Au bord des mots, lectures sur un rocher

Harley Quinn (Renaissance), tome 2 : Folle à lier

harley-quinn-2Hot in the City. Amanda Conner, Jimmy Palmiotti (scénaristes). Becky Cloonan, Tony Salvador Daniel, Stephane Roux, Dan Panosian, Walter Simonson, Jim Lee, Bruce W. Timm, Charlie Adlard, Adam T.Hughes, Art Baltazar, Tradd Moore, Dave Johnson, Jeremy Roberts, Sam Kieth, Darwyn Cooke, Chad Hardin (dessin). Paul Mounts, Tomeu Morey, John Kalisz, Lovern Kindzierski, Alex Sinclair, Lee Loughridge, David Stewart, Alex Sollazzo (coloristes). Benjamin Rivière (traducteur). 2013 (VO), 2016 (VF), 232 p. Urban Comics (DC Renaissance). Comic. 19 €.

L’ancienne psychiatre Harleen Quinzel n’est pas le genre de femme à se satisfaire d’une vie convenable et tranquille. Elle fuit la routine comme la peste et cherche par tous les moyens à faire de sa vie une aventure. Sa toute fraîche installation à Coney Island est donc l’occasion rêvée d’en commencer un nouveau chapitre ! Avec son entrée fracassante dans l’équipe locale de roller derby, l’approche de la Saint-Valentin et la découverte d’un contrat mis sur sa tête, la pétillante Harley Quinn aura beaucoup à faire.

J’avais adoré le premier tome de cette série, que j’avais trouvé très drôle et touchant. Cette suite n’est pas du tout à la hauteur de mes espérances.

On démarre avec une convention, de style Comic Con, ce qui déjà ne m’a pas trop plu. Harley essaie désespérément de montrer ses dessins à un éditeur et cause énormément de dégâts jusqu’à rencontrer un groupe de cosplayeuses de son personnage. Je n’ai déjà pas trouvé cet élément très drôle – même si je suppose que c’est original puisque je n’ai pas encore vu de comics ou cartoon qui aborde ce thème.

En plus, on en revient aux démarrages du tome 1, où on passait d’un style graphique à un autre. Là, je suis moins d’accord, déjà parce qu’ils sont souvent très vilains à mes yeux (je sais, subjectif), mais aussi parce que les changements ne sont pas intégrés à l’action. On passe juste d’un dessin à l’autre et j’ai horreur de ça – j’aime beaucoup celui du premier tome, je m’en serais contentée.

Si l’histoire suivante voit le retour de Poison Ivy, ce n’est pas le cas de la dessinatrice, donc je suis encore déçue, même si le rêve/hallucination a un style graphique plutôt chouette. Le problème c’est que d’une hallucination on passe à plusieurs petits récits et changements graphiques une fois encore … j’aurais préféré un « vrai » récit, pas morcelé.

Ma déception a continué avec le gros récit du tome. Supergirl. Je me fiche totalement de ce personnage. Je ne suis pas fan de l’univers de Superman – j’ai vaguement regardé Smallville à l’époque et j’étais plus intéressée par Lex Luthor que le protagoniste. Donc … c’est une partie qui m’est totalement passée par-dessus la tête, surtout qu’on se retrouve à régler un conflit galactique. Je sais pas, Gotham me suffit comme terrain de jeux.

Et dans le dernier, c’est le Joker qui fait un retour qui aurait pu me plaire sans le début, mais je n’en suis même pas sûre.

J’ai déjà la suite dans ma PAL, j’espère que les thèmes et les personnages me parleront plus, parce que j’ai rarement vu une dégringolade pareille entre le premier et le second tome d’une série dans mon appréciation.

Nombre de tomes parus : 3 (série en cours).

Tome 1 : Complètement marteau !

Au bord des mots, lectures sur un rocher

A year in … books (2016)

Petit retour rapide sur mon année de lectures. J’aurais pensé en avoir davantage qui m’ont ravie ou interpellée cette année. Elle a été pas mal chargée comme je vous l’expliquerai dans un autre article, et influencée par les challenges lecture dont je vous ai déjà parlés.

Reproduction interdite, janvier 2016. Mes dieux. Une de mes premières lectures de l’année. De la SF qui m’a chamboulée comme rarement, surtout qu’elle se déroule pas loin de chez mes parents, alors quand je passe pas loin, je panique d’autant plus ^^,

Fille de l’eau, février. Un récit plein de charme sur un univers (futuriste?) où l’eau est devenue rare mais les traditions subsistent, comme celle, inspirée du monde asiatique, des maîtres de l’eau. S’il y a quelques longueurs, honnêtement, on se laisse totalement porter par l’écriture pleine de fluidité et de douceur.

The Immortal Empire, février. J’ai dévoré le premier tome en février et le second en décembre. Je boude de n’avoir trouvé le troisième en Irlande. Vampires. Reine Victoria. Steampunk. Sang. Génétique. Vocabulaire british. Loup-garou écossais. Humour féroce. A croquer !

Commando culotte, avril. Je crois que c’est l’auguste Matilda qui m’en a parlé – et qui a beaucoup apprécié de me voir demander ce roman graphique dans différentes librairies, parce que le titre est très drôle. Honnêtement, le style visuel ne m’enthousiasme pas. Mais c’est la réflexion derrière qui m’attire. Les petites graines de réflexion sur le féminisme, la diversité ethnique et sexuelle, la tolérance dans les séries télévisées et les films que l’auteure distille dans ses analyses (j’aimerais bien qu’elle publie un autre livre sur le même canevas), qui ont à leur tour entraîné cette réflexion chez moi.

Mytho, avril. C’est léger, c’est choupi, ça parle de mythologie, et bien (Les Petits mythos sont beaucoup moins passés), avec beaucoup d’imagination et un système qui m’a fascinée, servi par un dessin des plus agréables.

The Ancient Magus Bride, mai. C’est beau. C’est rêveur. C’est plein de charme.

Les Outrepasseurs, mai. Et je ne vous dis pas seulement ça parce que l’auteur, Cindy van Wilder est vraiment sympa, et très souriante, comme je l’ai découverte aux Imaginales cette année. Mais parce que son écriture m’a emportée dès les premières pages, dans une magie ancrée dans le quotidien, tout ce que j’aime, une vie antérieure, des personnages particulièrement bien campés … Une lecture qui m’a longtemps hantée. A lire.

Spirits, Fairies, Leprechauns and Goblins, mai avec une relecture de Giants, Monsters and Dragons. Un foisonnement de références sur le folklore très bien rendu, sans trop se perdre.

La bible Dracula, juin. Effectivement une bien belle Bible (qu’il faudrait remettre à jour mon capitaine, hein, si vous en avez l’occasion, rien qu’en rajoutant de la musique et des séries télé.). L’auteur a un humour qui passe très bien. Je n’oserai pas dire mordant, hein, mauvais jeu de mot, toussa toussa.

L’ordinatueur, juin. De la sf jeunesse qui se lit admirablement toute seule. J’adore le thème de la réalité virtuelle et la résolution.

Le livre perdu des sortilèges, juin. La première partie, à Oxford, et la troisième dans la famille de l’héroïne, sont des enchantements. La vision du vampire et de la magie en général pour l’auteur sont passionnants, et ses personnages adorables.

Ainsi soit-elle, juillet. Toute une réflexion sur les femmes, leurs droits, leur histoire. Juste à lire.

Axiomatique, août. Beaucoup de thèmes qui m’ont vraiment interpellée même si je n’ai pas toujours saisi la logique de l’auteur.

Harley Quinn, août. Une histoire indépendante du Joker, avec un dessin plein de force, pour des petites aventures bien à son image : fracassante. Un retour au comic super chouette.

Les culottées, octobre. Une très belle présentation de femmes qui ont fait l’Histoire, et dont on ne se souvient pas forcément. Le tome 2 vient de sortir 😁

Death Note, octobre. J’ai rarement vu un manga au suspense aussi maîtrisé, avec un thème aussi dur et si peu d’humour. Jusqu’au tome 8 en tout cas, c’est un roller coaster d’émotions bien dosées.

Erased, octobre. Il y a un côté très Quantum Leap dans cette série sur le voyage dans le temps et le changement du passé. Dur mais très touchant.

                                       

Je vais revenir vivement sur les lectures qui m’ont dérangée. Certaines, une en particulier, n’ont pas eu de billet, et ça n’arrivera pas, parce que ça ne passait justement pas du tout.

J’ai retrouvé en anglais certains romans que j’ai dévorés ado (Melody, Les orphelines) et j’ai découvert avec horreur leur côté un peu glauque et cliché (bon, celui-là, je m’en souvenais). Je vous avoue que j’ai terminé cette deuxième série et que je ne conserve pas les autres, trop mauvais moments de lecture.

La guerre de 14 n’a pas eu lieu. Quand on dit non, c’est non. Le consentement, c’est important. Rien que pour ça je garde un très mauvais souvenir de ce livre (il m’a un peu ennuyée aussi).

La saveur des figues. Ou comment insérer une tentative de viol sans conséquence dans le récit si ce n’est renvoyer l’héroïne à la cuisine. Je suis colère.

Honey x Honey. Glénat, vous vous fichez de qui, sérieusement? Du shojo, ce truc? Où garçons et filles doivent agir comme les esclaves des étudiants riches, y compris ou je suppose surtout sexuellement ? La pseudo belle histoire d’amour est à pleurer, le message à vomir. J’espère sincèrement que ce n’est pas un manga qui est tombé entre les mains de choupettes dès dix ans.

Ligne 15, tome 1 : Joséphine, Ma métamorphose. Rien qu’à voir l’auteure, je savais que je passerais un sale quart d’heure, après Théa pour l’éternité. Théa me fait encore grincer des dents. Joséphine est tout aussi catastrophique. Sexiste, binaire, à bourrer le chou de pauvres gamines. Genre si t’as pas de boyfriend ben tu vaux rien. Genre même si tu veux pas ben t’es pas « une femme », même si personne ne te plaît il faut quand même. Genre même si le mec t’a fait le coup du slut shaming s’il veut sortir avec toi ben c’est trop cool génial. Tu n’existes qu’en ayant un foutu boyfriend. J’ai désherbé les six volumes au boulot. Je suis encore furieuse des mois après. Et mal à l’aise devant cette leçon d’adolescence flanquée à la louche. Des jeunes qui prennent en photo des jambes de leur prof sans problème ni conséquence, juste parce qu’ils se font chier en classe, et no soucy Lucy. Je ne vous dit pas mon malaise et mon dégoût à ce moment, ajouté au reste. Et je vais m’arrêter là. J’ai détesté ces différents messages.

Et vous ? 2016 a-t-elle été une belle année de lectures ? Parlez-moi de vos coups de cœur ! Ou de vos prix citron 🙂

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Harley Quinn (Renaissance), tome 1 : Complètement marteau !

Hot in the City. Amanda Conner, Jimmy Palmiotti (scénaristes). Becky Cloonan, Tony Salvador Daniel, Stephane Roux, Dan Panosian, Walter Simonson, Jim Lee, Bruce W. Timm, Charlie Adlard, Adam T.Hughes, Art Baltazar, Tradd Moore, Dave Johnson, Jeremy Roberts, Sam Kieth, Darwyn Cooke, Chad Hardin (dessin). Paul Mounts, Tomeu Morey, John Kalisz, Lovern Kindzierski, Alex Sinclair, Lee Loughridge, David Stewart, Alex Sollazzo (coloristes). Benjamin Rivière (traducteur). 2013 (VO), 2016 (VF), 232 p. Urban Comics (DC Renaissance). Comic. 1 € .

L’ancienne psychiatre Harleen Quinzel n’est pas le genre de femme à se satisfaire d’une vie convenable et tranquille. Elle fuit la routine comme la peste et cherche par tous les moyens à faire de sa vie une aventure. Sa toute fraîche installation à Coney Island est donc l’occasion rêvée d’en commencer un nouveau chapitre ! Avec son entrée fracassante dans l’équipe locale de roller derby, l’approche de la Saint-Valentin et la découverte d’un contrat mis sur sa tête, la pétillante Harley Quinn aura beaucoup à faire.

J’ai déniché ce petit recueil dans le cadre des 48h de la BD, où il se trouvait à 1€. J’adore Harley Quinn, un de mes personnages préférés de la (trop super génial magnifique intense parfaite) série animée de 1992. Le premier comics que j’avais lu la mettait à l’honneur (vous pouvez le découvrir ici).

Le style est ici très différent. On est dans le côté doucement déjanté d’Harley (euphémisme, quand tu nous tiens !) qui n’hésite pas à tout faire exploser quand elle est agacée, mais se montre d’une fidélité à tout épreuve avec ses amis (Poison Ivy ❤ et les locataires de l’immeuble dont elle hérite dans cette histoire). Et sans son puddin’. Ce qui est plutôt cool, parce que oui, la demoiselle existe très bien sans lui.

Surtout qu’il essaie de la faire exploser au tout début de l’histoire. Mais c’est un détail.

J’ai d’ailleurs adoré ce démarrage. Si le style de la couverture est réalise et très chouette, le récit s’ouvre par une succession de dessinateurs qui explorent différents traits possibles pour Harley et son environnement ! C’est original, c’est fun, ça brise le quatrième mur et je me suis éclatée.

L’héroïne est définitivement attachante. J’adore sa compassion et son empathie à l’égard des animaux, plusieurs fois mise en scène dans l’histoire, et pour sa patiente âgée qui se plaint que sa famille ne vient jamais la voir.

A part ça, elle aime autant tout dégommer à la masse, mais j’ai trouvé peu de planches vraiment graphiques. Les tenues dénudées, par contre, la connaissent toujours, ainsi qu’un vocabulaire relativement familier, ce qui ne m’a pas trop dérangée. L’humour est très au rendez-vous.

En ce qui concerne les personnages, si Harley est très cool, la brochette présentée par l’auteur l’est tout autant. Son castor empaillé est très drôle, Ivy adorable (j’espère qu’on la revoie par la suite).

Le récit se clôt par une histoire sur ses débuts, qui donne une vision un peu différente de la série, et a fait un peu polémique. Ici, le Joker la pousse dans un bain d’acide. Le reste présente son adolescence et ses débuts sociopathes, c’est plutôt drôle et bien fichu.

En bref, une série qui démarre sur les chapeaux de roues et que j’ai énormément appréciée.

Nombre de tomes parus : 3 (série en cours).

Tome 2 : Folle à lier

15 : Lire un roman graphique ou une BD ou un comic avec une femme pour héroïne.