Au bord des mots, lectures sur un rocher

Chasseuse de vampires, tome 4 : La lame de l’archange

Guild Hunter, book 4 : Archangel’s Blade. Nalini Singh (autrice). Luce Michel (traductrice). 2012 (VO), 2012 (VF), 447 p. J’ai Lu. Fantasy urbaine. 8.90€.

Un jeune vampire décapité présentant un tatouage sur la joue, voilà normalement une affaire pour la Guilde. Sauf que Dmitri, le second de Raphael, a décidé en son absence de se charger de l’enquête. Et bien entendu, c’est moi, Honor, chasseuse spécialiste des langues anciennes, qui ai été envoyée pour donner un coup de main. 

Qui aurait cru que notre collaboration réveillerait des souvenirs enfouis depuis des siècles ? 

Je n’avais pas lu le résumé avant de me lancer, j’ai été très surprise de voir que le focus principal s’est déplacé d’Elena-Raphael à un autre couple, en l’occurence Dmitri et Honor. Bon, je n’ai été qu’à moitié étonnée puisque l’auteure varie à chaque tome pour sa série Psy-Changeling, mais j’avais dans l’idée qu’on poursuivait avec Elena.

Elle ne disparaît pas tout à faire, quelques chapitres sont consacrés à son point de vue et Honor, la narratrice, fait référence à sa nouvelle vie. Celle-ci travaille pour la Guilde également, chasseuse mais surtout spécialiste de langues anciennes, ce qui m’a beaucoup plu. Et j’ai beaucoup aimé que Dmitri soit le lead masculin, pour mettre les vampires sous les projecteurs après les anges et les archanges.

Leur relation, si elle se teinte souvent d’un vocabulaire à la limite (^^,) est plutôt intéressante dans son développement, surtout qu’Honor revient d’une expérience traumatisante où elle a été séquestrée et violentée par des inconnus, leur recherche prenant une partie du tome, la partie enquête que j’ai beaucoup appréciée. La seconde, sur le mystérieux tatouage, complète plutôt bien le récit.

J’ai quelques réserves sur le lien entre Honor et Dmitri, ou du moins le fait qu’elle soit la « réincarnation » de sa défunte femme. Il y a ce côté choupi, mais je penche plutôt du côté hum, est-ce qu’il l’aime pour elle ou pour cette raison ? Ce n’est jamais clairement adressé.

A part cet élément, j’ai beaucoup apprécié le rythme de ce volume, l’action, le développement de la relation principale, celles entre Honor et ses camarades de la Guilde – on ressent toute l’amitié, les liens familiaux entre eux. Un très bon moment de lecture.

Nombre de tomes parus : 8 (série en cours).

Tome 1 : Le sang des anges

Tome 2 : Le souffle de l’archange

Tome 3 : La compagne de l’archange

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Chasseuse de vampires, tome 3 : La compagne de l’archange

Guild Hunter, book 3 : Archangel’s Consort. Nalini Singh (autrice). Luce Michel (traductrice). 2012 (VO), 2012 (VF), 447 p. J’ai Lu. Fantasy urbaine. 8.90€.

Après les mésaventures de Pékin et une longue convalescence, me voici enfin prête à regagner Manhattan en compagnie de mon Archange. Mais les éléments se déchaînent aux quatre coins du monde, provoquant des désastres sans précédent qui font trembler le Cadre. Si l’on en croit la légende, il semble qu’un Ancien se réveille, et croyez-moi, ça n’augure rien de bon.

Retrouver l’univers de la Guilde a été un peu compliqué, puisque ça faisait bien quatre ans que j’avais lu le tome 2 (d’ailleurs après la lecture du 4 j’ai enchaîné sur les deux premiers pour bien tout saisir, même si j’aurais tout oublié d’ici aux suivants ^^,).

Compliqué, mais plaisant. J’apprécie toujours autant l’univers proposé par l’auteur, anges, archanges, vampires, chasseurs de la Guilde, ancien. L’arrivée de Caliane est intéressante, monte lentement en puissance, et permet de se focaliser sur Raphael, qui apparait presque plus humain dans ses souvenirs, ses doutes.

Elena n’est pas en reste puisqu’elle évoque sa mère, ses soeurs décédées, celui qui l’a attaquée lorsqu’elle était enfant. La relation des protagonistes a un côté plutôt égalitaire entre ce partage des souvenirs durs à porter et le développement de leur relation (notamment dans le terme utilisé pour évoquer la jeune femme).

J’ai toujours un peu de mal avec le vocabulaire employé par l’auteure, mais j’ai surtout été ennuyée par le sentiment général donné par le livre : on dirait un tome de transition. Je suis vraiment restée sur ma faim, je n’ai pas senti la même adrénaline et le même danger dont les tomes 1 et 2 m’avaient laissé le souvenir. Le tome 4 s’est avéré une obligation, heureusement qu’il se trouvait dans ma PAL.

Une lecture intéressante, mais un peu légère.

Nombre de tomes parus : 8 (série en cours).

Tome 1 : Le sang des anges

Tome 2 : Le souffle de l’archange

Tome 4 : La lame de l’archange

4 : Lire une oeuvre SFFF écrite par un auteur de couleur ou métissé (racisé). 

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Chromoville

Joëlle Wintrebert (autrice). Philippe Caza (illustrateur). 1984, 221 p. J’ai Lu. Science-fiction.

Elle est le symbole spatial de la hiérarchie. Tour de Babel, elle escalade le ciel, strate après strate, pyramide figée du pouvoir. C’est la Ville. Belle « comme un rêve de pierre », elle conjugue l’Ordre avec la Couleur. Nul ne peut échapper à son esthétisme pervers qui régit un système de castes …

Mais il y a des résistances passives, comme celle de Sélèn, le danseur sacré qui commande à son corps et lui impose les plus étranges des métamorphoses, et des résistances actives, comme celle de Narcisse, l’hétaïre qui découvre qu’au-delà de la simple autosatisfaction, son charme peut devenir une arme.

Ce tout petit livre était dans ma PAL depuis bien des années, probablement depuis ma découverte d’Emmaüs. Je ne sais pas où j’ai lu le nom de Joëlle Wintrebert pour la première fois, peut-être dans Passeport pour les étoiles de Francis Valéry, le recueil de SF que j’ai lu et relu lorsque j’étais à la fac. Je savais que c’était une auteure française, chose rare à l’époque, à écrire dans ce genre, et qu’elle possédait une voix féministe (élément encore plus rare, aurais-je tendance à dire).

Le concept des castes matérialisée par les couleurs me fascine, associé à cette verticalité, les différents étages, etc. J’attendais une découverte de cette société portée sur ces castes, et apparemment, comme l’indiquait le résumé, une rébellion. J’ai été déçue sur ces différents points.

L’ennui s’est installé très rapidement. Je me suis pressée pour le lire en un peu moins d’une journée pour en finir rapidement, comme il ne m’a pas du tout plu. Ce fameux système de castes dont j’attendais tant, malheureusement, depuis, j’ai découvert la version de Jasper Fforde, qui m’a beaucoup plus parlée. Peut-être dans sa légèreté, je ne saurais pas dire.

Et tout ou presque m’a paru axé sur le sexe, ce qui m’agace tellement. L’obsession est presque généralisée chez tous les personnages – ça m’a rappelé d’autres ouvrages de SF que j’ai démarrés, datant des années 60-70, et je n’apprécie pas du tout. Autre source d’énervement : le vocabulaire. J’ai eu cette impression très forte qu’il y en avait beaucoup d’inventé ou peu courant, et je ne sais jamais si c’est important ou pas que je comprenne (genre hétaïre …).

Cette fameuse révolte est allée à mon sens bien trop vite. Ce n’est pas subtil en plus de se voir à trente kilomètres à la ronde.

En ce qui concerne les personnages, j’ai un peu apprécié Sélèn, dans ce concept de danseur et de métamorphose, mais c’est bien le seul.

Enfin, l’aspect féministe. J’ai compris son principe, mais les inégalités m’ont vraiment fait hurler … vraiment, un roman qui n’était pas du tout fait pour moi, et dont je suis restée totalement en-dehors.

16 : Lire un livre de SFFF féministe. 

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Drek Carter, tome 1 : Cupidon Mortel

Thomas Andrew (auteur). Alexandra V. Bach (illustrateur). 2015, 314 p. J’ai Lu (Darklight). Fantasy urbaine. 14,50€.

J’ai eu beau tourner plusieurs fois la question dans tous les sens, je ne vois pas comment vous l’annoncer donc je ne vais pas y aller par quatre chemins : je suis un fantôme. Oui, c’est cela, un Casper qui hante les rues de New York. Comment en suis-je arrivé là ? Eh bien, si une sombre histoire de meurtres, de sorciers, de vampires et de loups-garous ne vous effraie pas, laissez-moi vous raconter. Tout commence le 14 février. Ironique, non ? Le jour de ma mort. Sérieusement… Qui parle de repos éternel ? Certainement pas moi !

J’ai découvert cette série et cet auteur lors du dernier Livre sur la Place de Nancy (pas cette année, celle d’avant ^^,) où il était le voisin de Cassandra O’Donnell et m’a très bien vendu ce titre. J’avoue qu’au final, la lecture me laisse un peu mitigée.

Bizarrement, beaucoup de choses que j’apprécie en temps normal, comme les références aux séries télévisées, ne m’ont pas paru naturelles, peut-être alourdi l’action. Je n’ai pas vraiment cru au récit, au personnage, aux créatures fantastiques. Je suis restée totalement extérieure à l’histoire, au final, ce qui n’a pas arrangé le fait que je n’y croyais pas.

L’humour m’a également laissée de marbre, ce qui est sensé être un grand point dans les séries de fantasy urbaine. J’aurais peut-être apprécié évoquer plus longtemps le boulot à la Dexter du héros, plus que son côté fantôme … Je lis peu de récits sur cette créature, mais je ne la déteste pas non plus, donc ça aurait pu le faire.

Au final, alors que ce type de récit se dévore, j’ai trouvé le temps extrêmement long et je ne pense pas poursuivre la série.

Nombre de tomes parus : 2 (série en cours).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Slaine Adamson, tome 1 : De trèfles et de plumes

J. Arden (autrice). WarpedCover (illustration). 2015, 542 p. J’ai Lu (Darklight). Fantasy urbaine. 13€.

1890, Londres.

Lady le jour, Rose de la reine la nuit, Sláine Adamson mène une double vie qui nécessite quelques ajustements vestimentaires et beaucoup d’entorses à l’étiquette. Quand, dans un cimetière de Whitechapel, la brume revêt un parfum de soufre et de trèfles et qu’un partenariat temporaire est requis avec une grande brute d’Irlandais, il se pourrait que même des litres de thé ne suffisent pas à garder intact le flegme de notre enquêtrice. Au moins, voilà l’occasion pour elle de troquer ses aiguilles contre des couteaux. 

Je me faisais une joie de découvrir ce roman. Le contexte me séduisait tout particulièrement, le prénom de l’héroïne m’avait déjà transportée par-delà la mer, j’étais prête à le dévorer en deux jours, sans dormir, facile.

Ca n’a pas tout à fait été le cas. Je me suis vraiment ennuyée, cette lecture s’est traînée en longueur.

Si le côté steampunk est plutôt présent, il ne fait malheureusement pas tout. Les détails vestimentaux ne m’ont pas passionnée, au contraire.

Le style de langue m’a paru ampoulé, artificiel. Trop littéraire pour être naturel, en fait, comme une traduction trop appuyée (alors que le livre n’a pas été traduit).

Je n’ai pas bien compris ce que venait faire l’archange là. J’imagine que sa présence sera expliquée dans la suite, mais je l’ai trouvé en décalage avec le reste de l’intrigue.

Un autre problème a été que Slaine ne m’a pas paru attachante, et comme tout ce récit se fait en sa compagnie, avec ce style artificiel, je me suis ennuyée, j’ai trouvé le temps vraiment long. Quelques mois après, je ne peux même plus vous parler de leur ennemi, je l’ai oublié, en prime. C’est presque une énième aventure de fantasy urbaine, à tendance steampunk, dont je ne distingue pas les points forts. Il ne me reste en mémoire que le temps que j’ai mis à le lire, le manque d’intérêt, l’ennui.

Tant pis.

Nombre de tomes parus : 1 (série en cours).

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Rebecca Kean, tome 5 : L’armée des âmes

Cassandra O’Donnell (autrice). 2014, 414 p. J’ai Lu (Darklight). Fantasy urbaine. 12,50€.

Ah les joies de la famille… les flambées de vampires, les batailles sanglantes, les coups de fouet, les séances de torture ludiques, les joyeux exorcismes… tous ces petits bonheurs simples me reviennent à l’esprit depuis que grand-mère et les Vikaris m’ont retrouvée et ont débarqué en ville dans l’intention évidente de me liquider… Nostalgie, quand tu nous tiens…

J’avais presque réussi mon pari personnel de ne pas toucher à ce tome cinq jusqu’à la sortie du sixième (sept prévus). Je suis arrivée un peu juste : à la fin du deuxième tome des Soeurs Charbrey, il m’en fallait plus, donc j’ai dévoré celui-ci,  et, hum, repris tous les autres Rebecca Kean … plus à sauver …

La grand-mère a débarqué avec son lot d’humour, et ça fait un bien fou. Non pas que ce n’était pas drôle avant, mais je l’ai vraiment appréciée, ainsi que ses comparses.

Leo devient de plus en plus intéressante. Le duo qu’elle forme avec Ariel est intrigant, et je le préfère franchement à William. L’escarmouche avec ses fiancées potentielles est particulièrement agréable.

L’intrigue est toujours un des points forts du récit, avec ce nouvel ennemi toujours plus fort et difficile à traquer. Toujours aussi fluide dans l’enchaînement entre le récit principal, les éléments plus annexes des personnages et leurs relations, tout roule à la perfection pour passer un excellent moment de lecture.

Et on commence enfin à avancer dans les révélations sur Raphaël. Je m’attends à un final tout en feu d’artifices sur ce plan !

Désolée pour ce billet un peu groupie, mais j’adore toujours autant cette série et je ne suis pas vraiment objective !

Nombre de tomes parus : 5 (série en cours)

Tome 1 : Traquée

Tome 2 : Pacte de sang

Tome 3 : Potion macabre

Tome 4 : Ancestral

Au bord des mots, lectures sur un rocher

Les chroniques de MacKayla Lane, tome 5 : Fièvre d’ombres

Fever, book 5: Shadow Fever. Karen Marie Moning (autrice). Cécile Desthuilliers (traductrice). 2011 (VO), 2012 (VF), 547 p. J’ai Lu. Fantasy urbaine. 12,50€.

« Rien n’est au-delà de mes capacités. Je suis tout. 
Vous êtes un livre. Des pages avec une reliure. Vous n’êtes pas né. Vous ne vivez pas. 
Je ne connais pas la peur. Que voulez-vous de moi ? 
Ouvre les yeux. Vois-moi. Vois-toi. 
Mes yeux sont ouverts. Je suis le bien. Vous êtes le mal. « 
Conversation avec le Sinsar Dubh

Avec ce dernier tome, j’ai retrouvé la frénésie de lecture des trois premiers. J’avais hâte de savoir où l’auteure allait m’emmener, elle qui a trouvé moyen de me dépayser dès le tout début. Il y a énormément de choses qui se passent. Le suspense est admirablement maintenu. J’ai adoré suivre Mac, notamment dans sa rencontre avec le Livre. Et les retournements de situation avec Barrons sont plutôt incroyables.

La quête d’identité de l’héroïne n’est pas au centre du récit, mais elle le porte, indéniablement, et j’avais très envie de savoir. Ce mystère est aussi superbement bien mené. Celui de Christian me laisse un peu perplexe, j’ai l’impression d’avoir loupé pas mal de choses (et si c’est une autre série, ça m’agace).

J’avoue, en revanche, que retrouver Dani ne m’a pas passionnée, surtout lorsque j’ai appris le rôle qu’elle a joué dans l’histoire de Mac. Mais V’lane a été parfait. J’ai adoré ce personnage jusqu’au bout, et les mystères qu’il propose.

Je n’ai même pas de scrupules à clore cette série, puisque apparemment, elle ne l’est pas vraiment. Dani a sa propre histoire, et je crois qu’on peut retrouver Mac dans d’autres intrigues … L’univers est extrêmement riche. Et ce tome clôt particulièrement bien cette partie du récit avec une lecture des plus prenantes.

Nombre de tomes parus : 5 (série finie).

 Tome 1 : Fièvre noire

Tome 2 : Fièvre rouge

Tome 3 : Fièvre Faë

Tome 4 : Fièvre fatale