Au bord des mots, lectures sur un rocher

The Life-Changing Magic of Tidying Up

magic-tidying-upJinsei Ga Tokimeku Katazuke No Maho. Marie Kondo (autrice). Cathy Hirano (traductrice). 2011 (VO), 2014 (VA), 213 p. Ten Speed Press Berkley. Développement personnel. 13,33€. Livre lu en anglais.

Pourquoi un tel intérêt pour le rangement ? Parce que la vie commence seulement (véritablement) une fois que l’on a fait du tri. Dans cet essai pratique déjà best-seller, l’auteur nous explique simplement, mais fermement, d’oublier nos bonnes vieilles habitudes : passer une journée par an à tout jeter ne sert à rien ! S’attaquer à chaque pièce l’une après l’autre non plus. En procédant ainsi, dans quelques jours, vous nagerez de nouveau en plein désordre. Le rangement doit être un moment privilégié. Et chaque objet qui nous entoure doit nous procurer de la joie. Vraiment. Si ce n’est pas le cas, alors il faut s’en débarrasser. Tout de suite. 

Après les livres de Dominique Loreau, j’ai commencé à plutôt apprécier le genre du développement personnel. Je ne sais plus comment je suis tombée sur ce petit livre, mais j’étais très curieuse de connaître cette méthode de tri et rangement, surtout en voyant le succès qu’elle a rencontré.

A mes yeux, c’est un livre qui attend son moment de lecture. J’ai préféré ne pas le démarrer avant d’entrer dans une période de tri durant laquelle je voulais m’essayer à la méthode, et tant mieux, parce que j’avais hâte de m’y mettre ensuite. L’écriture de Marie Kondo est très belle et poétique, et j’ai aimé les histoires qu’elle raconte, tant les siennes que celles de ses clients. La traduction n’atténue pas ce côté traditionnel oriental, au contraire, j’avais l’impression que l’auteur écrivait directement en anglais, sans intermédiaire. Ce n’est pas un élément qui m’a sortie de ma lecture. Et la langue n’est pas vraiment un obstacle, on est vraiment sur du vocabulaire courant.

En ce qui concerne la méthode en elle-même, le cérémonial spirituel (s’il a fait hurler certains lecteurs, sur Goodreads je crois bien, et j’ai adoré cette critique hilarante) ne m’a pas dérangée, au contraire, je l’ai trouvé intéressant et profond. Même si je l’appliquais déjà à mes livres depuis quelques années lorsque j’en désherbais, donc ce n’était pas entièrement une nouveauté.

La petite difficulté a plutôt résidé dans la méthode de pliage, et je vous avoue que j’ai été fureter à plusieurs reprises sur des vidéos pour voir comment l’auteure ou d’autres personnes qui suivent cette méthode se débrouillaient avec certains vêtements. Mais c’est juste parce que je ne suis pas douée ^^,

J’ai apprécié la plupart des conseils du livre, sur les éléments à ranger, comment, où. Le tri régulier du sac, par exemple, ou une routine à adopter lorsque vous rentrez du travail. Le côté très plaisant du livre est d’ailleurs le fait qu’il fourmille de conseils et idées qu’on est très tentés d’adopter, alliés à une belle écriture sereine et de jolies anecdotes, vraiment un tout très chouette. (Bon et puis honnêtement il est relié en dur et vraiment joli comme tout, mais c’est mon côté superficiel ^^,).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

100 idées qui ont changé la mode

100-idees-qui-ont-transforme-la-modeA 100 ideas that changed fashion. Harriet Worsley (autrice). Paul Lepic (traducteur). 2001 (VO), 2011 (VF), 215 p. Seuil. Beau livre. 29€.

100 idées qui ont transformé la mode raconte l’histoire des révolutions qui ont bouleversé la mode féminine occidentale de 1900 à aujourd’hui grâce à des inventions marquantes comme la fermeture Éclair ou le nylon ou, plus indirectement, par les effets de grands événements politiques ou économiques comme les deux guerres mondiales, la libération des femmes, la production en série ou la mondialisation. En effet, comment aurait-on pu se figurer à l’époque des corsets et des robes amples, qu’apparaîtraient un jour le bikini, la minijupe ou les achats par Internet ? Si le XXIe siècle est à la hauteur du siècle dernier, il apportera probablement des défis et des innovations encore inimaginables aujourd’hui. 

Harriet Worsley nous entraîne dans l’Histoire de la mode à travers cent idées, qui vont des tissus, formes des vêtements, types de vêtements, accessoires, publicité/communication, mannequins … Il n’y a pas de classement par catégorie, et j’avoue que parfois je me suis posée la question de l’ordre des idées. On reste dans l’inattendu et donc on ne s’ennuie pas, mais j’aime les catégories, donc je ne comprenais pas bien comment l’auteur classait tout ça.

En ce qui concerne le choix des idées, il est plutôt intéressant puisqu’il est large. Si je m’attendais à certains comme la minijupe ou les talons, le pantalon ou le punk, d’autres étaient une surprise. L’acte de s’habiller toute seule pour une femme de la bonne société, par exemple, laissant tomber le corset au début du siècle, est un angle qui m’a bien accrochée. J’ai beaucoup apprécié de replacer chaque idée dans son contexte historique.

Cet élément est renforcé par la superbe illustration proposée ici. Entre photographies, dessins, affiches publicitaires, couvertures de revues glam, photos d’archives ou de défilés, j’ai été servie. Le lecteur est bien plongé dans chaque période historique, et c’est amusant de voir l’évolution des techniques photographiques également.

Je regrette juste un soupçon de diversité – même si le milieu de la mode n’est pas connu pour cette qualité, malgré des efforts assez récents. Si le thème consacré à Black is beautiful est important, qu’il y a une « idée » sur le design japonais, c’est très européen-américain. Pas un mot sur les mannequins plus-size non plus, mais je suppose que 2001 est trop loin pour espérer en parler – si en 2017 on tourne encore autour du pot … pas eu l’impression non plus de voir passer des modèles masculins, qui font pourtant partie de la mode aussi.

Bref. Les choix sont intéressants, mais j’aurais aimé que l’auteure aille un peu plus loin.

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You Are What You Wear: What Your Clothes Reveal About You

you are what you wearDr. Jennifer Baumgartner (autrice). 2002, 242 p. Lifelong Books. Développement personnel. 5,99€. Livre lu en anglais.

Most every woman has found herself with a closet full of too many clothes or surrounded by brand-new items that somehow never get worn. Instead she gets stuck wearing the same few familiar pieces from a wardrobe that just doesn’t feel « right. » Dr. Jennifer Baumgartner argues that all those things are actually manifestations of deeper life issues. What if you could understand your appearance as a representation of your inner unresolved conflicts and then assemble a wardrobe to match the way you wish to be perceived? In this fashion guide that is like no other, Dr. Baumgartner helps readers identify the psychology behind their choices, so they can not only develop a personal style that suits their identity but also make positive changes in all areas of life.

L’ironie de la chose veut que j’ai acheté ce livre en voyant que The Book Depository me proposait un bon de réduction (pour un ouvrage qui aborde les achats nécessaires et non pas parce que c’est soldés ^^,). Je ne suis pas très mode, excepté son histoire, mais le concept, ici, est intéressant. L’auteur, psychologue, aide les gens à mieux se sentir en retravaillant leur garde-robe.

Les réflexions sont intéressantes. J’ai plutôt aimé le fait de poser de nombreuses questions à chaque chapitre pour essayer de voir s’il vous convient ou pas (être coincé dans une boucle temporelle, acheter à outrance sans jamais porter ses achats, n’avoir que des vêtements de travail, n’acheter que des vêtements où le logo de la marque bien connue est visible, etc.).

L’auteur n’est jamais accusatrice ou moqueuse et s’efforce d’aider ses clients. J’ai noté certains de ces conseils, d’autant que je l’ai lu cet été, en mode déménagement et donc tri. J’admets aussi que certains conseils peuvent s’appliquer à l’achat de livres ^^,

J’ai aussi trouvé qu’elle rend sans peine son sujet intéressant, parfois drôle. L’anglais n’est pas très compliqué, sauf quand elle détaille différents types de vêtements, domaine qui n’est pas vraiment dans le vocabulaire de la vie quotidienne, mais on comprend assez facilement l’idée.

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Faire le ménage chez soi, faire le ménage en soi

Dominique Loreau (autrice). 2013, 246 p. Marabout (Psy). Développement personnel. 5,99€.

Par petites touches, trouver l’élan initial, créer la routine parfaite, savourer la précision du geste. Et enfin, se sentir en paix et en sécurité.

A la manière d’un moine au temple, voici comment apprendre à entretenir son environnement afin de se réapproprier sa vie.

J’ai mis un peu de temps pour démarrer cette lecture, comme c’était le dernier livre de Dominique Loreau qui se trouvait dans ma PAL (maintenant, bonheur,  un autre est sorti depuis ^^). Je l’en ai finalement sorti en espérant retrouver un peu de cette sérénité que j’avais à lecture des autres, en plein refroidissement, et ça a été plus ou moins efficace. En tout cas, j’ai passé un très bon moment de lecture, encore une fois.

Et encore une fois, pas mal de réflexion sur de petites améliorations à apporter, ou tout un nouvel espace à aménager. I wish, I wish …

Je me suis sentie un peu moins bizarre lorsque l’auteur a parlé de réaliser des « inventaires périodiques » de ce qu’on possède, pour voir ou on en est, si on se sert de tout, et ne pas hésiter à réaliser que parfois, on aurait pu se dispenser de cet achat, pour le faire maintenant (oui, je suis en mode tri).

Une fois encore, je recense plein de petites idées, comme un nécessaire de produits de lavage, avec les situations où les utiliser et des préparations artisanales, moins chères que dans le commerce. J’ai beaucoup aimé l’idée du récapitulatif de traitement de chaque objet (bouilloire, écrans, four, etc.).

Les différents gestes et activités du ménage sont présentés comme plaisants, une danse, au côté esthétique. C’est une fois encore une vision qui me plaît et me parle. Dominique Loreau trouve encore une fois les mots qui font mouche pour me tenir rivée à son livre, et me donner envie de me donner du mal pour mettre certains de ses conseils en pratique. Le côté ménage-gymnastique n’est pas mal non plus!

Bref, une fois encore, un excellent moment de lecture, combiné à une réflexion que j’espère productive sur le sujet (au risque de vous choquer, je ne suis pas – encore – une fée du ménage).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

L’art de la simplicité

Dominique Loreau (autrice). 2013, 316 p. Marabout (Psy). Développement personnel. 5,99€.

Découvrez un mode de vie zen, directement issu de l’art de vivre japonais, reposant sur le principe du « moins pour plus », appliqué à tous les domaines.

Essayez : épurez votre intérieur, videz vos armoires, abandonnez vos achats compulsifs, apprenez à manger plus frugal, prenez soin de votre corps et donc de votre esprit…

J’avais très, très envie de découvrir les autres livres de Dominique Loreau après L’art des listes que j’avais adoré. Et j’ai bien fait d’attendre un peu pour lire celui-ci, le mois de septembre, avec son stress de reprise de boulot, cours et tous les problèmes administratifs, L’art de la simplicité a contribué à me garder calme et un peu plus zen.

Je l’ai savouré. L’écriture de l’auteur est toujours aussi délicate, poétique. J’ai essayé de lire quelques pages à la fois, ce qui est difficile parce que j’aime lire un livre d’une traite. Et une fois encore, j’ai tout un tas de pages cornées pour des passages que j’ai trouvés intéressants ou tout simplement très beaux.

Parfois, pour entamer une nouvelle partie, l’auteure propose un extrait de livre, film, ou série. J’ai trouvé très drôle d’y voir un extrait d’X-Files ! On ne s’y attend pas, et pouf, petit éclat de rire !

On trouve essentiellement des conseils, pour privilégier la simplicité dans la vie, sur l’ameublement, l’esthétique, le corps, l’alimentation, le mental, pas mal de toutes petites choses qui donnent plein d’idées pour changer sa manière de voir et faire les choses.

J’aime particulièrement le message plein d’optimisme et de positivisme, qui annonce clairement qu’on peut atteindre les buts que l’on se fixe, qu’il suffit se travailler et de s’accrocher à sa conviction. Il passe d’autant mieux avec cette écriture poétique qui peut se révéler particulièrement persuasive. J’en redemande, et j’attends le bon moment pour me lancer dans L’art de la frugalité et de la volupté.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

L’art des listes

Dominique Loreau (autrice). 2011, 286 p. Marabout (Psy). Développement personnel. 5,99€.

Pourquoi faire des listes ? Parce qu’elles permettent d’aborder les faits avec une clarté totale, et de ne pas oublier ses rêves en se laissant envahir par le fourmillement du quotidien. Par leur concision, leur simplicité et l’immédiateté de leur approche, les listes sont une voie d’accès directe à l’exploration illimitée de notre vie. Liste d’objets, de choses à faire, mais aussi listes de souvenirs, de rêves, de goûts ; florilèges, miscellanées, almanachs, compilations, encyclopédies : tout est possible, pour donner vie à ses pensées et enrichir sa vie intérieure.

J’adore faire des listes, de livres lus, à lire, de choses à faire … Je suis tombée par hasard sur ce petit livre, et je regrette de ne pas l’avoir lu plus tôt. Il est resté de longs mois caché dans une de mes bibliothèques : puisque je n’ai pas d’étagère de développement personnel il était coincé avec les petits livres de cuisine tout en bas, dans un coin pas visible du bureau …

En plus de fourmiller d’idées intéressantes, de listes et d’éléments pour simplifier et organiser sa vie, il permet également de réfléchir à celle-ci et d’y faire un grand ménage, bizarrement spécialement cette année, envie de tri, de listes, et aussi pour le plaisir de rêvasser en faisant une liste. J’ai très envie de lire d’autres livres de l’auteur, comme L’art de la simplicité et L’art de l’essentiel.

Un autre point, auquel je ne m’attendais pas, qui a été la grande surprise et le point de cet ouvrage, a été l’écriture de l’auteur, que j’ai trouvée très jolie et poétique, et m’a empêchée de reposer le livre même pour commencer à faire des listes de listes que j’aurais envie de faire ^^; J’ai commandé ses autres livres dès la lecture finie, et j’ai eu du mal à ne pas reprendre cette lecture dès la dernière page reposée et la première de couverture contemplée en petit rituel de fin. J’étais à ce point charmée.

Quelques exemples de listes :

-mes projets de carrière

-50 choses dont je suis très fière, par ordre croissant

-toutes les folies que j’aimerais faire

-idées de boîtes repas

-les choses et personnes qui m’apportent de l’énergie …