Au bord des mots, lectures sur un rocher

Camden, tome 1 : Un murmure de voix

Pauline Andreani (autrice). Nicolas Jamonneau (illustrateur). 2016, 160 p.  Éditions du Petit Caveau. Fantastique. 12,90€ .

Je m’appelle Humphrey. Simplement Humphrey. Ce soir-là, j’ai perdu mon travail en voulant sauver un ahuri qui prétendait pouvoir communiquer avec l’au-delà. Par curiosité, je l’ai ensuite suivi dans l’une de ses aventures, et devinez quoi ? Le gamin disait vrai.

La famille Flemington, s’étant vue affligée de la disparition de leur fils et de la mort de leur bonne, ne se doute pas que cette dernière est bien présente, ni qu’elle sait ce qui est arrivé à leur bambin. . .

Lors de ma dernière razzia au stand du Petit Caveau, aux Imaginales, j’ai trouvé ce petit roman très joliment illustré. Je ne suis pas une grande fan de fantômes, mais pourquoi pas, on se lance.

Je retrouve avec plaisir une maison d’édition que j’adore, et une fois de plus une autrice à la plume pleine d’élégance. Si je ne suis pas intéressée par les créatures qu’elle choisit de mettre en oeuvre, sa manière de le faire a suscité mon intérêt, même si je me demande un peu ce que le narrateur, Humphrey, peut apporter à Camden qui semble très bien se débrouiller tout seul.

C’est la petite faiblesse de ce tome : on se situe dans une introduction. Une introduction à l’univers, aux personnages, même s’il y a une petite enquête, sa résolution est trop rapide, je n’ai pas eu assez le temps de m’inquiéter.

Mais ça donne envie sans peine de poursuivre et de savoir où Pauline Andreani veut nous entraîner. Camden est plutôt attachant, et son frère n’est pas dépeint de manière manichéenne, il est agaçant mais se soucie du plus jeune, et leur domaine intéresse également.

Une lecture vraiment intéressante et une série prometteuse.

Nombre de tomes parus : 2 (série en cours).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Vampires de sorcellerie

vampires-vilore-2Lia Vilorë (autrice). Patricia Lo (illustratrice). 2016, 250 p. Le Petit Caveau (Sang Neuf). Fantastique – Humour. 17,90€.

Cet été-là, une série de meurtres est l’œuvre d’un tueur que les médias appelleront avec a propos bien qu’en toute ignorance « Le Vampire ».

Ma partenaire, Lía Fáil, se dédie aussitôt à la tâche d’arrêter ce dangereux Éternel avant que ses crimes n’ameutent les tueurs de vampires. Hélas, elle rechigne d’autant plus à la prudence qu’elle se noie dans un chagrin gardé obstinément secret.

Quand ma dame sur les traces du Vampire disparaît à son tour, moi, Amaël Ailill, je pars aussitôt en quête de réponses. Sans elles, je sais qu’il me sera impossible de la retrouver saine et sauve…

J’avais un excellent souvenir du premier tome de cette série, pour son humour déjanté et les vampires qu’elle propose. J’ai été ravie de voir qu’on pousse plus loin leur univers, notamment du point de vue de la magie.

Amaël est un personnage charmant à suivre, et son côté torturé, son histoire bien construite, ajoutent à son côté attachant. J’ai été un peu triste de ce qui arrive à Lia Fail, j’espère qu’elle reviendra dans la suite avec plus de peps !

La plongée dans le passé des deux vampires m’a beaucoup intéressée. On apprend aussi le prénom humain de Lia, que j’adore, et j’aime beaucoup la voir par les yeux d’Amaël qui apprend toujours à la connaître après plusieurs mois de cohabitation. Son pouvoir est toujours aussi hilarant (cette dispute avec la jupe au début ^^,).

Petit bémol : si Gavin est plutôt intéressant, comme son frère, je ne suis pas fan de loups-garous. La dynamique entre lui et Amaël est plaisante, mais moins ce que je préfère. Et je connaissais déjà le dernier chapitre, sur Liadan, de Dames de lune, Fées des brumes, je l’y avais beaucoup apprécié, mais j’ai perdu un peu de la primeur de la surprise ici !

On retrouve l’action, les révélations, la plongée dans l’univers du premier tome, mais peut-être un peu moins de l’humour puisque Lia Fail n’est plus la narratrice principale et les autres sont plus sérieux. Mais ces autres éléments valent très bien le plaisir de la balade.

Ah, et les rappels en début d’histoire, c’est parfait, puisqu’à part le sceptre Sailor Moon j’avais tout oublié 😛 Et Amaël ne laisse pas du tout entendre que c’est moi qui ai une mémoire de poisson, il est subtil en prime ^^,

Mention spéciale à la très belle couverture de Patricia Lo !

Une bien, bien chouette lecture.

Nombre de tomes parus : 2 (série en cours).

Tome 1 : Vampires d’une nuit de printemps

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Les Soupirs de Londres, tome 1 : Le Manoir des Immortels

soupirs de londres 1Ambre Dubois (autrice). Anne-Claire Payet (illustratrice). 2009, 259 p. Le Petit Caveau. Fantastique. 17,90 €.

Londres, 1888…

La ville est secouée par les épouvantables crimes de Jack l’Eventreur. Dans la petite communauté vampirique locale, dirigée par le ténébreux Rodrigue, l’on se pose des questions. Le tueur serait-il l’un d’eux ?

La belle Stella, reconnue pour ses étonnants pouvoirs occultes, va être chargée de mener l’enquête auprès d’une curieuse famille bourgeoise, les Heartavy.

Finira-t-elle enfin par découvrir la terrible vérité ?

Il y a quelques années, j’avais découvert Ambre Dubois avec Absinthes et Démons, et la moindre des choses que l’on peut en dire, c’est que la rencontre s’était très mal passée. (J’avais détesté). Ce premier tome de la saga des Soupirs de Londres était déjà dans ma PAL,  j’appréhendais définitivement sa lecture, et je l’ai inscrite au challenge ABC pour me motiver.

Et j’en suis définitivement ravie. C’est une excellente surprise. Sans être un coup de coeur, parce qu’il y a quelques défauts, il y a quelques très bons points.

J’ai aimé en premier lieu le vampire et ses caractéristiques. Il est mystérieux, puissant, dans ce beau contexte d’Angleterre victorienne, carnassier sans être too much …

L’enquête est intéressante et prenante. J’avais envie de savoir la suite et de suivre Stella dans ses mouvements, ainsi que ses dons. J’ai beaucoup aimé le fait que les vampires possèdent des capacités particulières, qui sont bien choisies et exploitées de manière originale et parlante. Drake m’intrigue d’ailleurs particulièrement et j’ai hâte de le retrouver par la suite.

Parmi les quelques soucis, il faut parler des noms de personnages qui souvent manquent terriblement de naturel à mes yeux (Heartavy, par exemple). J’ai relevé aussi quelques soucis de concordance des temps qui m’ont sortie de ma lecture.

Cependant, cela a beaucoup moins affecté ma lecture que pour Absinthes et je poursuivrai cette série avec plaisir.

Nombre de tomes parus : 4 (série finie).

2 : Lire une oeuvre de SF ou Fantasy ou Fantastique (SFFF) francophone mais non française : belge.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Le Cycle des âmes déchues, tome 2 : Le Sacrifice des Damnés

Stéphane Soutoul (auteur). Cécile Guillot (illustratrice). 2011, 186 p. Le Petit Caveau. Fantastique. 14,90€ .

Léonore de Lacarme couve en son sein un terrible enfant convoité par un groupe de fanatiques. La jeune femme enceinte pourra-t-elle échapper à ces individus prêts à tout pour accomplir leurs sombres dessins ? Et son fiancé, cet amant à présent devenu un prédateur aux mœurs sanglantes et à la séduction irréelle… peut-elle encore lui accorder sa confiance ?

Paul de Lacarme va tenter l’impossible pour retrouver l’unique famille qui lui reste et la soustraire à un funeste destin. À moins que la trahison d’un ancien amour ne le précipite lui aussi au cœur d’un piège sans retour…

J’ai retrouvé toute l’élégance et la délicatesse de l’auteur avec cette suite. Si on évoque toujours la famille Lacarme, ce sont deux autres membres de la famille qui sont mis en lumière, Léonore et Paul.

L’histoire de la jeune femme est particulièrement romantique et poignante. J’ai beaucoup apprécié la description et l’évolution de sa relation avec son fiancé (même si j’aurais aimé qu’il soit un vampire dès le début ^^), et j’avoue que je m’attendais à une toute autre issue, celle-ci ajoute un côté inattendu et tragique.

En ce qui concerne Paul, j’étais moins enthousiaste, j’avais un peu peur d’une relation un peu clichée avec son ancienne partenaire, mais l’auteur n’entre pas dans cet écueil. La description de la confrérie, ses mensonges, ses dangers, est très bien menée, en parallèle de l’histoire déchirante de Léonore.

La fin est surprenante, je ne pensais pas que l’on aborderait déjà Béatrice, l’héroïne du troisième volume, qui s’annonce passionnant, toujours sur cette belle veine romantique gothique. L’écriture est toujours aussi fluide et on se représente parfaitement les évènements.

Au final, j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce deuxième tome.

Nombre de tomes parus : 3 (série finie).

Tome 1 : Le Mal en la Demeure

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Clio Kelly et l’éveil de la gardienne

Angélique Ferreira (autrice). Anne-Claire Payet (illustratrice). 2010, 170 p. Éd. du Petit Caveau (Sang d’Ailleurs). Fantastique. 14,90€.

Clio Kelly, 22 ans, est journaliste au journal de l’Opéra. Alors que la vie à Paris est d’un calme olympien, une série de meurtre dévaste le Gévaudan. Ceux-ci sont la réplique exacte des crimes commis entre 1764 à 1767 dans la région.

Tandis que la jeune femme est envoyée sur place pour enquêter en compagnie de son partenaire, Morgan Chevalier, les meurtres deviennent de plus en plus sanglants et terribles.

C’est une surprise que ce roman. Je n’avais pas prévu de l’acheter aux Imaginales 2013, mais le résumé m’a intriguée, pour plusieurs raisons.

La principale, c’est que c’est un livre que j’aurais voulu écrire, ou à défaut lire, au lycée. J’ai étudié la Bête du Gévaudan et j’ai toujours été passionnée de mythologie, je me suis retrouvée dans beaucoup d’éléments de ce roman … J’ai aimé la manière dont Angélique Ferreira mélange les différents éléments qu’elle a choisis. J’espère que la suite sera publiée bientôt : la dernière page et la quatrième nous apprennent que c’est un premier tome  !

J’ai aussi beaucoup aimé le choix du prénom Morgan, qui me rappelle très bien mes années lycée aussi, comme par hasard. Clio Kelly, j’ai eu un peu plus de mal, l’association ne m’a pas parue très naturelle, mais détail. L’écriture descriptive m’a rivée à cette lecture, à part ce point. Et on mentionne la guerre de Troie. Beaucoup, beaucoup d’éléments qui m’ont plu.

Pour être honnête, il y a quelques éléments prévisibles dans le récit, même s’ils ne m’ont pas trop dérangée (la mère décédée mais dont l’héroïne est le portrait ; le fait que c’est elle l’élue et pas la decoy ; la romance … ). Mais je n’ai pas trouvé qu’ils retiraient au plaisir de lecture.

Une fois encore, j’ai vraiment aimé découvrir un titre du catalogue du Petit Caveau, qui lentement mais sûrement, fait son chemin dans ma liste de maisons d’éditions préférées.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Vampires d’une nuit de printemps

Lia Vilorë (autrice). Rozenn Illiano (illustratrice). 2012, 250 p. Le Petit Caveau (Sang Neuf). Fantastique – Humour. 17,90€.

Cher journal, Désormais, mon nom est Fáil, Lía Fáil, et je suis un vampire.
Sans déconner ?
Punaise de pouvoir idiot, et tu réponds à l’écrit en prime !
Ben, depuis le temps, je sais que tu ne sais pas t’empêcher d’écrire tes tracas alors…
Ouais… pas faux…
Alors, vas-y, raconte…
En décembre dernier, je suis devenue un vrai vampire du genre « Kit complet sans les petits inconvénients ». Avec le sexy garde-du-corps écossais en prime.
Tu vas en faire des envieuses !
Ouais… surtout qu’à l’heure qu’il est, c’est le seul à ne pas vouloir ma tête pour un crime que je n’ai pas commis !
Qui est ?
Toute ma nouvelle famille m’accuse d’avoir assassiné notre Maître, celui qui m’a créée. Mais je te jure : j’ai rien fait !
Ça me rappelle quelque chose…
M’en parle pas !

Je continue sur ma lancée de découverte des titres de cette maison d’édition. Et une fois encore, c’est une réussite.

« Bourré de références cinématographiques, de traits d’humour et de rebondissements, l’auteur nous propose de suivre les pas de son héroïne, Lia Fail, dans une enquête qui lui promet de vivre maintes péripéties. Un récit moderne et original, teinté d’humour pour le moins mordant ! »

Ces quelques phrases suivent le dialogue résumé, que je trouvais sympathique, mais après cette conclusion, j’étais un peu inquiète qu’on tombe dans le too much (à la fois trop de référence et une auteur qui essaie trop). Mais je me suis complètement retrouvée dans ces éléments, dans l’humour de l’auteur, qui est un énorme point du texte.

L’aspect fantastique du texte m’a aussi très bien convenu – et il se mariait très bien avec la légèreté des références. La construction du groupe de vampires en double, avec un autre, était plutôt intéressant, dans les caractéristiques des vampires, jusqu’au choix de leurs noms et son exotisme gaélique – ce point est un régal pour les yeux – le terme d’Éternel, autant de données de mythologie qui m’ont beaucoup plu. Le pouvoir personnel de Lia est hilarant, pour couronner le tout. Et ne parlons pas de l’héroïne elle-même, bien couplée avec Amaël, plus stoïque, principale source d’information sur les vampires. Mais chacun d’entre eux a un petit quelque chose qui en fait un personnage « réel » et rend l’histoire encore plus vivante.

Le début présente l’arrivée de Lia dans  ce nouveau monde et son acclimatation, puis l’assassinat de celui qui l’a changée en vampire lors d’une cérémonie officielle (donc avec tout le monde présent, ajoutant un petit piment policier pour mon plus grand plaisir !) et un course-poursuite pour comprendre ce qui s’est passé et protéger la jeune vampire. Classique, mais efficace.

Parmi les éléments qui m’ont séduite, mention spéciale à Buffy, le folklore celtique irlandais, le sceptre lunaire de Sailor Moon, The Princess Bride <3, les frères Mario … parmi tous ceux que j’ai repérés. Inutile de dire que j’étais comme un poisson dans l’eau.

J’avoue qu’en arrivant à la fin, je l’ai trouvée un peu ouverte, et je ne serais pas contre, pas forcément une série, mais d’autres romans dans cet univers magique et un peu fou ^^ Et l’auteure m’a juste annoncé il y a quelques semaines qu’une suite était prévue ! Joie !

Nombre de tomes parus : 2 (série en cours).

Tome 2 : Vampires de sorcellerie.

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Le Cycle des âmes déchues, tome 1 : Le Mal en la demeure

Stéphane Soutoul (auteur). Cécile Guillot (illustratrice). 2010, 138 p. Le Petit Caveau. Fantastique. 11,90€ .

Sur les terres reculées du domaine de Kreuzburg, une ombre étend son influence maléfique jusqu’entre les murs du manoir Kraemer. Afin de préserver les siens d’une menace plus funeste encore que la mort, le maître des lieux n’a d’autre recours que demander l’assistance d’experts en vampirisme. En ce crépuscule du XIXe siècle, la famille de Lacarme, un clan issu d’une longue lignée d’érudits en occultisme et surnaturel, fait figure de référence dans la chasse aux nosferatus.

Lorsque Gerald de Lacarme arrive en Allemagne, il est cependant loin de se douter de la sombre aventure qui l’attend. Car le mal qu’il est censé combattre rôde déjà dans les couloirs de la demeure, insidieux, impie… Surtout, il y a la belle Marion Kraemer, si mystérieuse, qui lui chavire le cœur à en perdre la raison. Partagé entre ses tendres sentiments et l’importance cruciale de sa mission, le jeune homme va s’immerger dans le plus terrifiant des cauchemars…

Si vous aimez les récits gothiques, vous frémirez sûrement avec ce roman. Je l’ai trouvé magnifique. L’écriture, à elle seule, m’a fascinée. Raffinée, recherchée, les termes soigneusement choisis (aaaah, nosferatus *u*), la plume de l’auteur nous plonge sans difficulté à l’aube du XXe siècle, une période dont je suis très éprise.

On suit Gerald, un peu le chasseur de démons de l’époque (Supernatural fan ^^), qui arrive à Kreuzburg sur demande d’un ami de son père, pour résoudre les évènements troublants qui s’y déroulent. Le récit est simple, mais porté par son écriture superbe, que j’ai déjà évoquée. La fin m’a un peu étonnée, comme il y a une suite, mais aussi parce que je ne m’y attendais pas, j’en suis très satisfaite. Elle clôt parfaitement l’histoire.

Il évoque aussi le thème de la gémellité. Marion, la belle jeune femme si intrigante qui accueille le héros Gerald, a une jumelle, Charlotte, faible et malade, et toutes deux entretiennent une relation très forte, tout aussi intéressante à suivre que celui des « nosferatus ». J’adore l’utilisation de ce terme (quand elle est motivée par une bonne raison, comme l’époque la propose ici), ainsi que le traitement de la créature, ici avec beaucoup de lyrisme et d’élégance.

Le récit est court et se lit d’une traite, et je prendrais un très grand plaisir à poursuivre cette série et découvrir les autres membres de la famille de Lacarme.

Mention spéciale à cette couverture magnifique de Cécile Guillot, qui illustre superbement l’histoire.

Nombre de tomes parus : 3 (série finie).

Tome 2 : Le Sacrifice des Damnés.

Tome 3 : Cœur de Ténèbres.