui amène une fois encore son lot de personnages. Encore une société avec ses règles particulières, celles de la « matterie » que l’autrice nous fait découvrir. Mais j’avoue que j’avais assez hâte qu’elle s’élève à nouveau dans la société. Le passage entre n’est pas inintéressant, il est marqué par la tragédie, l’assassinat de Maître Bourgeois et Lino avec l’incendie de la rôtisserie. Je trouve déjà ce qui se passe horrible, j’ai bien peur que la version non censurée de la nouvelle édition le soit bien davantage.

On pense qu’Angélique restera gueuse. C’est mal connaître sa détermination et son intelligence qui lui permettent de créer deux commerces à succès malgré la tragédie du premier. Elle révèle une importante force de caractère, après le désespoir initial et du premier volume, récupère puis sauve ses enfants enlevés.

Nicolas n’est pas inintéressant mais je lui préfère Philippe, tout en contrastes et incertitudes malgré une façade assurée et insolente. Il est celui qui permet à Angélique, bien malgré lui, de retourner à Versailles (même si elle fait un peu enfant capricieuse lorsqu’elle lui dit ne pas vouloir qu’il en épouse une autre).

J’aime vraiment beaucoup ce début de Versailles, en fin de volume, prélude au 3ème qui s’y déroule presque entièrement.

Un volume auquel j’accroche un peu moins que le 1er et le 3ème (même pas uniquement parce que Joffrey n’est pas là, d’abord, mauvaises langues), mais qui reste une belle lecture détente.

Nombre de tomes parus : 14.

Angélique / Angélique et le Roy / Indomptable Angélique

Angélique se révolte / Angélique et son amour