Lecture sur un rocher

Lectures obligatoires à l’université, premier semestre

En matière de premier semestre, il sera question de mon premier cycle universitaire : mon année unique en lettres modernes (on va rire XD) et ma licence d’anglais (Hell of a lot better).

Tout ça, une fois encore, pour vous faire découvrir quelques lectures obligatoires qui m’ont marqué – ou pas !

Lettres Modernes

En 1ère année de Lettres, plusieurs modules de littérature étaient au choix. Et étrangement, alors qu’ado j’adorais le polar (mais plutôt Agatha Christie, là je ne connaissais pas les auteurs), je me suis orienté·e vers la SF. Pourquoi, alors que je détestais ça auparavant ? Mystère. Bon, je crois que c’est à cause de l’extrait de 1984 étudié en 1ère L qui m’avait fasciné·e.

Über bien m’en a pris. Je suis tombé dedans pour ne plus jamais vraiment en sortir. Le meilleur des mondes m’a laissé sans mots. Fascination de la découverte du genre, je ne sais pas, mais de l’univers, c’est sûr. Le Retour n’est pas une fiction mais plutôt un essai sur les vingt ans qui se sont écoulés entre les deux livres et les avancées scientifiques et technologiques ayant eu lieu, il me laisse un bon souvenir aussi.

En revanche, j’ai détesté La planète des singes XD Je ne sais pas pourquoi, je ne supporte pas ce texte ^^, est-ce le côté voyage dans l’espace auquel je ne suis pas encore habitué·e ? Les castes, le côté très vieillot du langage ? Je n’en sais rien, mais je n’ai jamais apprécié.

Le petit recueil de Jacques Baudou était une lecture introductrice qui ne me laisse plus aucun souvenir aujourd’hui, si ce n’est que je l’ai trouvé utile, fonctionnelle, un Que sais-je plutôt bien fait (oui j’avais le réflexe de me tourner vers cette collection à l’époque quand je voulais compléter mes connaissances sur un sujet).

Or donc en première année j’avais choisi d’étudier la Littérature.

Vraiment pas la décision la plus inspirée.

Les trois premiers sont des choix personnels pour essayer de suivre – puisque déjà je n’en voyais pas trop l’intérêt … le Précis n’était pas inintéressant, mais bon. La versification, je n’en ai aucun souvenir et Si le grain ne meurt est totalement inintéressant.

C’est quand même gé-nial quand vous vous lancez dans des études de lettres lorsque vous adorez lire et que les 3/4 des cours sont plats et résolument sans intérêt dans la matière.

Un peu plus intéressant, mon option d’Histoire. Enfin, on n’en est pas au niveau de Jean Des Cars, ces lectures n’ont pas été passionnantes (mais c’était déjà franchement mieux que les cours de grammaire et autres).

Si ça a l’air plus fun, c’est parce que c’est le cours de recherche documentaire. Ironie du sort, je n’avais aucune idée de ce que je faisais (ça sera pareil en master XD) et j’ai choisi de travailler sur le vampire dans la littérature, donc voilà quelques lectures que j’ai retrouvées. Le Petit guide, je l’avais lu ado et beaucoup aimé, il est plutôt drôle et fonctionne bien comme documentaire jeunesse. Les maîtres du fantastique en littérature vient d’une collection qui me laisse un très bon souvenir aussi, Les Compacts, qui propose plein d’idées lecture. Le Que-sais-je ? reste un peu aride.

Pour être honnête, il y a eu des livres fortement suggérés que je n’ai jamais touchés, notamment de la prof de grammaire qui demandait qu’on achète son propre livre. Mais bon, j’ai de trèèès mauvais souvenirs des cours de grammaire en lettres (bizarrement c’est passé crème en anglais).

Anglais

(On me pardonnera le non découpage en années XD)

Le premier reste généraliste et je l’ai très peu utilisé dans cette langue. La Syntaxe simple a été dument surlignée, je m’en souviens ^^, et les deux livres de vocabulaire m’ont laissé m’arracher les cheveux assez longtemps sur des mots dont je n’avais aucune utilité genre crane pour la grue de chantier et l’oiseau XD

Je ne m’y attendais pas mais j’ai adoré les livres sur la structure des mots et le fonctionnement de la langue (bon, le dernier sur le thème n’est pas spécialement intéressant). J’ai même conservé le Précis de lexicologie et The Study of Language.

Histoire et civilisation. Pas de mauvais moments passés.

Surprise, surprise : j’ai vraiment aimé ces documentaires. Probablement davantage que des lectures intégrales ^^, J’aime beaucoup le côté panel littéraire, l’histoire de la littérature, la découverte de thèmes, etc. C’est triste que c’est un élément de fac de lettres qui m’ait toujours ennuyé·e.

Voilà pour les livres que j’ai dû lire, en fiction essentiellement, pour les cours de littérature générale. Alice est plutôt fun mais en première lecture VO c’est assez ardu (je comprenais les mots séparément mais pas ensemble XD). Dr Jekyll est un classique de SF très bien passé.

Shakespeare m’a plu pour King Richard II et Twelfth Night mais Romeo & Juliet … disons que j’ai découvert des adaptations chouettes l’année-là mais en même temps les cours étaient à oublier.

Si j’avais beaucoup aimé Robinson Crusoe enfant, la version VO a été un calvaire et m’a ennuyé·e. Enfin, Scenes from Deep Time ne m’a pas du tout intéressé·e. Ce n’était pas vraiment un livre mais plus une étude de représentations graphiques sur les dinosaures … barré mais pas dans le genre qui me plaît.

Viennent ensuite les livres des cours de litté spécialisée. Il y a eu des lectures merveilleuses, des choses intéressantes, et une hor-reur. Coraline m’a énormément plu et permis de découvrir Neil Gaiman, avec Miroirs et fuméeTimbuktu est un récit adorable du point de vue d’un toutou, il m’avait énormément touché·e.

Ashes to Ashes et Betrayal sont deux pièces de théâtre moderne. Je regrette un peu mon manque total de souvenirs et je pense aussi que j’aurais vraiment aimé étudier ce sujet plus avant, vu comme j’adore le théâtre classique français. C’était le cas avec The Real Inspector Hound aussi, une pièce de théâtre dans la pièce avec une enquête policière. Une touche d’absurde en prime et voilà une petite lecture très fun, même des années après.

On en arrive à l’horreur. Women in Love. Déjà que j’ai horreur des romances pour la romance, mais les relations décrites dans le livre m’avaient exaspérée, sans parler des détails sur le sexe.

Petite haie d’honneur pour les lettres classiques dont j’ai profité pendant une petite année, mais quelle année. J’ai adoré faire du grec ancien, j’ai savouré ces belles sonorités. J’étais tout particulièrement fan des manuels de lycée Hachette, que j’utilisais tout le temps pour mes devoirs, plus que mes cours presque ^^, Le latin était plus un pâle complément, j’en avais eu ma belle dose au lycée avec ma super prof, mais le grec a été une de mes révélations à l’université. C’est un petit regret que j’ai de ne plus l’utiliser au travail maintenant.

En deuxième langue, j’avais choisi de prendre italien (parce que hem … c’est compliqué avec l’allemand XD on en reparlera peut-être ^^,). J’avais surtout utilisé le Pratique de A à Z pour bosser la grammaire puisqu’on en faisait peu et je pensais en avoir absolument besoin. (Résultat … on va pas parler du résultat XD).

Enfin, ma petite collection de livres sur les dragons. Parce que mon TER (non pas le train que je prenais en fin de semaine XD), Travail d’Etude et de Recherche de L3 portait sur le dragon dans les mythes celtes.

Si c’est pas la classe à Dallas, les enfants.

J’ai donc découvert cette merveille que l’encyclopédie de Carol Rose que j’utilise encore actuellement pour l’écriture. Les autres m’ont laissé un peu moins de souvenir à part cette période de travail, même le livre de tarot. Je l’ai conservé longtemps mais plus par habitude et l’ai finalement laissé partir au dernier désherbage. Ma collègue choupette d’arts l’a récupéré ^^ Une belle période de recherche.

Pour rester dans le thème du vampire qui a terminé ma sélection de lettres, je vous donne mon obsession de première année d’anglais. Même pas honte.

Remarquez, je suis fièr·e de moi. Les deux tomes sont dispos sur Amazon (à 120€ XD), ce qui n’était pas le cas à l’époque, et jamais de la vie je ne pense à essayer de les acheter XD

Pour être honnête, je crois que les vampires, c’est une partie de ma vie qui est derrière moi. J’ai désherbé la plupart des livres sur le sujet (même des Marigny ^^,), j’essaie d’explorer d’autres contrées folkloriques pour l’écriture (même si je ne jette pas mes personnages déjà existants avec l’eau du bain non plus – déjà parce que c’est pas écolo XD) et je suis aussi passée à autre chose en fiction. That’s life.

Voilà voilà ! Et vous, vos lectures universitaires, s’il y en a eues ? Plaisantes, rageantes ?

Lecture sur un rocher·Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Ne vous disputez jamais avec un spectre

Gudule (autrice). Corbeau (illustrateur). 2018, 155 p. Le Livre de Poche Jeunesse. Fantastique .

Et si un jour, subitement, votre petite soeur se transformait en créature de cauchemar ? Si, au cours d’une banale dispute, elle cherchait à vous assassiner ? Et si, comble de l’horreur, vous étiez le seul au courant de sa métamorphose et que tout le monde vous croit fou ? Cyril échappera-t-il à l’esprit vengeur qui a pris possession de sa petite sœur ?

Ce livre, je l’ai repéré il y a près de deux ans, en avril. Je cherchais des idées d’achats et surtout de lecture d’Halloween – mes cyclones m’enquiquinant toujours pour une soirée Chair de Poule, j’étais parti·e en quête d’horreur soft jeunesse mais intrigante et originale.

Je suis tombé·e sur cette couverture qui m’a tout de suite parlé. J’ai lu les premières lignes. Bam. J’étais scotché·e.

J’ai dû un peu batailler et carrément téléphoner à une librairie pour savoir s’il était encore dispo puisque marqué du contraire sur Decitre et pas possible à ladite librairie de me le trouver. Sans honte, je suis passé·e par Amazon. Il me le FALLAIT, juste, pour la rentrée.

Le début est génial. Ca me rappelle l’histoire que j’avais commencée à écrire avec mon cousin quand j’étais enfant. Un peu clichée avec pas mal d’éléments typiques de fantastique mais qui parle tellement aux plus jeunes. Gudule monte son atmosphère étrange et angoissante à la perfection, avec les circonstances d’acquisition de la maison, son environnement immédiat, l’intérieur, les changements qui s’opèrent avec la petite sœur.

A mon sens, ça tombe à plat lorsque le héros va à l’école et rencontre la demoiselle rouquine dont je n’avais rien à casquer – et ce n’est pas que moi, mon pré assistant qui l’a lu après la soirée Halloween est d’accord. Je crois qu’elle a voulu introduire des éléments amoureux qui n’ont rien à voir avec le récit et c’est dommage.

Mais on en reparle dans la partie consacrée à la soirée en elle-même.

Donc, effectivement, jusqu’aux 3/4, je trouve ça vraiment excellent, montée dans l’angoisse et le suspense jusqu’à ce que la rouquine arrive (avec des jeux de mots bien idiots, et terriblement ancré dans les années 90, j’ai l’impression. C’est difficile de rester actuel avec des réflexions adolescentes mais là j’ai trouvé ça daté. Enfin ce n’est pas pire que Crime city de la même autrice dont la narration en général souffre de ce manque de naturel puisque le point de vue est celui d’un adolescent aussi et qu’il parle de manière bien trop soutenue …)

Et la fin est vraiment, vraiment très plate, à l’image de l’introduction forcée de cette relation amoureuse naissante. Mais je crois que dès l’école, je n’ai plus aimé ces passages. Ils détournent l’attention de la maison et de la petite soeur. Il aurait mieux valu qu’on soit pendant les vacances d’été, je pense. Pour ajouter un petit côté étouffant. D’autant qu’à part des réflexions vaseuses sur le nom du héros et le fait qu’il ait peu d’amis, ça n’apporte rien, ou un vague vernis quotidien qui retire à l’angoisse censée être au cœur du récit.

J’ai attendu jusqu’au bout un petit twist que le début et l’intrigue en général méritaient. Peut-être aussi à cause de ces fameux Chair de Poule qui ont toujours un retournement final qui peut vous tordre l’estomac – croyez-moi, je m’éclate toujours avec cette partie au moment de la mise en voix ! Mais ça l’aurait tellement plus servie que cette bouillabaisse de bons sentiments !

Et le spectre est trop gentil. J’aurais préféré qu’elle cherche à se venger pour de vrai, zut quoi.

En bref, une lecture prenante mais qui retombe comme un soufflé vers les trois quart pour se loger au ras des pâquerettes aux dernières pages. Snif.


Donc, ce livre, à la base, je l’avais choisi dans le but spécifique de le mettre en voix pour une soirée lecture. J’avais même commencé par lire l’extrait dispo sur Amazon à voix haute et frémi. Si, si. Potentiel, je vous dit.

Et bon comme c’était la lecture d’Halloween, je suis peut-être parti·e sur une tenue adaptée. Non, je ne montrerai pas de photo, disons juste que j’avais l’impression d’être ridicule, mais un de mes grands m’a dit que sur une échelle de 1 à 10, j’étais seulement à 8, donc ça aurait pu être pire 😛

Ma première impression de la soirée a été franchement négative. J’ai mis vingt minutes à les poser (ils étaient une douzaine, de la 6ème à la 4ème). C’est la première fois qu’ils étaient aussi enquiquinants. Et mes pauvres bébés 6ème dont c’était la première lecture étaient tout déprimés. J’ai fini par en renvoyer un pour enfin pouvoir commencer.

Plutôt que de m’installer sur une table pour lire, comme d’habitude (oui oui je m’asseois sur les tables, c’est mieux que les chaises – surtout quand elles sont juste devant les graaaands miroirs et qu’on lit le Chair de Poule sur le sujet XD) je me suis posé·e sur le rebord de fenêtre. J’ai trouvé ça plus approprié.

Surtout au moment bien climactique, bien frissonnant …

Où la lumière a été coupée.

Je vous jure. Les gamins ont paniqué de suite. Encore plus dans l’ambiance.

J’ai adoré. J’aurais vraiment voulu organiser ça, mais je ne pensais pas que ma collègue aurait laissé passer. En fait ce sont les grands, les lycéens surveillants, qui ont cru que j’étais déjà parti·e et ont coupé les feux.

Les petits, morts de trouille, ont voulu courir remettre la lumière, mais j’ai proposé de continuer.

A la lumière du lampadaire de la rue derrière.

Si ça franchement c’est pas la classe de la lecture d’Halloween 😀

Et j’ai changé la fin. Comme le livre est assez long déjà j’ai coupé la plupart des passages à l’école, j’envisage de zapper ça entièrement si je relis, pour minimiser l’importance de la copine guimauve, et appuyer le côté inquiétant du spectre. La fin guimauve originale propose d’envoyer la petite soeur toute seule dans le caveau de la demoiselle qui la hante et revenir bien vite guérie youpla on est contents.

Eh bah, non. Elle ne revient pas et le grand frère doit partir derrière, dans le caveau bien sombre. Je crois que je me suis arrêté·e à la première lecture sur la description dudit caveau, d’un grand craquement et des yeux luisants et annoncé la fin.

Ils ont eu un peu peur.

Enfin pas autant dans le deuxième groupe du lendemain – j’ai rapatrié mes bébés 6ème, franchement, ils n’avaient pas fait le bazar, s’ils voulaient rester ils étaient très calmes et ravis. Un des 4ème était limite à claquer des dents, et ses camarades m’ont rassuré·e, il était toujours comme ça, donc on continue. J’ai un peu appuyé sur la fin, le côté glaçant dans le caveau et le fait que quelque chose agrippe le héros. Clap de fin sur l’échine qui se hérisse. Ils sont morts de trouille.

Je suis toujours pas satisfait·e XD j’aurais bien voulu tester avec mes anciens bébés 3ème devenus des secondes, pour encore remodeler la fin. En tout cas, beaucoup de potentiel pour deux soirées d’Halloween, qui ont été vraiment intéressantes malgré le fait que les gamins avaient vraiment la bougeotte !

J’aimerais bien relire cette histoire à l’occasion – enfin avec mes modifications 😀 ❤


J’étais persuadée de vous avoir déjà posté ce billet ^^, comme je ne le fais que maintenant je peux vous parler de ce que ça a donné cette année !

J’ai donc repris ce spectre pour mon cycle d’épouvante, encore une fois. J’étais un peu embêté·e pour ceux qui l’avaient déjà entendu mais ils m’ont TOUS assuré qu’ils voulaient cette histoire. Enfin, j’ai pris un Chair de Poule pour les 6ème, je trouvais certains passages un peu sombres (et mes 6ème cette année font bien plus bébés 6ème que ceux de l’an passé).

Et j’ai complètement changé la fin et modifié le milieu. Virée, la rouquine surnommée Dico à cause du Larousse … virés, les éléments sur l’école. C’est l’été, c’est la canicule, le gamin est coincé avec sa soeur à la maison et obligé de veiller sur elle.

Et au moment de retourner dans le caveau … et ben il n’y a plus de spectre tout mignon.

Je trouve ces changements beaucoup plus a propos et qu’ils donnent lieu à une histoire plus intéressante. Seul problème ? Ça reste du roman. Donc, long. Et lorsque j’essaie de bien mettre le ton j’y mets le temps aussi. Cette gestion du temps a été compliquée cette année puisqu’elle a été de pair avec des changements à l’internat. On m’a bien demandé de finir en une heure (voire moins) et caser une pause snack …

Si j’aime toujours autant cette histoire, cela ne s’est pas si bien passé. J’ai dû virer bien deux 5ème rien que pour commencer, les 3ème ont bavardé, les 3ème pro m’ont carrément posé un lapin (suite au sondage de début d’année une douzaine était intéressé. J’arrive, plus personne. Plus de soirée lecture 3ème pro cette année au final).

Les quelques collégiens de l’internat des lycéens avec un de mes anciens 3ème ont été beaucoup plus réceptifs et calmes (malgré leur comportement d’habitude remuant).

Le pire a été l’internat des filles. C’est la première fois que je pars sans avoir terminé une lecture. Lorsqu’une élève (qui m’interromps régulièrement et me contredis) m’a arrêtée pour me dire qu’il ne se passait pas ça / que ça ne se passait pas comme ça dans le livre … je me suis juste levé·e et je suis parti·e. (Déjà il avait déjà fallu près d’une demi-heure pour démarrer parce que beaucoup de mauvaise volonté, des bavardages, etc.). Le contraste était juste total avec leur première soirée lecture où elles étaient deux fois plus nombreuses sur un autre thème et juste impeccables.

Donc voilà. Je ne sais pas si je reprendrai le cycle d’épouvante avec Ne vous disputez jamais avec un spectre au prochain Halloween. La longueur du texte en fait toujours une lecture difficile à proposer et ça fera la troisième fois pour certains élèves. On verra bien !

Lecture sur un rocher

2009-2019 : éventail de lectures

Après un petit retour sur les livres qui ont peuplé mes bibliothèques durant les années 2010s, je vous propose de revenir sur le contenu de mes lectures.

On démarre cette « rétrospective » avec 2009.

En 2009, je termine mon premier cycle universitaire (à ce jour, j’en totalise trois et ça me démange un chouia d’y retourner). En matière de lecture plaisir, il s’est distingué principalement par des relectures (comme le Panorama des ombres) et presque exclusivement des mangas. Peut-être pour combattre / alléger la « pression » – c’est aujourd’hui que je le suppose, je n’en avais pas vraiment conscience à l’époque.

Bon en revanche, les lectures de cours sont moins fun ^^, entre Women in Love de D.H. Lawrence (atroce), Roméo et Juliette (jamais plus) (pourquoi pourquoi il n’y avait pas de thématique féministe ?? mes profs auraient été géniaux/iales là-dedans !). Seuls, étrangement, sont ressortis du lot les documentaires : le Yule sur l’étude de la linguistique (The Study of Language, que j’ai encore conservé et pense relire) et un autre ouvrage sur la formation des mots (Précis de lexicologie anglaise).

Septembre 2009, le lendemain de mon anniversaire, je m’envole pour l’Irlande. C’est une année scolaire assez compliquée qui va suivre (avec notamment accident et rapatriement d’urgence vers la France le 12 novembre) et pas du tout propice à la lecture même si je découvre une librairie que j’adore et dans laquelle je suis retourné il y a quelques années avec Bestie Mely.

Sur mes photos d’appartement (parce que n’arrive pas à retrouver des listes de lecture) apparaissent des tomes en VO d’In Death, série découverte en VO à ce moment et beaucoup appréciée. Ce n’est qu’à ce moment que j’ai commencé à me tourner vers des ressources en ligne pour comptabiliser mes lectures et en parler, comme Livraddict (site que je n’utilise plus à présent).


2010 marque la fin de ma parenthèse irlandaise et le début de mon second cycle universitaire (celui qui m’a le moins plu). Si la charge de travail est plus soutenue et resserrée qu’à la fac (début des examens fin octobre et plus régulièrement), je continue à essayer de lire de la fiction, manga et quelques documentaires (selon de rares notes dans mon agenda, oui oui je l’ai encore c’est un Vampire Knight 😀 ) sur des genres littéraires (le roman historique, fantastique).

En revanche, comme je commence à utiliser le blog de manière plus régulière (diantre qu’il était moche à l’époque XD enfin j’adorais les couleurs mais mixez du violet sombre, noir et vert et heuu ce n’était juste absolument pas lisible), je peux tout de même vous présenter cinq livres qui m’ont durablement marqué.

Lili Terrier est un des premiers partenariats que j’ai eus via Livraddict. J’étais très loin d’apprécier la contemporaine à l’époque (ça n’a pas tellement changé) mais il y a eu cette touche de poésie, de douceur, qui m’a happée de suite. Avec des personnages plus vrais que nature. Un livre toujours sur mes étagères.

Après Personnages et points de vue, j’ai découvert une fiction d’Orson Scott Card : EnchantementJe me suis juste laissé emporter par cette belle histoire qui mêle avec brio La Belle au Bois dormant et les mythes slaves. La Baba Yaga passe par là avec pertes et fracas pour mon plus grand plaisir.

Le Comte de Monte-Cristo n’est pas exactement une découverte. L’adaptation en film avec les acteurs de couverture, j’en étais fan depuis mon enfance. Mais je n’avais encore jamais osé m’attaquer au roman, plutôt épais et exigeant. J’ai sûrement passé des passages politiques, but well, I don’t care. Un moment de lecture merveilleux.

Percy Jackson et V-Virus sont très proches. De l’imaginaire avec un humour décapant. Mythologie grecque et vampire. Des éclats de rire fournis.


2011 marque le début de mon utilisation de Goodreads. C’est aussi le moment de mon stage en Médiathèque à l’issue de mon DUT et le début de ma période de chômage (où j’ai essentiellement lu pour ne pas déprimer).

Je découvre aussi l’uchronie avec Pavane.

Je renoue (un peu) avec le policier que j’appréciais beaucoup ado (fan d’Agatha Christie, j’avais aimé l’énergie de Jana Matinova), découvre un auteur fascinant (Poppy Z. Brite, dans ses nouvelles imaginaires des Contes de la fée verte glauques à souhaits et sa série culinaire LGBTQIA+ à la Nouvelle-Orléans).

Il y a beaucoup d’Histoire, notamment avec ce qui n’est pas une découverte mais juste deux récits qui m’ont fait rêver ou brisé mon coeur de pierre, de la collection Mon Histoire. A l’aube du XXème siècle, période Belle Epoque, et Pendant la famine, en Irlande, récit très touchant sur la famine des pommes de terre qui a coûté la vie à tant de personnes dans ce pays.

Petites et grandes histoires des animaux disparus m’a aussi énormément marqué par son message sur les espèces animales en voie de disparition. Le graphisme est très plaisant et je regrette presque de l’avoir emprunté et non acquis.


2012, pour la plus grande partie, est mon année chômage. Enfin, en 2012, je découvre aussi mon boulot de rêve – qui n’est pas exactement celui de mes études mais juste mieux.

C’est aussi l’année où je me décide à tenter la fantasy urbaine avec le baby challenge Livraddict, ce qui deviendra un de mes genres de prédilections. Sans oublier des récits sur les fées avec Les Royaumes invisibles de Juliet Kagawa (still shame on you Mosaic pour n’avoir JAMAIS répondu à ma question pour la publication du dernier tome) et Les enchantements d’Ambremer de Pierre Pevel.

En fantasy plus traditionnelle, Wildwood Dancing est juste un enchantement. Je découvre aussi deux genres croisés qui vont devenir une combinaison que j’adore : fantasy urbaine et steampunk avec Le protectorat de l’ombrelle de Gail Carriger.


2013 marque la fin de ma première année scolaire en tant que prof doc et le début de mon dernier (à ce jour !) cycle universitaire, pour pouvoir passer le concours et rester doc.

Je suis assez surprise de ma sélection pour vous. A part Rien n’est trop beau (vintage historique <3) il s’agit d’imaginaire (même si la relecture du Monde, tous droits réservés n’a pas du tout été heureuse). Enfin surprise parce qu’elle est toute petite.

Claques SF avec le voyage dans le temps pour Le grand livre et univers féministe avec Chroniques du pays des mères. Juste à lire.


2014 est le début de mon année de concours plus mémoire plus boulot.

Pas stressant du tout.

Et la liste retenue s’amenuise encore avec étonnamment une romance (Les dames à la licorne), du vintage (Miss Buncle’s Book), une relecture manga (Mars, pas du tout aimé lorsque Bestie Mely m’en avait parlé), de la jolie fantasy (Le secret du quai 13) et un documentaire historique (Femmes de dictateur).

Si le deuxième tome de cette « série » m’a déplu, c’est un genre que je vais ensuite prendre plaisir à savourer chaque année mais mon auteur préféré dans ledit genre est encore à venir.


En 2015, j’obtiens mon concours, finalise mon master puis à la rentrée déménage pour mon année de stage.

Spoilers : c’est stressant.

Alors, pour relaxer, je lis de la science-fiction et de l’Histoire. Je n’aurais jamais pensé que lire des documentaires historiques me parlerait tellement. Enfin c’est sûr que lorsqu’on mixe cet élément avec une touche de féminisme (200 femmes de l’Histoire), ça passe toujours crème.

Je ne sais pas si c’est à ce moment que je décide d’orienter un de mes projets d’écriture sur la Belle Epoque grâce à ce dictionnaire de curiosités mais c’est là que je « rencontre » Jean des Cars avec cette biographie de Sissi : c’est tellement réel que j’ai l’impression de voir l’Histoire se dérouler sous mes yeux. Et ça se reproduira à chaque lecture de l’auteur ❤

En matière de science-fiction, je plonge tête la première dans le steampunk, déjà découvert dans des séries (Sans âme) avec la merveilleuse Bible de Jeff Vandermeer. Mais il y a aussi du documentaire (Science-fiction : A la frontière de la modernité, j’aime toujours autant les docus littéraires), un peu de jeunesse (Virus LIV3 ❤ Christian Grenier, mon amour d’adolescence explose à nouveau), du complètement déjanté (Jasper Fforde, what else) et d’autres textes un peu plus sérieux (L’unité, Des milliards de tapis de cheveux, une de mes premières lectures en numérique et La fille automate.

Mon précieux, c’est comme ça que je l’ai baptisé aux Imaginales : Hercule Poirot, une vie. Juste magnifique. Bizarrement, je garde aussi un excellent souvenir d’un roman de contemporaine, Les filles d’Estoril, sur le Portugal.

Je découvre aussi une série de fantasy urbaine que j’ai fini par adorer : Psi-Changeling.


2016, enfin : je termine mon année de stage et découvre à la rentrée ce qui est mon établissement principal actuel. Il y a plein de choses que je ne connais pas sur les étagères, notamment des séries manga qui donneront lieux à de très belles découvertes.

Il y a aussi beaucoup de science-fiction, de la fantasy urbaine, des récits à forte tendance féministe.

Fille de l’eau a une douceur, une nostalgie très frappante (futur où l’eau manque mais l’héroïne est fille de maître de l’eau, une sérénité toute asiatique qui se dévoile avec beaucoup de douceur).

Toujours en SF, une claque sur un autre futur où le clonage a pris ses quartiers dans le pays (Reproduction interdite). Le traitement de ces humains, pas vraiment considérés comme tels, est saisissant d’autant que l’histoire a un côté local qui m’a bien fichu la frousse XD

(C’est quand même marrant que les livres qui me marquent le plus soient en SF).


J’ai pris mes marques au travail et poursuivi sur ma lancée de lecture avec un peu de bande dessinée, des mangas, une touche d’imaginaire.

Les documentaires font (refont ?) leur apparition dans le domaine de la littérature et de la linguistique (avec le si drôle Jean-Loup Chiflet), proposant une pointe de féminisme en prime.

Et une très belle découverte qui m’a orientée vers des envies plus simples : la méthode Marie Kondo pour s’interroger sur les choses qui vous apportent de la joie dans votre vie.


En 2018, la fantasy urbaine est encore une fois très forte avec le milieu du livre comme décor (Le bibliomancien) et le steampunk (The Custard Protocol, la dernière série de Gail Carriger).

Il y a quelques retrouvailles avec des lectures d’enfance et d’adolescence pour les partager avec mes élèves et d’autres chocs dans cette tranche d’âge (Le mot d’Abel et Ne vous disputez jamais avec un spectre).

La contemporaine / romance fait une entrée fracassante avec L’amour est à la lettre A. Une fois la dernière page tournée, j’avais juste envie de recommencer et en VO italienne, j’étais tellement mordu.

L’Histoire m’a à nouveau fait voyager avec les familles royales (Le Siècle des Sacres, un de mes plus beaux cadeaux d’anniversaire de moi à moi XD) et les châteaux du monde (Milan, rééditez-le !) et étrangement, l’histoire de la mode. J’ai découvert que j’adorais ça avec Très tendance qui m’a fait rêver devant l’évolution des tenues.


Dernière année de cette rétrospective, 2019 vous est déjà un peu familière avec mon bilan annuel.

Je suis en plein dans Dix histoires de futur dans le cycle de lecture à voix haute de l’internat en ce moment, ces nouvelles font un carton 😉


N’hésitez pas à me dire si vous voulez plus de précision, je ne voulais pas faire un article trop long / trop catalogue.

J’espère que ce petit bilan vous a plu ! Et vos lectures de la décennie présente, ont-elles représenté de belles découvertes ou des genres / auteurs déjà connus ?

Lecture sur un rocher

Livre de sang, tome 1

Clive Barker (auteur). Jean-Daniel Brèque (traduction). Michael Whelan (illustration). 1984 (VO), 1996 (VF) 248 p. J’ai Lu (Epouvante). Fantastique – Horreur.

Un train qui s’enfonce dans la nuit, chargé d’une marchandise immonde … le train de l’Abattoir !…

Une maison hantée par un démon maléfique et cruel qui s’acharne à rendre fous ses habitants … Une énorme truie dont l’appétit monstrueux exige des sacrifices humains … Des géants sanguinaires faits d’hommes enchaînés, de corps convulsés …

Simon McNeal, vrai ou faux médium, réceptacle de ces récits atroces, sera-t-il un objet de vengeance de la part de ces hordes de morts qu’il a évoquées ?

Plus sombres qu’un cauchemar, puisées dans les ténèbres de l’âme, voici les histoires écrites sur le Livre de Sang ! Celles d’un monde de terreur où les morts se révoltent et se vengent des vivants !

Je ne sais pas pourquoi, il y a quelques années, je me suis mise en tête de lire les Livres de sang de Clive Barker – peut-être que Patrick Marcel en faisait l’éloge dans son Atlas des brumes et des ombres, et je suis tombée sur le sixième tome de la série chez Emmaüs – La mort, sa vie, son oeuvre. J’avais adoré le côté cynique du titre.

Si j’aime le fantastique, je me suis toujours tenu en retrait des récits d’horreur, que ce soit en livre ou média. Je crois que je suis un peu peureux·se sur ce plan. Et je me suis souvent dit que ça faisait un peu solution de facilité (entre l’horreur et l’érotique … quand on s’intéresse aux vampires on fait vite le tour des options, au premier abord).

Alors je ne sais pas si ces nouvelles étaient considérées comme vraiment horrifiques lorsqu’elles sont sorties mais j’étais plus mort de rire que de peur. Ou alors je m’en fichais mais comme de mon premier film fantastique (qui a fort bien pu être Beetlejuice).

J’ai trouvé l’écriture longue, pénible, avec une très vague curiosité pour le contexte dans lequel l’auteur a choisi de voir s’épanouir chaque nouvelle – déjà un format qui me parle peu. L’une d’entre elle a plutôt bien commencé, Les feux de la rampe. Enfin, commencé. Si on excepte les passages sur le sexe pas vraiment nécessaires et relativement fourmillant … elle se situe dans un théâtre et j’ai beaucoup aimé les références, les descriptions. J’avoue que la chute est plutôt drôle aussi.

C’est un peu le problème, les histoires m’ont plutôt fait sourire pour leur côté ridicule (ouh, ‘tention, la truie de l’enfer !) et on ne parlera même pas des personnages féminins, parce que honnêtement je ne m’en souviens pas – pas sûr que ce soit une bonne chose.

J’ai aussi été gênée par le terme « tante » dans une nouvelle sur deux personnages homosexuels. Parce que l’autre ne s’intéresse pas à la politique (et attention, tout même « la défécation » est politique pour le personnage), il le traite de moins que rien. L’utilisation de ce terme me gêne quand même pas mal.

Et après une ville entière s’est rassemblée pour former un corps humain et se battre contre une autre ville et j’ai lâché l’affaire (non en vrai c’était le cas dès le texte qui introduit ces pseudo livres de sang …).

Bref. Ennuyeux, inintéressant, des situations plus vaguement drôles et rocambolesques / ridicules qu’effrayantes et une ambiance régulièrement tombée à plat. La suite de la série se fera sans moi, elle est d’ores et déjà désherbée.

Nombre de tomes parus : 6 (série finie?).

Lecture sur un rocher

Néji

Sareki Okoku. Kaori Yuki (autrice). Nathalie Martinez (traductrice). 2001 (VO), 2002 (VF), 200 p. Tonkam.  Manga – Shojo – SF.

Néji et sa fiancée ont “disparu” suite à une sale affaire. En réalité, leurs corps ont été cryogénisés par un mystérieux centre de recherche en pouvoirs extrasensoriels, la GERA. Après quarante années de sommeil forcé, Néji se réveille. Ses pouvoirs surnaturels sont une aubaine pour le centre. En gardant sa fiancée en otage, les dirigeants de la GERA forcent Néji à travailler pour eux comme mercenaire. Mais il est impossible de garder longtemps une emprise sur le caractère bouillonnant du surhomme.

Il y a une dizaine d’années, j’ai offert ce one-shot à une amie qui me l’a prêté ensuite. C’est un des rares qui manquait à ma collection puisque lorsque j’ai voulu le relire ensuite, il n’était plus commercialisé. Et puis je ne vous dit pas le mal que j’ai eu à retomber dessus, merci d’ailleurs à Tonkam qui n’a jamais pris la peine de me répondre sur leurs réseaux sociaux : allait-il ou non être réédité ? Apparemment non et puis répondre à des clients, c’est tellement surfait. Je l’ai déniché par hasard et chance chez Gibert à Lyon et j’ai pu le redécouvrir.

J’avais un excellent souvenir de cette histoire de jeunes gens cryogénisés, de ce contexte un peu science-fiction, une petite enquête policière, une histoire d’amour, du Kaori Yuki délicieusement vintage.

Et au final, l’histoire de Néji va bien trop vite. Je peux comprendre qu’on n’aborde pas son passé et qu’on démarre in medias res, en plein bouleversement, mais les péripéties dans le complexe puis la fuite et ce qui lui arrive à l’extérieur ne donnent pas le temps de s’attacher au personnage ou à ce qui lui arrive et la fin est vraiment trop abrupte.

Etonnamment, je trouve les autres récits anciens de la mangaka plus maîtrisés. Je n’ai pas l’impression qu’ils n’ont pas de fin ou qu’il manque vraiment tout un déroulement. Je suis d’autant plus déçue qu’il y a beaucoup de potentiel dans ce personnage et ce récit.

Le trait me plaît toujours autant, en revanche, ce qui ajoute un peu à ma déception. Et j’avoue que le récit sur les poupées m’a un peu ennuyée. Il y a d’ailleurs une différence entre les deux premiers actes et ce dernier au niveau du dessin, je ne sais pas combien d’années les séparent mais c’est assez clair qu’il y a eu une évolution entre et ce côté poupée me rappelle d’autres récits, perdant un peu de l’originalité du premier.

Au final, je reste déçue de cette relecture, ce n’est pas ce manga qui me ramènera vers Kaori Yuki.

Lecture sur un rocher

Atlas des brumes et des ombres

Patrick Marcel (auteur). Eric Scala (illustrateur). 2002, 272 p. Folio (SF). Littérature – Fantastique.

Guy de Maupassant, Clive Barker, Stephen King, Jean Ray, Jorge Luis Borges, Edgar Poe, Peter Straub, Bram Stoker et son Dracula … Autant de signatures majeures d’un genre littéraire, le fantastique, marqué par l’exploration du surnaturel, de l’horreur et de l’irrationnel. Reflet des peurs les plus intimes, le fantastique accueille depuis l’aube de la littérature des figures imaginaires immortelles : vampires sanguinaires ou romantiques, loups-garous pathétiques, démons impitoyables, maisons hantées ou momies vengeresses.

Il y a quelques années, lorsque j’étais à la fac, je découvrais ce petit guide sur la littérature fantastique. Je me souviens que j’adorais le lire avant de dormir tant l’historique du genre que les propositions de lecture pour être baignée dans une atmosphère surnaturelle.

J’ai retrouvé celle-ci avec beaucoup de plaisir comme livre accompagnant mes déjeuners de boulot. Peu de surprises mais un retour agréable à une ambiance déjà très appréciée et à laquelle je n’était plus revenue depuis une bonne dizaine d’années.

L’historique démarre d’une définition (attention, lecteurs pointilleux, je crois avoir vu sur Noosfere qu’elle pouvait faire l’objet d’un débat. J’étais en mode relecture plaisante donc ne m’en suis pas formalisée), une comparaison avec la fantasy notamment dans le vocabulaire anglo-saxon, ce qui est toujours plaisant (et je n’ai pas eu envie d’envoyer le livre voler par la fenêtre).

Suit l’historique du genre à proprement parler avec quelques titres évoqués qui seront repris plus loin dans les pistes de lecture. J’ai trouvé intéressant le lien entre le succès d’un auteur (King) et le changement dans la distribution des livres (l’arrivée des gondoles dans les supermarchés).

La petite mention à Poppy Z. Brite fait bien plaisir.

Pour le guide de lecture, le classement se fait par ordre alphabétique, ce qui occasionne un mélange d’époques et de sous-genre, une impression hétéroclite agréable. Il n’y a pas seulement un résumé mais parfois un commentaire de l’auteur sur ses raisons d’inclusion de l’oeuvre, ses thèmes, ses particularités.

Parmi les titres qui m’ont tentée : Le Retour de Marion Marsh de Jack Finney (possession par une actrice de l’époque du muet dans les 70s) ; Fata Morgana de William Kotzwinckle (à l’aube de la Belle Epoque en 1861, une enquête policière apparemment haute en couleurs) ; Ballet de sorcières de Fritz Leiber (où les hommes doivent leur ascension sociale à leurs femmes sorcières) ; Jean-Marc Ligny avec La mort pour danser (je suis faible, ça se passe en Irlande) ; Notre vénérée chérie de Robert Marasco (une famille s’installe pour l’été dans une superbe demeure qu’on leur prête, à charge pour eux de nourrir trois fois par jour la vieille mère des propriétaires) ; Topper de Thorne Smith (un homme peu remarquable achète la voiture de ses voisins décédés et se retrouve avec leurs fantômes, ce qui me fait un peu penser à Beetlejuice pour l’aspect décalé et humoristique promis).

Si vous vous intéressez au fantastique, ce guide peut être un point de départ intéressant. Sachant qu’on n’y fait pas mention de la littérature jeunesse et qu’en tant que lectrice fan de vampires je suis toujours restée sur ma faim mais le fantastique est un genre tellement vaste que ce type de guide ne satisfera certainement pas tout le monde.

Pour ma part, j’en ai apprécié la relecture et m’y replongerai peut-être dans une dizaine d’années.

Lecture sur un rocher

Petite encyclopédie des vampires

Pierre Moquet (auteur). Jacques Petitin (auteur). 2013, 255 p. Le Castor Astral. Fantastique, Humour.

Du pieu dans le coeur à la décapitation à coups de bêche, de l’Antiquité à Rousseau, du gore à la bit-lit, d’Aristophane à Twilight, de l’allium sativum à l’aubépine, de Baudelaire au True Blood, des morts qui mâchent à François Mitterrand, d’Ovide à Mario Bava, du crucifix à l’imagination frappée, de saint Augustin à Stephen King, cet ouvrage répond aux questions que chacun se pose sur les vampires.

J’ai trouvé ce joli petit livre (relié en dur, des tons brun rouges qui donnent l’impression d’une encyclopédie un peu abîmée par les années) par hasard. Je n’en attendais pas grand-chose et il est resté dormir sur l’étagère consacrée à la littérature chez mes parents jusqu’à ce que je sois en mode recherche créatures fantastiques cet été.

Et au final, je l’ai trouvé génial et hilarant, en prime. Même si ce n’était pas gagné d’avance : les marges à droites sont remplies d’expressions sur les articles, j’ai déjà eu ce genre de références dans un autre de livres sur les vampires qui a presque fait éclater mon pauvre cerveau (il faut dire qu’il mélangeait fiction et documentaire, en prime).

Et puis les articles se sont succédés entre folklore, littérature, cinéma, personnages célèbres (Batory, Baudelaire, Tepesh) et l’humour a rapidement pointé le bout de son nez (Amour, Gloire et vampires pour un titre ; j’ai déjà commencé à me bidonner page 10). Les références à Batman ont été bien chouettes aussi (rien que cette entrée sur les différents logos adoptés, l’évolution de la chauve-souris de 1940 à nos jours en précisant le média).

Je crois que je n’ai trouvé aucune entrée inutile et la plupart très drôles, tant dans le titre que le ton des articles. L’écriture fait un peu ancienne, comme si le traité datait d’il y a longtemps, le papier un peu crème est bien agréable également. Comme j’étais en mode prise de notes, je me suis aussi permise de corriger l’article sur Poppy Z. Brite. J’ai été ravie d’en trouver un mais une fois encore, sous l’identité féminine qu’il ne reconnait plus. Pourquoi en France fait-on encore l’erreur ?

Bon, par contre, si vous êtes des Twihards qui n’aimez pas forcément qu’on se moque d’Edward, je ne vous recommande pas ce livre. Il y a une entrée sur les chasseurs de vampires avec un tableau pour présenter différents personnages. Une catégorie s’intitule « Temps pour tuer Edward Cullen ». Je ne suis pas d’accord avec l’ordre : D de Vampire Hunter (5 min) et Selene d’Underword (10) ne gagnent pas devant Buffy (15 min), faut pas pousser mémé dans les orties.

J’avoue qu’il a non seulement été une lecture terriblement fun (je me suis rarement autant bidonnée depuis Percy Jackson) mais aussi très inspirante. En témoigne la tonne de commentaires dans les marges, et le fou rire encore omniprésent à la rédaction de cet article.

En prime, de nombreuses pages bibliographiques à la fin.

Si l’illustration n’est pas tant au rendez-vous (on fait un peu plus du minimum et on le fait bien), c’est un petit livre qui parlera aux fans de vampires. Il y a l’essentiel en matière de personnalités ayant existé, d’éléments géographiques et culturels avec quelques difficultés pour trouver un article que l’on cherche en particulier (il faudra utiliser l’index puisque les auteurs ont fait le choix de titres fun et fantaisistes) mais c’est justement ce côté fun qui fait l’originalité du livre avec son bel aspect vieilli. L’humour et le ton du livre en font une petite pépite que je suis ravie de posséder et que j’ai hâte de relire, pour encore bien rigoler.

Life as a Teacher Librarian - Pérégrinations de profdoc

Amours d’Enfer – lecture à l’internat

Love is Hell. Scott Westerfeld ; Melissa Marr ; Laurie Faria Stolarz ; Justine Larbalestier ; Gabrielle Zevin (auteurs/rices). 2008 (VO), 2009 (VF), 254 p. Hachette (Black Moon). Nouvelles – Romance – Fantastique. 16€.

Tomber amoureux d’un fantôme, croire aux contes de fées, accepter l’impensable, se révolter contre un monde tout entier, sombrer dans la folie … Que ne ferait-on pas, par amour ! 

Il y a quelques années, je suis tombée par hasard sur ce recueil à la médiathèque. En voyant Westerfeld, je n’ai pas trop hésité même si je m’attendais à m’y casser les dents, puisque la romance et moi …

Au final, j’avais vraiment apprécié les différentes nouvelles, notamment celle de W. et de Melissa Marr (mon avis complet) et j’avais repensé à ce recueil pour une lecture à l’internat – je voulais proposer de la romance et de l’imaginaire.

Je me suis un peu inquiétée d’abord parce que les nouvelles étaient plus longues que dans mon souvenir et j’ai eu un coup de stress, est-ce que j’allais pouvoir être prête à temps. Oui non mais je stresse assez facilement sur les lectures, que ce soit le choix du texte, la préparation (relecture et éventuelles coupes) et la lecture en elle-même. Heureusement que ma collègue est bien plus zen.

La nouvelle de Westerfeld, Un Monde (presque) Parfait, était une évidence. Les différents adolescents, le contexte futuriste, les pointes d’humour, m’ont tout de suite sauté aux yeux pour la mise en voix.

J’avais très envie de leur faire découvrir le texte de Melissa Marr, Coup de foudre, mais il ne m’a fallu que quelques pages pour décider que ce n’était pas une très bonne idée. Je ne sais pas, le côté descriptif, les temps du passé, l’écriture un peu soutenue que je ne me sentais pas de changer, l’humour bien moins présent. En plus le côté ensorcellement avec les silkies ne me paraissait pas forcément très compatible avec le consentement. Je ne suis pas allée jusqu’à la fin.

J’étais partie sur Le fantôme de mes rêves de Laurie Faria Stolarz, sur une romance entre Brenda, une adolescente, et un fantôme donc. Problème, de son vivant, le jeune homme a eu une mort tout sauf paisible, frappé à mort par le petit-ami de sa mère et je n’ai pas pensé que ce côté violent (pourtant pas non plus tellement abordé en détail) pourrait remuer mes élèves. L’une d’entre elles n’avait vraiment pas l’air bien et j’ai coupé l’histoire avant la fin.

Nota bene pour moi-même : dès qu’il y a des thèmes un peu particuliers, on en parle avec la collègue à l’avance, histoire d’être sûre qu’il n’y a pas de possible écho pour des gamin/e/s.

Heureusement, j’avais aussi préparé Caprice de fan de Gabrielle Zevin. Le début est vraiment chouette, on s’adresse directement à une audience « vous », il est question de la bibliothèque du collègue (et pas CDI, les enfants, ce sont les States, c’pas la même réalité), d’une jeune fille timide qui rencontre un garçon parfait mais personne d’autre ne semble le connaître et il y a de curieuses ressemblances entre l’histoire qui se noue entre les deux et le livre que la bibliothécaire recommande à la demoiselle. Le côté mise en voix est vraiment chouette mais je déteste la fin. Il s’avère qu’Aaron n’est pas un fantôme mais le produit de l’imagination de Paige, qui termine l’histoire en camisole de force dans un asile.

Bah du coup, vous savez quoi ? Je n’ai pas lu la fin aux gamines.

Je ne sais plus où exactement je me suis arrêtée mais je leur ai dit qu’on n’allait pas découvrir la fin de l’autrice, (même si je ne dis pas autrice mais auteure, au travail, c’est déjà compliqué comme ça) mais qu’elles allaient imaginer la leur.

Malheureusement, c’était la fin de l’année et je n’ai pas trop eu l’occasion d’en reparler, donc je ne sais pas ce qu’elles ont pensé – elles ont un peu boudé, par contre 😛

Mais ça m’a donné une idée pour d’autres soirées à l’internat – pourquoi pas imaginer leurs propres histoires ? J’y ai repensé pendant ces vacances d’été, et j’en reparlerai à ma collègue, mais ça me parle bien.

Les élèves ont plutôt bien répondu à ces deux nouvelles – la demoiselle qui veut éprouver des émotions dans un univers où ça n’est plus la peine mais où un cours les force à revenir  » à l’âge de pierre » donc à notre époque – les a bien fait rire dans celle de Westerfeld et à part le petit bémol sur le fantôme du texte du milieu, je crois que ça s’est bien passé, celle qui ne se sentait pas trop bien a été contente de la fin.

Elles sont surtout bien ri quand l’une a posé continuellement la même question en mode running gag « Du coup Madame elle s’est pris un râteau ? » pour Paige. J’avoue, j’ai ri aussi.

Pour une prochaine soirée romance – imaginaire, j’ai l’autre recueil Black Moon. Mais je me demande, en fait. Est-ce que je peux faire des relectures ? Est-ce que ça leur plairait ? Avec d’autres textes, par exemple, ou pas tant que ce sont les mêmes demoiselles ? Parce qu’elles sont peu nombreuses comparées à l’internat garçon, en général elles sont toutes là, pas besoin d’organiser deux soirées sur le même thème.

C’est un peu ma question pour cette année aussi, en fait. Reprendre des textes déjà préparés me permettrait d’angoisser moins et d’avoir une charge de préparation d’autant diminuée. Mais est-ce que je risque d’ennuyer les élèves ?

Voilà, une soirée qui m’a laissée avec plus de questions que les précédentes mais qui a été intéressante aussi.

Lecture sur un rocher

Rose Morte, tome 1 : La floraison

Céline Landressie (autrice). Magalie Villeneuve (illustratrice). 2015, 591 p. Milady. Histoire – Fantastique.

France, fin du xvie siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.

Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.

Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d’Artus de Janlys.

Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle.

J’avais énormément entendu parler de Céline Landressie au cours des dernières années – notamment pour cette malheureuse histoire de couverture mais le point positif, c’est que ça m’avait permis de découvrir ses romans et me dire que ça pourrait me parler, en fin de compte, pour le côté historique.

Ce point est parfaitement servi avec ce premier tome. Ce n’est pas simplement un tome d’introduction. Certes, on découvre l’héroïne, Rose, et d’autres personnages comme Artus, les prémisses de leur relation et l’étrange nature du comte mais il se passe suffisamment d’action pour me contenter.

En revanche, je ne m’attendais absolument pas à l’aspect fantastique (enfin un chouia, c’est de l’imaginaire) et surtout au fait que l’autrice traite de mon personnage favori dans le genre, le vampire ❤ En lui donnant un autre nom plus propice à la période historique puisque ce terme n’existe pas encore.

Voilà, rien qu’avec cette explication, j’étais lancée, j’adorais. Elle écrit aussi divinement et de manière très plausible, les changements qui s’opèrent chez l’héroïne, les petits évènements étranges qui peuplent le quotidien. Les bribes d’intrigues, de complot, sont savamment distillés et rehaussés par son écriture soutenue et riche, jamais fausse, qui contribue à engloutir le lecture dans cette parenthèse historique enchantée. Céline Landressie a une plume pleine d’élégance dont je ne me suis pas lassée.

Je n’ai absolument pas vu le temps passer. Il faut dire que si j’avais compris la nature d’Artus, j’étais très curieuse des réactions de Rose et de sa propre transformation qui sont encore une fois plausible et très bien amenées. Leur romance aussi, son développement, les hésitations de l’héroïne, tout cela m’a particulièrement parlé. C’est d’ailleurs une excellente héroïne, que j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre, dans ses réflexions, son intelligence, son refus de sa condition originelle. (Mais la mère, quelle plaie)

J’étais ravie de faire suivre cette superbe lecture par la rencontre de Céline Landressie aux Imaginales, qui a confirmé mon excellente impression tant elle est sympathique.

Nombre de tomes parus : 4 (série en cours).

Lecture sur un rocher

Camden, tome 1 : Un murmure de voix

Pauline Andreani (autrice). Nicolas Jamonneau (illustrateur). 2016, 160 p.  Éditions du Petit Caveau. Fantastique.

Je m’appelle Humphrey. Simplement Humphrey. Ce soir-là, j’ai perdu mon travail en voulant sauver un ahuri qui prétendait pouvoir communiquer avec l’au-delà. Par curiosité, je l’ai ensuite suivi dans l’une de ses aventures et devinez quoi ? Le gamin disait vrai.

La famille Flemington, s’étant vue affligée de la disparition de leur fils et de la mort de leur bonne, ne se doute pas que cette dernière est bien présente, ni qu’elle sait ce qui est arrivé à leur bambin.

Lors de ma dernière razzia au stand du Petit Caveau, aux Imaginales, j’ai trouvé ce petit roman très joliment illustré. Je ne suis pas une grande fan de fantômes mais pourquoi pas, on se lance.

Je retrouve avec plaisir une maison d’édition que j’adore et une fois de plus une autrice à la plume pleine d’élégance. Si je ne suis pas intéressée par les créatures qu’elle choisit de mettre en oeuvre, sa manière de le faire a suscité mon intérêt même si je me demande un peu ce que le narrateur, Humphrey, peut apporter à Camden qui semble très bien se débrouiller tout seul.

C’est la petite faiblesse de ce tome : on se situe dans une introduction. Une introduction à l’univers, aux personnages même s’il y a une petite enquête, sa résolution est trop rapide, je n’ai pas eu assez le temps de m’inquiéter.

Mais ça donne envie sans peine de poursuivre et de savoir où Pauline Andreani veut nous entraîner. Camden est plutôt attachant, et son frère n’est pas dépeint de manière manichéenne, il est agaçant mais se soucie du plus jeune et leur domaine intéresse également.

Une lecture vraiment intéressante et une série prometteuse.

Nombre de tomes parus : 2 (série en cours).