Lecture sur un rocher

La Bible Dracula : Dictionnaire du vampire

Alain Pozzuoli (auteur). Elodie Saracco (illustratrice). 2010, 653 p. Le Pré aux Clercs. Fantastique.

Dans ce dictionnaire, retrouvez l’univers de Bram Stoker ainsi que tout ce qui a participé à ce succès en littérature, à la scène, à l’écran, en musique, dans la bande dessinée. Du Nosferatu de Murnau à celui de Werner Herzog, en passant par ses incarnations à l’écran, Bela Lugosi, Christopher Lee, Klaus Kinski ou encore Gary Oldman, sans oublier les lieux hantés par la figure du vampire, voici le tableau exhaustif des multiples représentations de Dracula qui ont marqué et marqueront encore durablement notre imaginaire.

J’étais un peu inquiète après lecture du dictionnaire du fantastique qui partage un de ses auteurs avec cet ouvrage puisque je ne l’avais pas franchement apprécié. C’est tout le contraire qui s’est produit ici. Il m’a fallu du temps pour le lire mais davantage parce que je l’ai savouré.

L’écriture d’Alain Pozzuoli est divine. Fluide, addictive, avec une pointe d’humour par moment, elle m’a fait passer un moment de lecture parfait.

Le livre se présente donc comme un dictionnaire qui tente de recenser différents livres, films, groupes, jeux vidéos qui abordent le personnage de Dracula et du vampire mais aussi d’autres curiosités comme des lieux touristiques, des opérations militaires, des personnes ayant véritablement existé. La somme d’information est passionnante mais mériterait définitivement une remise à jour.

Deux cahiers d’illustrations en couleur complètent un texte génial. Je n’ai jamais pensé qu’il fallait davantage d’images pour illustrer les différentes entrées, au contraire.

L’auteur m’a donné envie de découvrir plein de romans et de films, mais j’avoue qu’en matière de séries télévisées il y a un petit manque, d’où une remise à jour ardemment demandée. De même, il y a un grand oublié : le manga, alors qu’il y aurait énormément de matière. J’avais fait la même réflexion à l’ouvrage de Jean Marigny (enfin, pour la matière, parce que sinon la personne qui s’en occupe a totalement caviardé le truc).

La bibliographie de Dracula de Jacques Finné me tente beaucoup. Count Dracula, un téléfilm de 1978 réalisé par Philip Saville est aussi sur ma liste. Tout comme Deafula, une version noir et blanc en langage des signes (qui m’intéresse depuis que j’ai découvert Switched at Birth). Dracula de Bill Eagles (2007) est un must see : David Suchet ❤ y campe Van Helsing ! Dracula Rising, réalisé par Fred Gallo (1993) me tente également. Van Helsing de Stephen Sommers (2004) promet, avec Hugh Jackman en héros éponyme.

La bande dessinée Nosferatu de Philippe Druillet m’interpelle aussi même si une illustration pour se rendre compte du style aurait été sympathique. L’auteur me tente encore plus pour l’ouvrage Le sang, mythes, symboles et réalités de Jean-Paul Roux qui est sur ma wish depuis des années. Mais je ne connaissais pas Vampires, Dracula et les siens, une anthologie composée par Jean Marigny et Roger Bozzetto (et forcément maintenant je la veux).

La DVDthèque idéale en fin d’ouvrage est une attention très délicate, je ne manquerais pas de m’y atteler puisque j’ai vu et possède très peu de films qui la composent.

J’ai beaucoup aimé retrouver une entrée sur Les cent ans de Dracula de Barbara Sadoul, un livre adoré lorsque j’étais adolescente. L’entrée concernant les maladies liées au vampirisme est particulièrement intéressante, comme la lasthénie, la nécrophilie, la névrose d’Antinéa, la porphyrie, le syndrome de Renfield entre autres, avec une analyse et des exemples de gens qui en ont souffert.

Et Pozzuoli propose une entrée à Maléfice. La sorcière de La Belle au Bois dormant. J’adore ce film, j’adore ce personnage. ❤ Il la rapproche du personnage du vampire, ce qui est non seulement génial mais également particulièrement pertinent.

Et il n’a pas oublié Jean Marigny. C’est bien. ❤

Un ouvrage génial qui parlera à tout fan de vampire. Et de Jean Marigny.

Lecture sur un rocher

L’enfant des cimetières

Sire Cédric (auteur). Kelly B., Elodie Saracco (illustration). 2009, 421 p. Le Pré aux Clercs (Thriller Gothique). Fantastique.

Lorsque sa collègue Aurore l’appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d’une folie hallucinatoire vient de tuer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe avant de se donner la mort. 

Mais qui est à l’origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ? Le journaliste, qui n’a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l’enfant des cimetières, jusqu’aux confins de l’inimaginable.

J’ai un très, très bon souvenir de De fièvre et de sang, ma première lecture du même auteur. J’étais tombée sous le charme des thèmes fantastiques et de la superbe plume de sire Cédric, j’étais très anxieuse de renouveler l’expérience.

On retrouve certains aspects qui m’avaient décidément plu : l’écriture délicieuse de l’auteur, les chapitres courts et forts, intenses. Le lyrisme se retrouve dans le prologue, teinté d’horreur, de morbide, mais d’une poésie toute musicale, qui m’a plu malgré ses accents sombres.

Nathaniel m’a davantage fichu la frousse, aussi. Est-ce son rapport aux légendes urbaines, qui sont toujours très vivaces chez moi, le fait que j’ai débuté la lecture en pleine nuit (je ne vous le conseille pas), le mélange de l’horreur fantastique à l’humaine que j’ai trouvé plus fort ici ? J’ai aimé qu’il y ait plus au sort de Nathaniel que ce que le prologue nous en dit, aussi.

Des personnages, j’ai beaucoup aimé revoir Alexandre Vauvert, mais surtout Kristel, lumineuse, chaleureuse, que j’ai été ravie de croiser à plusieurs reprises dans le roman. J’ai aimé que le thème du mysticisme ne soit pas poussé à outrance voire à l’hystérie mais plutôt comme une croyance acceptée, sans jugement. J’ai peut-être juste un peu regretté la place moindre donnée à Alexandre, même si David n’est pas un personnage inintéressant.

J’ai particulièrement aimé la couverture et l’ambiance qu’elle promet.

Au final, cette lecture n’a pas été aussi haletante que la première, mais j’ai passé un très bon moment à frissonner et tourner les pages avec fièvre, impatiente de savoir ce qu’il en était de l’enfant des cimetières.

Lecture commune avec Arcaalea