Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Amours d’Enfer – lecture à l’internat

Love is Hell. Scott Westerfeld ; Melissa Marr ; Laurie Faria Stolarz ; Justine Larbalestier ; Gabrielle Zevin (auteurs/rices). 2008 (VO), 2009 (VF), 254 p. Hachette (Black Moon). Nouvelles – Romance – Fantastique. 16€.

Tomber amoureux d’un fantôme, croire aux contes de fées, accepter l’impensable, se révolter contre un monde tout entier, sombrer dans la folie … Que ne ferait-on pas, par amour ! 

Il y a quelques années, je suis tombée par hasard sur ce recueil à la médiathèque. En voyant Westerfeld, je n’ai pas trop hésité, même si je m’attendais à m’y casser les dents, puisque la romance et moi …

Au final, j’avais vraiment apprécié les différentes nouvelles, notamment celle de W. et de Melissa Marr (mon avis complet), et j’avais repensé à ce recueil pour une lecture à l’internat – je voulais proposer de la romance et de l’imaginaire.

Je me suis un peu inquiétée d’abord, parce que les nouvelles étaient plus longues que dans mon souvenir et j’ai eu un coup de stress, est-ce que j’allais pouvoir être prête à temps ^^, oui non mais je stresse assez facilement sur les lectures, que ce soit le choix du texte, la préparation (relecture et éventuelles coupes) et la lecture en elle-même … heureusement que ma collègue est bieeeen plus zen !

La nouvelle de Westerfeld, Un Monde (presque) Parfait, était une évidence. Les différents adolescents, le contexte futuriste, les pointes d’humour, m’ont tout de suite sauté aux yeux pour la mise en voix.

J’avais très envie de leur faire découvrir le texte de Melissa Marr, Coup de foudre, mais il ne m’a fallu que quelques pages pour décider que ce n’était pas une très bonne idée. Je ne sais pas, le côté descriptif, les temps du passé, l’écriture un peu soutenue que je ne me sentais pas de changer, l’humour bien moins présent … En plus le côté ensorcellement avec les silkies ne me paraissait pas forcément très compatible avec le consentement … je ne suis pas allée jusqu’à la fin.

J’étais partie sur Le fantôme de mes rêves de Laurie Faria Stolarz, sur une romance entre Brenda, une adolescente, et un fantôme donc. Problème, de son vivant, le jeune homme a eu une mort tout sauf paisible, frappé à mort par le petit ami de sa mère, et je n’ai pas pensé que ce côté violent (pourtant pas non plus tellement abordé en détail) pourrait remuer mes élèves … l’une d’entre elles n’avait vraiment pas l’air bien et j’ai coupé l’histoire avant la fin.

Nota bene pour moi-même : dès qu’il y a des thèmes un peu particuliers, on en parle avec la collègue à l’avance, histoire d’être sûre qu’il n’y a pas de possible écho pour des gamin/e/s.

Heureusement, j’avais aussi préparé Caprice de fan de Gabrielle Zevin. Le début est vraiment chouette, on s’adresse directement à une audience « vous », il est question de la bibliothèque du collègue (et pas CDI, les enfants, ce sont les States, c’pas la même réalité), d’une jeune fille timide qui rencontre un garçon parfait mais personne d’autre ne semble le connaître, et il y a de curieuses ressemblances entre l’histoire qui se noue entre les deux et le livre que la bibliothécaire recommande à la demoiselle. Le côté mise en voix est vraiment chouette … mais je déteste la fin. Il s’avère qu’Aaron n’est pas un fantôme mais le produit de l’imagination de Paige, qui termine l’histoire en camisole de force dans un asile …

Bah du coup, vous savez quoi ? Je n’ai pas lu la fin aux gamines.

Je ne sais plus où exactement je me suis arrêtée, mais je leur ai dit qu’on n’allait pas découvrir la fin de l’autrice, (même si je ne dis pas autrice mais auteure, au travail, c’est déjà compliqué comme ça ^^,), mais qu’elles allaient imaginer la leur.

Malheureusement, c’était la fin de l’année et je n’ai pas trop eu l’occasion d’en reparler, donc je ne sais pas ce qu’elles ont pensé – elles ont un peu boudé, par contre 😛

Mais ça m’a donné une idée pour d’autres soirées à l’internat – pourquoi pas imaginer leurs propres histoires ? J’y ai repensé pendant ces vacances d’été, et j’en reparlerai à ma collègue, mais ça me parle bien !

Les élèves ont plutôt bien répondu à ces deux nouvelles – la demoiselle qui veut éprouver des émotions – dans un univers où ça n’est plus la peine, mais où un cours les force à revenir  » à l’âge de pierre » donc à notre époque ^^, – les a bien fait rire dans celle de Westerfeld, et à part le petit bémol sur le fantôme du texte du milieu … je crois que ça s’est bien passé, celle qui ne se sentait pas trop bien a été contente de la fin.

Elles sont surtout bien ri quand l’une a posé continuellement la même question en mode running gag « Du coup Madame elle s’est pris un râteau ? » pour Paige ^^, J’avoue, j’ai ri aussi.

Pour une prochaine soirée romance – imaginaire, j’ai l’autre recueil Black Moon. Mais je me demande, en fait. Est-ce que je peux faire des relectures ? Est-ce que ça leur plairait ? Avec d’autres textes, par exemple … ou pas tant que ce sont les mêmes demoiselles ? Parce qu’elles sont peu nombreuses comparées à l’internat garçon, en général elles sont toutes là, pas besoin d’organiser deux soirées sur le même thème.

C’est un peu ma question pour cette année aussi, en fait. Reprendre des textes déjà préparés me permettrait d’angoisser moins et d’avoir une charge de préparation d’autant diminuée. Mais est-ce que je risque d’ennuyer les élèves ?

Voilà, une soirée qui m’a laissée avec plus de questions que les précédentes … mais qui a été intéressante aussi.

Lectures sur un rocher

Rose Morte, tome 1 : La floraison

Céline Landressie (autrice). Magalie Villeneuve (illustratrice). 2015, 591 p. Milady. Histoire – Fantastique. 8€.

France, fin du xvie siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.

Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.

Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d’Artus de Janlys.

Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle…

J’avais énormément entendu parler de Céline Landressie au cours des dernières années – notamment pour cette malheureuse histoire de couverture, mais le point positif, c’est que ça m’avait permis de découvrir ses romans et me dire que ça pourrait me parler, en fin de compte, pour le côté historique.

Ce point est parfaitement servi avec ce premier tome – je tiens à signaler que ce n’est pas simplement un tome d’introduction. Certes, on découvre l’héroïne, Rose, et d’autres personnages comme Artus, les prémisses de leur relation et l’étrange nature du comte, mais il se passe suffisamment d’action pour me contenter.

En revanche, je ne m’attendais absolument pas à l’aspect fantastique (enfin un chouia, c’est de l’imaginaire) et surtout au fait que l’autrice traite de mon personnage favori dans le genre, le vampire ❤ En lui donnant un autre nom plus propice à la période historique puisque ce terme n’existe pas encore.

Voilà, rien qu’avec cette explication, j’étais lancée, j’adorais. Elle écrit aussi divinement, et de manière très plausible, les changements qui s’opèrent chez l’héroïne, les petits évènements étranges qui peuplent le quotidien. Les bribes d’intrigues, de complot, sont savamment distillés, et rehaussés par son écriture soutenue et riche, jamais fausse, qui contribue à engloutir le lecture dans cette parenthèse historique enchantée. Céline Landressie a une plume pleine d’élégance dont je ne me suis pas lassée.

Je n’ai absolument pas vu le temps passer. Il faut dire que si j’avais compris la nature d’Artus, j’étais très curieuse des réactions de Rose et de sa propre transformation, qui sont encore une fois plausible et très bien amenées. Leur romance aussi, son développement, les hésitations de l’héroïne, tout cela m’a particulièrement parlé. C’est d’ailleurs une excellente héroïne, que j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre, dans ses réflexions, son intelligence, son refus de sa condition originelle. (Mais la mère, quelle plaie !)

J’étais ravie de faire suivre cette superbe lecture par la rencontre de Céline Landressie aux Imaginales, qui a confirmé mon excellente impression tant elle est sympathique. Et j’ai pu me procurer la suite, puisque je compte définitivement poursuivre les aventures de Rose.

Nombre de tomes parus : 4 (série en cours).

Trois épines

Lectures sur un rocher

Camden, tome 1 : Un murmure de voix

Pauline Andreani (autrice). Nicolas Jamonneau (illustrateur). 2016, 160 p.  Éditions du Petit Caveau. Fantastique. 12,90€ .

Je m’appelle Humphrey. Simplement Humphrey. Ce soir-là, j’ai perdu mon travail en voulant sauver un ahuri qui prétendait pouvoir communiquer avec l’au-delà. Par curiosité, je l’ai ensuite suivi dans l’une de ses aventures, et devinez quoi ? Le gamin disait vrai.

La famille Flemington, s’étant vue affligée de la disparition de leur fils et de la mort de leur bonne, ne se doute pas que cette dernière est bien présente, ni qu’elle sait ce qui est arrivé à leur bambin. . .

Lors de ma dernière razzia au stand du Petit Caveau, aux Imaginales, j’ai trouvé ce petit roman très joliment illustré. Je ne suis pas une grande fan de fantômes, mais pourquoi pas, on se lance.

Je retrouve avec plaisir une maison d’édition que j’adore, et une fois de plus une autrice à la plume pleine d’élégance. Si je ne suis pas intéressée par les créatures qu’elle choisit de mettre en oeuvre, sa manière de le faire a suscité mon intérêt, même si je me demande un peu ce que le narrateur, Humphrey, peut apporter à Camden qui semble très bien se débrouiller tout seul.

C’est la petite faiblesse de ce tome : on se situe dans une introduction. Une introduction à l’univers, aux personnages, même s’il y a une petite enquête, sa résolution est trop rapide, je n’ai pas eu assez le temps de m’inquiéter.

Mais ça donne envie sans peine de poursuivre et de savoir où Pauline Andreani veut nous entraîner. Camden est plutôt attachant, et son frère n’est pas dépeint de manière manichéenne, il est agaçant mais se soucie du plus jeune, et leur domaine intéresse également.

Une lecture vraiment intéressante et une série prometteuse.

Nombre de tomes parus : 2 (série en cours).

Lectures sur un rocher

Vampires de sorcellerie

vampires-vilore-2Lia Vilorë (autrice). Patricia Lo (illustratrice). 2016, 250 p. Le Petit Caveau (Sang Neuf). Fantastique – Humour. 17,90€.

Cet été-là, une série de meurtres est l’œuvre d’un tueur que les médias appelleront avec a propos bien qu’en toute ignorance « Le Vampire ».

Ma partenaire, Lía Fáil, se dédie aussitôt à la tâche d’arrêter ce dangereux Éternel avant que ses crimes n’ameutent les tueurs de vampires. Hélas, elle rechigne d’autant plus à la prudence qu’elle se noie dans un chagrin gardé obstinément secret.

Quand ma dame sur les traces du Vampire disparaît à son tour, moi, Amaël Ailill, je pars aussitôt en quête de réponses. Sans elles, je sais qu’il me sera impossible de la retrouver saine et sauve…

J’avais un excellent souvenir du premier tome de cette série, pour son humour déjanté et les vampires qu’elle propose. J’ai été ravie de voir qu’on pousse plus loin leur univers, notamment du point de vue de la magie.

Amaël est un personnage charmant à suivre, et son côté torturé, son histoire bien construite, ajoutent à son côté attachant. J’ai été un peu triste de ce qui arrive à Lia Fail, j’espère qu’elle reviendra dans la suite avec plus de peps !

La plongée dans le passé des deux vampires m’a beaucoup intéressée. On apprend aussi le prénom humain de Lia, que j’adore, et j’aime beaucoup la voir par les yeux d’Amaël qui apprend toujours à la connaître après plusieurs mois de cohabitation. Son pouvoir est toujours aussi hilarant (cette dispute avec la jupe au début ^^,).

Petit bémol : si Gavin est plutôt intéressant, comme son frère, je ne suis pas fan de loups-garous. La dynamique entre lui et Amaël est plaisante, mais moins ce que je préfère. Et je connaissais déjà le dernier chapitre, sur Liadan, de Dames de lune, Fées des brumes, je l’y avais beaucoup apprécié, mais j’ai perdu un peu de la primeur de la surprise ici !

On retrouve l’action, les révélations, la plongée dans l’univers du premier tome, mais peut-être un peu moins de l’humour puisque Lia Fail n’est plus la narratrice principale et les autres sont plus sérieux. Mais ces autres éléments valent très bien le plaisir de la balade.

Ah, et les rappels en début d’histoire, c’est parfait, puisqu’à part le sceptre Sailor Moon j’avais tout oublié 😛 Et Amaël ne laisse pas du tout entendre que c’est moi qui ai une mémoire de poisson, il est subtil en prime ^^,

Mention spéciale à la très belle couverture de Patricia Lo !

Une bien, bien chouette lecture.

Nombre de tomes parus : 2 (série en cours).

Vampires d’une nuit de printemps

Lectures sur un rocher

Kiss of Rose Princess, tome 1

Barajou no Kiss 1. Aya Shouoto (autrice). 2008 (VO), 2011 (VF), 192 p. Soleil (Gothic). Manga – Shojo – Fantastique. 7,99€.

Le père d’Anis Yamamoto a confié à sa fille, encore enfant, un collier en forme de rose supposé la tenir éloignée d’une malédiction. Mais une curieuse créature va le lui retirer et laisser derrière elle une simple carte rouge. Enjointe à déposer un baiser sur cette carte, elle fait apparaître Kaede, son camarade de classe et rival qui lui fait serment d’allégeance… contre son gré. Anis est désormais la princesse des roses, liée aux 4 chevaliers de la rose… et camarades de classe. Chacun doté d’un pouvoir unique, ils vont devoir obéir à la jeune fille… qu’ils le veuillent ou non !

Je suis plutôt fan de la magical girl en shojo (Sailor Moon, forcément), et c’est un peu ce qu’on retrouve ici avec le personnage d’Anis qui se découvre princesse de la rose et capable d’appeler à sa rescousse quatre garçons de son école (forcément, je sais ^^) avec des pouvoirs magiques, Kaede, le camarade de classe avec qui elle se dispute tout le temps ; Tenjoh, le beau jeune homme parfait adulé de tous ; Asagi, le petit bout’chou de santé fragile (hello petit lapin de Fruits Basket, avec une santé peut-être un peu moins précaire) ; et Mutsuki, le bad boy réputé pour avoir des dons maléfiques. Et bien sûr chacun a une cote de popularité infernale. Ce n’est pas drôle sinon.

Passons rapidement sur le fait qu’elle n’ait pas de pouvoirs par elle-même (enfin ça viendra peut-être) et est une princesse qui doive appeler des jeunes gens à l’aide. Je suis magnanime aujourd’hui. Je laisserai même passer le possible intérêt d’Anis pour chacun des quatre. Quelle gentillesse, je sais.

Le dessin est mignon, frais, shojo avec les grands yeux, longs cheveux … ce que j’aime, enfin toujours un petit peu (énormément de déceptions de ce côté ces dernières années, donc je suis vraiment contente qu’une petite série de ce genre me plaise !). Le concept de cartes me rappelle Sakura ^^

Le petit mystère lié au père de l’héroïne m’a plu, tout comme chacun des quatre héros – Anis est assez impulsive, espiègle, et elle me plaît, pour l’instant. Avec une mention spéciale pour le bad boy à la langue bien pendue qui traite le camarade de classe de cabot et prend tout le monde de haut. J’adore. (Non, il n’y a aucune ressemblance avec un sorcier blond hautain. Aucune. Je réfute).

Je me suis bien amusée à repérer des caractéristiques type shojo et magical girl, qu’il m’a fait plaisir de retrouver, surtout sans en être ennuyée. Si ça pouvait continuer ! Il y a peut-être juste un petit manque de personnages féminins à part Anis, mais il y a des chances que la suite y remédie.

 Au final, je dirais que c’est un petit début de série sympathique, malgré certains côtés assez jeunesse ou un peu prévisibles.

Nombre de tomes parus : 9 (série finie).

Lectures sur un rocher

Homo Vampiris

Fabien Clavel (auteur). Yayashin (illustration). 2009, 289 p. Mnémos (Icares). Fantastique – Thriller. 20,30€.

21e siècle. 8 mai. Roumanie. 2h environ. Un patient s’échappe de l’Usine, une clinique d’un genre un peu particulier.

Londres. 13h02. Une jeune étudiante quitte en courant une conférence de l’ONU. Sa soif de connaissance a capitulé devant une faim plus insatiable encore.

Dubaï. 21h48. Dans une luxueuse suite de l’Al-Mahara, autrefois l’hôtel le plus cher du monde, seule une panthère noire ressortira vivante de la violente dispute qui oppose deux hommes.

Après l’excellente lecture qu’a été Le miroir aux vampires, je me suis lancée dans Homo Vampiris, un roman qui me tentait depuis quelques années pour la manière dont l’auteur dépeint le personnage du vampire, ses caractéristiques, dans une perspective de type un peu science-fiction, comme j’en avais l’impression.

Ce contexte m’a beaucoup intéressée, même s’il était plutôt parsemé dans le récit. Notamment, la pénurie de pétrole, ses conséquences, une Terre pas vraiment en bon état. Plus que les créatures nocturnes, c’est cet état des choses qui m’a fait frissonner.

J’ai apprécié la forme de voyage que le roman a prise. On découvre différentes parties du monde, mais aussi différentes époques puisque Fabien Clavel nous fait partager d’autres épisodes de la vie de ses vampires. L’histoire a donc différents niveaux, parfois un peu complexes, foisonnants, mais toujours avec ce côté très intéressant.

C’est effectivement une lecture que j’ai trouvée complexe, devant les différents temps imbriqués, les questions, la manière dont les évènements se recoupaient, les informations découvertes, et aussi, dans une mesure un peu moindre, les personnages. Ils ne sont pas très nombreux, mais, je ne sais pas, ils m’ont laissé cette impression, parmi d’autres.

J’ai eu une toute petite déception pour le personnage de Zéro, que je pensais être le personnage sur la couverture, l’étrange vampire albinos, pour sa résolution que j’ai trouvée trop rapide, trop brusque. Et aussi peut-être le manque de réponses à son compte, j’aurais bien aimé savoir ce qui lui était arrivé pour qu’il soit un peu lent, et qui il est réellement, la part qu’il joue dans le dénouement final… Mais c’est juste ma grande curiosité qui râle ^^

A part Epone, je n’ai pas forcément apprécié les autres personnages. Qu’il s’agisse de Nina et de ses appétits divers, Ashanti, Marcus, Nemrod ou Fedora, je ne me suis pas attachée à eux, même si j’ai trouvé toujours aussi intéressant de les suivre, et que j’avais toujours envie d’en savoir davantage, sur chacun personnellement, les circonstances de leur transformation, mais aussi en tant que groupe, l’Ancolie.

Mais c’est surtout Epone, l’étrange vampire à la mémoire incroyable, qui est sortie du lot. Surtout pour deux épisodes : la métamorphose de Nemrod, dans une période que j’aurais aimé voir un peu davantage décrite, et surtout la sienne. Voir qui elle était auparavant, quand s’est déroulé cet évènement, rien que son âge, et les circonstances, tout cela m’a soufflée.

C’est peut-être aussi parce que c’est l’une des rares à ne pas avoir comporté une grande valeur « choc », à mes yeux. J’ai beau aimer les récits de vampires, je ne suis pas extrêmement fan des univers qui les présentent sous un jour uniquement choquant, horrifiant, ou à caractère érotique. Mais j’ai cette impression tenace que ce n’était pas juste une valeur provocatrice que l’auteur voulait imprimer ici, et il y a tellement de thèmes et de référence. Je suis contente de ne pas m’être arrêtée en cours parce que c’est vraiment un traitement intéressant, original, rien que par ce contexte légèrement défavorable, ou les quelques explications scientifiques sur les dons des vampires. Ce mélange de fantastique et de notes scientifiques m’a plu (même si j’aurais aimé ce dernier point un peu plus développé).

Et le latin. Les vampires parlent latin. J’étais en extase. (Non mais en fait c’est pour ça que j’ai continué ma lecture …)

Lectures sur un rocher

Forgotten, tome 1 : Le Royaume sans nom

Forgotten: The Unnamed Realm. Cris Ortega (autrice). 2008 (VO), 2010 (VF), 45 p. Milady. Beau Livre – Fantastique. 15€.

Il existe entre veille et songe, un Royaume sans Nom. Là, un arbre dissimule en ses branches mille histoires oubliées.

Cris Ortega est une dessinatrice que j’adore, depuis que j’ai découvert un magnifique poster dont elle avait réalisé le dessin, il y a quelques années. J’ai été ravie de voir qu’un roman graphique avait été édité par les éditions Milady.

Le livre est très beau, avec de charmantes coquetteries éditoriales, comme un papier bordeaux légèrement cartonné à l’intérieur, lorsqu’on ouvre le livre, qui donne une impression de luxe et d’élégance.

Autre petit plus : en ouvrant le livre, la jaquette est illustrée d’un rideau rouge, comme un rideau de théâtre, sur la phrase suivante « Entre les brumes éthérées de songes perdus se trouvent les histoires de condamnés, émergeant des branches de l’arbre qui s’abreuve aux eaux claires de la Fontaine de l’Oubli« , qui annonce la poésie des textes de l’œuvre.

Le recueil comporte plusieurs histoires, comme des nouvelles, poétiques, servies par un dessin magnifique, soigné. Elles sont adaptées de mythes grecs, de folklore écossais ou germain, des histoires teintées de fantastique, un peu inquiétantes, sur l’amour, la mort, la peur. Entre chacune se trouve une petite conclusion sur l’héroïne et une petite transition amène l’histoire suivante par le biais d’une conteuse qui accompagne le lecteur du début à la fin de l’ouvrage.

Les dessins sont adorables. La dessinatrice travaille le fond, les décors, tout autant que ses personnages. Je trouve qu’elle ajoute une certaine douceur à leurs traits, de nombreux détails, comme les cils, des reflets dans les cheveux, un certain travail sur la lumière … l’effet ainsi obtenu combine le réalisme au fantastique des situations et des histoires dépeintes. J’ai du mal à décrire des illustrations en général, mais je suis tombée sous le charme de la féérie de celles-ci.

Un très beau livre, malheureusement une lecture courte. Ce fut une belle échappée dans un univers imaginaire des plus intéressants. Ce serait pas mal que la suite soit publiée, mais j’en doute.

Nombre de tomes parus : 3 (série finie).