Au bord des mots, lectures sur un rocher

Double faute

Double Fault. Lionel Shriver (autrice). Michèle Lévy-Bram (traductrice). Tyler Gourley (illustrateur). 1997 (VO), 2010 (VF), 444 p. Belfond. Contemporaine – Romance. 21,50€.

Un soir, à New York, lors d’un match de tennis improvisé, Willy rencontre Eric. Elle est joueuse professionnelle, battante et accrocheuse, il est tennisman dilettante mais étonnamment doué. Entre eux, c’est le coup de foudre. Ils se marient. Et les difficultés commencent. Car la douceur des débuts dans Ripper West Side fait bientôt place à la compétition. Une rivalité professionnelle et amoureuse acharnée, jusqu’à l’ultime balle de match, ce moment décisif où aucune faute n’est plus permise et où Willy aura à faire un choix crucial.

J’étais très contente de tomber sur un ouvrage parlant de tennis, de manière aussi appuyée (jusque dans le titre, les conditions de rencontre des personnages, tout le contexte en fait) et je me suis lancée avec enthousiasme.

Ca n’est pas vraiment un secret, mais j’adore le tennis. J’en ai fait pendant des années, je reprendrais dès que je trouve un club qui me convienne, j’en regarde à la télévision quand je peux, j’adore seulement entendre le commentaire d’un match tout en faisant autre chose … alors ça me rend d’autant plus triste quand je vois que le tennis fait le malheur des personnages et détruit leur univers 😦

C’est vraiment l’impression générale que m’a laissée ce livre, que je ne pouvais pas reposer plus vite. Il rend immensément triste. Si le tennis est l’instrument de la rencontre entre Eric et Willy, il est aussi celui de leur destruction. Il est tout pour Willy, qui en fait depuis son enfance et est professionnelle depuis qu’elle a dix-neuf ans. Eric, lui, vient de finir ses études de maths avec brio et joue depuis quelques années seulement et a décidé de passer pro, et va décrocher victoire sur victoire. Il s’en fiche. Mais il va s’élever au top 10 avec une facilité confondante alors que Willy va sortir du classement international suite à une blessure et un stress – datant du jour où son mari Eric l’a battue pour la première fois.

La rivalité aurait pu être stimulante, elle est désespérante. Le couple (qui est le thème du roman pour l’autrice, pas ce sport, d’où déjà une divergence entre mes attentes et le texte) ne peut pas se mettre d’accord. Aucun n’y renoncera, et si cela arrive, ils haïront l’autre. J’ai trouvé cette situation tellement triste.

Et Willy, honnêtement, est d’un égoïsme et d’un égocentrisme incroyable. Elle essaie de l’expliquer, de le justifier à un moment en parlant du fait que c’est par rapport au tennis où on se place toujours par rapport à quelqu’un, où on rapporte toujours tout à soi. Mais j’en viens à me demander pourquoi elle a épousé Eric. Certes elle se sent bien avec lui, aime lorsqu’il est présent à l’appartement et qu’ils font l’amour, mais dès l’instant où il la bat, c’est terminé et on ne voit plus d’affection entre eux, et elle ne l’admet pas, elle ne lui en dit rien (oui déjà bonjour la communication).

La fin est horrible dans cette optique. Tombée enceinte elle en parle à Eric puis avorte sans le prévenir, enfin pas avant que ce soit fait. Bon je ne parle même pas du fait que ce soit le jour de son premier match en tant que top 10 ou grand chelem, mais vraiment simplement ce choix qu’elle fait. Je ne m’y attendais pas, je pensais plus à une fin un peu clichée du style elle se range et ils se rabibochent ou du moins ils essaient. Mais ce choix la montre comme étant d’autant plus égocentrique qu’elle ne l’écoute même pas, et je crois bien qu’elle se réjouit énormément de la défaite d’Eric.

Eric n’est pas un personnage parfait non plus, je pense. Enfin il est trop parfait en ce qu’il réussit tout ce qu’il entreprend et est extrêmement patient avec Willy, ce que j’ai eu du mal à croire, au bout d’un moment. Elle va l’avoir à l’usure avec ses petites réflexions, mais d’ici-là, je n’ai pas pu croire à ce personnage tombé du ciel, étudiant reçu avec honneur et mention, qui perd de manière gracieuse puis gagne et monte dans le classement avec tant de régularité. Ou pêche d’un coup au Scrabble toutes les lettres à gros numéro, vide son bloc, chope un truc triple et j’en passe. Ca, c’était le détail exaspérant de trop.

Et accrocher tellement de casseroles de poisse à Willy est cruel en comparaison. Pour une fois qu’on aborde les règles dans un roman, je suis assez contente, beaucoup moins de voir qu’on en fait un élément de péripétie dans le « cette fille va de pire en pire », avec le message qui va bien « c’est normal d’avoir mal, on serre les dents et on finit le match »… surtout qu’on y ajoute un juge de ligne injuste et l’épisode suivant mentionne deux espèces d’énormes boutons de fièvre à la lèvre. Au bout d’un moment, sérieusement, il faut arrêter l’escalade des catastrophes pour un personnage et la montée gracile d’un autre … Encore une fois, je n’aime pas ce message des règles qui sont douloureuses et c’est normal, ta gueule et marche (surtout pour une sportive de haut niveau qui pourrait avoir des problèmes de santé).

J’aurais accessoirement pu claquer le père d’Eric qui se permet de sortir que Willy « doit surveiller sa ligne » (le soir où il la rencontre), et qu’il lui demande d’expliquer « pourquoi tant de championnes de tennis sont grosses ». Je vous avoue que ça me donne des envies de mordre. Être une athlète ne devrait pas être éclipsé par le physique. Je déteste le fait que Kournikova qui n’a pas fait grand-chose sur les courts soit plus connue et célébrée que d’autres joueuses qui correspondent moins aux critères de beauté. Et je suis ulcérée d’entendre les commentaires sur Serena Williams, au sommet de son sport et magnifique. Bref.

Une autre déception a été la traduction, parfois. J’ai tiqué sur certains termes de tennis, alors que merci, je connais le vocabulaire. Ce n’est pas « bûcheronner », mais « bourriner », plutôt … certes c’est un détail mais lorsque tu traduis un livre qui est si profondément cimenté dans le sport tu vérifies.

Et, heu « des théories de bananes trônaient sur le comptoir », ça veut dire quoi ? qu’en théorie y a des bananes ? Je ne vois même pas quelle expression anglaise a été triturée pour donner ce résultat crétin et biscornu. D’autres termes comme « quérulent » ou « gambit marital » m’ont sortie de ma lecture aussi.

Moi qui espérais une lecture légère qui me plonge dans un univers de tennis, je suis définitivement restée hors jeu ici. Et pire, je pense que ça me rendrait malheureuse de reprendre une raquette tout de suite après lecture, donc vraiment pas une réussite.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Double jeu

double-jeuJean-Philippe Blondel (auteur). 2013, 135 p. Actes Sud (Junior). Contemporaine – Jeunesse. 10,20€.

« Changer. C’est ce qu’ils veulent tous. Il faut que j’arrête de poser des problèmes aux adultes. Que je cesse d’être dans leur ligne de vision, de mire, de tir. Que je bouge de là. C’est ce que je voudrais, oui. A l’intérieur, je bous. J’aimerais être loin. Loin, genre à l’autre bout du monde. Me réinventer une existence avec un début moins pourri ». Quentin, nouveau dans son lycée, est enrôlé dans un cours de théâtre pour jouer dans la pièce de Tennessee Williams La Ménagerie de verre. Comme le personnage qu’il interprète, le garçon est tiraillé entre l’envie de tout plaquer pour voir le monde et celle de se battre. D’affronter, Les parents, Les profs, Les élèves, Les spectateurs, l’avenir.

Il y a quelques années, j’avais passé deux très beaux moments de lecture avec Blog et G229 de Jean-Philippe Blondel, que je vous recommande. Les thèmes du théâtre et du nouvel univers au lycée me parlent beaucoup, en général, et j’avoue que l’extrait du résumé plonge déjà dans l’écriture prenante de l’auteur.

Cette plume est fidèle au souvenir que j’en avais, forte, plongeant dans l’univers du héros, Quentin. J’ai aimé, une fois encore, le suivre dans son changement de vie (propulsé seul de son groupe dans un « bon » lycée de la ville, plus exigeant) et ses tourments intérieurs, magistralement servis par les mots choisis, chargés de force et de justesse.

J’ai quelques regrets, comme les ellipses narratives (surtout après des éléments qu’on a l’impression d’être importants) et l’utilisation de flash-backs, et le fait de ne pas avoir lu la pièce dont il est question,  La ménagerie de verre.

Mais c’est une superbe lecture, rapide et passionnante.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Et cette porte, là-bas, qui se fermait …

Pierre Gévart (auteur). Mathieu Coudray (illustrateur). 2009, 107 p. Argemmios. Mythologie – Contemporaine.

Orphée écrit, pour lui-même et pour un journal, où il signe une chronique quotidienne. Eurydice est professeur de lettres. Il boit, elle fume. Il est jaloux, elle aime se sentir libre. Dans le labyrinthe de leur vie commune, des portes s’ouvrent et se referment, innombrables, et nul ne saurait dire si elles les conduisent vers les Enfers ou si elles les en ramènent ; si, à travers elles, ils se retrouvent ou se perdent encore. 

J’étais plutôt intéressée par la réécriture moderne du mythe d’Orphée et d’Eurydice, elle prof de lettres, lui journaliste, à notre époque. Au final, ce n’est pas cet aspect qui m’a plu, parce qu’il a son côté répétitif, ennuyeux … contemporain. J’avais plus l’impression de lire de la littérature contemporaine dans l’ennui que je lui confère souvent, et qu’elle me procure à son tour, dans cette description d’une relation qui part à vau-l’eau. Sans parler des descriptions en général, justement, du plus basique comme une poignée de porte …

Et puis les inter chapitres sont arrivés. Avec eux, des réflexions sur le mythe originel, et le séjour d’Eurydice aux enfers, et sur les raisons qui lui donnaient envie de rester. Et j’ai trouvé ça hilarant. Entre Orphée et son haleine marquée, son côté machiste, le fait qu’il surnommait peut-être sa femme « dydyce » … (variante de bobonne ^^;)

J’ai aussi bien apprécié l’arrivée d’Hadès et Perséphone dans le récit courant. Ils sont inattendus, drôles, et que dire du chapitre final qui regroupe tous ces personnages avec Marcel Proust (oui, le monsieur à la madeleine joue un rôle non négligeable, et c’est drôle).

C’est une lecture plutôt surprenante, mais j’en retiendrai surtout les aspects amusants, et le côté court du récit. Je préfère cette version à celle de Silverberg, plus poétique, mais plus ennuyeuse.

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La Dernière Conquête du Major Pettigrew

Major Pettigrew’s Last Stand. Helen Simonson (autrice). Johan-Frédérik Hel-Guedj (traducteur). 2010 (VO), 2012 (VF), 491 p. NiL. Contemporaine. 21,30€.

À Edgecombe St. Mary, une tasse de thé délicatement infusé est un rituel auquel, à l’heure dite, le major Ernest Pettigrew ne saurait déroger. Désormais veuf, ce parfait gentlemann retraité du Royal Sussex a pour seule compagnie ses livres, ses chers Kipling, et quelques amis du club de golf – tous occupés à fuit leurs dames patronnesses. Et ce n’est guère son fils, dévoré par l’ambition et les jeux de pouvoir de la City, qui saurait être le complice de ses vieux jours.

Quand l’amour se présente soudain à lui sous les traits de la douce et gracieuse de Mme Ali – l’épicière d’origine pakistanaise et de confession musulmane -la communauté villageoise s’émeut, l’équilibre familial vacille., Le major, si respectueux des traditions,, saura-t-il ramener sa dernière conquête contre les convenances, la vox populi et … lui-même ?

J’avais l’impression que ce roman était définitivement vintage, mais il s’est avéré qu’il était très récent (années 90, au moins, je dirais). Pourtant, cela n’enlève rien à son charme délicieusement british.

Le Major Pettigrew, le héros, est tellement réel. Très digne, posé, presque empesé, j’ai adoré le suivre dans son quotidien si flegmatique. C’est surtout son fils qui m’a énervée, à le prendre pour acquis et estimer que tout lui est acquis justement … étonnamment, sa fiancée marque dans le sens inverse.

Et Mme Ali est adorable. Toute cette intrigue sur la tolérance, les pieds dans le plat de certains personnages insupportables sur le colonialisme, est très bien menée, sans jamais perdre de ce charme inné. J’ai également aimé l’originalité d’une relation amoureuse entre deux personnages qui peuvent être considérés comme seniors, ce qui arrive très peu souvent. Surtout avec de telles différences de cultures. Deux cultures qu’on aborde avec douceur et justesse.

L’écriture n’est pas en reste, fluide, addictive. On note de nombreuses descriptions, puisque le quotidien du protagoniste est au centre de l’histoire.

Quelques très maigres défauts. Parfois des longueurs, je trouve, notamment dans cette sous-intrigue des fusils. De très nombreux personnages, j’ai eu quelques difficultés à les replacer (mais je me suis laissée porter par le Major et le récit). J’avoue que j’ai souvent bondi devant les réflexions des membres masculins de la famille de Mme Ali, qui entendent régenter sa vie sous couvert de religion.

Mais à part cela, une très belle réussite.

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Julie Dumont, tome 1 : Les aventures improbables de Julie Dumont

julie dumontCassandra O’Donnell (autrice). 2016, 363 p. Pygmalion. Contemporaine – Humour. 16€.

Julie Dumont, parisienne, est célibataire. En chemin pour le mariage de ses parents en Normandie, elle est témoin d’une étrange scène : un homme est jeté d’une voiture et s’enfuit. En conduisant cet inconnu à l’hôpital, elle comprend qu’il s’agit d’un journaliste qui enquête sur un meurtre.

Je me réjouissais de ce nouveau roman de Cassandra O’Donnell, dont j’adore les séries Rebecca Kean et Les Soeurs Charbrey. Julie est un peu différente puisque le cadre est sérieusement réaliste et contemporain.

Mais il n’y a bien que le cadre qui soit sérieux, et encore. Julie m’a beaucoup rappelé Stephanie Plum et son don des bourdes, de se mettre dans des situations impossibles, de rencontrer des hommes étant définitivement une mauvaise idée, et aussi cet esprit de « burg », de petit village.

J’ai été un peu ennuyée par ce côté tout le monde se mêle de sa vie (mais c’est probablement par écho ^^,), mais c’est très drôle, sinon. Tout le monde sait tout, dans cette petite ville, sur elle ou sa famille (et l’entreprise familiale ajoute encore à l’humour), et se fait sa propre idée.

Pour moi, l’accent est plus mis sur l’humour et les relations que l’enquête policière, même si je l’ai appréciée. Elle est bien sûr reliée à la maladresse et à la malchance de l’héroïne, ce qui passe toujours bien.

Les personnages et les dialogues sont définitivement la force de ce roman, qu’on a des difficultés à reposer. La mère a l’air vaguement cinglée. Le grand-père est hilarant. La cousine sera je l’espère dans la suite, puisqu’on ne fait que l’apercevoir. Et Julie n’est pas en reste, ni Michael (même si le côté tous les hommes qui croisent le chemin de l’héroïne en sont fous n’est pas mon favori).

J’ai une récrimination : Julie évoque à un moment le documentaliste du collège. A moins que ce ne soit un de ces vieux de la vieille qui ne font jamais cours et sont planqués dans le CDI (ça arrive encore) pour être tranquille, c’est un professeur documentaliste 😛 Oui, je prêche pour ma paroisse, que voulez-vous ^^,

A part ce détail, c’est une excellente lecture pleine d’humour que je vous recommande.

Nombre de tomes parus : 1 (série en cours).

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La vacation

vacationMartin Winckler. 1989, 2014, 213 p. Folio. Contemporaine. 6,50€.

«Tout en surveillant les mouvements du rideau, tu rabats les feuillets et tu poses le dossier derrière toi sur la paillasse.

Tu attends, les bras croisés, le bassin calé contre le plan carrelé, et parfois avec un peu d’impatience, que la femme se soit dévêtue et qu’elle apparaisse enfin en longue chemise de nuit ou en robe légère.

– Venez, Madame.

Tu lui souris, tu fais deux pas dans sa direction ; tu l’invites à s’approcher.»

Bruno Sachs, médecin généraliste, pratique des avortements lors de vacations hebdomadaires dans un hôpital.

Je suis une grande adoratrice de Martin Winckler depuis que j’ai découvert ses ouvrages sur les séries télé (vous pouvez trouver ici ses droits du sériephile). En plus d’être spécialiste de ce sujet que j’adore, il est également gynécologue de son day job, et il a rédigé plusieurs romans sur le sujet, avec des prises de position pour la prise en compte des femmes dans les consultations … plus sur le sujet en fin d’article.

Si Le choeur des femmes est un de ses romans les plus connus, je suis tombée sur celui-ci en soldes, et j’ai pensé démarrer par là. C’est un peu difficile, au niveau du langage, tout d’abord. Tout le roman est rédigé à la deuxième personne du singulier, ce qui m’a énormément perturbée. Est-ce une manière de nous mettre dans la peau du médecin qui pratique les IVG ? Même si le roman n’est pas long, c’est un peu lourd …

Il faut aussi un peu de temps pour s’habituer au thème, l’interruption volontaire de grossesse, l’avortement, dont il décrit le processus en détail au début. C’est assez rare, comme thème, et j’apprécie de le voir évoqué, tout comme les règles, souvent tabou dans la littérature comme la vie quotidienne.

C’est aussi le parcours des femmes qui viennent dans cette clinique pour avorter qui est évoqué, leurs raisons, le temps et son importance dans l’opération … c’est tour à tour banal et déchirant (cette jeune femme à qui on a dit qu’ayant fait une radio il faut avorter, et le Dr Sachs qui n’apprend cette raison qu’après avoir effectué l’IVG, et qu’elle n’en aurait pas eu besoin) ou exaspérant (cet homme qui accompagne sa femme et demande si c’est bientôt fini parce que hein il a dû fermer le magasin, vous comprenez).

Bruno Sachs est le pivot du roman, lorsqu’il s’adresse à ces femmes, et plus encore lorsqu’il est confronté à la situation à la toute fin, ce qui est inattendu. J’ai aimé voir cette situation évoquée.

Encore un léger bémol. Au bout d’un temps, le problème n’est plus la personne, mais la structure de la phrase elle-même, des mots sont parfois mangés pour un débit bien plus rapide. Est-ce pour éviter la répétition, puisque les actions de Sachs sont toujours les mêmes, ses phrases aussi, ou presque ? De même, le chapitre sur la publication du livre du protagoniste, l’imagine-t-il ? Je n’ai pas bien compris.

Je reste assez mitigée sur la forme, mais j’ai trouvé le contenu intéressant et je compte poursuivre ma découverte des oeuvres de l’auteur.

En guise de conclusion : afin de mieux informer les femmes, souvent méprisées par les gynécologues, Martin Winckler  a créé une chaîne Youtube dans laquelle il propose des vidéos sur la contraception et le corps féminin. Je ne peux que vous la recommander. Il est extrêmement clair. Son site internet est également une mine d’informations.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Ne dites pas à ma mère que je suis voyante

Unpredictable. Eileen Cook (autrice). 2011, 344 p. J’ai Lu. Contemporaine. 6,20€. Livre lu sur liseuse.

On dit souvent que l’amour rend aveugle. Pas dans le cas de Sophie Kintock, qui, après une rupture, se découvre un don de double vue jusque-là insoupçonné ! Quand Doug la quitte après six ans de vie commune, Sophie, libraire à Vancouver, est prête à tout pour le récupérer. C’est pourquoi, lorsqu’elle apprend que sa nouvelle petite amie, la pulpeuse Melanie, s’intéresse au paranormal, elle a une idée aussi folle que diabolique : proposer à sa rivale une fausse consultation de voyance destinée à faire rompre les tourtereaux. Mais rien ne va se passer comme prévu, car Sophie se retrouve vite dépassée par le succès inattendu de ses nouveaux talents… 

Je lis peu de contemporaine ou de romances (à part celles de Nora Roberts), mais le titre de ce roman, malgré les longueurs, m’a beaucoup parlé.

On retrouve des éléments de L’accro au shopping (l’enferrement dans les mensonges, l’héroïne un peu spéciale dans ses excès), mais j’ai davantage apprécié Sophie. Libraire, grande passionnée de livres, avec beaucoup d’imagination, je me suis plutôt retrouvée dans ce personnage, le côté stalker en moins, mais qui est plutôt hilarant, dès qu’on entre dans ce roman (déranger la lessive de l’ex est plutôt excellent !).

Il y a toujours ce côté prévisible de la romance, mais j’ai aimé ne pas être sûre d’où l’auteure allait m’entraîner (avec l’autre héros, le côté voyance), et j’ai ri tout au long du livre. Une belle surprise.